‹ La̕rt italienChapitre 44 sur 58 · LE TINTORET.— PAUL VÉRONÈSE.-L'ÀRT THEATRAL · texte numérisé non relu

LE TINTORET.— PAUL VÉRONÈSE.-L'ÀRT THEATRAL

A son isolement du continent Venise doit de servir de passage, de médiation de l'Orient à TOccident.

Venise n'a aucune des préoccupations de Fantique Italie. Elle n*a point de ruines* Cela explique son art et sa politique. Elle n'ét rien à adorer qu'elle-même. Point de souvenir^ point d^abstraction; mais en tout la fierté, Tallure souveraine de la Seigneurie qui commande aux îles de TArchipel, qui a le monopole du commerce du Levant* Son génie insulaire est allumé du soleil d'Orient.

Qu'est Venise depuis son apparition dans This*

toire? Un asile , une cilé artificielle qui surgit au milieu des eaux et qui s'ouvre aux aventuriers hardis, de quelque nation qu'ils viennent, pourvu qu'ils lui conquièrent des comptoirs, des possessions dans TOrient. Devenue riche par le commerce du monde, la République récompensera magnifiquement les hommes jeunes, entreprenants qui viendront des villes lombardes, des campagnes de la terre ferme, lui bâtir des palais, les couvrir de fresques. La Lombardie est le jardin de Venise, la terre natale de ses peintres; en sorte que si Técole vénitienne a son éclat au déclin des autres, c'est que la campagne de la haute Italie s'y exprime davantage et que sa peinture s'avive des provinces de Lombardie , qui n'avaient pas produit encore. Mais cette ville a une telle personwaUté que les aventuriers qui y entrent deviennent vénitiens , que les artistes qui y travaillent n'ont qu'un art, Tart de Venise.

Les vicissitudes politiques ne font qu'accroître cette personnalité dans Tart. Plus le gouverneipent devient soupçonneux, méfiant, inquisitorial, plus Venise a de puissance, de prestige, d'empreinte dans ses œuvres d'art. Étrange simulfa-

Page 1