‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 972 sur 1225 · G RA · texte numérisé non relu

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Industriellement, on utilise les graisses pour la fabrication des chandelles, des bougies stéariques et des savons ; on les emploie aussi pour lubrifier les organes de machines doués d’un mouvement de rotation ou de glissement, les fusées des essieux de voitures, de wagons, de locomotives, etc,

— Econ. doni. L'enlèvement des taches de graisse est chose facile ; il suffit de frotter les taches avec un chiffon propre, imprégné de benzine, ou d'un peu d'ammoniaque étendue d'eau, en prenant toutefois des précautions pour les étoffes de couleur tendre.

— Econ. rur. La graisse des vins est une maladie d'origine microbienne ; elle atteint plus souvent les vins blancs que les vins rouges et leur donne un aspect filant et une saveur fade. Pour guérir un vin de la graisse, il faut lui ajouter du tanin, à la dose de 15 à 20 grammes en solution alcoolique par hectolitre de vin, coller, puis soutirer le liquide. Pour prévenir la graisse on peut pasteuriser les vins, l’opération de la pasteurisation ayant pour effet de tuer les microbes que le vin tient en suspension ; mais il convient encore de taniser.

Les cidres peuvent également tourner à la graisse ; on les en g’uérit par l'adjonction d'un peu de tanin et le soutirage dans des filts méchés.

graisser [grè-se'] v. a. Frotter, oindre de graisse : graisser les rouages d'une machine. Souiller de^ graisse, tacher. S altérer, devenir huileux : ce vin graisse. Fig. et fam. Graisser ses bottes, se préparer : 1» à partir ; 2» à mourir. Graisser les bottes à quelqu'un, lui administrer l’extrême-onotion. Graisser la patte, corrompre avec de l’argent. Graisser le marteau, donner de l’argent au portier pour entrer. Prov. : Graissez les bottes d'un vilain, il dira qu’on les lui brûle, rendez service à un rustre, il le niera. Ant. Dégraisser.

graiSSOrie [grè-se-rfl n. f. Boutique de graissier. Commerce du graissier.

Graissessac [grè-sè-saA,], comm. de l'Hérault, arr. et à 50 kil. de Béziers ; 2.100 h. Ch. de f. M. Bassin houiller.

graisset [gré-sé] n. m. Nom vulgaire de la rainette verte.

graisseur, euse [gré-seur, eu-ze] adj. Qui graisse -.robinet graisseur.

N. m. Ouvrier ou appareil qui opère le grais.sage.

— En'cycl.

Techn. Los graisseurs ont des formes variant à l'infini. Ils doivent être Graisseur à ressort : 1. Vue d’ensemble ; simples, ma- • 2. Coupe,

niables et

d’un volume suffisant pour qu’on ne soit pas obligé dt les remplir trop souvent d'huile. Ils ne doivent débiter que la quantité de matière lubrifiante pour s'opposer à réchauffement et au grippement des pièces de machines eh contact.

graisseux, euse (gî-è-seil, eu-zé\ adj. De la nature de la graisse : tissu graisseux. Taché de graisse j habit graisseux.

graissier [grai-si-è], ère adj. et n. Qui vend de la graisse : marchand graissier.

graissin [grè-sin] n. m. Sorte .d’écume qui surnage au dessus de l'eau, dans les endroits où frayent un grand nombre de poissons.

graissoir [gré-soir] n. m. Tampon de linge pour graisser.

graissou [gré-son] n. m. Nom vulgaire du hareng commun.

grallaire [grai-ié-re] n. f. Genre d'oiseaux passereaux dentirostres, comprenant des fourmilliers roux ou gris, à ventre jaunâtre, tachetés de brun ou de blanc. (On en connaît 30 espèces de l’Amérique du Sud.)

gralles n. m. pl. (du lat. gralla, échasse). Nom ancien des échassiers. S. un gralle.

gram 'ghram'] n. m. 'de Gram u. pr.). Solution iodo-iodurée. (On l’emploie en bactériologie pour colorer les microbes et établir parmi eux. après un lavage à l’alcool, deux grandes catégories : ceux qui restent colorés ou qui prennent le grain, et ceux qui se décolorent ou ne prennent pas le gram.)

Gramat [ma], ch.-l. de c. (Lot), arr. et à 38 kil. de Gourdon, sur le causse de Gramat; 2.740 h. [Gramatois). Ch. de f. Orl. Eaux minérales. — Le cant. a il comm., et 8.390 h.

gramen [mèn' n. m. ( m. lat.). Nom générique des plantes de la famille des graminées, des gazons, etc.

graminées [né] n. f. pl. Famille de plantes monoçotylédones. S. une graminée.

— È^’CYCL. La famille des graminées est une des plus nombreuses du groupe des monoçotylédones (plus de 300 genres, avec 3.580 espèces). Ce sont des herbes généralement annuelles ; leur tige est un

Graminées : A. Blé, épi ; a, épillat ; b, fleur isolée ; c, fleur dépouillée des glmnelles; d, graine; e, coupe des grains. B. .Iromc, grappe d'épillets; f, épillet.

GRA

chaume ; leurs feuilles sont distiques, à limbe étroit; leurs fleurs sont groupées en cpillets ; le fruit est un caryopse, contenant une graine pourvue d'un albumen amylacé. A cette famille appartiennent les céréales, les herbes des prairies, les bambous, la canne à sucre, etc.

graminicoleadj. (du lat. gramen, mis, ^azon, et colere, habiter). Qui vit sur les chaumes, ou les céréales : la souris des znoissons est graminicole.

gra.miu.ifolié, © adj. (lat. gramen, gazon, et folium, feuille). Qui a les feuilles analogues à celles des graminées.

graminiforme adj. (du lat. gramen, gazon, et de forme). ressemble à une graminée.

gramiuologi© \iî] n. f. (du lat. gramen, gazon, et du gr. logos, discours). Histoire des plantes graminées.

grammaire [gram'-mè-rel n. f. (lat. grammatica; gr. grammatikè). Art qui enseigne à parler et à écrire correctement. Ensemble des règles d'une langue. Livre qui contient les règles de cet art. Grammaire comparée, science qui étudie les ressemblances, les différences des diverses langues comparées entre elles. Grammaire historique, qui étudie l'origine et l'histoire de la phonétique, de la morphologie et de la syntaxe. Grammaire générale, ensemble des règles communes à toutes les langues. Classes de grammaire, classes qui, dans les lycées, précédent les classes de lettres ou humanités (Ge, 5® et 4»).

— Encycl. On distingue dans la grammaire d'une langue trois parties correspondant aux trois éléments du discours ; phonétique ou étude des sons et des signes qui les représentent ; morphologie ou étude de la forme des mots ; syntaxe ou étude des relations entre les mots. Les études grammaticales remontent à une antiquité assez haute. Les recherches précises des grammairiens hindous sont à bon droit célèbres (Pânini, iv» s. av. J.-C.). La grammaire occidentale a été fondée par les Grecs, et leur enseignement a exercé une influence extraordinaire sur toute la littérature grammaticale. Les Romains traduisirent en latin la terminologie des Grecs, et s’adonnèrent à la grammaire avec passion, mais sans originalité. Au xvi» siècle et au commencement du XVII® siècle, les grammairiens français furent presque uniquement des puristes, ignorants de l'histoire de la langue et imbus de préjugés philosophiques. La syntaxe française leur doit la plus gramde partie de ses contradictions et de ses subtilités. Avec la II grammaire de Port-Royal » commence la série des grammaires générales, dont les auteurs se piquent de découvrir les principes communs à tous les idiomes. A la lin du xvni® siècle se produisit un événement capital dans l'histoire de la grammaire ; la découverte du sanscrit.

La grammaire générale fut alors détrônée par la grammaire historique et comparative. Trois linguistes éminents se consacrèrent à ces nouvelles études ; Franz Bopp (langues indo-européennes) ; Jacob Grimm (langues germaniques) ; Frédéric Diez (langues romanes). La grammaire est aujourd’hui une science précise, voisine à la fois de la psychologie, de l'histoire et de l'histoire naturelle.

Grammaire générale de Port-Royal, composée par Arnauld et Lancelot; remarquable tentative pour ramener les langues à un type unique, conforme à la logique (16G0).

Grammaire, de Condillac, ouvrage bien écrit et bien connu, chef-d’œuvre d’analyse (1756).

Grammaire comparée, par Franz Bopp (1833- ■ 1852, trad. en français par Michel Bréal), le premier exposé méthodique qui ait été donné de l’ensemble des langues indo-européennes. Cet ouvrage a été dépassé par les travaux plus récents de Schleicher, et surtout par la Grammaire comparée des langues indoeuropéennes, de Brugmann et Delbrück (1886-1900).

Grammaire des langues romanes, par Frédéric Diez (1836-1844, trad. en français par Brachet, Morel-Fatio et Gaston Paris) qui démontre l’origine latine des langues romanes. Se complète par la G-ammaire des langues romanes de 'W. Meyer-Lubke (1890-1900, trad. française de Rabiet).

grammairien, enne [gram'-mè-ri-in, é-ne] n. Qui sait, enseigne la grammaire, ou qui a écrit sur la grammaire. Antiq. Philologue.

grammatical, e, aux \gram’-ma] adj. Qui concerne la grammaire : exercices grammaticaux. Conforme aux règles de la grammaire ; tournure grammaticale. Analyse grammaticale, analyse des parties du discours.

grammaticalement [gram'-ma, maii) adv.

Selon les règles de la grammaire.

grammatici certant, mots lat. signif. ; Les grammairiens discutent. Commencement d'un vers d'Horace (Art poétique, 78), qui se complète par: et adhuc sub judice lis est. V. adhüc.

grammatiste Igram'-ma-tis-te] n. m. Antiq. gr. Celui qui apprenait aux enfants à lire et à écrire. Grammairien. Auj., mauvais grammairien. Pédant, grammatite n. f. Minér. Syn. de TRÉMOLiTE. grammatologie [gram’-ma jt] n. f. (du gr. gramma, atos, lettre, et logos, discours). Traité grammatical.

grammatologique [gram’-ma] adj. Qui concerne la grammatologie.

gramme [gra-me] n. m. (du gr. gramma, scrupule [poids]). Millième partie du kilogramme qui est l’unité de masse de notre système métrique t le gramme représente sensiblement le poids d'un centimètre cube d'eau distillée prise à son maximum de densité (4® C.), à la latitude de 45 degrés et au niveau de la mer.

— Encycl. Les multiples du gramme sont : le décagramme. l'hectogramme, le kilogramme le myriagramme, le quintal et la tonne ; les souamulüples sont : le décigramme, le centigramme et le milligramme. (V. mesures.)

Le gramme est Tunité de masse qui sert de base au système C. G. S. On désigne quelquefois sous le nom de gramme-force une force égale au poids d'une masse de 1 gramme. Le gramme-force vaut 981 dynes.

gramme [gra-me) n. f. Machine électrique du système de Gramme. V. induction.

— Encycl. Dans la machine Gramme construite pour les laboratoires, un aimant en fer à cheval agit par influence sur un anneau circulaire de fer doux, placé entre ses deux pôles et détermine une aimantation dans chacun des demi-anneaux. Autour de

l’anneau sont enroulés en spirales des fils métalliques disposés de façon que les courants développés par induction dans ces fils donnent, lorsqu’on imprime un mouvement de rotation -à l’anneau de fer doux, un courant unique qui conserve la même intensité et le même sens pendant toute la durée de la rotation. Pour les besoins industriels, on remplace l’aimant

Machine de Gramme.

en fer a cheval par des électro-aimants très puissants, qui fournissent des forces beaucoup plus considérables.

La machine industrielle Gramme est donc un générateur d’électricité, mais elle est réversible et peut aussi servir de moteur : si Ton fait passer un courant dans la série de fils en spirales qui entourent l’anneau mobile, celui-ci se met à tourner. On comprend donc comment de teUes machines peuvent servir au transport de l’énergie. Cependant, avec ces machines à courants continus, on ne peut faire un transport d'énergie qu'à quelques kilomètres ; au delà, il est indispensable d’employer des machines à courants alternatifs (dynamos).

Gramnie (Zénobe), électricien, né à Jehay- ■Bodegnee (Belgique), m. à Bois-Colombes (Seine) [1826-1901]. Il a construit des machines employées comme force motrice et pour la lumière électrique.

gramme-force n. m. v. gramme.

grammitis [gram' -mi-tiss'] n. m. Genre de fougères, abondantes sur les roojiers des régions tropicales et tempérées et caractérisées par leurs frondes simples.

grammomètre

[gram’-mo] n. m. (dugr.

grammé, ligne, et metron, mesure). Diviseur dont se servent les dessinateurs.

Grammont, ville de Belgique ( Flandre - Orientale, arr. d’Alost), sur la Dendre ; 13.000 h.

Toiles, dentelles, allumettes.

Grammont (Jacques-Philippe Delmas de), général et homme politique français (1792-1862). Le 2 Juillet 1850, il fit voter la loi proteetrice des animaux, qui porte son nom, loi Grammont, et qui punit d’une amende de 5 à 15 fr. et d’un emprisonnement de 1 à 5 jours ceux qui auront exercé, publiquement et abusivement, des mauvais traitements envers les animaux domestiques.

Gramont [mon] (Antoine III, duo de), maréchal de France, né en 1604, mort à Bayonne en 1678.

Il défendit avec distinction Mantoue en 1630, et prit part à toutes les campagnes de la guerre de Trente ans. On lui doit des Mémoires intéressants. — Son frère consanguin, Philibert, comte de Gramont, servit d’abord dans les armées du roi, puis, exilé pour avoir disputé à Louis XIV les faveurs de MB® de La Mothe-Houdancourt, se réfugia à la cour d’Angleterre, où il épousa la sœur de Hamilton.

H fut un dos plus spirituels personnages du temps, mais un type accompli de libertin (1621-1707). [V. l’art, suiv.]

Gramont [Mémoires du comte de), par Hamilton, chronique enjouée et agréable de la vie frivole des cours de France et d'Angleterre au XVII® siècle; chef-d’œuvre d’atticisme (1713).

Gramont (Armand de).

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