LE PONTORMO
par Lesueur au xvîi* , par Greuze au ivni% par Priid'hon au xix% jusqu'à ce qu*elle trouve un grand cœur pour en faire le puissant foyer d'une renaissance nouvelle , d'un art populaire et dértiocratique.
Le ftosso et le Prîmalicé personnifient la crise de Part italien en F'rance, le Ponlormo la représente à Florence.
La \iè du Pontormo mérite bien qu'on s'y arrête : lutte de l'art contre la décadence , mais ici l'art est vaincu avec l'artiste , tandis que dans Michel -Ange Tesprit triomphe. Ce jeune homme, salué par Raphaël, par Michel-Atige, jalousé par Andréa del Sarto, se trouve aux prises avec la triste réalité, la guerre, puis la peste le pourchasse. Il passe plusieurs années à la Chartreuse ; il y étudie Albert Durer, il rêve devant la profondeur allemande, il oublie et l'école et son temps.
Enfin Michel- Ange le décide; mais lui qui ne faisait que traduire et colorier les compositions du maître, qui n'avait pas ses tenipêtes, qui n'en était pas soulevé, il est le serviteur du duc dlJrbin
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qui lui commande des fresques et le force à prendre des auxiliaires pour achever à jour fixe. Devant les murailles ^ il passe un temps infini à rêver. Peu à peu le découragement , la tristesse percent à travers ses peintures; les railleries des faiseurs*; la calomnie le rendept ombrageux ^ son dessin prend une rudesse étrange , sa peinture devient heurtée. Hais enfin jamais la tradition ne Tabandonne tout à fait. 11 lui reste le sentiment de la beauté. Passion- qui fit la Renaissance et survit à tous les désastres.
Rien de plus triste que la fin deTécole florentine. Ses œuvres si claires, inspirées de la patrie, nées au grand jour, sous les yeux de tous, deviennent aux mains des faiseurs de plates allégories. Les derniers artistes , comme le Pontormo , qui s'efforcent de continuer la tradition dans sa pureté, se plongent dans une solitude inquiète où les poursuivent les rivalités e,t les rancunes des artistes courtisans. Ils n'ont plus l'excitation puissante de la concurrence , ils n'en ont que les humiliations. De là dans leurs œuvres cet effort qui fatigue, cette crispation désespérée d'une peinture qui effraye, comme d'un homme qui peindrait à