‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 811 sur 1225 · FÉN · texte numérisé non relu

FÉN

d’effectuer des versementsà la Caissedes retraites pour la Yieillesse, à moins d'opposition de la part du mari.

Une femme abandonnée par son mari peut obtenir du juge de paix de saisir-arrêter et de toucher les appointements ou salaires de son conjoint dans la proportion de ses besoins et du nombre de ses enfants. Le même droit est reconnu au mari, au cas d'existence d’enfants, si la femme ne contribue pas volontairement aux charges du ménage. La contribution des époux aux charges communes de l’association conjugale a d'ailleurs été réglementée par la loi du 13 juillet 1907.

Sous le régime dotal, la femme conserve la propriété de ses biens, dont le mari n'est que l’administrateur. Les immeubles dotaux sont inaliénables, sauf dans les cas exceptionnels prévus par les art. 1554-15GO du code civil. Les biens restés en dehors de la dot sont dits parapheriiaux. {V. dot.)

La femme séparée de corps recouvre sa capacité juridique, qu’elle avait perdue en se mariant.

La femme séparée de biens (soit par son contrat de mariage, soit par un jugement) peut faire tous les actes d'administration. Lorsque des actes de dissolution ont été accomplis sans autorisation, la nullité peut en être demandée par le mari, pour la femme de bonne foi, et par leurs héritiers, tant que l’action en nullité des contrats n’est pas prescrite (10 ans), ou les jugements devenus définitifs faute d'appel ou d’opposition.

Femmes {les Saintes), groupe de plusieurs femmes qui, d’après le récit évangélique, accompagnaient Jésus, l’aidaient de leurs biens, assistèrent à sa mort, à son ensevelissement, et apportèrent aux apôtres la nouvelle de sa résurrection, que des anges leur avaient annoncée.

Femmes de France [Union des), fondée le 22 juin 1882 pour donner l’assistance aux malades et blessés en temps de guerre, et accorder des secours aux victimes des désastres publics.

Femme {la), par Michelet, étude qui fait suite à l'Amour, du même auteur, et qui reproduit le même mélange de physiologie, de mysticisme et de poésie 11859).

Femme de Olaude [la), pièce en trois actes, en prose, de Dumas fils (1873) ; oeuvre un peu invraisemblable, mais vigoureuse et pa- Femmes de France, thétique. La femme de Claude, plu- (Insigne), sieurs fois coupable et toujours ’ pardonnée, s’apprête à vendre le secret d’une invention de son mari, qui la tue d’un coup de fusil.

Femmes savantes (les), comédie en cinq actes et en vers, une des meilleures de Molière (1672). Molière s’y élève contre la manie que prenaient certaines femmes de son temps de vouloir s’occuper de grec, d’astronomie, de physique, etc., et de dédaigner en même temps leur ménage. Il ne se montre pas ennemi de l’éducation de la femme, mais veut qu'elle soit modeste et « sache ignorer les choses qu’elle sait La pédante Philaminte, femme du bon et sensé, mais faible, Chrysale, entend donner sa fille Henriette, qui aime Clitandre, au pédant Trissotin. Elle réussirait, malgré les efforts de la servante Martine, malgré le ridicule dont se couvre Trissotin dans une querelle avec le bel esprit 'Vadius, si le frère de Chrysale, Ariste, ne démasquait la cupidité de Trissotin. Cette comédie de mœurs est remplie tout à la fois de finesse et de gaieté.

Un cei'tain nombre de vers ou de fragments des Femmes savantes sont devenus proverbes :

Quand sur une personne on prétend se régler.

C’est par les beaux côtés qu’il faut lui ressembler.

La grammaire, qui sait régenter jusqu’aux rois Et les fait, la main haute, obéir à ses lois.

Guenille, si l’on veut, ma guenille m’est chère, réponse de Chrysale, homme simple, mais à jugement droit, à sa femme Philaminte, précieuse qui met les choses de l’esprit bien au-dessus de la matière et qui vient de traiter le corps de véritable guenille.

Quoi qu’on die,

mot admiré par les préeieuses, auxquelles Trissotin lit son fameux sonnet sur la fièvre qui tient la princesse Uranie.

Pour l’amour du grec,

mot qui est toujours cité d’une manière plaisante.

On voit partout chez vous l’ithos et le pathos, vers qui se cite plaisamment pour louer les beautés littéraires d’un ouvrage.

Femme de trente ans (la), roman célèbre, mais non des meilleurs, de Balzac, et dont l’intrigue est embrouillée et invraisemblable (1842).

Femme adultère (la), épisode de l’Evangile de saint Jean (viii, 3-13). V. Qui sine peccato est. — Icon. Tableau de Rembrandt, un de ses chefs-d'œuvre (National Gallery, à Londres) ; — dePoussin(Louvre); — du Tintoret (Dresde) ; — de Signol (Luxembourg).

Femme au manchon [laj, tableau de Vigée- Lebrun (Louvre) [tf. p. 857.]

Femmes d’Alger (les), un des chefs-d’œuvre d’Eug. Delacroix (Louvre) ; intérieur d’un harem, peint avec une vigueur de ton remai'quable. (V. p. 873.)

Femme hydropique (la), chef-d’œuvre de Gérard Dov (LouvreJ ; exécution d’un fini merveilleux. (V. p. 857.)

Femme nue (la), pièce en 4 actes de Henry Bataille (1908) ; un peintre, grisé par la gloire, dédaigne et abandonne la compagne dévouée et aimante de ses débuts, qui souffre de cet abandon. Œuvre d’un pathétique douloureux.

Femme sensible, célèbre romance tirée de l'opéra de Méhul: Ariodant. paroles d’Hoffmann.

Femmes collantes ((es), comédie, en 5 actes de Léon Gandillot (1886) : au milieu d’amusantes péripéties, on assiste aux efforts du trop galant notaire Badinois, désireux de convoler en justes noces, pour se débarrasser d'une triple liaison avec une horizontale, une veuve et une femme de chambre.

Femmes souliotes Ues), tableau d’Ary Scheffer (Louvre) : voyant leurs maris défaits par les troupes d'Ali, pacha de Janina, les vaillantes filles de la Grèce prennent le parti de se précipiter du haut des rochers (1834). ["V'. p. 857.]

femmelette [fa-me-lè-te' n. f. Femme faible, délicate, futile. Fig. Homme faible, sans énergie.

fémoral, e, aux adj. Qui arapport àla cuisse ; artère fémorale. Qui a rapport au fémur ; diaphyse fémorale.

fémoro (du lat. fémur, oris, cuisse), préfixe qui se place devant divers noms de muscles, nerfs ou vaisseaux communs à la cuisse ou au fémur et à une autre partie : nerf fémoro-rotulien.

fémur n. m. (du lat. fémur, cuisse). Os de la cuisse, le plus foi-t de tous les os du corps.

— Enoycl. Audi. Le fémur est le premier segment du squelette du membre abdominal. Chez l’homme, le corps de cet os est triangulaire prismatique, à angles peu saillants.

L’extrémité supérieure s'articule avec l’os iliaque par une tête arrondie (articulation de la hanche). L’extrémité inférieure présente une trochlée, qui reçoit la rotule. En arrière, cette trochlée se divise en deux condyles, qui roulent sur les cavités glénoïdes du tibia. ’V. homme.

— Pathol. Les deux articulations

du fémur sont fréquemment le siège 6

de lésions tuberculeuses. Quand Fémur ■ l’extrémité supérieure est prise, c’est ^ . cf

une coxalgie; quand c’est l’extrémité anatomiqueinférieure, c’est une tumeur blanche 3 Grand trocliàn* du genou. (V. ces mots.) Les fractures (g,, . 4 Corps • sont fréquentes: on les traite par l’ira- 5 Con'dyle exmobilisation et la traction continue.

— Zoo (. Chez les insectes, le fémur ’ est la première division de la patte, qui va de la hanche au tibia.

fenage n. m. (du lat. fenum, foin). Redevance féodale sur les foins.

fenaison [né-zon\ n. f. (même étymol. qu'à l'art, précéd.). Action de couper les foins. Le temps où on les coupe. Dessiccation, sur le pré même, dçs foins que l’on a coupés. (On dit aussi fanaison.)

Fenaison en Auvergne (la), tableau de Rosa Bonheur ,1855; ; jolie composition ; animaux peints de main de maître. (\. p. 858.)

fenaSSe [zm-se] n. f. Débris végétaux que le foin laisse sur le plancher des fenils. (C’est une économie mal entendue que d’employer les fenasses à l’ensemencement des prairies, car, ainsi fait, le semis est impur et forcément incomplet.)

fenassier [na-si-i] n. m. Ouvrier qui fait les provisions de fourrage et les dépose dans les écuries, fenellèlie [fan] n, m. Chim. V. fenêne. fenclione [fan] n. m. Chim. ’V. penone. fendagB [fan] n. m. Action de fendre, fendant [fan-dan] n. m. Coup donné du tranchant de l’épée.

fendant [fan-dan] adj. et n. m. Fanfaron : faire le fendant ; prendre un air fendant. Par altération de fondant, variété de chasselas cultivé en Suisse, dans le canton de Vaud, et qui donne de bon vin blanc.

fendante [fan] n. f. Lime rectangulaire mince, (aillée seulement sur les bords.

fenderie [fan-de-rî] n. f. Action de fendre le fer. Machine pour le fendre. Lieu où on le fend.

fendeur [fan] n. m. Ouvrier qui travaille à fendre le bois, l'ardoise, etc. ; qui dégrossit les diamants plats, les pierres précieuses, etc.

fendeuse [fan-deu-ze] n. f. Ouvrière qui fend les roues de montre ou de pendule.

fendille [fan-di, il mil., e] n. f. Petite fente qui se produit dans le fer quand on le forge.

fendillé [fan-di, Il mil., é], e adj. Où l'on remarque beaucoup de petites fentes, de gerçures : émail fendillé.

fendillement [fan-di, n mil., e-man] n. m. Action de fendiller ou de se fendiller.

fendiller [fan-di. il mil., é] V. a. Produire des petites fentes : le froid fendille les pierres gélives. Se fendiller v. pr. Se couvrir de fentes, fendis [fan-di] n. m. Ardoise brute, non taillée, f endoi r Ifan] n. m. Oulil qui sert à fendre.

fendre

F'an-dre] v. a.

lat , findere ) .

Séparer dans le sens de la longueur ; fendre du bois. Faire des ouvertures, des crevasses :

la sécheresse fend la terre.

Fig. Fendre le cœur, causer Fendoirs ; 1, 2. De boucher:

une vive afflic- 3, 4. De charcutier; 5. De vannier, tion. Fendre la

tète, incommoder par un m-and bruit. Geler à pierre fendre, geler très fort. Fendre l'air, le traverser rapidement. Fendre l'onde, naviguer. Fendre la foule, y pénétrer de force. Fendre l'oreille, mettre en réforme, à la retraite (par allusion aux chevaux réformés). Fendre un cheveu en quatre, v. cheveu. Se fendre v. pr. S'entr'ouvrir. Escr. Porter vivement la jambe droite en avant, en laissant le pied gauche en place. Pop. Se fendre de. se livrer à une largesse : .se fendre d'une tournée.

fendu, e [fan] adj. S’emploie surtout dans cette locution : être lien fendu, avoir un grand écartement de jambes.

fendue [fan-dû] n. f. Galerie couverte, dont l’entrée se trouve à ciel ouvert.

Fénelon (François de Salignao de La Motde), archevêque de Cambrai, né en 1651 au château de Fénelon (comm. de Sainte-Mondane, Dordogne), mort à Cambrai en 1715. Issu d'une famille célèbre dans la diplomatie et dans les armes, il fut missionnaire en Saintonge et en Poitou, au moment de la révocation de l'édit de Nantes, et se fit d'abord eonnaître comme prédicaleur. Précepteur du duc de Bourgogne. petit-fils de Louis XW, dès 1689. il transforma complèlement, et peut-être à l’excès, le caractère

violent de son élève, sur le règne duquel il fondait de grandes espérances. H avait composé pour lui des Fables, des Dialogues des morts, et son célèbre Télémaque, livre rempli d’allusions indirectes au gouvernement de Louis XIV, et dont la publication (1699) le fit disgracier. Fénelon, en effet, de caractère et de tendances très aristocratiques, était opposé à l’absolutisme du Grand Roi. H adopta la doctrine quiétiste de M'ai: Guyon; mais, à la suite d’une vive polémique avec Bossuet, il fut condamné en cour de Rome, et se soumit. H ne craignait pas d’adresser au roi, au duc de Bourgogne, au duc d’Orléans, des Lettres ou des Mémoires, qui éclairèi-ent la situation politique du royaume d’un jour nouveau et vrai. H est Fauteur, outre les ouvrages déjà cités, du charmant traité de l'Education des filles, du Traité de l'existence et des attributs de Dieu, du Traité du ministère des pasteurs, de la Lettre sur les occupations de l'Académie, qu’il adressa, en qualité de membre de l’Académie française, au secrétaire perpétuel de cette Académie, et où il prend parti pour les « anciens » contre les « modernes », des Dialogues sur l'éloquence, des Maximes des saints, etc. Esprit délicat, souvent chimérique, Fénelon est un écrivain habile, séduisant encore plus qu’éloquent, noui-ri des souvenirs de l’antiquité ^ecque, au style plutôt souple et fleuri que nerveux. Ce sontees qualités qu’on a voulu exprimer en le surnommant le Cygne de Cambrai.

feuène n. m, Chim. Carbure terpénique : C'oH's, liquide isomère du camphène, produit parla déshydratation du fenol. (On dit aussi fen chêne.)

Fénérive ou Fénérife, petit port de la côte est de Madagascar, à iO lieues de Foulepointe.

fenestella [nès-tèl-la] n. f. (mot lat. signif. petite fenêtre). Petite niche pratiquée dans le mur d'enceinte d’un chœur d’église, pour recevoir la piscine.

fenestrage n. m. v. fenêtrage.

fenestration [nès-tra-si-on] n. f. Archit. Jour, ouverture réelle ou simulée dans un plein.

fenestré [nès-tré], e adj. Percé, parsemé de crevasses, de petits trous.

Fénestrelle [nis-trè-le], position stratégique et village d’Italie (prov. de Turin), près de Pignerol, dans la vallée supérieure de Clusone ; i.230 h.

fenestrier [nès-tri-é'j, ère adj. Qui fait des fenêtres : ouvrier fenestrier. Qui a des fenêtres : maison fenestrière.

fenêtrage ou fenestrage [nès-tra-jé] n. m. Action de garnir de fenêtres (un bâtiment). L’ensemble des fenêtres d’une maison. Disposition des fenêtres.

Fénétrange ou Fénestrange, ch.-i. de canton de la Moselle, arr. de Sarrebourg, sur la Sarre, tributaire de la Moselle ; 1.068 h. Ch. de f. Etangs. — Le cant. a 21 comm.

fenêtre n. f. (lat. fenestra). Ouverture ménagée dans un mur pour donner du jour et de l’air : fenelre romane, ogivale. Boiserie et cadre vitré qui garnissent cette ouverture. Anat. Fenêtre ronde, fenêtre ovale, deux ouvertures placées à la paroi interne de la cavité du tympan. Geol. Déchù-ure due à une érosion, dans une nappe de recouvrement. Fig. Jeter par les fenêtres, dissiper follement : jeter son argent par les fenêtres. Entrer, rentrer par la fenêtre, faire une chose malgré une volonté adverse. Pop. Faire la fenêtre, se dit d’une femme qui, de sa fenêtre, fait signe aux passants. Loc. prov. : Il faut passer par là ou par la fenêtre, c’est une chose absolument inévitable.

— Encycl. a rchit. et techn. Une fenêtre se compose d’un cadre généralement rectangulaire, divisé ou non par de petites traverses ou petits bois, en un certain nombre de compartiments que bouchent des vitres.

Les types de fenêtres sont nombreux ; parmi eux, nous citerons : la fenêtre dormante ou à verre dormant, dont les battants ne s’ouvrent pas ; la fenêtre atticurgue, plus étroite en haut qu’en bas ; la fenêtre rampante, placée en talus et ne donnant qu’un jour de servitude ; la fenêtre gisante ou mezzanine, beaucoup plus large que haute ; la fenêtre rustique, ayant pour chambranles les passes de refend ; la fenêtre feinte, figurée à l’extérieur par une peinture ; la fausse fenêtre, dont l’ébrasement est bouché par de la maçonnerie et qui n’a que les tableaux ; la fenêtre à guillotine, qui comporte deux châssis dont un seul ou tous les deux peuvent glisser dans des rainures de feçon à se superposer lorsqu’on veut ouvrir ; la fenêtre glissante ou roulante, dans laquelle le châssis peut glisser ou rouler horizontalement pour s’ouvrir ou se fermer ; la fenêtre basculante, dont le battant est mobile autour d’un axe horizontal, comme la fenêtre à tabatière ; la fenêtre pivotante, qui tourne autour d’un axe vertical ; la fenêtre à deux ouvrants (ou à deux battants), la plus employée, dont les montants portent une gorge servant à enclaver les fiches et dont la traverse inférieure est taillée de manière à rejeter l’eau pluviale ; la fenêtre à croisée, divisée en quatre compartiments par une croix de pierre ; la fenêtre à l'italienne, partagée en trois compartiments par des colonnettes supportant les retombées d’un cintre.

Les fenêtres se font en bois, en fer ou en fonte ; leurs ferrures comprennent quatre ou huit équerres, deux, quatre ou six fiches a nœuds, une crémone ou une espagnolette fermant en même temps les deux battants.

— Dr. Y. JOURS et vues.

fenêtrer [tré] v. a. Ménager des fenêtres dans. Pratiquer des trous dans une compresse, un emplâtre.

Feneu, comm. de Maine-et-Loire, arr. et à iO kil. d’Angers, près de la Mayenne ; 1.360 h.

féniAU ou feulau n. m. (du vieux mot irlandais fiann, qui désignait une caste de guerriers). Membre d'une association révolutionnaire irlandaise, formée en 1861 dans le dessein d’arracher l'Irlande à la domination anglaise, et qui s'est répandue jusqu'en Amérique, Elle se signala, de 1865 à 1868, par de nombreux incendies et attentats contre les fonction-

Fénelon.

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