‹ Larves de ColéoptèresChapitre 11 sur 41 · TROX · texte numérisé non relu

TROX

Trox hisfiidus Laichart,

Fig. 93-98.

Tête noirâtre, lisse, ayant sur le front quelque fossettes; épistome lisse ; Labre en ellipse transversale, marqué de deux fossettes très-apparentes.

Mandibules entièrement noires ; vues en dessus, sinueuses au bord externe, un peu crochues à l’extrémité, avec une petite échancrure vers le tiers de la tranche interne, échancrure à laquelle aboutit un petit sillon transversal; doux cavités longitudinales dessinant une arête intermédiaire obtuse ; vues de côté, montrant un sillon le long du bord supérieur.

Lobe des mâchoires très-profondément bifide, chaque partie avec une épine au sommet et l’interne ciliée de soies spinuleuses.

Palpes maxillaires non de trois articles comme le disent MM, Chapuis et Candèze pour la larve du T. carolinus, mais de quatre, le premier plus court que le second, le troisième aussi long que les deux précédents réunis, le quatrième presque aussi long que le troisième.

Palpes labiaux de deux articles.

Antennes non de trois articles mais de quatre, le premier gros, le second deux fois au moins aussi long que le premier, sensiblement plus large au sommet qu’à la base, le troisième plus court, un peu arqué, en massue, le quatrième très-grêle, très -court, inséré excentriquement,

Corps pourvu de poils assez longs, les six premiers segments de l’abdomen et la partie antérieure du septième peu densement sablés de petits granules portant une soie. Dernier segment divisé en deux parties plus courtes que dans la plupart des autres larves ; deuxième partie subtronquée, sa face postérieure creusée de plis qui dessinent trois lobes, deux grands, presque verticaux, elliptiques, et un transversal, triangulaire, ce qui indique que la fente anale est longitudinale.

Pattes de cinq pièces, ongle compris (V. tig. 98),

J’ai reçu un certain nombre de larves de cétte espèce de M. E. Revelière qui les a trouvées en Corse, au mois de mars, sous terre, avec un morceau d’étoffe de laine très-crasseuse dont elles s’alimentaient.

Je ne connais pas la nymphe.

in

Paeliypus (IScarabæus) Candidæ Pet.

cornutus Ouv.

Fig. 106-1 H.

Tête lisse, une série transversale de gros points d’une antenne à l’autre et deux séries obliques de points un peu moins forts remontant en convergeant vers le vertex, mais s’arrêtant au haut du front.

Êpislome très-tuméfié, surtout en avant, roux et coriace.

Labre semi-discoïdal, convexe, marqué d’un sillon en arc renversé.

Mandibules, vues en dessus, bi-tridentées, déprimées triangulairement sur leur tiers antérieur, surtout la droite, assez étroites à cause de leur grande concavité interne , ressemblant beaucoup aux mandibules des larves de Mélolonthides ; vues de côté, étroites et marquées d’une longue dépression oblique où l’on voit deux ou trois fossettes.

Lobe des mâchoires simple, épineux au sommet, cilié en dedans de soies spinuleuses.

Antennes de cinq articles.

Corps revêtu de poils blonds. Les six premiers segments de l’abdomen et la partie antérieure du septième sablés non de petits granules surmontés d’un poil, mais de véritables spinules coniques, ferrugineuses, un peu arquées en arrière et assez serrées. Deuxième partie du dernier segment couverte en dessus de poils blonds assez courts et très-touffus, et en dessous, sur le tiers postérieur, de soies rousses, épaisses, raides, inclinées en arrière, quelques-unes crochues au sommet et entremêlées de quelques spinules ; un rang circulaire de spinules en avant de l'anus qui est transversal, tout à fait terminal et invisible quand on regarde perpendiculairement soit en dessus soit en dessous.

Stigmates assez peu apparents, péritrème en croissant.

Pattes de cinq pièces, ongle compris.

La nymphe est postérieurement obtuse et sans papilles.

Mon ami, M. E. Revelièrc, m’a envoyé de Corse plusieurs de ces larves accompagnées d'une nymphe. Il les a trouvées sous terre où elles vivent à la manière des larves de Mélolonthides.

MM, Mulsant et Rey ont formé des deux genres Calicnemis et Pachypus un groupe qu’ils ont nommé Arénicoles, quoique ces deux insectes diffèrent sérieusement par la massue des antennes ainsi que par les tibias et les tarses postérieurs, et nous avons vu plus haut que J. Duval a placé le

LAMELLICORNES. - PACHYPDS 113

genre Calicnemis dans les Dynastides avec le Phyllognâthus elles Oryctes, faisant du genre Pachypus un groupe spécial sous le nom de Pachypites. Je crois ce dernier auteur plus près de la vérité, car si l’on consulte notamment les mandibules qui ont, au point de vue méthodique, assez d’importance pour qu’on en tienne grand compte, on voit que la larve du Calicn&mis se rapproche de celles des Oryctes, et que la larve du Pachypus a beaucoup d’affinité avec celles des Mélolonthides. Je pense donc, tout bien considéré, que les caractères des larves s’opposent à la réunion de ces deux genres dans le même groupe et que même chacune d’elles serait le type d’un groupe spécial.

On sait que la femelle du Pachypus est aptère et qu’elle se tient sous terre, parfois ù une profondeur assez considérable, d’où la conséquence que les mâles, pour la découvrir et pour pénétrer jusqu’à elle, doivent avoir beaucoup de flair et beaucoup d’ardeur. Comme preuve qu’ils possèdent cette double qualité, j’ai publié dans le numéro 96 des Petites lVo?tvdles entomologiques le récit d’une très-intéressante histoire où M. Revelière a joué un rôle. Je crois devoir la reproduire ici.

« Dans les premiers jours de juin, m’écrivait mon ami, en rentrant d’une excursion un peu avant l’heure où volent les Pachypus,']’ en aperçus un, pendu par les ongles des pattes postérieures à une petite branche de Cislus monspeliensis, et en y regardant de plus près, j’en trouvai quinze ou seize pendus de la même manière, dans un espace de quelques mètres, la massue des antennes épanouie et flairant évidemment quelque odeur. Je revins le lendemain armé d’une pioche, et ayant vu de nombreux trous dans la terre, au-dessous des cistes, je me mis à creuser. A vingt ou vingt-cinq centimètres je trouvai de nombreuses dépouilles et des larves que je vous envoie. Je ne rencontrai pas de femelle, mais il devait y en avoir quelqu’une, ou elle y était du moins la veille, les Pachypus suspendus, et dont je m’étais emparé, le disaient suffisamment.

« Quelques jours après, étant sorti par un très-grand vent, vers trois heures et demie du soir, je fus surpris de voir voler plusieurs Pachypus tous dans la même direction. Ayant eu la bonne idée de les suivre, ils me menèrent jusqu’à une entaille où j’en vis cinq ou six qui s’efforçaient de grimper le long d'un talus à pic, et qui, renversés vingt fois, recommençaient imperturbablement leur exercice. Il était évident pour moi qu’il y avait une femelle tout près de là, mais où ? Enfin, à force de sonder avec précaution partout où la terre me paraissait moins dure, je finis par déterrer un mâle. Le trou par lequel il s’était enfoncé ne paraissait nullement,

PER

seulement la terre était moins compacte dans cet endroit. Après celui-là j’en déterrai un second, puis un troisième, puis sept ou huit enfoncés dans le même trou ; puis tout au fond, la fameuse femelle qui s’efforçait de creuser avec ses petites pattes, et qui pénétrait assez vite dans une sorte d’argile feldspathique presque aussi dure que la pierre. Le trou était à une hauteur de plus d’un mètre et le talus presque à pic, comme je l’ai dit. Comment la femelle et les mâles avaient-ils pu y grimper? Il faut avoir vu leur persévérance pour ne pas le croire impossible.

« Mais voici oü commence le merveilleux et que je n’oserais dire tout haut de peur de passer pour un menteur. La femelle à peine retirée de son trou d’environ quinze centimètres de profondeur, je fus assailli par une véritable nuée de mâles qui venaient se heurter contre moi, au risque de m’éborgner. Quand je voulus la piquer dans ma boite, elle lança, jusqu’à une distance de plus de trente centimètres, un liquide d’un blanc laiteux assez abondant, à la manière de certains Lépidoptères nocturnes lorsqu’ils viennent d’éclore. A cette décharge, la nuée de mâles redoubla d’ardeur ; un malheureux papillon piqué sur le côté au fond de ma boite, qui avait reçu une partie du liquide et que je jetai à terre, conserva pendant plusieurs jours la même propriété attractive ; les mâles s’acharnèrent sur lui jusqu’à ce que ses débris eussent été dispersés. Bien plus, la manche de ma veste jouit de la même propriété. Durant trois jours il me fut impossible de retrouver de femelle, parce que, dès que je paraissais dans la campagne, tous les mâles tourbillonnaient et formaient un essaim autour de moi. Enfin, avec le temps, ma veste fut désenchantée et je pris plusieurs femelles à peu près de la même façon que la première.

« Muni d’une d’elles, je fis un jour, ainsi que le lendemain, fessai de sa puissance, faisant venir tous les mâles qui se trouvaient sous le vent, je ne sais de quelle distance, et prenant plaisir à en évoquer dans des localités où je n’aurais jamais supposé qu’il y eù eût, jusque dans les marais et aux heures les plus indues, en plein soleil, temps oü ils ne volent jamais d’eux- mêmes. »

Anoxia (llelolontlia) villosa F.

Fig. H8.

Afin de pouvoir procéder par comparaison, je donne les figures des principaux caractères de la larve du Melolontha vulgaris F.; je ra’y réfère

LAMElLlCOniNES. — - ANOXtA. — AMPHIMALLUS 115 et j ajoute que cette larve a le labre et l'épistome très-rugueux, la tête ruguleuse surtout antérieurement elles six premiers segments abdominaux, ainsi que 1 élévation antérieure du septième, sablés de spinules ferrugineuses assez denses. La deuxième partie du dernier segment est couverte en dessous de poils fins inclinés en arrière, entremêlés de soies plus foncées, plus fortes et plus raides, et hérissé postérieurement de soies plus épaisses encore, plus rigides, subépineuses. En dessous, le tiers postérieur est hérissé de soies spinuleuses dont quelques-unes crochues, et au milieu se trouvent deux rangs parallèles d’épines ferrugineuses trôs-rapprochées, courtes, coniques, dressées et un peu convergentes, partant du quart antérieur et allant jusqu’à la fente anale qui est très-arquée et dessine un lobe visible en dessus.

La larve du Polyphylla fuUo L diffère de celle du Melolontha par les caractères suivants : quatrième article des antennes un peu plus court que le troisième; six premiers segments de l’abdomen et élévation anté rieure du septième couverts non de spinules coniques et cornées, mais de soies spinosules très-serrées et en brosse; deuxième partie du dernier segment couverte en dessus de poils blonds fins et plus serrés, formant une sorte de velouté, avec la partie postérieure spinuleuse et ornée en dessous des deux rangs d’épines, mais moins parallèles et s’avançant beaucoup moins antérieurement.

Quant à la larve de l’dnoarw uîMosa F., elle se distingue de celle du Polyphylla par deux caractères ; l® quatrième article des antennes encore plus court ; 2» deuxième partie du dernier segment plus spinuleuse à l’extrémité et dépourvue en dessous des deux rangs de spinules.

Elle vit sous terre dans les lieux herbeux. L’insecte parfait est ici extrêmement abondant au mois de juin. Vers l’entrée de la nuit il sort du milieu des grandes herbes ou de sous terre pour voler par essaims autour des arbres et des buissons. Son vol est rapide elle mâle est plein d’ardeur.

Amphlniallus (if ^lolontlia) l'afesceus Latr. Rliizotrogus Bcllieri Reiche. — R. insularis Reiche.

R. Sassariensis Perris.

Fi«. H9-12S.

Toutes ces larves se ressemblent dans leurs plus petits détails et voici en quoi elles diffèrent, indépendamment de la taille, de celles de Melolontha. Épistome très-lisse ; labre plus que semi-discoïdal, subanguleux

OU ogivul et ruguleux. ; partie plane et ferrugineuse de la face externe des mandibules presque pas ruguleuse ; troisième article des antennes encore plus long que le deuxième et quatrième, relativement un peu plus court ; six premiers segments de l’abdomen et élévation antérieure du septième couverts de soies spinosules rousses; les deux rangs de spinules convergentes de la deuxième partie du dernier segment s’avançant moins que dans la larve de Melolotulia, plus que dans celle de Polyphylla et ne dépassant guère la moitié de la longueur ; soies épineuses de droite et de gauche occupant une place moins grande et subtriangulaire; fente anale moins arrondie, sensiblement plus anguleuse, et en arrière un pli longitudinal qui fait paraître l’extrémité un peu échancrée ou bilobée.

Toutes ces larves vivent dans la terre des racines des plantes. Celle de VA. rufescens est commune ici dans tous les lieux herbeux ; les autres m’ont été envoyées de Corse ou de Sardaigne par MM. Revelière et Raymond.

 l'état parfait, le rufescem est ici d’une abondance extrême. 'Vers la fin de juin et dès l'entrée de la nuit il tourbillonne par essaims autour des arbres et des buissons, et l’on n’a qu’à se tenir au pied d’un arbre pour voir ou entendre tomber comme grêle des mâles et femelles accouplés. Dans mes promenades entomologiques j’ai parlé d’un chien et d’un chat que j'ai vus, durant plusieurs soirées, profiter de l’occasion pour se régaler de cette proie qui paraissait fort de leur goût.

Trioflonta (Serîca) aquila Cast.

Fig. 127-132.

Épistome lisse, très-bombé, moins cependant que dans la larve du Pachypiis; labre lisse à deux fossettes. Mandibules non dentées, ferrugineuses sur les deux tiers postérieurs, marquées en dehors d’un sillon profond plus large antérieurement. Lobe des mâchoires à deux épines au sommet et cilié en dedans. Premier article des palpes maxillaires très-com't. Antennes de cinq articles, le second double du premier, le troisième plus long que le second, les deux derniers de moitié plus courts et presque égaux.

Dessus des six premiers segments abdominaux et élévation aniéiàeure du septième couverts non de soies spinosules mais plutôt de vraies spinules ; deuxième partie du dernier segment, vue en dessous, présentant près du bord postérieur un pli sinueux transversal bordé de spinules ;

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