‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 973 sur 1225 · V. Guiohe · texte numérisé non relu

V. Guiohe

Gramont (comte Ferdinand de), poète français, né à Jersey, m. à Paris (1813- 1 897) ; a fait revivre en France la sexiine. — Son fils Louis, né à Paris en 1854, auteur dramatique (adaptation d'Othello, livret d'Esclarmonde, etc.).

Gramont (Agénor, prince de Bidachb, duc de

Guiche et de), homme politique français, né et m. à Paris (1819-1880). Il était ministi'e des affaires étrangères lors de la déclaration de guerre à la Prusse en 1870.

gramophone ou grammoptione

mo- n. m. (du gr. gramma^ caractèi*e écrit, et j voix). Phonographe, de marque particulière, reproduisant les sons au moyen de disques. V. puoàsographe.

Maréchal de Gramont.

Duc Agénor de Gramont.

3 [grat phûné.

GRA

GRA

g^ammoptêre \gra-mo] n. m. Genre d’insectes longicornes, famille des céranibycidés, comprenant de petites formes élégantes, qui vivent sur les fleurs.

Grampians [gran-pi-an] (monts), chaîne de montagnes d'Ecosse. Lacs nombreux, torrents. Pâturages.

grampus [gran-puss] n. m. Genre de mammifères cétacés deniicètes, famille des delphinidés, communs dans l'Atlantique et la Méditerranée.

Gran, V. de Hongrie, ch.-l. de comitat, sur le Danube ; 10.000 h. Céréales (e i^hongrois Esztergom).

Granados y Campina (Enriquej, compositeur espagnol, né à Lerida, mort noyé dans la Manche à la suite du torpillage du Sussex par les Allemands 1868-1916) ; auteur des Danses espagnoles, des Goyescas (esquisses à la manière de Goya), des Tonad'illas, œuvres d'une inspiration foncièrement espagnole.

granaté, e adj. Qui ressemble ou qui se rapporte au grenadier.

granatique adj. Qui contient des grenats.

Graneey [sè] (Jacques Rouxel de Medavi, comte de), maréchal de France, célèbre par son intrépidité (1603-1680). En 1636, nouveau Bayard, il arrêta seul un escadron d’impériaux, au pont de Spoy. — Son petit-fils, Jacques-Léonor, né à Chalencey, près de Langres, m. à Paris (1665-1725), fut aussi maréchal de France.

Grancey-le-Cliàteau [sè, td], ch.-i. de c. (Côte-d’Or), arr. de Dijon ; 360 h. — Le cant. a 11 comm., et 1.700 h.

Granelier (Jacques-Joseph), médecin français, né à Felletin, m. à Pai'is (1843-1907). On lui doit de belles recherches sur la tu'berculose et les maladies des enfants.

grand [gran], e adj. (lat. grandis). Qui est fort étendu dans ses dimensions ; les grandes forêts du Brésil. Le grand Océan, l’océan Pacifique. Les grandes Indes, les Indes orientales. De taille élevée : enfant très grand pour son âge. Plus grand que nature, se dit des représentations ou images plus grandes que l'objet représenté. Intense, violent ; un grand vent ; un grand bruit. Grand jour, pleine lumière du soleil. Grand air, air qu’on respire au dehors. Emphatique : les grands mots ne prouvent rien. Qui excelle par la naissance, la fortune, le talent. etc. : grand seigneur, grand poète. Magnanime, courageux : Annibal se montra grand dans l'adversité. Surnom de princes ou de personnages illustres : Louis le Grand. Titre donné aux premiers dignitaires d’un ordre ; grand maître de l'Université, grand prêtre, etc. Gi'and Seigneur ou Grand Turc, ie sultan des Turcs. (Cet adjectif entre enjoutre dans une foule d'expressions ; grand chemin, grande dame, grand Dieu, grande fille, etc. CV. au substantif].) Grand mât, mât principal. Grand’voile, grand'vergue, voile, vergue du grand mât. N. m. Personne adulte: cet ouvrage est utile aux petits et aux grands. Elève relativement âgé ; la cour des grands. Personnage de haute naissance ou élevé en dignité.; les grands de la terre. Membre de la plus haute noblesse d’Espagne : les grands d'Espagne restent couverts devant le roi. Ce qui est noble, sublime : le grand abonde clans Bossuet. Loc. adv. En grand, de grandeur naturelle. Faire une chose en grand, au figr, sans rien ménager. Faire grand, donner à ce que l'on fait un caractère de grandeur. Travailler en grand, dans de vastes proportions. Tout grand ouvert, tout grand, aussi ouvert que possible. Ant. Petit, exigu, mesquin.

— Rem. Grand était à l’origine des deux genres. Cette forme s’est conservée dans mère grand, dans certaines expressions comme grand'peine, grand'chère, grand'pitié, grand’merci, grana'chose, grand'peur, grand' hâte, etc., et dans quelques composés : grancTchambre, grand'mère, grand'messe, grand'rue, grand'tante où l'Académie a jusqu’ici conservé l'apostrophe.

Grande Armée (la), armée que Napoléon 1er avait organisée au camp de Boulogne en 1804, et qui, d’abord destinée à l’invasion de l’Angleterre, fut employée à faire les campagnes de 1805 et 1806. (Après 1806, elle prit le nom d’ « armée du Rhin ».) Le même nom fut donné à l’armée qu’en 1812 Napoléon conduisit en Russie, où elle trouva son tombeau.

Grands Jours, nom donné, au moyen âge, aux juridictions féodales. Ultérieurement, on appelait Grands Jours des sessions extraordinaires tenues par des délégations du parlement dans les provinces où les méfaits et les brigandages s’étaient multipliés et couraient risque de rester impunis par suite de l’influence des familles et en raison de la fortune ou du rang des coupables. Fléchier a laissé d'une de ces réunions une relation très curieuse : les Grands Jours d'Auvergne, publiée seulement en 1844.

Grand-Auverné, comm. de la Loire-inférieure, arr. et à 16 kil. de Châteaubriant ; 1.390 h. Ardoise.

Grand-Bassam. Géogr. v. Bassam.

Graud-Bassixi) vaste région déprimée, et par endroits désertique, de l’Amérique du Nord occidentale, dans l’intérieur du massif des montagnes Rocheuses. Le plateau d'Utah et le Grand Lac Salé en sont les accidents géographiques les plus connus.

grand-beau n. m. Perle factice, soufflée avec du cristal coloré.

Grand-Bornand (Le), comm. de la Haute- Savoie, arr. et à 23 kil. d’Annecy ; 2.080 h.

Grand-Bourg [gran-bour] (Le), ch.-l. de c. (Creuse), arr. et à 17 kîl. de Guéret, non loin de la Gartempe ; 3.180 h. — Le cant. a 7 comm., et 9.870 h.

Grand-Bourg ou Marigot, ch.-i. de l’iie française de Marie-Galante, sur la mer des Antilles ;

Grandcamp-Ies-Bains, comm. du Calvados, arr. et à 32 kil. de Bayeux, non loin de l’embouchure de la Vire ; 1.840 h. Ch. de f. Et. Pêche, bains de mer.

grand’etianibre n. f. Dr. Principale chambre d’un parlement. (On dit aussi chambre du plaidoyer ou chambre dorée.) PI. des grand' chambres.

grand-chambrier n. m. Membre dune grand’chambre. PL des grand' chamhriers.

Grand-Cliainp [pran-cAon], ch.-l. de c. (Morbihan), arr. et à 13 kil. de Vannes ; 3.170 h. — Le cant. a 8 comm., et i0.280 h.

Grandchamps, comm. de la Loire-Inférleure, arr. et à 16 kil. de Nantes, sur le Hocinard; 1.170 h.

grand-chantre n. m. Dignitaire d’une cathédrale, qui avait les petites écoles sous sa juridiction. PL des grands-chantres.

grand’chose [gran-châ-ze] n. S’emploie avec la négation dans le sens de pas beaucoup, pas cher, pas bon, etc. : cela ne vaut pas grand'chose. Un, une des pas grand' chose, des gens qui ne méritent guère de considération.

Grand’Combe [gran-kon be] (La'', ch.-l, de c. (Gard), arr. et à 14 kil.’d'AIais ; 11.300 h. Ch, de f. P.-L.-M. Houillères importantes. — Le cant. a 6 cômm. , et 17.510 h.

Grand’Couronne, ch.-i. de c. (Seine-inférieure), arr. et à 12 kil. de Roiren ; 1.390 h. [Couronniers). Ch. de f. Et. Tulles, dentelles. — Le cant. a 10 comm., et 21.600 h.

Grand-Couronné (le) ensemble de hauteurs et de plateaux du département de Meurthe-et- Moselle, situé sur la rive droite de la Moselle et de la Meurthe, à l’E. de Nancy. Cette partie des « Côtes de Moselle » domine la vallée de la Seille et .décrit en avant de la capitale de la Lorraine une sorte de ! demi-couronne, depuis les abords de Poiit-à-Mousson i ‘Colline Sainte-Geneviève) jusque vers le confluent du Sanon avec la Meurthe. Le point culminant est par 417 m. aux sources de la Natagne.

L’importance militaire du Grand-Couronné était déjà connue avant la Grande Guerre ; mais elle a été mise en pleine lumière au début de septembre 1914, lorsque les Allemands voulurent prendre les armées françaises entre les deux mâchoires d’une gigantesque tenailleconstituéepar lessuldats du général von Kluck et ceux du kronprinz de Bavière. Après avoir été arrêtés par les troupes de la Pe et de la IP armée française (généraux Dubail et de Castelnau) à la bataille de la trouée de Charmes, les Allemands furent immobilisés par les soldats du général de Castelnau devant les hauteurs du Grand-Couronné (du 2 au 12 sept.), puis obligés de se replier jusque sur les bords de la Seille. La victoire du Grand-Couronné, qui termine la « bataille d ensemble » de Lorraine de 1914, a « sauvé la France » en avant de Nancy et permis au général Joffre de la i sauver en même temps de son côté, non loin de Paris, sur les bords de la Marne.

Grandcourt, comm. de la Somme, arr. et à 29 kil. de Péronne, sur l’Ancre ; 423 hab. en 1914. Prise parles Britanniques le 7 féviùer 1917 et entièrement détruite.

grand’eroix n. f. invar. Principal grade dans les ordres de chevalerie : la grand'eroix de l'ordre de Malte. Grade le plus élevé dans la Légion d'honneur.

grand-croix n. m. Dignitaire décoré de la grand’eroix. PI. des grands-croix. (On dit aussi GRAND CORDON.)

Grand“Croix (La), comm. de la Loire, arr. et à 19 kil. de Saint-Etienne ; 4.800 h. Ch. de f. P.- L.-M. Mines de houille.

grand-duc n. m. Titre de quelques princes souverains : le grand-duc de Bade. Prince de la famille impériale russe. PI. des graiids-ducs.

grand— ducal, g, aux adj. Qui concerne im grand-duc ou un grand-duché : dignité grand-ducale.

grand-duebé n. m. Pays gouverné par un grand-duc : le grand-duché de Luxembourg . PI, des grand-duchés.

Grande (aïo), fleuve de la Sénégambie, tributaire de l’Atlantique ; cours 400 kil.

Grande del Norte (rio), fleuve de l'Amérique du Nord, qui sépare pendant une partie de son cours le Mexique des Etats-Unis et se jette dans le golfe du Mexique ; cours 2.500 kil.

Grandeau (Louis), chimiste et agronome français, né à Pont-à-Mousson, m. à Interlaken (1834- 1911). Fondateur des Annales agronomiques. On lui doit de nombreux travaux qui ont largement contribué au progrès de l’agriculture,

Grande-Bretagne et Irlande (royai meüNi de). Etat de l'Em'ope occidentale, capit. Londres. Le Royaume-Uni comprend quatre parties principales : l’Angleterre proprement dite et le pays de Galles, l'Ecosse et l'Irlande, qui forment les iles Britanniques. Superficie 314.380 kil. carrés ; pop. 45 millions d'h. (Anglais).

I. Géographie. L’Angleterre, montagneuse dans sa partie occidentale, mais généralement plate dans sa partie orientale, est arrosée par la Tamise, la Severn, rOuse, etc. L’Ecosse, séparée de TAngleteri'e par les monts Cheviot, et couverte de montagnes boisées et pittoresques, est baignée par la Clyde et coupée de longues dépressions parallèles, où s’allongent des lacs profonds ; la principale de ces vallées livre passage au canal Calédonien, etc. L’Irlande moins accidentée, contient aussi des lacs en grand nombre :1e Shannon est le principal des nombreux cours d’eau qui Tarrosent.Partout le climat est humide, les brouillards fré quents , mais leshiversd’une réelle douceur eu égard à la latitude. Les îles Britanniques, qui produisent peu de Armoiries de la Grande-Bretagne, céréales, possèdent en revanche de riches pâturages et fournissent abondamment à l'industrie du fer et de la houille ; leur commerce est le plus important dn monde, et leurs colonies (355 millions d'h.) dissénWiées sur tout le globe, et dont les principales sont l'Australie, Tlnde et le Canada, en font la première puissance économiqe et maritime. L'Angleterre, y compris le pays de Galles, se divise. en 52 comtés, capit. Londres ; l'Ecosse, en 33 comtés, groupés en 8 divisions géographiques, capit. Edimbourg ; l'Irlande compte 4 provinces, subdivisées en 32 comtés, cap. Dublin.

II. Histoire. Lorsque les Romains conquirent la Bretagne (Angleterre), elle était occupée par des Celtes et par des aborigènes peu civilisés (l'r s. av. J.-C.) ; les habitants de la Calédonie (haute Ecosse), connus sous le nom de Pietés et de Scots, opposèrent aux légions une invincible résistance, et Hadrien dut élever contre eux une muraille fortifiée. Attaqués par les Calédoniens au v siècle, les Bretons appelèrent à leur secours les pirates angles et saxons, qui les subjuguèrent au lieu de les aider, et fondèrent dans le sud de l’Angleterre l'heptarchio anglo-saxonne, qui ne tarda pas à devenir une monarchie, dont Alfred le Grand fonda solidement la puissance.' De 1017 à 1042, les Danois soumirent gleterre. Edouard III le Confesseur réussit bien à rétablir la dynastie anglo-saxonne, mais la victoire d'Hastings donna finalement le royaume aux Normands. A la faveur des guerres entre la dynastie des Plantagenets et les Capétiens, les seigneurs normands et saxons se coalisèrent pour obtenir du pouvoir royal la Grande Charte (1215) et les statuts d’Oxford (1528), sources des institutions politiques libérales encore en vigueur chez nos voisins. L'intervention des Anglais en France pendant la guerre de Cent ans forment l’une des pages les plus douloureuses de notre histoire. Elle rappelle les désastres français de Poitiers, de Crécy et d’Azincourt et surtout le traité de Troyes (1422), qui livrait la France à la domination anglaise. A la fin du xv® siècle, la guerre des Deux-Roses donna la couronne à la dynastie des Tudors (1485), qui favorisa la Réforme, fonda la puissance maritime de la Grande-Bretagne et essaya d’établir l’absolutisme royal. A la mort d’Elisabeth, les couronnes d'Angleterre et d'Ecosse furent réunies sous le sceptre de Jacques pr (Jacques 'VI d’Ecosse), fils de Marie Stuart. Renversés par la révolution de 1648, et remplacés par le gouvernement de Cromwell, les Stuarts furent rétablis en 1660, mais pour être détrônés, en 1688, au profit de la maison d’Orange par une coalition des whigs et des tories. Guillaume d’Orange étant mort sans héritier, la reine Anne lui succéda et, à la mort de

Soldats britanniques : 1. Horse-guard ; 2. Cavaliers ;

3. Infanterie ; 4. Officier ; 5. Grenadier-guard ; 6. Highlander.

cette souveraine, la maison de Brunswick-Hanovre monta sur le trône. A la faveur de ces changements de dynastie, les libertés parlementaires anglaises n'ont cessé de se développer. La politique extérieure de l'Angleterre, depuis le xviii» siècle, a toujours eu pour objet l'extension de son domaine colonial et la possession de l’empire des mers. C'est à ce titre que le cabinet de Londres est toujours inteiwenu dans les guerres européennes, qu'il a combattu la Révolution et l’Empire, et qu'il a, chaque fois que s'est réveillée la question d'Orient, pris le parti de la Turquie, maîtresse des détroits. Ainsi s’est créé par une série d'efforts poursuivis sur tous les points du globe, l'impérialisme britannique, dont la dernière manifestation a été l'annexion du Transvaal et de la république d'Orange. Mais l’Angleterre n'en reste pas moins aux prises avec de réelles difficultés intérieures, nées surtout de la question d’Irlande. Ce malheureux pays, après avoir été victime des persécutions et des spoliations de ses maîtres et réduit, à la plus affreuse misère par l'absentéisme, lutte désespérément pour obtenir son autonomie. Mais ses efforts, malgré la bonne volonté d’iiommes d'Etat tels que Gladstone, sont jusqu'ici restés vains : le parti libéral-unioniste, avec à sa tête des radicaux comme Chamberlain, devenus les alliés des conservateurs, s’est opposé de toutes ses forces à la solution gladstonienne de la question du home rule.

Aussi, dui'ant la Grande Guerre, certains Irlandais ont-ils fait alliance avec les Allemands et, depuis lors, l'Irlande est-elle en état de véritable rébellion contre l’Angleterre.

Mais ces difficultés ne sont pas les seules contre lesquelles doit lutter le gouvernement britannique à l’époque actuelle. Après avoir, dès le jour où fut violée la neutralité belge, participé de manière très active à la Grande Guerre, par une inlassable collaboration militaire et navale, industrielle et commerciale, le Royaume-Uni s’est trouvé depuis la fin de 1918 en présence de problèmes des plus graves. L’application des nouvelles lois économiques, la cherté de la vie, la restauration des finances publiques ont suscité dans l'archipel britannique des grèves et des difficultés de plus d'un genre, à côté de celles que soulevait la question d'Irlande ; d'autre part, la solution de la question d’Orient, préconisée par les hommes d’Etat anglais, a déterminé parmi les sujets

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