‹ La̕rt italienChapitre 16 sur 58 · DANTE · texte numérisé non relu

DANTE

Béatrix, sa première joie, sa première douleur, reste la plus chère, la plus haute de ses pensées. Nous allons la voir grandir de tous les malheurs dont la fortune va Taccabler.

Il prend parti dans les agitations de Florence. Il devient un des prieurs lorsque la ville est au pouvoir des guelfes blancs. En 1300, à l'époque du fameux Jubilé, il est ambassadeur à Rome auprès de Boniface YIII. Â ce moment, Charles de Valois, poussé par le pape, s^empare par ruse de Florence, et Dante est exilé comme un des membres de Tancien gouvernement.

Exilé par qui? Par le pape qu'il a toujours défendu , par le pape , le chef des Guelfes , sous la protection duquel il se trouve, qui le flatte, qui le caresse au moment où il le livre.

Voilà l'inspiration de VEnfer. La mort de Béatrix a pu lui révéler le Paradis, car là seulement il peut la rejoindre. Mais être livré, être trahi par le chef de TÉglise, il se sent atteint au fond de sa foi; il maudit la papauté, et plonge Boniface VIII au fond de son enfer.

Il use une partie de sa vie à vouloir rentrer dans Florence de vive force ou par amnistie.

18 l/lDKAL ITALIEN'.

Toutes ces tentatives échouent. Alors, puisque sa patrie le rejette, il sera citoyen de l'Italie entière; il ira de lieu en lieu, cherchant les éléments d'une langue commune à ce peuple si divisé, recueillant sur son chemin toutes les légendes tragiques qu'il mettra dans son poëino. Et Dante, frappé par l'Église, se retrouve profondément Italien, mais de la vraie Italie, de ritalie antique; de guelfe il devient gibelin.

A Tavénement de Henri VII, il écrit une épîlre en langue vulgaire qu'il adresse à toutes les puissances de l'Italie et à tous les Italiens. La ferveur des illusions de ce grand homme respire dans ce manifeste :

« Réjouis-toi désormais, ô Italie si digne de pitiés et qui seras bientôt enviée par le monde entier, par les Sarrasins eux-mêmes! car ton époux, qui est la joie du siècle et la gloire de ton peuple, le miséricordieux Henri, le glorieux César, se hâte d'accourir à tes noces...

« Veillez donc tous et levez-vous devant votre roi, ô habitants de lltaliel Ne lui rendez pas seulement obéissance, rendez-lui aussi le gouvernement. Ne vous levez pas seulement devant lui ;

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