‹ Larves de ColéoptèresChapitre 12 sur 41 · LAMELLICORNES · texte numérisé non relu

LAMELLICORNES

HOPLIA

vue en arrière, offrant un pli elliptique qui renferme trois lobes dont un supérieur petit et triangulaire et deux verticalement elliptiques, de sorte que la fente anale paraît longitudinale.

Nymphe terminée par un large appendice à deux dents coniques, déprimées, écartées, un peu arquées en dedans ; arceaux supérieurs de l’abdomen relevés en crête transversale.

On trouve chez nous, en mars, des larves, des nymphes et des insectes parfaits sous terre dans le voisinage des Chênes. L’espèce est très- commune et on la prend abondamment au mois de mai volant à l’entrée de la nuit autour des branches basses de ces arbres. Son vol est peu rapide.

Hoplia (Scaraliœus) cœrulca Druhy.

Fig. I3S-I36.

Cette larve diffère : 1° de celles de Rhizotrogus en ce que les mandibules, vues de côté, sont plus étroites et plus régulièrement atténuées en triangle d’arrière en avant; que le quatrième article des antennes est de moitié plus court que le troisième ; que les deux rangs de spinules de la deuxième partie du dernier segment s’avancent jusqu’aux trois quarts au moins de la longueur ; que les tibias sont ondulés en dessous et que la fente anale est en arc renversé k peine convexe ; 2° de celles à'Anomala par les quatre premiers caractères ci-dessus et par la tête lisse ; 3“ de celle de Maladera par les deux rangs de spinules bien marqués et par l’absence de l’ellipse dessinée sur le dos de la deuxième partie du dernier segment ; 4» de celle de Triodonta i)ar les spinules précitées et par la fente anale transversale ; 5o de toutes les larves connues par la face dorsale de la deuxième partie du dernier segment marquée de cannelures ondulées, irrégulières, peu profondes, ressemblant à de larges rides.

Nous n’avons dans les Landes que deux Hoplia, le philanLkus et le cœrnlea. Je ne connaissais aucune larve de ce genre et je regrettais de laisser cette lacune dans cette partie, déjà incomplète, de mon travail. Pour tâcher de la combler, je me rendis, ces jours derniers (mars 1876), accompagné d’un ouvrier muni d’une bêche, dans une localité où le cæmlea est chaque année abondant, et je choisis pour mes recherches un point fort limité qu’il affectionne plus spécialement. Sur mes indications, l’ouvrier trancha avec la bêche un carré de gazon d'environ 20 centimètres de côté et d’une épaisseur de 12 à 1.5 centimètres, puis il

le retourna. Du premier coup je recueillis trois larves de Lamellicornes, deux petites que je reconnus bien vite pour être de Tnodonta aquüa, et une bien plus grande, paraissant presque adulte, que j’aurais pu prendre pour une larve de Rhirntragiis sans ma loupe qui me démontra qu’elle en différait par plusieurs caractères et notamment par ces cannelures ou rides du dernier segment que je voyais pour la première fois et qui, sans autre preuve, étaient de nature à me convaincre que j’étais en possession de la larve désirée. Mais j’avais une autre raison de le croire, car le seul genre de cette taille dont je ne connaisse pas de larve est le genre Anisoplia, et le lieu que j'explorais n’est pas à sa convenance.

Continuant mes recherches, je recueillis plusieurs autres individus de la larve qui m’intéressait. Rentré chez moi, j’en sacrifiai deux à l’étude et à ma collection et j’installai les autres dans un pot à fleurs avec un bloc de gazon bien fourni de racines. Elles y sont au moment où j’écris cet article, et s’il est imprimé avant que je n’aie obtenu leur métamorphose ou que je n’aie découvert ailleurs ce qui peut donner une complète certitude à mes appréciations, j’y reviendrai dans un supplément final.

Le Hoplia cœrulea est très-commun dans certaines parties de la France, Il se trouve dans les Landes, au mois de juin, dans le voisinage des cours d'eau, et il est si abondant sur les petits buissons et sur les hautes herbes des bordures et des prairies, que des espaces assez étendus paraissent quelquefois tout bleus, comme j’en ai vu aux environs de Madrid, jaunis par le HopUa chlorophuna. La femelle a été longtemps inconnue et mau!q Liait autrefois dans bien des collections; mais depuis que le hasard et l’observation ont révélé les moyens de se la procurer, elle a cessé d’être une rareté.

Dans mes Promenade$ entomologiques de 1872 (Soc. Ent., 1873, p. 90), j ai dit que, chez nous, c’est par un beau soleil et de onze heures gt demie à midi et demi qu’on peut capturer la femelle laquelle, sortant alors du milieu des herbes, prend son vol et va se poser près d’un mâle. Ces indications ont donné lieu, de la part de M. Peragallo, à une communication que j ai rapportée (loc. çit,, p. 249), et de laquelle il résulte que c’est au point du jour qu’il a pris en nombre la dite femelle soit à Cambo dans les nasses-Pyrénées, soit à Néris dans l’Ailier. J’ai essayé deux ou trois fois de ce moyen sans succès. Voici en outre ce que m’écrivait dernièrement à ce sujet M. Coutures, de Bordeaux,

« Je prends la femelle pendant un temps bien plus long que celui indiqué dans vos Promenades entomologiques, fout en reconnaissant que c’est

LAMEllICORNES.

HOPLIA

(le onze heures environ à une heure qu’elle est le plus abondante. Dans la matinée, à partir de huit heures, elle se tient à terre parmi les herbes, où elle reste immobile jusqu’au moment déjà cité. De une heure à trois heures environ, elle disparaît complètement ; puis de trois heures à quatre j’en vois quelques individus encore, puis tout disparaît. La saison dernière, pendant une journée de chaleur orageuse, j’ai pu en prendre à peu près tout le jour, mais cela n’est qu’une exception. Immédiatement après

I accouplemenl, la femelle s’enfonce dans la terre assez profondément, car ayant voulu me rendre compte, une heure après, de la distance souterraine parcourue par elle , il m’a fallu creuser jusqu’à 20 centimètres environ. »

Les larves des Lamellicornes ont des goûts et des mœurs assez vulgaires et leur étude n’indique pas chez les insectes parfaits cet instinct botanique ou cette intelligence de parasitisme dont tant d’autres donnent des preuves. — On observe pourtant dans quelques-uns assez d’industrie pour façonner des boules de matières stercorales, et même, d’après Frisch, des coques de terre, ce qui est à vérifier; et pour un Coléoptère, ce sont des œuvres d’art dont il faut tenir compte. Beaucoup de larves vivent sous terre soit de détritus, soit des racines des plantes, d’autres se irouvent dans les déjections des grands animaux, avec celte particularité que certaines espèces recherchent plus spécialement les bouses, quelquesunes les crottes des Solipèdes, un plus petit nombre celles des moulons.

II y en a qui, comme celles des Cétoines, se nourrissent de débris vgéétaux, jusque dans les fourmilières, ou du terreau, de la vermoulure des vieilles souches et des arbres caverneux qui recèlent souvent aussi celles de l’Osmoderma et des Oryctes, Les larves d’un seul genre (Trox) paraissent s’attaquer aux matières animales, et les autres se développent dans les bois morts mais non encore décomposés.

Quant aux larves des Pectinicornes, toutes celles qu’on connaît jusqu’ici sont lignivores, sans être exclusives dans le choix de l’essence qui doit les nourrir, et quelques-unes vivent aussi bien dans les arbres feuillus que dans les arbres résineux,

Les coques dans lesquelles beaucoup de ces larves s’enferment pour se transformer ne sont pas la preuve d’une grande habileté de leur part. Lorsque le moment de la métamorphose est venu, elles s’installent à l’extrémité de leur galerie ou se font une place au milieu des matières qui les ont nourries ou abritées, elles les refoulent et les compriment autour d’elles, de manière à donner à leur dernière demeure une forme régulière

LARVES DE COLÉOPTÈRES ellipsoïdale et à lisser autant que possible ses parois qu’elles imbibent ensuite d’une substance mucilagineuse, d’une colle qui agglutine une couche plus ou moins épaisse des matériaux ambiants. C’est ainsi que se forment tout naturellement ces coques qui n’ont exigé, comme on le voit, aucun effort d’intelligence, aucune habileté artistique.

La durée de la vie des larves dont il s’agit est variable, mais je crois qu’on l’a exagérée pour certaines espèces. Je puis affirmer, comme l’ayant observé personnellement, que quelques mois suffisent à des larves de Cétoine vivant dans le marc de raisin, à des larves de Trichius et de Valgus, à des larves de Copris, moins de deux mois à des larves d’Onthophagus et d’Aphodius, un an à des larves de Dorons, deux ans à des larves d'Qrycles. Je ne puis donc croire qu’il faille six ou sept ans, comme le pense Rœsel, sans preuve aucune, pour celle du Lucanus cervus. Les grandes dimensions que doit acquérir une larve ne sont pas une raison suffisante d’assigner une longue période à son développement; tout dépend de la nature des substances dont elle s’alimente et de leur abondance autour d’elle. Il y a, il est vrai, des aliments plus ou moins nutritifs et par conséquent plus ou moins propres à déterminer une croissance rapide, et je reconnais que le bois pourri n’est pas aussi avantageux, sous ce rapport, que d’autres matières plus azotées ; mais les larves lignivores ont l’avantage d’avoir toujours la nourriture à leur disposition, elles mangent d’autant plus qu’elles deviennent plus vigoureuses, et lorsque je vois des larves de Cétoines et de V aigus se contenter de trois ou quatre mois pour devenir adultes, je ne puis admettre qu’il en faille six ou sept à celles de Lucanus. La taille, je le répète, me touche peu, car il ne fant pas plus de temps à des chenilles d’Attacus gigantesques qu’à certaines chenilles de Micros. J’admets néanmoins que, pour les larves de Coléoptères, on doit, jusqu’à un certain point, tenir compte de cette considération de la taille, ainsi que des périodes d’inertie que peuvent amener les froids rigoureux à l’égard de celles qui doivent passer l’hiver et qui ne sont pas assez profondément abritées ; mais je crois le faire très-largement en accordant deux ans et quelques mois à celles des Lucanes, dans les conditions normales et dans notre pays, et en tout près de trois ans jusqu’à l’insecte parfait, de telle sorte qu’un œuf éclos en juillet 1876, par exemple, devienne nymphe en septembre 1878, insecte en octobre ou plus tard, et prenne son essor dans le mois de juin 1 879. Je reviendrai, du reste, sur ce point, à l’occasion des larves des Longicornes qui ont été l’objet d’appréciations analogues,

lAMElLICORNES. - PECTINICORNES lil

Les larves qui vivent sous terre sont peut-être exposées à des vicissitudes qui n’atteignent pas les larves lignivores. Il peut se faire que la nourriture ne soit pas toujours sous la dent des consommateurs, et des circonstances atmosphériques, sécheresses, pluies excessives, gelées, contrarient le développement de ces larves ; mais j’ose déclarer néanmoins que, lorsque les larves desRhizotrogtis, des Serica et des Triodonta se trouvent, comme c’est l’ordinaire, du reste, dans les prairies ou sous les gazons touffus, c’est-à-dire en pleine pâture, toutes leurs évolutions s’accomplissent d’une année à l’autre.

En ce qui concerne les larves des Hannetons, on s’accorde généralement à dire qu’il leur faut trois ans, sans qu’on puisse s appuyer, que je sache, sur des observations précises faites non dans le cabinet et en vase clos, mais à l’état de nature et de liberté. Qu’a-t-il fallu pour accréditer cette opinion? Que quelqu’un l’ait exprimée. On s’en est rapporté à lui sans contrôle, on l’a propagée et elle est devenue une de ces prétendues vérités comme il y en a tant dans la science et dans l'histoire, et qui se transforment en erreurs lorsqu’on les regarde de près pour les vérifier.

Quand je dis prétendue vérité, je n’entends pas me prononcer et qualifier dès à présent d’erreur ce qui a été dit de la longévité de la larve du Hanneton, puisque je ne saurais y opposer mes propres observations ; c’est d’instinct, en me laissant influencer par les analogies, en m’appuyant sur ce que je sais relativement à des larvés de même taille et de mœurs semblables, que j’ose affirmer que celle-ci n’a pas besoin de trois ans. On a dit, à la vérité, que les sécheresses et les grands froids la déterminent à pénétrer plus profondément dans le sol, ce qui l’éloigne dès racines alimentaires, de sorte qué les variations atmosphériques entraîneraient des alternatives d’activité et d’appétit, d’engourdissement et d’abstinence et retarderaient ainsi le développement final, 'fout cela est possible et je n’y contredis point, mais je voudrais le voir confirmer par des constatations précises et irrécusables. Jusque-là, je serai porté à croire que les larves nées d’œufs pondus en avril ou mai deviennent nymphes et même insectes parfaits à l’automne de l'année suivante, sauf à ces insectes à .ne prendre leur essor qu’au printemps d’après, de sorte que, d’une génération à l’autre, il s’écoule deux ans, la durée de l'état de larve ayant été de seize à dix-huit mois, ce qui me semble bien suffisant.

Les larves des Pcclinicornes ne peuvent guère être considérées comme nuisibles, et parmi celles des Lamellicornes on ne saurait donner cette qualification qu’aux larves radicivores des Mélolonthides. A leur tête, sous

ce rapport, figure sans conteste celle du Hanneton si connue sous le nom de Man ou Ver blanc et qui, dans certaines contrées, est si abondante, qu’elle détruit les cultures même arborescentes, et que les insectes qui en naissent dépouillent de leurs feuilles des forêts entières. L’excessive multiplication de cette espèce, devenue ainsi très-pernicieuse, me paraît être la conséquence des progrès de l’agriculture. Ces progrès ont consisté principalement dans la réduction ou la destruction des pacages permanents, dans l’accroissement des fumures qui augmentent l’humus de la ( ouche arable et dans l’extension des prairies artificielles si favorables à la ponte des femelles, Le sol de ces prairies ne tarde pas à se remplir de larves, et lorsque la prairie est rompue pour être remplacée, souvent sur un seul labour, par une céréale à laquelle succède ordinairement une culture sarclée, il n’est pas surprenant qu’on ait à souffrir des larves déjà existantes et de celles qui naissent des œufs récemment pondus. La chasse aux insectes parfaits, mais chasse persévérante et surtout simultanée, me semble être le seul moyen de combattre ce redoutable fléau.

Chez nous, dans les Landes, nous n’avons pas encore à nous en plaindre. Le Hanneton y est commun pourtant et les Anoxia villosa et Rhizotrogus rufescens, pour ne citer que les principaux, y sont tellement abon^ dants qu’ils forment, dans la saison, comme je l’ai déjà dit, des essaims autour de tous les arbres, de tous les buissons ; mais nos terres arables sont si souvent remuées et nous avons tant de pâtures, tant de bordures herbeuses, sans compter les prairies permanentes, que les Hannetons et leurs similaires peuvent très-bien placer leur progéniture sans s’adresser à nos champs, Lorsque nous serons plus avant dans le progrès agricole, nous verrons peut-être la situation se modifier, mais nous en avons pour longtemps encore avant d’arriver sur ce point à la réalisation du proverbe que le mal vient à côté du bien.

BÜPKESTIÜES

CnRYSOBOTHRIS

BUPRESTIDES

Çbrysobotliris (Buprestls) afOnis F.

Fja, <70-173.

LARVE

Lie Châtaignier paraît être moins recherché que le Chêne par les insectes de la tribu des Buprestides, Il nourrit cependant, à ma connaissance, les larves de deux espèces, le Chrysobothris affinis et VAgrilus angustulus. Uien que Léon Dufour ait déjà donné, dans les des Sciences natu¬

relles de 1840, la description de la première, en l’attribuant, par erreur, au Ç. Chrysostigma, qui n’est pas de notre contrée, bien qu’elle figure aussi dans le travail de M. Schiodte, je crois devoir la décrire de nouveau avec liuelque soin, d’une part, pour rectifier deux ou trois inadvertances de mon maître et ami, et d'autre part, afin d’établir un type pour les descrip? lions qui suivront celle-ci.

Longueur : 18-2Q millim. Charnue, blanche, déprimée, large et subdiscoïdale antérieurement, puis étroite et linéaire.

Tête enchâssée dans le prothorax, comme formée de deux parties, la postérieure, à proprement parler crânienne, coriace, blanche ou roussâ^ tre, pouvant disparaître presque en entier dans le prothorax, mais sust ceptible aussi de faire saillie en dehors, et lorsque l'exsertion est exa»gérée, ayant l'air d’être une dépendance du prothorax luiT-mêrae; l’antél'ieure ou frontale subcornée, séparée de la précédente par un pli profond et annulaire, marquée, plus en avant, d’un sillon transversal, délimitant un espace corné, noir marron, que j’appellerai lisière frontale ; celle-ci déclive, munie au milieu de sa base de deux gros points rapprochés, et sur sa pente de deux crêtes arquées qui, si elles se réunissaient au milieu, formeraient une accolade. Bord antérieur faiblement et assez largement échancré au milieu, s’arrondissant à droite et à gauche, puis très-bmsquement et très-profondément échancré pour recevoir les antennes,

Épistome court et trapézoïdal, allant d’une mandibule à l’autre, surmonté d’un labre plus que semi-elliptique, transversal, imperceptiblement échancré au bord antérieur qui est couvert de cils très-touffus et roussâtres.

Mandibules noires, assez courtes, se joignant à peine ; vues en dessus,

larges à la base et traversées par une carène oblique ; . vues de côté, étroites et parallèles sur les deux tiers antérieurs, jusqu’à une autre carène oblique ; peu profondément et obtusément bidentées à l’extrémité ; creusées intérieurement en gouttière dont les deux bords ont une petite dent assez près du sommet.

Mâchoires courtes et droites, leur lobe court, arrondi, renflé en dessous, hérissé de très-petits cils spinuliformes.

Palpes maxillaires un peu inclinés en dedans, courts, de deux articles dont le premier, beaucoup plus gros et un peu plus long que le second, atteint le niveau du sommet du lobe et porte quelques cils à son bord supérieur, et à l’angle supérieur externe une soie plus longue.

Menton subtriangulaire; lèvre inférieure très-grande, un peu moins longue que large, doublement arrondie antérieurement, à cause d’une échancrure médiane, et très-densement ciliée, comme le lalire; parcourue longitudinalement dans son milieu par un sillon qui divise en deux parties un renflement du disque, chacune de ces parties couverte antérieurement de très-petits poils roussâtres, très-toulîus, et séparée de la mâchoire correspondante par une cavité longitudinale près de la base de laquelle on voit une saillie cylindrique surmontée d’un tout petit tubercule. Je crois que cet organe et son semblable, placés, comme on le voit, aux angles basilaires de la lèvre, sont deux palpes labiaux de deux articles, dont un assez épais soudé à la lèvre et un autre extrêmement petit. C’est celui-ci seulement que' j'ai mentionné dans mes descriptions antérieures, et j’ai considéré, dès lors, les palpes labiaux comme rudimentaires et formés d’un seul article tuberculiforme.

Antennes insérées dans une profonde échancrure, non, comme cela est d’ordinaire, en dehors de l’angle de la tête et vis-à-vis le milieu externe des mandibules, mais en dedans de cet angle, vis-à-vis le bord externe des mandibules et au niveau du front; formées do trois articles, le premier de consistance un peu charnue et rétractile, le second plus étroit, mais aussi long ou même un petit peu plus long que le premier, cylindrique, cilié à son bord supérieur, le troisième beaucoup plus court, demisphérique, couvért de très-petits cils et surmonté d’une soie un peu plus longue (1). Tous ces organes roussâtres.

Pas la moindre trace dLOce.lle ou de point ocello'ide.

(1) Voir, pour la rectilieation qu'exige la composition des antennes, les observations consignées à ce sujet dans l'article suivant^ relatif à YAgrüiis angustulu^.

BUPRESTIDES.

CHRYSOBOTHRIS

Prothorax très-grand, plus large que long, très-arrondi sur les côtés, muni en dessus et en dessous d’une plaque tégumentaire coriacée et discoïdale, n’atteignant pas les côtés, marquée sur la face dorsale de deux sillons luisants en V renversé, et sur la face opposée d’un sillon unique; entièrement couverte de granulations roussâtres et subcornées.

Mésothorax beaucoup plus étroit et cinq fois plus court que le prothora.v, ayant un pli transversal; métathorax un peu moins large que le précédent, mais un peu plus long, longitudinalement concave au milieu; ces trois segments, le premier surtout, revêtus sur les côtés de poils roussâtres, courts et extrêmement fins.

Abdomen couvert de poils comme ceux du thorax, étroit, parallèle, en apparence de dix segments, mais en réalité de neuf ; le premier plus étroit et même un peu plus court que le métathorax et conformé comme lui; les sept suivants égaux en tous sens, marqués en dessus et en dessous d’un pli médian transversal et, de chaque côté, d’une fossette oblongue dessinant un bourrelet qui parcourt les flancs ; ayant de plus, sur le milieu de la face dorsale, une ampoule, ambulatoire rétractile, mais susceptible de devenir saillante comme une verrue. Neuvième segment un peu plus court et un peu plus étroit que les précédents, sans pli transversal, à fossettes et bourrelets latéraux moins marqués ; dixième, ou plutôt segment anal, de moitié plus court que le neuvième, en forme de gros mamelon, postérieurement traversé par un sillon vertical qui le rend un peu bilobé et dont les deux extrémités aboutissent à une petite callosité ponctiforrae. C’est au milieu de ce sillon ou fente qu’est l’anus.

Tout le corps, moins le segment anal, a la peau très-finement chagrinée et est couvert de très-petits cils fort rapprochés, qui ne sont guère visibles qu’au microscope et qui sont dirigés en avant sur le prolhorax, et en arrière sur les autres parties.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première, beaucoup plus grande et à peine plus inférieure que les autres, en forme de plaque mate en croissant transversal , précédée, dans son échancrure , d’une callosité anguleuse, est située près du bord antérieur du mésothorax ; les autres, à contour orbiculaire, échancré antérieurement, renfermant une petite plaque antérieurement déprimée, sont placés au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes nulles, remplacées par de petits mamelons à peine rétractiles, visibles sous les deux derniers segments thoraciques et le premier abdominal. Le mésothorax n’en a que deux très-peu apparents, au-dessous

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des stigmates ; on en voit quatre sous le métathorax, disposés en une série transversale et arquée, et dont les plus extérieurs sont les plus saillants. Le premier segment abdominal présente une large dilatation subtriangulaire dont la base s’appuie sur celle du segment et dont les deux autres côtés sont entourés par quatre tubercules arrondis et bien visibles Cette larve vit principalement sous l’écorce des vieux Châtaigniers ou Chênes récemment morts, M. Ratzeburg l’a trouvée dans le Hêtre et je l’ai rencontrée dans le Bouleau. La femelle pond sur les troncs ou sur lei grosses branches, car elle aime les écorces épaisses, différente en cela de celle du Chrysobothris Solieri qui recherche les jeunes Pins ou les branches d’une faible grosseur. Il est vrai que la larve de cette espèce, après avoir vécu quelque temps sous l’écorce, s’enfonce dans le bois et s’y transforme; celle de Vaflinis, au contraire, passe sa vie, à moins de circonstances extraordinaires, dans les couches subcorticales qu’elle laboure de galeries larges et sinueuses, reconnaissables à la netteté de leurs bords et à la disposition des excréments en petites couches concentriques, ce qui empêche de les confondre avec des galeries de larves de Longicornes. Si l’écorce est de moyenne épaisseur, c’est entre celle-ci et le bois qu’elle subit sa métamorphose, après avoir préparé une cellule qui pénètre plus dans l’écorce que dans le bois. Si l’écorce est très-épaisse, c’est dans son intérieur qu’elle se loge pour que l’insecte parfait ait moins de peine à sortir.

nymphe

Blanche, molle, absolument glabre et lisse et n’offrant rien de particulier si ce n’est, sur le bord postérieur des six premiers segments abdominaux, un petit mamelon de chaque côté et un médian et dorsal plus saillant et un peu incliné en arrière. La nymphe étant toujours immobile et paraissant incapable de mouvements, ces mamelons servent peut-être à amortir les chocs qu’elle pourrait recevoir et dont elle serait protégée, du côté de la face ventrale, par les divers organes, antennes, élytres, pattes qui s’y trouvent rassemblés. L’extrémité du corps est exempte de toute papille, de tout appendice. Dansla plupart des nymphes, la tête est tellement inclinée sur la poitrine, que lorsqu’on les observe par derrière, on voit à peine le dos du vertex. Ici, au contraire, la tête est très-visible et au moins autant que dans l’insecte parfait.

BÜPREStlDES.

AfiRIttS

nr

Ag:rtlas (Buprestis) «nsustulus Ilug.

LARVE

Longueur, 7-10 millim., blanche, charnue, molle, déprimée, étroite, linéaire, avec le premier segment élargi et le dernier fourchu ; mate sur le thorax, luisante sur l’abdomen.

Tête rétractile, d’un blanc roussâtre postérieurement, région frontale roussâlre, ornée de trois lignes brunes : une médiane, marquée d’un fin sillon et deux partant de la base des mandibules, convergeant en arrière vers la précédente; lisière frontale cornée, d'un noir ferrugineux, déclive, lisse et dépourvue de toute carène, mais marquée sur le milieu de sa base de deux points enfoncés, rapprochés ; bord antérieur, sinué, très-profondément et brusquement échancré pour la réception des antennes.

Êpistome transversal et très-court ; labre, petit et semi-discoïdal, un peu feutré en dessous d'un duvet roussâtre.

Mandibules noires, courtes mais robustes, médiocrement luisantes, lisses, subconvexes en dehors, concaves en dedans, tronquées à l’extrémité.

Mâchoires semblables à celles de la larve du Chrysobothris, avec ces différences que leur base est au niveau de celle de la lèvre, au lieu d’être en avant, que leur lobe n’est pas renflé en dessous et que son sommet est hérissé de quelques petites épines.

Palpes maxillaires de deux articles, le premier plus large à l’extrémité qu’à la base, arrondi extérieurement, muni d’un faisceau de petites soies à l’angle externe et d’une soie bien plus longue un peu en arrière, le second conique, arrondi à l’extrémité oh le microscope montre trois ou quatre cils excessivements petits, un peu plus court que le précédent qu’il affleure à son bord interne, mais dont il laisse notablement à découvert l’angle opposé.

Lèvre inférieure grande, plus large que longue, antérieurement échancrée et feutrée d’un duvet roussâtre, parcourue sur son milieu par une dépression longitudinale coupant en deux parties ou lobes un renflement du disque analogue à celui que nous avons observé dans la larve précédente, sauf que le sommet des lobes est glabre et non velouté, et que, dans la cavité qui se trouve contre les mâchoires, il est impossible d’apercevoir le moindre tubercule. Tous ces organes sont roussàtres.

Les antennes, qui sont de la même couleur et placées, comme dans la

larve précédente, contre l’angle basilaire externe des mandibules et au niveau de la surface frontale, exigent quelques explications.

Dans une notice publiée en 1851 sur les métamorphoses de quatre espèces d'Agrilus, je donnai deux articles aux antennes de leurs larves, comme l’avait fait Dufour pour celle du Clirysobothris ; mais m’étant occupé plus tard, dans YHistoire des Insectes du Pin, des larves de cinq autres genres ou espèces de Bupresiides, je déclarai, à l’exemple de M. Ratzeburg, que les antennes étaient formées de trois articles, et je refusai d’admettre les quatre articles que M. Pecchioli disait avoir trouvés à la larve du Buprestis mariana qui m’était alors inconnue.

J’avais pourtant remarqué un fait qui me donnait à penser, c’est que le troisième article était tantôt tronqué, tantôt arrondi; mais ne voyant rien de plus, je m’étais décidé à faire de ces différences des caractères spécifiques. J’avais même, sans r'en changer à mes appréciations, passé par-dessus la larve de Chrysobothris dont je viens de donner la description après un examen des plus minutieux, lorsque, me livrant à l’étude non moins attentive de plusieurs larves d'Agrilus et de Coræbus pour reconnaître les caractères qui les différencient entre elles et les distinguent des autres, j ai vu poindre à l’extrémité des antennes de l’une d’elle.s un tout petit article grêle et cylindrique que je n’avais jamais aperçu. Le microscope ne m’ayant pas laissé le moindre doute à cet égard, je me suis mis à examiner une foule de larves de cette famille, et une seule, appartenant au Ghrysobothris Solieri, m’a offert le même quatrième article aux antennes ; dans les autres, il était invisible, et le troisième article était, dans la même espèce, tantôt simplement tronqué, tantôt creusé en cupule à l’extrémité, d’autres fois arrondi. Je me suis avi.sé alors de prendre des larves de Buprestis et de Bicerca, et j’ai plongé verticalement, sur le sommet du troisième article, mon regard aidé d’une très-forte loupe. J’ai vu alors, au centre de ce sommet, un petit disque convexe nettement circonscrit, et j’ai trouvé la même particularité sur toutes les autres larves que j’ai examinées avec un fort grossissement.

La question m’a paru alors résolue, il est même demeuré évident pour moi que ce petit disque n’est autre chose que le sommet du quatrième article, lequel est habituellement* plus , ou moins invaginé dans le précédent. Lorsque la rétraction est simplement complète, le sommet du quatrième article affleure l’extrémité du troisième, et celuici alors paraît convexe et comme velouté sur sa calotte. Si la rétraction est excessive, le troisième article semble tronqué et cilié, et examiné

BIJPRESTIDES. — AGRlLUS 129

sur son sommet, il est concave; mais au fond de la cupule se trouve toujours le petit disque révélateur. Dans les cas très-rares oü la larve donne à ses organes leur maximum d’extension, le quatrième article devient saillant. M. Pecchioli avait donc raison ; il y a quatre articles et peut-être même arrivera-l-on à constater l’existence de l’article supplémentaire. Je reviens maintenant à la description.

Premier article des antennes plus pâle et plus charnu que les autres, encastré dans l’échancrure du bord antérieur; deuxième un peu plus long, épais, dilaté extérieurement; troisième de moitié plus court, non cilié au sommet, mais muni en dehors d’une assez longue soie ; quatrième de moitié au moins plus court que le précédent, implanté au milieu de celui-ci, très-grêle et arrondi au sommet. Aucune trace d’ocelle ou de point ocelloïde.

Prothorax roussâtre, plus long que tous les autres segments et une fois et demie aussi large qu’eux, plus étroit antérieurement qu’à la base, lisse et luisant jusqu’au tiers antérieur oü se trouve un léger étranglement qui limite la partie susceptible de se replier en dedans, lorsque la larve fait rentrer sa tête, le reste, jusqu’à la base, finement chagriné ou plutôt couvert de petites aspérités bien visibles au microscope. En dessus et en dessous un sillon médian longitudinal, qui n’atteint pas le bord antérieur.

Mésothorax et métathorax chagrinés comme le prothorax, un peu moins déprimés que lui, beaucoup plus courts, du même diamètre, ou à peu près, que les segments abdominaux.

Abdomen non chagriné comme le thorax, mais couvert de strioles transversalement ondulées, d’une finesse et d’une densité extrêmes, en apparence de dix segments, les sept premiers plus longs que larges, déprimés et munis latéralement d’un bourrelet que rend très-sensible une fossette bien marquée de chaque côté, tant en dessus qu’en dessous ; huitième et neuvième segments de moitié plus courts que les précédents et pourvus comme eux de bourrelets latéraux ; dixième, ou plutôt segment ou mamelon anal, court, arrondi et armé postérieurement de deux larges appendices cornés, dun ferrugineux d’autant plus foncé qu’on s’approche plus de 1 extrémité, latéralement comprimés, droits, parallèles, formant ensemble une sorte de pince, subtriangulaires, quand on observe de profil, avec le bout tronqué et deux dentelures bien marquées de chaque côté sur leur bord, leurs tranches se prolongeant sur le segment en une fine crête cornée et un peu arquée formant presque un arceau ogival; entre ces appendices ou lames un pli vertical au milieu duquel est l’anus.

PER

tARVÈS DE COLÉOPTÈRES

Corps parsemé de poils courts, très-fins, blanchâtres, touffus sur le segment anal, sauf les appendices qui sont glabres. Toute la surface, à l’exception de ce dernier segment, paraissant à une très-forte loupe, ainsi que je l’ai dit, très-finement chagrinée ou alutacée sur le thorax, striolée sur l’abdomen, et en réalité couverte, ainsi que le montre le microscope, de spinules ciliformes d’une excessive finesse, extrêmement serrées surtout antérieurement, dirigées en avant sur le prothorax, en arrière sur le reste du corps.

Stigmates orbiculaîres, à péritrème roussàtre, un peu interrompu antérieurement, au nombre de neuf paires, la première plus grande et placée un peu plus bas que les autres, très-près du milieu du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux. La position de ces stigmates doit être signalée. Ordinairement, dans les larves de Coléoptères, ils sont placés sur les bourrelets latéraux, ou dans la rainure longitudinale formée par deux bourrelets contigus, et ils ne sont visibles que si l’on examine la larve de profil. Ici, au contraire, à part la première paire qui est réellement latérale, les orifices respiratoires s’ouvrent du côté de la région dorsale, un peu en dedans de la fossette longitudinale qui dessine le bourrelet, et on ne les aperçoit bien que lorsqu’on observe la larve du côté du dos.

La larve de VA. angustuliis, bien plus commune sur le Chêne que sur le Châtaignier, vit dans les petites branches et jusque dans les brindilles de ces arbres. Elle séjourne quelque temps sous l’écorce où elle creuse .une galerie d’autant pluS' sinueuse que la branche est plus grosse, et quelquefois même en spirale; avant l’hiver elle s’enfonce dans le bois, et c’est là qu’au mois d’avril elle devient nymphe.

NYMPHE

Elle offre absolument les mêmes caractères que celle du Chrysobothris ; les mamelons dorsaux sont à peine saillants.

Les larves connues des Buprestides se rapportent aux espèces suivantes, en y comprenant même les exotiques.

Sternocera chrysis F., Guérin-Méneville, Rev. zool. 1839, p. 260, et Laporte et Gory, Hist. nat. des Buprest. t. II, p. 1 (de l’Inde).

Chrysochroa ocellata F., Westermann, Rev. ent. de Silberm. n® 3 (de l’Inde).

buprestides

Capnodistencbrionis F., Laporte et Gory, /oc. cit. p. 3.

Euchroma coluynbicumUxmEmu, Schiôdte, Naturhistor. Tidsskr. t. VI, V* et 2® parties, p. 369 (de l’Amérique méridionale).

Biiprestis mariana L., Pecciiioli, Mag. Zool. 1843, et Lucas, Soc. Ent. 1854, p. 32i. — B. virginica Herbst? Harris, Insect. of Massach. 1842, p. 43. — B. Fabricii Rossi, Bertoloni, Nov. Comment. Acad, scient. Bonon. 1841, p. 87. — Laporte et Gorv, loc. cit. p. 2, et Pecchioli, Mag. Zool. 1843.

Psilopterapisana Rossi, Mülsant et Reveuère, 1 1® opusc. Enlom. p. 91 .

Dicerca BerolinensisF., Westwood, Introd. etc., t I, p. 230, et Klingelhoefer, Ent. Zeit. zu Stett. 1843, p. 85. — D. divaricata Say, Harris. Insect. of Massuch. 1842, p. 43. — ■ D. cuprea Chevr. Westerman, Rev. Ent. de Silberm. n® 3. — D. coslicollis Chevr., Chapuis et Candèze. Calai, p. 134.

Pæcilonota festiva L., Lucciani, Soc. Ent. 1845, Bull. p. 112. — P. rtitilans F., Chapuis et Candèze, Catal. p. 135. — P. decipiens Mannh., sous le nom demirifica Muls., Mulsant et Revelière, loc. cit. p. 86. — P. conspersa Gyll., Gernet, Soc. Ent. de Russie, 1867-68, p. 17.

Ancylocheiraflavomaculata F. — A. 8 giUtata L., Perris, Soc. Ent. 1854. p. 110 et 115. — A rusticah., Schiôdte, loc. cit. p, 371.

Eurythyrea AustriacaL., Quercus Herbst, Herbst, Schrift. der Berlin. Gesells. der naturf. Freund. t. H. — E. micans F.. Schiôdte, loc. cit. p. 370.

Mdanophila cyanea F., Perris, loc. cit. p. 121.

Anthaxia manca F., Perris, Soc. Linn. de Bordeaux, 18 18. — A.^punctata F., R.ATZEB0RG, Die forst ins. 1, p. 52, et Nordunger, Entora. Zeit. zu Stetlin, 1848, p. 228. — A. cyanicornis F., Mulsant et Revelière, loc. cit. p. 89. — A. sepulchralis F., sous le nom erroné de morio, Perris, Soc. Ent., 1854, p. 123. — A. praticola Laf., Perris, Soc. Ent. 1862, p. 200.

A. candens Panz. M. Erné a publié, dans le Bulletin de la Soc. entom. suisse, 1873, un mémoire où il indique la manière de prendre et d’élever cette larve qui vit dans l’écorce des Pruniers et des Cerisiers morts. M. Zuber-Hofer a donné le résumé de ce mémoire dans les nouvelles et faits divers de V Abeille, n“ 15, 17 et 18 de 1875, et il y a ajouté la description de la larve, description très-bonne, sauf en ce qui concerne les antennes dont l’auteur dit n’avoir pas vu de traces parce que, sans doute, elles étaient rentrées dans la tête ; mais qui existent et qui sont au moins de trois articles.

M. Schiôdte, loc., cit., p. 373, a décrit aussi cette larve qu’il dit avoir trouvée sous l’écorce du Chêne.

/’to.sima flavoguttota Illig., Gemminger, Entom. zeit. zu Stett. 1849, p. 63.

Chry^obothris afjinis F., Düfocr, Ann. sc. natur. 1840, et Schiôdte, loc. cit. p. 372. — C. Solieri Cast. , Perris, Soc. Eut. 1854, p. 117. — C. dentipes Germ., Harris, Insect, of Massach. 1842, p. 44. — C. femorata F. FhRRis,Zoc. cit. p. 44, et Asa-Fitch, No.xious Ins. p. 25. — C. fulvoguttata Harris, Harris, loc. cit. p 45. — C. Harrisü Hent., Harris, loc. cit. p. 45.

Diphucrania auriflua Hop., Saünders, Trans. of the Entom. Soc. of London, 1847, p. 27.

Coræbus imdatus F. M. Erné a parlé (loc. cit.) des mœurs de cette larve qu’il a trouvée dans des Chênes; mais il n’en a pas donné la description.

Agrilus viridis var. nocivus Ratz., Ratzeburg, die forst ins. I p. 56. — A. angustulus Illig. Ratzeburg, loc. cit. p. 54. — A tenuis Ratz., Ratze- BüRG, loc. cil. p. 53. — A. biguttatus F. Ratzeburg, loc. cit. p. 57, Gou- REAU, Soc. Ent. 1843, p. 23, et Schiôdte, loc. cit. p. 374. — A. viridis, var. Aiibei Cast., Aube, Soc. Ent. 1837, p. 189. — A. derasofasciatus L. — A. viridis L. viridipennis Cast. — A. 6 giittatus Herbst. — A cinctm L., Perris, Acad, de Lyon, 1851. — A. Ggiittatus Herbst, quelques détails sur ses mœurs, Ancey, Abeille, 1870, p. 88.

Tracliys pygmœa F., Leprieur, Comptes rendus de l’Inst. 1857, p. 314, et Soc. Ent. 1861, p. 459. — T. minuta L. V. Heyden, Berl. ent. Zeit. 1862, p. 61, et ScHioDTE, loc. cit. p. 375. — C. nana, Herbst, Heeger, Acad. sc. Wien. 1851, p. 29. — T. pumüa Illig. Frauenfeld, Soc. Zool, et Bot. devienne, 1864, et Abeille, 1869, p. 88.

Voici les descriptions de quelques autres espèces.

Olccrea (Buprestls) æiiea L.

LARVE

Long., 50 millim., identique, dans tous ses détails, avec celle du l). Derolinensis q ü vit dans le hêtre et dont je dois un individu à mon ami M. Chevrolat; semblable, quant à la forme, à celle du Chrysobothris afpnis, avec une dilatation un petit peu moindre du prothorax. Lisière frontale déclive, pourvue des deux gros points enfoncés et de la crête eu acco-

BUPRESTIDES. - DICERCA 133

lade, cette fois presque complète, et entre cette crête et le bord antérieur, marquée de strioles sinueuses très-rapprochées. Bord antérieur semblablement sinueux. Antennes, épistome, labre, mâchoires, palpes et lèvre inférieure conformés de même; seulement, lobe des mâchoires plus parallèle au palpe, pourvu à l’extrémité de quelques soies un peu plus longues et, sur le bord interne, de quelques cils extrêmement courts. Mandibules ayant aussi la même forme, les mêmes crêtes transversales, mais nettement tridentées et non bidentées à l’extrémité.

Plaques coriacées des faces dorsale et pectorale du prothorax nullement granuleuses, mais mates et très-finement chagrinées, celle de dessus marquée de deux sillons luisants en V renversé, mais formant un angle moins ouvert et même un petit peu arqués, bordés extérieurement, sur leur moitié supérieure, d’un espace luisant, ruguleusement et obliquement ridé, aboutissant à un autre espace luisant, lisse, un peu ridé sur les bords qui entourent le sommet ; plaque de dessous traversée par un seul sillon luisant, ayant à son extrémité antérieure un espace subrhomboïdal lisse, luisant et ridé aussi sur le bord. Mésothorax et métathorax et même premier segment abdominal en grande partie mats et très-finement chagrinés en dessus et en dessous, assez luisants sur les côtés; les trois segments thoraciques montrant en dessous, le premier au bord de la plaque coriacée, les autres un peu plus près des côtés, une sorte d’aréole orbiculaire, roussâtre et subcornée, ayant non la fonction mais la physionomie d’un stigmate.

Abdomen un peu luisant, conformé comme dans la larve du Chrysobothris, à surface encore plus finement chagrinée que le thorax. Tout le corps, comme dans cette larve, revêtu d’une pubescence fine et blanchâtre et couvert de petits cils très-denses, visibles au microscope.

Stigmates comme il a été dit pour la larve précitée. Pattes nulles.

J’ai extrait cette larve d’une souche d’Aulne et je suis porté à croire qu’on la rencontrerait aussi dans le Saule, car j’ai quelquefois pris l’insecte parfait, fort rare ici, d’ailleurs, sur des échalas de Saule blanc récemment coupés.

Dlcerca alni Fisch.

LARVE

La larve de celte espèce est tellement semblable à la précédente qu’il m’est impossible de trouver entre elles la moindre différence.

M. E. Revelière, qui me l’a envoyée de Corse, l’a trouvée probablement dans VAlnus glutinosa.

Psilopfcra (Buprestis) pisana Rossi.

LARVE

Cette larve est aussi l’image fidèle de celle du D. œnea ; seulement l’espace compris, sur le devant de la tête, entre la crête en accolade et le bord antérieur, est moins densement et un peu plus grossièrement strié. MM. Mulsant et Revelière ont commis une erreur en disant que les mandibules sont bidentées à l’extrémité, car je les vois tridentées dans les individus reçus de M. Revelière, et que les palpes maxillaires ont trois articles, lorsqu’ils n’en ont que deux. La même erreur, relativement aux palpes, existe dans les descriptions des larves de Pæcilonota decipiens et cYAnthaxia cyanicornis. Ils n’ont rien dit des antennes.

llelanopliila (Bnprestis) decostisna F.

LARVE

Long. 18-20millim. Diffère de celle du Clirysobothris par les caractères suivants : lisière frontale à peu près lisse, carène très-obsolète, presque nulle; une dépression en avant de celle-ci. Mandibules peu luisantes, tronquées et non bidentées à l’extrémité ; palpes maxillaires tomenteux en dehors sur toute leur longueur ; lobes des mâchoires tomenteux, surmontés d’une épine. Corps intermédiaire, pour la forme, entre celui des larves de Chrysobothris et celui des larves d'Agrilus, c'esta-dire moins dilaté antérieurement que dans les premières et plus que dans les secondes. Prothorax ayant, en dessus comme en dessous, une plaque tégumentaire coriace, toute couverte d’aspérités cornées et rous sâtres; mais ces plaques sont plus étroites que dans la larve du Chrysobothris. La supérieure est un peu elliptique et l’inférieure en carré long, un peu arrondie antérieurement.

Cette larve, presque identique à celle du M. cyanea, vit sous l’écorce des gros peupliers récemment morts où elle creuse des galeries sinueuses assez larges. Aux approches de la métamorphose, si l’écorce qui la pro-

BUPRESTIDES. - ANTHAXIA 135

tége est épaisse, au lieu de plonger d^s le bois, elle pénètre dans les couches corticales, et y creuse, pour loger la nymphe, une cellule voisine de la surface extérieure, afin de ménager le temps et les efforts de l’insecte parfait. Si, au contraire, l’écorce a pep d’épaisseur, la larve se réfugie dans l’aubier à une profondeur de 1 à 3 centimètres, ce que l’on reconnaît à un tampon de fibres bouchant l’orifice de sa galerie plongeante, Elle fait ensuite volte-face dans sa cellule, de manière à ce que la tète du futur insecte parfait soit tournée vers l’extérieur.

La nymphe ressemble entièrement à celle du Chrysobothris.

Aiitliaxia Corsica Reiche.

LARVE

Long. 8-10 millim. Même forme que la larve du Chrysobothris, mais plus déprimée encore et se distinguant par les caractères suivants :

Lisière frontale non déclive, lisse ; bord antérieur moins sinueux, mais toujours avec l’échancrure destinée aux antennes dont la position et la composition sont les mêmes.

Labre arrondi antérieurement et tout à fait glabre.

Lèvre inférieure coupée carrément et non échancrée au bord antérieur; proéminence du disque très-faible et glabre; mais, de chaque côté, la fossette ordinaire, dans laquelle sont les deux pièces superposées, l’une cylindrique, l’autre en forme de petit tubercule, que je considère comme l’équivalent d’un palpe labial.

Prothorax ayant en dessus les deux sillons en V renversé et en dessous le sillon unique, mais relativement un peu plus large peut-être que de coutume, et marqué en outre, de chaque côté des sillons, d’un pli longitudinal et un peu arqué en dedans; mais dépourvu de toute plaque granuleuse, ou même chagrinée, parfaitement lisse, au contraire, luisant et (le même contexture que le reste.

Métathorax muni de quatre mamelons arrondis, bien saillants, peu '(•(itractiles, placés deux en dessus et deux en dessous, près des bords latéraux.

Abdomen comme dans la larve du Chrysobothris ; corps pubescent, mais sans le moindre cil spiniforme, même au microscope.

Stigmates comme dans les larves précédentes; mais il m’a été impos-

LARVES DE COLEOPTERES sible de voir les petites aréoles cornées qu’offrent celles-ci, sauf celle d'Agrilus, sous les trois segments thoraciques.

En juin 1854, chassant au milieu des Pins sylvestres des montagnes du Guadarrama (Espagne), je pris plusieurs individus de cet Anlhaxia, alors nouveau, qui, à l'exemple de ses congénères les A. sepulchralis, confiisa, praticola et probablement aussi 4 pmctata, aime à se poser sur les fleurs des Eelianthemum et d’autres plantes à corolles jaunes. Je me doutais que, comme ceux-ci, il vivait dans le Pin, et ayant en effet exploré des menues branches mortes de cet arbre, je ne tardai pas à trouver sa larve. Celle-ci trace, entre l’écorce et l’aubier, une galerie sinueuse qu’elle laisse derrière elle remplie de ses déjections, puis elle s’enfonce dans le bois pour y vivre quelque temps et s’y transformer en nymphe.

ilntliaxia fulsidipennis Luc.

LARVE

Je dois la larve de cette espèce à l’obligeance de M. Raffray qui l’a trouvée à Alger dans l’Amandier. Elle a une taille de 14 millim., mais, à cela près, elle n’est qu’un fac-similé de celle de l’A. Corsica. Les organes de la tète sont conformés de même, le prothorax est également lisse, sauf quelques rides insignifiantes, le métathorax est pourvu de quatre gro.s mamelons qui paraissent être caractéristiques de ce genre et l’abdomen est dépourvu de tout cil spinuliforme. Il serait superflu de la décrire.

Anthaxia (Buprestis) cicborii Oliv.

LARVE

Ayant pris assez souvent cet insecte en battant des arbres fruitiers, j’ai pensé que sa larve vivait dans les branches mortes de ces arbres, et en effet je l’ai trouvée, avec V Anlhaxia lui même, dans celles du Pommier, du Prunier et du Cerisier.

Elle ressemble entièrement à la larve de \'A. Corsica.

Je ferai remarquer en passant que les Anlhaxia de ce groupe, candens,

BUPRESTIDES. - ANTHAXU 137

fulgidipennis, cichorii et certainement quelques autres sont parasites (Jes arbres fruitiers.

Antliaxia (Buprestis) funerula Iix.

LARVE

Ce Buprestide est classé au nombre des espèces dont la livrée est sombre, et celles de cette catégorie qui m’ont livré le secret de leurs métamorphoses, Corsica, praticola, sepulchralis, quadripunctata, morio, sont pinicoles ; en outre, le confusa serait, d’après l’observation de M. Revelière, parasite du Genevrier. Les insectes parfaits ont de plus l’habitude de se poser principalement sur les fleurs jaunes telles que celles des Renoncules, des Cistes, des Caltha dont ils rongent les pétales ; c’est ce que fait aussi l’d. funenda. J’avais donc deux raisons pour une de penser que sa larve vivait dans le Pin ; mais je l’y ai jusqu’ici vainement cherchée et vainement aussi j’ai attendu la naissance de l’insecte de branches mortes de Pin déposées dans ma pièce à éclosions.

Dans le courant de décembre 1872, explorant des tiges mortes du grand Ajonc, Ulex Europæus, je remarquai sous l’écorce des galeries assez larges et irrégulières, paraissant l’œuvre d’une larve de Buprestide qui s’était déjà logée dans le bois. Je refendis la tige et je trouvai, dans une cellule transversale bouchée extérieurement par des détritus, une larve que je n’eus pas de peine à reconnaître pour une larve à'Anlhaxia; les quatre mamelons du métathorax ne pouvaient me laisser aucun doute à cet égard. En poursuivant mes recherches, je rencontrai dans sa loge un Anthaxia déjà transformé, plein de vie et parfaitement mûr. Il était destiné à passer là tout l’hiver et une partie du printemps, si, en ouvrant sa prison, je ne lui avais donné une liberté anticipée qui, du reste, ne lui servit pas à grand’chose, puisqu’il fut à l’instant condamné à mort. Rentré chez moi, je me hâtai de l’étudier, et je constatai avec la plus entière certitude que c’était un funerula. J’ai su depuis que M. Damry l’a trouvé en Corse dans le Genista Corsica, arbrisseau voisin de Y Ulex.

Voilà donc une espèce que, par analogie, je pouvais supposer pinicole et qui m’aurait donné un démenti si je m’étais prononcé a priori sur sa manière de vivre. Il est vrai de dire que si, par la réticulation de son proihorax à maillés ombiliquées, elle a de grands rapports avec les espè-

LARVES DE COLÉOPTÈRES ces que j’ai citées plus haut, elle se rapproche de Vinciiltd par sa forme, sa couleur bronzée et la ponctuation de ses élytres. Il serait permis d’en conclure que les espèces noires ou d’un noir bronzé sont probablement les seules qui s’adressent aux Pins, ou du moins aux essences résineuses. Cette particularité, propre aux Anthaxia et aux Melanophila, car les Melanophil'i cijanea et appmdiciilata sont pinicoles, est d’autant plus remarquable que, pour d’autres genres de Bupreslides, les mêmes essences nourrissent des espèces à brillante parure, telles que Bnprestis mariana, Pæcilonota festiva, Ancylocheira rustica, flavomaculata et octogiittata, Chrysobothris Solieri.

Quant à la larve, je n’ai rien à en dire, si ce n’est qu’elle ressemble tout à fait à celle de Y A. Corsica.

Les larves à’ Anthaxia qui me sont connues se ressemblent toutes ; elles sont remarquables par leur prothorax à surface lisse, et luisante et par les quatre mamelons ou verrues du métathorax. Le dernier segment est conformé comme dans la larve du Chrysobothris.

Acinæodera (Buprestis) lanugiBiosa Gyll.

larve

Long. 9-10 millim. Elle diffère de celle du Chrysobothris affinis par les caractères suivants :

Corps moins déprimé, moins dilaté antérieurement..

Lisière frontale lisse, sans crêtes visibles, mais marquée d’un point iqresque obsolète de chaque côté de la ligne médiane. Labre pas plus long que Fépistome, en parallélogramme transversal, avec les angles anterieurs arrondis, à peine cilié.

Mandibules, vues de côté, parallèles, noires et chagrinées sur les trois cinquièmes antérieurs et jusqu’à une limite indiquée par une sorte de crête arquée, ferrugineuses et à surface lisse mais inégale et de largeur toujours croissante depuis cette crête jusqu’à la base, très-visiblement bifides à l’extrémité, avec une rainure entre les deux dents.

J.obe des mâchoires non renflé, assez étroit, surmonté d’assez longs [loils ; premier article des palpes sensiblement plus gros, mais pas plus long que le second.

RDVIIESTIDES - ACMÆOREn^ 1 S9

Lèvre inférieure glabre, c'est-à-dire dépourvue de poils et de cils.

Antennes presque entièrfemeut rétractiles.

Prothorax lisse sur ses deux faces, dépourvu de toute plaque coriacée et marqué, tant en dessus qu’en dessous, d’un sillon médian unique, trèssimple, et n’atteignant ni la base, ni le sommet.

Mésothorax, métathorax et premier segment de l’abdomen dilatés de chaque côté de la ligne médiane, en dessus comme en dessous, en une ampoule arrondie assez volumineuse et bien saillante, de sorte que chacun de ces segments est muni de quatre ampoules très-apparentes , très -dilatables et qui rappellent celles des larves des Longicornes.

Corps revêtu de poils blanchâtres, beaucoup plus serrés sur le prothorax et sur le mamelon anal, mais dépourvu, même sous le microscope, lie ces petits cils qui couvrent la larve du Chrysohothris.

M. E. Revelière a eu la bonté de m’envoyer deux individus de cette larve qu’il a trouvés en Corse, au mois de mai, avec l’insecte parfait, dans les liges mortes de la Ferula noAiflora.

La nymphe m’est inconnue.

Acniæodcra adspersula III.

A. quadri-fafsciata Rossi. — A. pilosellæ Bon.

M. Damry, entomologiste, résidant à Bonifacio, s’étant livré à des reiiherches avec l’intention de me procurer la larve du DeUus fugax, a extrait des tiges mortes du Genista Corsica des larves qu’il a eulabontéde m’envoyer et que je n’ai pas eu de peine à reconnaître comme appartenant à un Acmæodera. Comme YAdspersula est très-commun à Bonifacio, d’après M. Revelière, je suis porté à croire que les larves dont il s’agit sont de cette espèce. Elle ressemble entièrement à celle del’/l. lanuginosa.

M. Revelière m’informe en outre que la larve de Y A. quadri-fasciata vit dans le Chêne vert qui lui a donné des insectes parfaits, et très-probablement aussi dans le Lentisque.

Enfin, dans le récit d’une excursion à la Massane (Pyr. orient.) M. Marquât signale Y A pilosellæ comme ayant été trouvé dans les branches mortes deY Acer monspessiilamm {Annuaire cntom. de Fauvel, 1876, p 93).

tARVES PE COpioPTÈRES

ISiphenoptera gemellata Mannerh.

LARVE

Je dois la communication de cette larve, ainsi que d’une nymphe, à l’obligeance de M. Valéry Mayet. Je ne veux pas le priver du droit de la décrire s'il le juge à propos, et je me borne à dire, dans l’intérêt du but de classification que je poursuis, qu’elle reproduit, quant aux organes de la tête, les caractères de la larve du Chrysobotkris et surtout de YAcrnæodera ; que tout son corps est couvert de cils spinuliformes qui existent dans la première et qui manquent dans la seconde ; que les ampoules des deux derniers segments thoraciques et du premier segment abdominal sont bien moins saillantes que dans cette dernière; que le segment anal est arrondi et que le caractère distinctif réside principalement dans le prothorax, lequel est lisse sur ses deux faces, sauf les petits cils qui couvrent le corps, qu’en dessous il est parcouru par un sillon médian longitudinal partant de la base et aboutissant presque au sommet, et qu’en dessus il porte un double sillon en V renversé, mais avec cette particularité que le sommet de l’angle ne dépasse pas la moitié du segment et qu’il est surmonté d’un sillon unique atteignant presque le bord antérieur, de sorte qu’au lieu d’un V c’est un Y renversé.

Cette larve vit dans les racines de Sainfoin.

Coreebus (Buprestis) blfasciatus Oliv,

Fig. 180.

Long. 20-25 millim. Ayant, jusque dans les plus petits détails, les caractères de la larve de VAgrilus angustulus, sauf la taille, bien entendu, et les différences suivantes :

Corps moins déprimé.

Lèvre inférieure montrant, dans chacune de ses cavités latérales, les indices du palpe que je n’ai pu voir dans les larves à'Agrilus, même en explorant des larves plus grandes que celle de X Angustulus.

Côtés de la partie coriace de la tête roux et ridés.

Segments thoraciques très-visiblement, mais très-finement chagrinés.

BUPRESTIDES. — CORÆBUS

Prothorax ayant, en dessus et en dessous, une plaque largement elliptique, déterminée plutôt par sa couleur que par sa contexture, mais plus nettement limitée que dans les larves ù’Agrüus; plaque dorsale traversée longitudinalement par deux sillons très-nets et luisants, rapprochés, un peu sinueux et par conséquent pas tout à fait parallèles ; plaque opposée parcourue par un seul sillon semblable, mais droit.

.dôrfomew parais.sant, à une forte loupe, comme très-finement et trèsdensément pointillé, et marqué en outre de strioles transversalement onduleuses, plus sensibles et moins serrées.

Corps, vu au microscope, se montrant couvert de spinules ciliformes, mais pour ainsi dire glabre, n’ayant guère que sur les côtés quelques poils très-courts.

Dernier segment très-velu, roussâtre, ruguleux, assez fortement ponctué latéralement ; marqué de chaque côté d’un faible et court sillon longitudinal partant de la base; terminé en pince cornée et d’un brun ferrugineux, comme dans la larve de VAgrilus angusluUis; mais branches de la pince un peu convergentes et non parallèles et à cinq dents de chaque côté, au lieu de deux.

Stigmates comme dans les larves d’Agrilus.

Dans les dnn. de Zct Soc. Ent., 1867, p. 66; 1869, p. un, et 1870, p. xxxvn, mon ami, M. Abeille de Perrin a donné quelques détails sur les mœurs de cet insecte dont il avait observé les traces dans plusieurs départements du sud-est. Ses observations ont été confirmées par celles de M. Champenois, insérées au numéro 43 des Petites Nouv. entom., p. 171. Déjà, en 1860, et dans \e Journal des Landes du. ISaoût, j’avais publié sur le même sujet des renseignements un peu plus étendus que ceux de M . Abeille de Perrin, mais en parfaite concordance avec eux ; je demande la permission de les reproduire :

« Vous avez remarqué que lorsque, au printemps dernier, les Chênes de notre contrée ont reverdi, beaucoup de branches ont refusé d’imiter les autres, et que, depuis lors, ce roi des forets, comme on est convenu de l'appeler, hérissé de branches sèches qui le déshonorent, semble menacé du sort de ces anciens rois de France dont on coupait la chevelure, en signe de leur déchéance. Ce fait est général dans le département des Landes, je l’ai constaté aussi dans les Hautes-Pyrénées, il a été remarqué en Provence jusque dans les Basses-Alpes, et un de mes amis m’écrivait dernièrement qu’il l’avait observé jusqu’au sommet des montagnes de la Biscaye.

« Comme il y a des amateurs d’arbres, de mèaie que des amateurs de tulipes; comme l’un tient à ses avenues, l’autre à ses jeunes et à ses vieilles futaies, beaucoup de personnes ont fait attention au mal, et l’on m’a écrit de divers côtés pour m’en demander la cause et le remède,

« La cause, la voici :

« Si l’on examine les branches mortes, on voit que la dessiccation ne s’étend pas ordinairement jusqu’à l’insertion sur la tige, et qu’il reste à la base une portion plus ou moins grande qui a conservé sa vitalité et a même donné lieu, cette année, à des pousses quelquefois très-vigoureuses. Si l’on y regarde de plus près, on remarque que la partie vivante est séparée de celle qui ne l’est plus par une différence de diamètre qui tient à ce que la portion privée de vie s’est rétrécie en se desséchant, tandis que l’autre, au contraire, s’est développé» en acquérant une nouvelle couche.

« Si l’on courbe, en la tirant à soi, une de ces branches mortes, fût-elle d’un diamètre de 5 ou 6 centimètres, c’est-à-dire capable, n’étant pas pourrie encore, de résister à un homme ordinaire, elle se rompt, ou plutôt elle se casse brusquement, juste suivant le plan qui sépare la partir morte de la partie vivante, et presque toujours les bords de la cassure sont d’une grande netteté.

.« Quand on observe cette cassure, on se rend tout de suite compte de la facilité avec laquelle elle s’est opérée. On voit, en effet, que les couches extérieures du bois ont été détruites par une large galerie annulaire, pratiquée évidemment par un insecte, car elle est pleine de vermoulure. Ou comprend alors que la branche se soit rompue aussi aisément, puisque son diamètre réel a été diminué de plus de un centimètre, et que ce sont précisément les fibres les plus tenaces, celles de l’aubier, qui ont été coupées.

« Sur cette galerie débouche un assez large trou pénétrant dans le bois mort, et si, stimulé par la curiosité, on fend la branche, on voit que ce trou est l’orifice d’une galerie verticale' dans laquelle on trouve, à une faible distance, ou un-ver, ou une nymphe, ou un insecte, suivant qu’oii opère en avril, en mai ou en juin.

« Ce n’est pas là tout le travail de l'insecte, ou plutôt de sa larve, mais le reste n’intéresse guère ; je me borne à dire que la galerie verticale don i j’ai parlé remonte dans l’intérieur du bois en serpentant et en diminuant insensiblement de diamètre, pour aboutir pre.sque toujours à l’aisselle d'une ramification supérieure.

« L’insecte auteur de ces ravages est sans doute un horrible animal !

BUPRESTIDES

CORÆBUS

C’est, au contraire, une magnifique petite bête, longue d’environ 1 5 millimètres, d’un bronzé brillant à reflets d’or, ornée postérieurement de trois ban des vertes, séparées par deux bandes grises. Elle appartient à la splendide famille des Buprestes ou Richards, et s’appelle le Richard à deux bandes.

« Au mois de juin ou de juillet de l’année dernière, les femelles ont pondu un œuf sur chacune des branches aujourd’hui mortes, en introduisant cet œuf sous les premières couches corticales, à l’aide d’une petit ; tarière dont elles sont munies. De cet œuf est né, bientôt après, une larve, un ver destiné à se nourrir de la substance même du bois, et qui, dès sa naissance, a travaillé à pénétrer dans le tissu ligneux. C’est lui qui, mineur patient et intéressé, a creusé, en cheminant de haut en bas, cette galerie sinueuse dont le diamètre se proportionnait toujours à celui de son corps. Vers la fin de l’hiver dernier, ce ver, arrivé presque à son plus giand développement, et appelé à devenir, en juin ou juillet de cette année, ce brillant insecte que j’ai décrit plus haut, a établi, pour des motifs qu’il serait un peu long et d’ailleurs inutile d’expliquer ici et qui prouvent l’admirable instinct de cette bestiole en apparence si stupide, a établi, dis-je, la galerie circulaire qui, détruisant, avec les couches extérieures de l’aubier, tous les vaisseaux dans lesquels chemine la sève descendante, a déterminé la mort inévitable de la partie de la branche située au-dessus de cette destruction des organes de la vie. Voilà pourquoi ces branches sont demeurées sèches, lorsque les autres, affranchies de tout ver rongeur, se sont couvertes de verdure.

« Telle est la cause, où est le remède? Il pourrait se trouver dans l’intervention opportune et simultanée de tous les intéressés, c’est-à-dire dans l’enlèvement et la destruction, en temps utile et partout, de toutes les branches mortes; mais comme cette entente est impossible à réaliser, je dois dire que le remède n’est, en particulier, ni chez moi, ni chez personne et qu’il ne sé trouve que dans la nature... »

Voici maintenant, selon ma manière de voir, l’explication de cetie galerie annulaire qui fait périr la branche. La larve aime à se nourrir du bois vivant ; mais depuis le mois de juillet, époque de sa naissance, jusqu’au mois de mars suivant, c’est-à-dire jusqu’au moment où, ayant acquis presque tout son développement, elle doit songer à sa transformation en nymphe, la sève n’est pas assez active pour pouvoir l’incommoder ; mais au printemps, il n’en serait pas ainsi ; les sucs nourriciers affluant en abondance et s’extravasant dans la galerie creusée par la larve, la rempliraient d’une substance mucilagineuse mortelle pour cette der-

nière, plus dangereuse encore pour la nymphe inerte, immobile, impuissante à fuir le péril. 11 faut donc, aux approches de ce moment critique, ou que la larve se laisse tomber à terre pour s’y transformer, ce qui est contraire aux lois établies pour les larves des Buprestides, ou bien qu’elle empêche la sève d’envahir son habitation. C’est ce qu’elle fait en pratiquant l’incision annulaire dont j’ai parlé. Son domicile se trouve, dès lors, isolé, elle peut en toute sécurité compléter son développement et accomplir ses dernières évolutions. Cette manœuvre, à la fois si simple et si efficace, exécutée avec tant d’opportunité et de précision, est vraiment digne d’intérêt et même d’admiration. 11 est seulement fâcheux qu’il en résulte des dommages qui, dans certaines années et certains pays, ne sont pas, sans importance.

NYMPHE

La nymphe ressemble à celles dont j’ai parlé.

Coræliiisi (JBuprestis) undatus F.

LARVE

Cette larve est plus déprimée, plus grêle que la précédente, et son prothorax, plus dilaté que les deux autres segments thoraciques, n’est guère plus large que les segments abdominaux ; on peut donc dire qu’elle est linéaire, avec un léger étranglement à la région du mésothorax et du métathorax. Étant plus grêle que celle du C. bifasciatus, elle est aussi plus longue, et j’en ai des individus qui se sont allongés sans doute dans l’alcool, et qui mesurent 4-0 millim.; d’un autre côté, si les segments thoraciques sont chagrinés comme dans cette dernière larve, l’abdomen est bien plus lisse et moins chargé de spinules ciliformes. Le dernier segment est conformé de même, il est roussâtre, ruguleux, ponctué, velu, terminé par une pince cornée et noire, à lames convergentes, mais ces lames sont plus émoussées à l’extrémité, et elles n’ont , de chaque côté qu’une seule dent. A ces différences près, la larve du C. uniatus présente tous les caractères de celle du C. bifasciatus.

Je dois de nombreux individus de cette larve à mon ami M. Bauduer, de Sos ; elle vit sur le Chêne-liége et j’ai vu sur les lieux mêmes les effets qu’elle y produit. On sait que, tous les huit ou dix ans, on détache, au moment de la sève, l’écorce du liège dont on fait ensuite des bouchons, etc.; mais cet enlèvement se fait en respectant le liber et par suite

BUλREST11)£S. - CORÆBUS 145

l orpne reproducteur d’une écorce nouvelle. C’est sous cette écorce régénérée et d’une vitalité peu active que la larve du Coræbiis aime à vivre ; elle y creuse des galeries en longs zigzags plutôt anguleux qu’arrondis, puis, aux approches de la sève nouvelle, elle pénètre dans l’écorce subéreuse pour y compléter sa croissance et s’y transformer en nymphe. Lorsqu’on enlève l’écorce pour la récolte, on trouve souvent de ces larves et de ces nymphes, et on peut remarquer que leurs galeries ont laissé un sillon dans les couches supérieures du liber qui seront plus tard les couches les plus extérieures de la nouvelle écorce. Or ces sillons, de même que les gravures ou entailles que l’on fait avec la pointe d’un couteau sur les arbres à écorce lisse, persistent pendant plusieurs années, en s élargissant et s’éraillant toujours davantage. Quand on parcourt une plantation de Chênes-lièges dont la dernière exploitation ne remonte pas à plus de six ans, on peut s’étonner d’en voir un très-grand nombre marqués de grands zigzags superficiels qui ont l’air d’avoir été faits à dessein ; celui qui connaît les mœurs du C. undatus en trouve l’explication.

Coræbus (Bngirestis) æneicollis Villers.

Fig. 181.

LARVE

Long. 5-7 millim. Larve très-blanche, très-molle, presque cylindrique, n’ayant d’autres parties consistantes et colorées de ferrugineux que la lisière frontale, les mandibules et les branches de la pince anale ; les autres organes de la bouche sont roussâtres, ainsi que les antennes. Ces organes ne m ont paru présenter aucune différence avec ceux des larves de CoræliMs dont je viens de parler; mais ü existe, indépendamment de la taille, des caractères qui ne permettent pas de confusion.

Le prothorax est très-transverse, c’est-à-dire beaucoup plus large que long, et plus large que les segments abdominaux, qui sont eux-mêmes plus larges que le métathorax et de la largeur du mésothorax. Il n’est ni roussâtre ni chagriné et il est marqué d’un sillon médian unique sur les deux faces ; des deux côtés de ce sillon une forte loupe montre quelques fines stries arquées et sinueuses. Les deux autres segments thoraciques présentent aussi des stries semblables.

L'abdomen est parfaitement lisse ; le corps est presque glabre, c’est à peine si le microscope montre sur les côtés quelques poils très-courts et

iARVES DE COLÉOPTÈRES

très-fins sans la moindre trace de spinules ciliformes. Le dernier segment lui-même est presque glabre, blanc et lisse; il est terminé par une pince cornée dont les branches, nettement tronquées à l’extrémité, n’ont qu’une seule dent de chaque côté, mais bien marquée et taillée à angle droit.

Cette larve se distingue, comme on le voit, des deux autres larves de Coræbus par le sillon dorsal unique du prothorax et par son épiderme complètement lisse. On la trouve dans les petites branches et surtout dans les sommités des petites branches récemment mortes du Chêne fl), Dans son jeune âge, elle vit sous l’écorce, mais elle ne tarde pas à pénétrer dans le bois, et c’est là qu’au mois d’avril elle se transforme en une nymphe d’une mollesse et d’une fragilité extrêmes.

NYMPHE

Cette nymphe ne présente rien qui mérite d’être signalé ; sa tête, comme dans les autres nymphes de Buprestides, est très-visible par derrière.

MM. Mulsant et Valéry Mayet ont publié, 15« opuscule, p. 85, la larve d’un Coræbm dont ils n’indiquent ni l’espèce ni le genre de vie. Je me permets de dire à mes savants amis que cette larve ne saurait être d’un Coræbus ; les descriptions que je viens de donner en sont une preuve. Il me suffit de savoir, pour être sûr de mes appréciations, que dans leur larve, 1® le prothorax est rayé de deux lignes naissant au milieu du bord antérieur et divergentes d’avant en arrière, 2“ l’appendice anal, au lieu d’être en pince, est simple et figure presque un 10® anneau.

A quel genre appartient donc cette larve de 12 l/2millim. de longueur? Cette question me cause de l’embarras. Les auteurs précités n’ayant mentionné, pour le prothorax, que les deux lignes divergentes et quelques autres lignes plus légères en dehors de celles-ci, je dois croire que ce segment ne porte pas cette plaque granulée, réticulée ou chagrinée propre au plus grand nombre de genres, et qu’ils n’auraient pas manqué de signaler, eux si clairvoyants, si elle avait existé. Donc le prothorax est lisse, et jusqu’ici ce caractère n’appartient, à part les Trachys et les Aphanisticus, qu’aux genres Ptosima, Acmæodera, Sphenoptera et Anthaxia; mais les deux premiers n’ont qu’un sillon médian unique ; le troisième en a deux divergents, mais le sommet de l’angle qu’ils forment ne part pas du bord antérieur, il en est séparé par un sillon médian.

(t) M. Bellier de la Chavignerie a pris l’insecte en battant des Noisetiers {VAbeUle, faits divers, p. xliv).

HüPHESTIDES.

AGRILUS

Le quatrième, c’est-à-dire le genre Anthaxia, a bien le prothorax comme le dit la description que je discute, mais comment ses auteurs n’auraient-ils pas vu et mentionné les quatre mamelons si remarquables que présente le métathorax? Cependant, si le prothorax est lisse, je crois à une larve de Sphenoplera ou à' Anthaxia, parce que je ne puis la rapporter à aucun autre genre. Dans tous les cas, j’ose affirmer qu’elle n’est pas de Coræbus.

Agrilus bastulifer Ratz.

Ag;rilu8 viritlis L. var. nocivus Ratz.

LARVE

Je ne décrirai pas les larves de ces deux espèces, puisque je ne pourrais que reproduire mot à mot la description que j’ai donnée de celle de VA. angustulus. Je me bornei-ai à dire, pour la première, que je l’ai observée dans des Aulnes de dix à douze ans, récemment morts, et que j’ai constaté son authenticité en obtenant un certain nombre d’insectes parfaits. A l’exemple de ses congénères, elle creuse entre l’écorce et l’aubier une galerie extrêmement sinueuse, de sorte que. quand plusieurs larves vivent rapprochées, il en résulte un enchevêtrement très-original et inextricable. Avant l’hiver elle s’enfonce à une faible profondeur dans le bois où elle devient nymphe dès le mois d’avril.

Quant à la larve de VA. nocivus dont M. Ratzeburg a dit quelques mots, je m’y intéresse parce qu’elle a un instant vivement piqué ma curiosité. Comme je traversais, à la fin d’avril, un marais tourbeux peuplé d’un arbuste aromatique, le Myrica gale, je remarquai quelques branches mortes. L’idée me vint de les explorer, et je ne tardai pas à y trouver des larves d’Agrilus. Quelle était cette espèce? Cela m’intriguait un peu à cause de la faible dimension des branches dans lesquelles vivait la larve, et beaucoup en raison de l’odeur propre à l’arbrisseau dont il s’agit. Je fis donc mon petit fagot, je l’enfermai dans un grand bocal et quelques jours après je vis apparaître des Agrilus qu’une étude sérieuse me fit rapporter tout simplement au viridis, var. nocivus. Je fus déçu, car je m’attendais à quelque chose de mieux, et quelque peu surpris parce que d’après Ratzeburg, la larve du nocivus vit dans les jeunes Hêtres.

t4RVES DE COLÉOPTÈRES

Agrilus anrichalceus Redt.

LARVE

Au mois de juin il m’arrivait souvent de prendre cette espèce sur les feuilles de la Ronce, et naturellement l’idée me vint que sa larve devait vivre dans les tiges malades ou récemment mortes de cet arbrisseau. Mes recherches confirmèrent bientôt cette présomption, et je ne tardai pas à rencontrer des Ronces percées de trous de sortie que je ne pouvais attribuer qu’à un Agrilus. Encouragé parce premier succès, je poursuivis mes explorations et je sus bientôt tout ce que je voulais savoir.

La larve de V Agrilus dont il s’agit passe la plus grande partie de son existence sous l’écorce des tiges récemment mortes ou très-malades de la Ronce. Comme le bois est à la surface un peu cannelé, la galerie qu’elle creuse est peu sinueuse, le plus ordinairement elle est longitudinale et linéaire. Aux approches de la métamorphose, elle pénètre dans la couche ligneuse, assez mince, comme on sait, très-rarement dans la moelle, et elle y continue longitudinalement sa galerie à l’extrémité de laquelle elle se transforme en nymphe.

Cette larve, dont tous les caractères sont ceux des autres larves à.’’ Agrilus, ne se fait remarquer que par la forme très-grêle et relativement plus allongée de son corps.

La nymphe n’offre rien qui mérite d’être signalé.

Cet article peut s’appliquer jaussi à la larve de V Agrilus roscidus Kiesw. qui vit également dans la ronce.

Agrilus hyperici Creütz.

LARVE

Voici une larve d’ Agrilus qui vit dans une plante herbacée. Pour moi, du moins, elle est jusqu’ici la seule qui ne soit pas lignivore. Je la trouve, en effet, dans les tiges de VHypericum perforatum. L’œuf est pondu vers le haut de la tige, et comme l’écorce est trop mince et trop fragile pour servir de protection , la larve, dès sa naissance, plonge dans l’intérieur et suit le canal médullaire. Elle chemine ainsi en descendant, c’est-à-dire la

BUPRESTIDES.

APHANISTICÜS

tête en bas, creusant une galerie longitudinale qui naturellement augmente progressivement de diamètre et dont elle s’approprie les déblais. Elle arrive ainsi jusqu’au collet de la racine oü on la trouve installée et pour ainsi dire adulte dès le mois d’octobre. C’est là qu’elle passe l’hiver. Le printemps venu, elle élargit un peu sa galerie, se replie sur elle-même et, par une manœuvre lente dans laquelle elle doit échouer quelquefois, elle finit par s’allonger la tête en haut. Bientôt après et ordinairement dans le courant du mois d’avril, elle subit, sans autre déplacement, sa métamorphose en nymphe.

Cette larve est encore plus grêle que la précédente, mais, à cela près, elle est conformée absolument comme les autres larves à’Agrilus.

Il en est de même de la nymphe.

L’insecte parfait se montre en mai.

Aplianlsticus (Bupresti») emargtnatus F.

Fig. 182-188.

LARVE

Long. 5-6 millim. Blanche, charnue, molle, fragile, subdéprimée, en massue antérieurement, atténuée postérieurement.

Tête déprimée, bien distincte seulement dans sa partie antérieure ; région crânienne presque confondue avec le prothorax dont elle est à peine séparée par une faible suture. Tète et prothorax réunis formant un cœur renversé.

Lisière frontale assez grande, cornée, ferrugineuse, plane, limitée postérieurement par une suture droite ; largement et très-peu profondément échancrée au bord antérieur.

Ëpistome invisible, à moins qu’on ne considère comme tel la lisière frontale dont je viens de parler.

Labre transversal, tronqué et cilié de petites spinules dont les plus longues sont celles qui avoisinent les angles.

Mandibules ferrugineuses, courtes mais larges, bidentées à l’extrémité et munies d’une assez forte dent à leur tranche interne.

Palpes et lèvre inférieure impossibles à bien distinguer. Je dois dire cependant, après avoir examiné un grand nombre de larves, que j’ai vu presque toujours poindre au-dessus des angles du labre une petite pièce pointue, paraissant bien distincte des cils spinuhformes de ce labre,

el quelquefois même ua petit poil se détachait de côté. En observant au microscope des larves posées de champ, j’ai aperçu une saillie sous le labre et deux poils très -petits. J’en conclus volontiers qu’il existe des palpes maxillaires dont je n’ai pu bien apprécier ni la forme ni la composition.

Aux deux côtés de la lisière frontale, sur une entaille à angle droit, surgit une antenne très-courte qui, dans certains cas, m’a paru triarticulée, mais oü je n’ai constaté sûrement que deux articles, le premier gros, muni d’un poil en dehors, le Second plus court, grêle et inséré plu.s près du côté interne que de l’autre. L’extrême inertie de ceite larve rend très-difficile la constatation de ces divers organes que des larves plus actives mettent ordinairement en relief en se débattant entre les doigts qui les pressent ou les plaques de verre qui les assujettissent sous le microscope.

En arrière des antennes, sur les côtés de la tête, existe une large dilatation, un lobe, une sorte d’oreille très- saillante, à peine arrondie à son bord externe.

Du bord postérieur de la lisière frontale partent, tant en dessus qu’en dessous, deux filets cornés, d’un testacé ferrugineux, divergents, visibles par transparence et se terminant un peu après le milieu du prothorax; les deux filets supérieurs sont fourchus et les deux rameaux internes sont réunis par un filet transversal un peu sinué ; les inférieurs sont simples. Vus au microscope, tous ces filets sont lisses et cylindriques. Je me persuade qu’ils servent d’attache aux muscles chargés de faire fonctionner les organes de la tête.

Prothorax s’élargissant d’avant en arrière, largement échancré postérieurement, déprimé et comme canaliculé au milieu, près de la base ; mésothorax et métathorax presque aussi larges, le premier surtout, que le prothorax ; les deux ensemble un peu plus longs que lui ; dilatés en bourrelet de chaque côté.

Abdomen de neuf segments, plus le mamelon anal ; premier segment plus court que les suivants, un peu dilaté aux angles postérieurs; les six segments qui suivent à peu près égaux entre eux, bisinués sur les côtés à cause de la dilatation produite par une sorte de bourrelet latéral que rend assez sensible une fossette adjacente; huitième segment un peu plus court et également bisinué ; neuvième un peu plus court encore, régulièrement arrondi sur les côtés ; segment anal très-petit, charnu comme les autres, muni postérieurement d’un pli vertical qui le fait paraître bilobé.

'fout le corps est entièrement glabre, et je n’ai pu voir, même aux plus forts grossissements, d’autre poil que celui qui se trouve en dehors du

BUPRESTIDES. - APHANISTICÜS 151

premier article des antennes. Le microscope ne m’a montré non plus aucune aspérité sur la larve placée naturellement; mais en la mettant sur le flanc, j’ai vu que, du côté du dos, les segments abdominaux sont couverts, sur un espace qui ne s’étend pas jusqu’aux bords antérieur et postérieur, d’aspérités ciliformes très-serrées et d’une petitesse extrême.

Stigmates comme dans les larves d’Agrilus.

Pattes nulles.

Il y a déjà longtemps que je connais la manière de vivre de la larve de VA. emarginatus. En promenant mon filet sur les massifs de Juncus obtusifloi'UH Erh., articulatus D. C., qui couvrent certains endroits humides ou marécageux, je prenais très-abondamment cet insecte, et je devais croire que cette plante lui servait de berceau. Je m’accroupis, un jour de la fin de juin, au milieu d’un de ces massifs, je me mis à arracher des joncs, et après en avoir fendu inutilement un certain nombre, je finis par remarquer à la surface de quelques-uns les indices d’une galerie sinueuse pratiquée par une de ces larves mineuses comme il y en a tant. Ne me doutant pas alors qu’il y eût dans la famille des Buprestides des larves douées de semblables habitudes, je croyais avoir affaire à une larve de diptère ou de micro-lépidoptère, mais ayant exploré, avec toutes les précautions voulues, des joncs attaqués, je ne tardai pas à mettre à nu une larve dont la physionomie rappelait tout à fait celle des larves de Buprestides, et dès lors il devint évident pour moi que cette larve était celle de VAphanisticus. En poursuivant mes recherches, séance tenante, je finis par trouver une nymphe, et alors ma conviction devint complète.

11 me restait pourtant une chose à vérifier. Juste à la naissance de la galerie se trouvait un corps elliptique, d’un beau noir luisant, convexe, en forme de calotte, car si je le soulevais, je le trouvais concave en dessous. Qu’était ce corps dont je n’avais jamais vu le semblable et dont je ne pouvais, dès lors, juger par analogie la nature et la destination? Ce ne pouvait être un œuf, puisqu’il était presque aussi large que l’abdomen de VAphanisticus, qu’il était, comme je l’ai dit, en forme de calotte membraneuse, soudée à la surface du jonc par ses bords scarieux ; j’eus beau m’acharner, je ne pus rien trouver qui me donnât la solution du problème. Je renvoyai donc à l’année suivante, car l’entomologiste, comme l’agriculteur, en a le plus souvent pour une année, quand il s’agit de renouveler une observation ou une expérience.

L’année suivante donc, mais cette fois dans le courant de mai, je recommençai mes recherches, je fis provision de joncs sur lesquels se

lARVES DE COLÉOPTÈRES trouvait le corps noir dont j’ai parlé, et rentré chez moi, je me mis à l’étude. Je commençai parles joncs qui présentaient un commencement de galerie, les calottes étaient toujours vides ; j’en pris un où la galerie n’était pas commencée, je soulevai, et une forte loupe me montra sous la calotte un petit corps charnu ayant une tète qui rappelait celle de la larve de YAphanisticus. Je m’adressai à d’autres calottes et bientôt j’en rencontrai une qui recouvrait un tout petit œuf jaunâtre. Enfin! m’écriai-je... Je savais, en effet, ce que je voulais savoir.

Donc la femelle de YAphanisticus dépose un œuf non sur la tige proprement dite, mais sur la gaine plus tendre d’une des feuilles, et pour que cet œuf ne tombe pas et que la larve naissante trouve un abri et un point d’appui, elle le recouvre d’une membrane sécrétée par un organe spécial, façonnée en calotte, susceptible de se coller par ses bords et qui, peut-être d’abord de couleur pâle, devient bientôt d’un beau noir très-luisant. La larve naît sous cette calotte, et tout aussitôt elle se met, en pleine sécurité, à ronger l’épiderme pour se mettre dessous et commencer cette galevie qui doit l’abriter et dont les déblais doivent la nourrir. Celle-ci est d’abord très-étroite et elle se dirige en montant ou en descendant si l’œuf a été pondu vers le milieu de la gaine, en montant s’il a été fixé vers le bas, en descendant s’il a été déposé en haut, puis elle redescend ou elle remonte, croise même la galerie primitive, laboure la gaine en sinuosités quelquefois très-compliquées, avec des diamètres souvent irrégulièrement inégaux, forme parfois un boyau en cul-de-sac, pour se ramifier ensuite plus en arrière, ce qui prouve que la larve, arrêtée par quelque obstacle, ou par un parenchyme de mauvais goût, ou par son caprice, a reculé sur sa propre trace pour changer de direction. Tout cela se voit parfaitement, comme on voit, sur les feuilles de tant de plantes, ces broderies et ces arabesques tracées par des larves d’Agromyza et de Phytomyza, parce que l’épiderme correspondant à la galerie est décoloré et souvent même un peu boursouflé.

Enfin la galerie se termine brusquement à un point quelconque de la surface de la gaine, et la larve, que l’on aper*cevait ordinairement sous l’épiderme, disparaît. Qu’est-elle devenue? A-t-elle, comme d’autres mineuses, quitté la plante pour s’enfoncer dans la terre ? Non, car si l’on fend le jonc, on la trouve, non plus dans la gaine, mais sous l’épiderme de la tige elle-même ; le plus souvent alors elle donne à sa galerie la forme spirale, elle enveloppe la tige de uii, deux ou trois tours, puis elle pénétré plus profondément dans l’intérieur, et après avoir miné encore

BUPRESTIDES. — APHANISTICUS 1 53

quelque temps en ligne droite, elle s’établit dans sa galerie un peu élargie en cellule, se raccourcit très-sensiblement, devient d’un beau blanc assez mat et finalement se transforme en nymphe. Tout cela s’ac'complit de la mi-mai au commencement de juillet.

Les galeries sont remplies de crottins secs et jaunâtres, d’abord extrêmement petits, puis assez gros et grumeleux ; elles ne pénètrent jamais dans la feuille proprement dite, laquelle, étant fistuleuse et noueuse, ne saurait convenir à la larve. Cette feuille est très-souvent destinée à nourrir dans son intérieur une larve verdâtre de Tenthrédme,quise métamorphose dans la terre et dont je n’ai pu obtenir l’insecte parfait.

L’époque de la ponte coïncidant avec celle du développement du jonc, c’est habituellement sur la gaine la plus inférieure que les œufs sont déposés :je dis les œufs, car si assez souvent il n’y en a qu’un ou deux, il arrive fréquemment aussi qu’il y en a plusieurs. J’en ai compté jusqu’à onze sur une longueur de moins de TO centimètres, et alors les galeries des larves mineuses constituent un lacis inextricable. La seconde gaine ne reçoit que des pontes tardives ou d’une seconde génération, qui ont lieu en juin et juillet.

La faculté de protéger ses œufs par une calotte membraneuse n’est pas exclusivement l’apanage des femelles d’ Aphanisticus ; j’ai constaté qu’elle appartient aussi à celles du Trachys, et qui sait ? peut-être la retrouverat-on même dans les espèces lignivores. Mon excellent ami, M. Leprieur, qui a si bien observé et décrit les mœurs du Trachys pygmæa, n’a pas manqué de signaler cette particularité. La calotte que sécrète cette espèce est blanche, celle des T. minuta et puniila est noire.

NYMPHE

La nymphe n’offre rien de particulier, elle est très-glabre, la tête est bien saillante et montre l’échancrure frontale qui a motivé le nom spécifique de l’insecte parfait et qui est propre, du reste, à tous les Aphanisticus .

A l’occasion des cinq espèces de Buprestides dont j’ai décrit les métamorphoses dans YHistoire des Insectes du Pin maritime, j’ai donné, concernant les larves de ce groupe, quelques généralités sur lesquelles je ne reviendrai que pour dire qu’en traitant, dans le même travail, des larves de Longicornes, qui, comme celles des Buprestides, ont treize segments, je me suis rangé décidément à l’opinion qui veut que le treizième segment

154 L\RVES DE COLÉOPTÈRES

soit l’équivalent du mamelon anal de la plupart des autres larves. Ma manière de voir sur ce point, loin de s’être modifiée, s’est fortifiée au contraire de toutes les observations que j’ai faites depuis et des déductions que j’en ai tirées. Il demeure donc entendu que les larves des Buprestides n’ont en réalité que douze segments , tête non comprise. La forme et le développement insolites et trompeurs du segment anal me paraissent dériver de certaines nécessités physiologiques sur lesquelles je compte revenir quand je serai arrivé aux larves des Longicornes.

Les larves des Buprestides peuvent, dès à présent, se prêter à cinq divisions :

1® Celles dont le segment anal est arrondi et le prothorax marqué sur le dos de deux sillons en V renversé : Buprestis, Capnodis, Dicerca, Psiloptera, Chrysobothris, PæcUonota, Anthaxia, Sphenoptera ;

2» Celles qui ont aussi le segment anal arrondi et dont le prothorax n’a qu’un seul sillon sur le dos : Ptosima, Acmœodera;

3® Celles dont le segment anal est terminé en pince : Corœbus, Agrüus;

Celles dont le corps est très -déprimé et marqué de taches noires : Trachys;

5° Celles dont le segment anal est arrondi, dont le prothorax est dépourvu de tout sillon et dont la tête est profondément lobée sur les côtés : Aphanisticus.

La première division comporterait plusieurs subdivisions basées sur les plaques prothoraciques tantôt largement et assez fortement granuleuses, Bxiprestis, Chrysobothris, Melanophüa; tantôt à peine granuleuses ou l'idées autour des sillons, Ancylocheira;lanlb\. mates et très-finement chagrinées, Psüoptera, Capnodis, Dicerca, PæcUonota; tantôt lisses et luisantes, Anthaxia, Sphenopterçi,. Le premier de ces deux genres aurait en outre pour caractère les quatre mamelons ou verrues du métathorax, et le second cette particularité que le V renversé est surmonté d’un sillon unique.

La troisième division pourrait donner lieu à deux subdivisions : la première, caractérisée par les deux sillons rapprochés et presque parallèles du dos du prothorax, Corœbus; la seconde, par un sillon dorsal unique, Agrüus; mais \sL hrweda Corœbus œneicollis fait exception, car elle n’a qu’un sillon unique, et nous avons vu qu’elle diffère aussi des larves de Corœbus et d’ Agrüus par son corps lisse et exempt de toute aspérité. Il y a là un fait qui appelle l’attention et je ne suis pas surpris qu’on ait songé à ne laisser dans les Corœbus que bifasciatus, rubi, undatus et elatus, pour faire de tous les autres le genre Melybœus. Je trouve plus rationnellç

nUPIlKSTIDES.

encore l’opinion de M. de Marseul qui préférerait mettre à part les deux premiers seulement. Les antennes, les tarses, le corselet offrent des différences sensibles, et le remarquable avertissement donné par les caractères différentiels des larves a une importance dont on ne peut se dispenser lie tenir compte.

La deuxième, la quatrième et la cinquième divisions ne sont pas susceptibles, quant à présent du moins, d’ètre subdivisées.

Voici, au surplus, un essai de tableau synoptique que je ne considère pas, bien s’en faut, comme définitif, et qui se modifiera et se complétera selon les caractères des larves aujourd’hui inconnues que l’on parviendra ;i découvrir.

Segment prothoracique plus large que chacun des deux suivants, larve en massue ou en pilon, subdéprimée, sans taches.

B Mamelon anal simple, arrondi ou à peine échancré par le pli longitudinal de l’anus.

C Prothorax marqué en dessus de deux sillons en V renversé.

D Plaques supérieure et inférieure du prothorax rugueuses ou granuleuses.

a Pi'othorax très-large, mésothorax et métathorax bien plus larges que l’abdomen ; labre un peu crénelé, les deux crénelures des angles grandes et bien marquées -, mandibules, vues de face, nettement tridentées au sommet, avec deux cannelures entre les dents ; plaques du prothorax transversalement elliptiques, couvertes de petites élévations transversales et de granules coniques et un peu émoussés, médiocrement serrés. BupratU.

Labre et mandibules comme le précédent; plaques du prothorax couvertes, au milieu seulement et sur un espace oblong, de granules très-petits, coniques, disposés de manière à former de petites rides ; deux verrues ambulatoires sous le mésothorax et quatre en série transversale sous le métathorax (d’après la description de la larve de ï Eurythyrea micans, par M. Schiodte). Eurythyrea,

Labre non crénelé; mandibules bidentées au sommet; plaques du prothorax transversalement elliptiques , couvertes de spinules pointues très-serrées, un peu inclinées en arrière. Chrysobothris.

aa Prothorax moins large, mésothorax et métathorax à peine plus larges que l’abdomen ; mandibules bidentées (cyanea), nettement tronquées {decastiyma) ; plaque supérieure du prothorax un peu plus longue que large,

arrondie latéralement ; plaque inférieure sensiblement plus longue que large, à côtés un peu sinueux et presque parallèles, l’une et l’autre arrondies et plus étroites antérieurement, presque droites postérieurement, avec un petit angle rentrant au milieu et couvertes de petits granules serrés.

DD Plaques supérieure et inférieure du prothorax mates.

E Mandibules tridentées au sommet.

b Sillons en V renversé formant un angle aigu d’une ouverture égale à la moitié de sa hauteur.

Sillons en V renversé luisants ainsi qu’une partie interne du sommet de l'angle ; bordures externes de ces sillons luisantes à partir du milieu, s’élargissant progressivement jusqu’au dessus du sommet où elles se réunissent pour former une sorte de losange ; ces parties luisantes marquées de rides irrégulières obliques et très-finement granuleuses ; sillon de la plaque inférieure luisant avec bordures luisantes formant au sommet un losange transversal ; mésothorax, métathorax et premier segment de l’abdomen mats en dessus et en dessous, sauf les bords antérieur et postérieur.

Sommet de l’angle mat ; bordures luisantes du V renversé plus fortement striées sauf au sommet où leur réunion est lisse et en forme de champignon plutôt que de losange ; de même pour les bordures luisantes du sillon inférieur Segments précités moins mats et sur une moindre étendue.

bb Sillons en V renversé formant un angle plus aigu, d’une ouverture égale au tiers de sa hauteur.

Intérieur de l’angle mat jusqu’au sommet; bordures luisantes ayant de petites élévations obliques et granulées, ne se dilatant presque pas après leur réunion au dessus du sommet de l’angle qu’elles dépassent de beaucoup plus que dans les précéden tes. Bordures luisantes du sillon inférieur se dilatant antérieurement en spatule. Segments précités mats sur un espace encore moindre.

EE Mandibules bidentées au sommet.

Plaques du prothorax comme dans Psiloptera et sillons luisants, mais pour ainsi dire pas de bordures ; partie luisante en avant du sommet de l’angle supérieur et du sillon médian inférieur non dilatée.

DDD Plaques supérieure et inférieure du prothnrax lisses et luisantes.

Melanophthi

Psiloptera.

Dieerca.

Capnodis.

Pœcilonola.

BUPRESTIDES

Plaque supérieure ruguleuse sur un petit espace en dehors du V renversé et l’inférieure en avant du sillon médian. Pas d’espace ruguleux ; sillons du dos du prothorax en V renversé ; quatre verrues sur le métathorax, deux dessus et deux dessous.

Sillons du dos du prothorax en Y renversé ; pas de verrues.

CC Prothorax marqué en dessus d’un seul sillon médian.

Premier segment de l’abdomen aussi étroit ou plus étroit que les suivants ; corps paraissant à une forte loupe comme trèsfinement chagriné, et, vu au microscope, couvert de soies spinosules très- petites, extrêmement serrées et inclinées en arrière.

Premier segment de l’abdomen plus large que les suivants, corps lisse même au microscope.

CGC Prothorax dépourvu de tout sillon ; tête profondément lobée sur les côtés.

BB Mamelon anal en forme de pince.

Prothorax marqué en dessus de deux sillons rapprochés et parallèles.

Prothorax marqué en dessus d’un seul sillon.

Corps lisse, même au microscope.

Corps, vu au microscope, couvert de soies spinosules.

AA Segment prothoracique un peu plus étroit que chacun des deux suivants ; larve ovale allongée, très-déprimée, ornée sur les deux faces d’une série de taches noires.

Ancylocheira.

Anthaxia.

Sphenoptera.

Ptosima.

Acmœodera.

Aphanislicus.

Corœbus.

Melibœus Cor. œneicoUis.

Agrilus.

Trachys.

Les larves des Buprestides sont toutes phytophages, et Jusqu’au moment où M. Leprieur a publié l’histoire très-complète du Trachys pygmæa, on les croyait lignivores. On sait aujourd’hui que les larves des Trachys vivent en mineuses de feuilles, celle du T. pygmæa sur les Malvacées, celle du T. minuta sur le Saule raarceau, celle du T. pumila sur le Stachys recta, le Marrubium vulgare, la Mentha rotundi folia, celle du T.nana sur le Convolvulus arvensis.

On vient de voir que celle de l’Aphanisticus emarginatus est herbivore, et je présume qu’il en est de même de toutes les autres de ce genre. M. Leprieur, dans sa notice sur le Trachys pygmæa exprime le soupçon, très-fondé assurément, que F A . angustatus pond sur les J oncs où on le trouve.

Enfin Je rappelle que la larve de VAcmæodera ovis vit dans les tiges de la Ferula, celle de la Sphenoptera gemellata dans les racines du Sainfoin, celle de V Agrilus hyperici dans les tiges des Hypericum, et J’ajoute que M. Durieu de Maisonneuve a trouvé dans une tige de Cirsium echinatum

un Coræbus amelhystimis qui y avait accompli toutes ses métamorphoses (Soc. Ent. p. 9).

Les larves des Buprestides, et c’est encore là une particularité de ces bestioles si étranges à tant de litres, se font remarquer par leur inertie et par leur impuissance à se mouvoir en dehors des lieuK où elles sont appelées à vivre. A voir les longues et sinueuses galeries que quelquesunes d’entre elles du moins tracent sous les écorces, on dirait qu’elles obéissent à l’impulsion d’une activité désordonnée ; extraites de ces galeries, c’est à peine si elles sont capables de courber horizontalement leur abdomen. De toutes les autres larves de Coléoptères, à part peut-être cer taines larves d’Eucnémides, il n’en est pas une, que je sache, qui soit frappée d’une pareille atonie. Les larves mineuses des Orchestes et des Ramphus, celles mêmes des Scolytides sont presque agiles en comparaison.

Je dois aussi appeler l’attention sur ces petites aréoles à périmètre subcorné que l’on observe sous les trois segments thoraciques de ces larves, de celles du moins qui ont une certaine taille. J’ignore quel usage et quelle importance peuvent avoir ces aréoles, à moins qu’elles ne constituent des ampoules inappréciables servant à la progression, et je n’y reviens que pour faire remarquer qu’elles ont quelque rapport avec celles que présentent les larves des Eucnémides.

On a pu voir ou deviner que bien des larves qui pénètrent dans le bois pour se transformer sont obligées de se retourner dans leur cellule pour que l'insecte parfait ait sa direction naturelle vers l’extérieur. Ce travail de conversion auquel se soumettent aussi bien des larves purement corticales de la même famille, paraît assez pénible ; il s’exécute avec beaucouj) de lenteur, et des larves peu vigoureuses ou qui ont mal pris leurs mesures y succombent parfois. Pendant qu’il s’effectue, la larve, beaucoup plus aplatie et plus flasque qu’à l’ordinaire, est pliée en deux, ses mouvements sont imperceptibles, souvent on la dirait morte, et ce n’est qu’au prix d’efforts très-lents et très-mesurés qu’elle parvient à son but.

La famille des Buprestes, je parle, bien entendu, de ceux dont les larves vivent dans les végétaux ligneux, renferme des espèces plus dangereuses que les Longicornes qui généralement ne s’attaquent qu’aux arbres irrémédiablement malades ou décidément morts, plus nuisibles même que les Scolytides que je n’ai jamais vus envahir les arbres sains. Je ne crois pas que les forestiers aient rien à redouter de sérieux du Buprestis mariana, des Dicerca, des Chrysobothris ; mais je n’oserais en dire autant de certains Melanophila, Coræbus et Agrilus. Nous avons vu

BUPftESTlDÉS

que le Coræbus bifasciatus pond sur des branches de Chêne qui ne tra • hissent aucune maladie et que sa larve fait périr, et que la larve du Coræbus undatus sillonne de ses galeries l’écorce vivante du Chêne-liége dont il doit ainsi troubler plus ou moins les fonctions vitales; j’ai en outre quelques raisons de croire que les larves des Melanophila cyanea et appertdiculata peuvent se développer dans l’écorce des Pins bien portants. Ce qu’il y a de certain, c’est que, pour peu que des arbres soient malades ou affaiblis, les Melanophila, les Coræbus, les Agrilus se jettent sur lui et l’achèvent ; mais ce qui n’est pas moins certain aussi, c’est que des sujets vigoureux et pleins de vie déconcertent leurs attaques ou y résistent. Us peuvent, sans en souffrir, faire au C. bifasciatus le sacrifice de quelques branches, et les blessures que d’autres leur infligent se cicatrisent promptement. L’art du forestier consiste donc avant tout, ainsi que je l’ai dit autrefois, à approprier les arbres à la nature du sol, à les placer et à les entretenir dans les conditions les plus favorables à leur bien-être et à leur développement.

Je viens de dire que les larves des Melanophila cyanea et appendicidata paraissent pouvoir se développer dans l’écorce des Pins bien portants. Je base cette hypothèse sur ce fait que, durant un vaste incendie de forêts de Pins qui eut lieu, il y a quelques années, au mois de juin, aux environs de Sos, M. Bauduer prit et observa un grand nombre d’individus de ces deux insectes fuyant l’invasion du feu. Ceux qu’il vit étaient évidemment bien peu de chose comparativement à la masse de ceux qui volaient sur l’immense étendue du fléau dévastateur, ou qui avaient été surpris par les flammes, ou qui se trouvaient encore, sous divers états, dans les écorces; or, le nombre de ceux qui se montraient était tel qu'il ne pouvait s’expli quer par les arbres morts de ces forêts, en supposant même qu’il y en eût.

Mais depuis que ceci est écrit, une observation directe et positive est venue donner à l’hypothèse qui précède un degré de probabilité voisine de la certitude. Cette observation se trouve consignée dans mes Promenades entomologiques de 1874, et en voici le résumé.

Au commencement de mai, ayant remarqué un orme bien portant et percé néanmoins, sur la face exposée au sud, de nombreux trous de sortie paraissant l’œuvre d’un Bupreste, je me mis à explorer l’écorce et je la trouvai sillonnée de larges galeries sinueuses n’intéressant nullement l’aubier et d’oü je dénichai des larves, des nymphes et des individus parfaits du Pæcilonota decipiens. Le même jour, stimulé dans mes recherches par

cette découverte, je constatai que deux autres Pæcüonota, le riitüans et le conspersa, vivaient absolument dans les mêmes conditions, le premier sur le Tilleul, le second sur le Peuplier blanc.

Ainsi les Pæcüonota, lorsqu’ils n’ont pas à leur disposition des arbres morts ou malades, confient leurs œufs aux arbres sains dont l’écorce est épaisse, et cette écorce suffit, sans préjudice apparent pour l’arbre, à l’alimentation des larves qui, on le sait, vivent habituellement entre l’écorce et l’aubier et plongent même très-souvent dans le bois pour se transformer.

Quoique je ne puisse pas, pour d’autres genres de Buprestides, citer des faits analogues bien-précis, j’ai peine à croire que les Pæcüonota aient seuls le privilège d’assurer leur reproduction alors même que les arbres auxquels ils sont inféodés jouiraient tous d’une santé parfaite. Je suis d’autant plus porté à croire le contraire que j’aj maintes fois observé sur l’écorce de très-vieux Chênes des trous de soitie paraissant être de Chrysobothris affinis et (ÏAgrilus biguttatiis, et correspondant à des galeries qui ne contredisaient pas cette supposition.

J’ai eu également occasion de dire que les galeries tracées par les larves des Buprestides peuvent aisément se reconnaître. Celles des larves de Coræbus et é'AgrÜHs présentent des sinuosités très-caractéristiques, et celles des autres espèces ont leurs bords sinueux très-nettement coupés, et les déjections et détritus qui les encombrent sont granuleux et disposés en couches concentriques souvent de diverses couleurs, lorsque surtout le travail est récent.

Les trous de sortie des insectes parfaits sont ordinairement transversalement ou obliquement elliptiques. Ceux du Ptosima sont à peu près ronds et ceux des Agvilus sont très-peu arrondis au côté qui correspond au dos de l’insecte et très-concaves au côté opposé. Bien d’autres espèces offrent la même particularité, il n’y a de différence que du plus au moins. En ce qui concerne i’Anthaxia sepulchralis, les trous de sortie sont longitudinaux et presque régulièrement elliptiques.

ÉIATÉRIDBS. - MEGAPfiNTHES

ÉLATÉRIDES

llesapeiitlise (Ampedus) tihialie Lacord.

LARVE

Long. 10-12 inillitn. Hexapode, grêle, linéaire, presque cylindrique, luisante, cornée et rousse en dessus, subcornée et jaunâtre en dessous, presque glabre.

Tête, ayant deux ou trois petits poils de chaque côté et quelques-uns en dessous, déprimée, un peu en forme de coin, presque carrée, de couleur marron, très-faiblement arrondie sur les côtés, concave dans sa moitié antérieure, marquée de quelques points plus visibles et plus nombreux postérieurement et en outre de quatre sillons dont deux médians se prolongeant, en s’oblitérant, jusqu’au vertex, et deux bien marqués mais beaucoup plus courts vis-à-vis les mandibules. Épistome et labre nuis ; bord antérieur découpé par des échancrures en cinq dents, la médiane allongée, pointue et triangulaire, les deux autres, à droite et à gauche, pointues aussi et à côtés inégaux, tes deux suivantes très-obtuses ; échancré profondément aux angles antérieurs pour l’insertion des antennes. Dans les échancrures qui séparent la dent médiane de ses deux voisines une forte loupe montre deux ou trois petites crénelures.

Mandibules assez robustes, de moyenne longueur, arquées, noires, pointues, avec une dent interne un peu en arrière du milieu, profondément concaves en dehors, à la base, pour faire place aux antennes.

Mâchoires et menton soudés depuis la base jusque près de l’extrémité, et formant une plaque subtriangulaire cornée et de couleur marron comme 1.^ reste de la tète, et parcourue par de profondes rainures indiquant les limites de ces organes. Partie libre de ceux-ci coriace et rousse.

PEH. il

Lobe des mâchoires bien détaché, formé de deux articles dont le second court, à intersection peu distincte et surmonté de quelques spinules, n’atteignant pas le sommet du second article des palpes maxillaires ; en dedans une lame cartilagineuse ciliée.

Palpes maxillaires de quatre articles, le premier très-court, le second deux fois et demi aussi long, le troisième de moitié moins long que le précédent et plus court que le quatrième ; trois ou quatre poils à l’extrémité des deuxième et troisième. Ces palpes sont droits et habituellement parallèles, mais peuvent devenir très-divergents.

Lèvre inférieure beaucoup plus étroite à la base qu’à son bord antérieur qui est un peu arrondi et porte les deux palpes labiaux de deux articles égaux en longueur, mais dont le premier est beaucoup plus épais que l’autre et muni de deux ou trois petits poils.

Antennes courtes, entourées extérieurement à leur base par une échancrure du bord antérieur et se logeant en partie dans la concavité externe des mandibules; de quatre articles, le premier court, rétractile, de couleur plus pâle et de consistance moindre que les deux autres, le second un peu plus long que le précédent, ventru extérieurement et muni de deux soies .sur la dilatation, le troisième subcylindrique et plus court que le précédent, le quatrième un peu plus court, très-grêle, surmonté de deux poils assez longs et de un au moins extrêmement petit, et accompagné d’un article supplémentaire plus court que lui, épais, un peu pyriforme et visible surtout quand on regarde la larve de profil, parce qu’il est placé en dessous.

Ocelles nuis ou non apparents.

Proihorax presque aussi long que les deux autres segments thoraciques réunis, presque de couleur marron, avec une lisière antérieure et postérieure sensiblement plus pâle et très-finement striée ; marqué en dessus de points très-petits et écartés au.milieu, plus forts et plus serrés sur les les côtés, et d’un fin sillon médian qui se prolonge jusqu’à l’extrémité du pénultième segment abdominal.

Mésothorax et métathorax de la couleur du prothorax, avec une lisière postérieure, marqués de points assez forts et assez serrés antérieurement et sur les côtés, fins et. écartés sur le milieu ; lisière pâle, très-finement striée sur ses deux tiers postérieurs et limitée antérieurement par une série transversale de petits points presque imperceptibles même à une forte loupe.

Abdomen un peu moins foncé que le thorax, de neuf segments, les huit

ÉLATÈRIDES. - MEGAPENTHES

premiers plus grands que les deux derniers thoraciques, du reste ponctués et liserés comme eux. Neuvième segment plus densément ponctué que les autres, mais toujours un peu inégalement, subconique, se dilatant deux fois très-faiblement avant l’extrémité qui se termine par une petite pointe un peu conique et pointue.

Dessous du coi’ps uniformément roussâtre, finement et peu densément ponctué; chaque segment, sauf le dernier, marqué, à une certaine distance de chacun de ses bords latéraux, d’un sillon, ou plutôt d’un pli un peu oblique, surtout sur les segments thoraciques, et que je suppose destiné à faciliter une dilatation de la carapace cornée, soit pour les mouvements de la larve, soit aux approches de la métamorphose.

Dernier segment montrant une plaque un peu convexe et ponctuée, un peu plus que demi- elliptique, d’une longueur égale aux quatre cinquièmes de ce segment et terminée par un petit mamelon charnu, presque tubuleux et entouré de poils roussâtres serrés. Cette plaque est susceptible de se soulever comme une soupape, ou plutôt de jouer comme la table supérieure d’un soufflet, de manière à faire porter sur le plan de position le mamelon qui n’est autre chose que ce pseudopode ou cette ventouse que nous retrouvons dans presque toutes les larves de Coléoptères et au centre de laquelle est l’anus.

J’ai dit en commençant que cette larve est presque glabre ; on ne voit, en effet, que deux ou trois poils de chaque côté des segments thoraciques et un de chaque côté des huit premiers segments abdominaux, vers les deux tiers de leur longueur. Le dernier segment a des poils tout autour et surtout à l’extrémité, mais quand on soumet la larve au microscope, on constate l'existence, sur toute la surface du corps, de très-petits poils raides et clair-semés qui doivent assurément lui être de quelque secours pour la progression.

Stigmates à péritrème elliptique et de couleur marron, au nombre de neuf paires : la première, plus grande que les autres, voisine du bord antérieur du mésothorax et de l’insertion des pattes, et visible seulement lorsqu’on regarde la larve en dessous, les autres vers le quart antérieur des huit premiers segments abdominaux et visibles de profil.

Pattes courtes, robustes, rousses, de cinq pièces, ongle compris, hérissées de quelques soies et d’épines fortes , assez nombreuses, alignées extérieurement sur la hanche, disposées sous le trochanter et la cuisse en deux séries, sur les bords d’une 1 ,i ge rainure longitudinale, en très-petit nombre sous le tibia ; trochanteg presque aussi long que la cuisse, qui

LVRVES DE COLÉOPTÈRES

est sensiblement plus courte que le tibia; ongle assez long, crochu, une longue soie à sa base inférieure qui est un peu dilatée.

J’ai trouvé plusieurs individus de cette larve, ainsi que des nymphes et des insectes parfaits, dans un vieux- Châtaignier creux, dont le bois, qui avait déjà nourri des larves d’Anobium, de Helops et autres, était altéré et ramolli par l’humidité. J’ai des raisons de croire qu’elle vivait des déjections et des dépouilles des larves qui l’avaient précédée et, à l’occasion, de celles que ses cheminements à travers ce bois tendre et presque feuilleté pouvaient lui faire rencontrer. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’aux approches de la métamorphose elle creuse dans les couches ligneuses une cellule en ellipse déprimée, car c’est dans ces conditions qu’on trouve la nymphe.

NYMPHE

Très- glabre, antennes un peu épineuses, une soie épaisse, subulée, roussâtre et subcornée à l’extrémité à chacun des angles antérieurs du prothorax, deux semblables aux angles postérieurs et deux à la base, vis-à-vis l’écusson, ces quatre dernières inclinées en avant; deux appendices divergents et subulés à l’extrémité de l’abdomen; un mamelon aux angles postérieurs des deuxième à sixième segments abominaux qui sont très-finement alutacés sur le dos.

Le Megapenthes tibinlis était naguère compris dans le genre Elater, et l’on peut dire que si la physionomie de l’insecte parfait motivait assez ce classement, celle de la larve aurait pu le justifier aussi. Sa couleur, sa forme étroite, cylindrique et linéaire, et la pointe qui termine le dernier segment la feraient prendre, au premier coup d’œil, pour une larve d’Elater; il faut même un examen minutieux et comparatif pour renoncer à c-ette assimilation ; mais quand on y regarde de près, on constate des caractères qui légitiment la création du genre dans lequel a été placé l’insecte dont il s’agit.

Ainsi que je l’ai dit dans l’Histoire des Insectes du Pin maritime, à propos de quelques larves d’Élatérides, la forme du dernier segment et la ponctuation constituent des distinctions génériques assez sûres. Si nous appliquons ici cette donnée, nous voyons que, dans les larves d’Æl/ater, la ponctuation dorsale des segments abdominaux, quoique inégale, comme dans celle du Megapenthes tibialis, est cependant plus forte et que chaque segment, sauf le prothoi ax, présente, près du bord antérieur, une dépression calleuse, s’élargissant du milieu vers les côtés, striée en long

ÉtATÉRIDES, — MEGAPENTHES

et émettant un sillon k son extrémité latérale. Le dernier segment, uniformément et fortement ponctué, se rétrécit régulièrement et sans sinuosité d’avant en arrière jusqu’à la pointe terminale ; or, j’ai dit que, dans la larve du Megapenthes, ce segment est faiblement ponctué sur le milieu et que la pointe est précédée de deux dilatations, ce qui rend les côtés sinueux. Ce même segment présente en dessous un autre caractère très-appréciable et dont il faut tenir compte : la plaque mobile que termine la ventouse anale ne dépasse pas les deux cinquièmes antérieurs de ce segment dans les larves A'ELater et peut à peine se soulever, tandis qu’elle atteint au moins les trois quarts dans celle d\i Megapenthes tibialis et qu’elle est susceptible d’un écartement assez notable.

Les larves d’Agriotes ont aussi le dernier segment terminé en pointe, mais elles se distinguent de leurs similaires par plusieurs caractères dont le plus apparent est l’absence presque complète de toute ponctuation.

Le genre Megapenthes comprend une autre espèce, le lugens Redt., qui, par sa matité, la densité de sa ponctuation et le prolongement des angles postérieurs du prothorax, se différencie très-sensiblement du tibialis. Les larves de ces deux espèces présentent aussi quelques différences assez tranchées, et que je crois devoir indiquer.

Megapenthes (ftlatee) lugena Reot.

Fig. 201-202.

LARVE

Elle est longue de 12 à 15 millim. et elle a la forme, la consistance, la couleur et la villosité de celle du M. tibialis. La tête et tous ses organes sont conformés de môme, ainsi que les pattes, mais elle en diffère lo par la ponctuation, qui est visiblement plus, forte, plus serrée, plus régulière; 2® par la forme du dernier segment qui se rétrécit régulièrement d’avant en arrière et se termine par trois dents, dont la médiane plus longue que les autres, qui sont un peu divergentes.

Elle a été trouvée plusieurs fois, avec l’insecte parfait, par M. Bauduer, dans les troncs caverneux de vieux Chênes -lièges dont le bois était dans

les conditions de celui du Châtaignier qui m’a fourni la larve du M. tibialis. Celle-ci, du reste, a été recueillie aussi par M. Bauduer en compagnie de celle du lugens.

Les larves connues d’Élatérides se rapportent aux espèces suivantes :

Adelocera varia Ouv., Blisson, Soc. Ent. 1846, p. 67. — A. carbonaria ScHRK., Lucas, Soc. Ent. 1852, p. 268 ; Perris, Soc. Ent. 1854, p. 140, et ScHiÔDTE, Naturhistorisk tidsskrift (Journal d’hist. natur. t. VI, 3' partie, p. 504), sous le nom d’Agrypms alomarius.

Lacan murinus L., Westwood^ Introd. t. I, p. 233, et Schiôdte, lac. cit., p. 507,

Chalcolepidms erythroloma CAtiD., Schiôdte, lac. cit. p. 497 (de l’île Oahu).

Alaus oculatusF., Harris, Insect of Massach. 1841, p. 48 et surtout Chapuis et Candèze, Catal., p. 142 (de l’Amér. Septentr.), — A. speciosiis? L., Candèze, Soc. des Sc. de Liège, 1861, pl. VI, fig. 10 (de Ceylan). — A. Montraveli Monthouz., Montrouzier, Soc. Ent, 1860, p. 254 (de la Nouv.-Calédouie). — A. myops F,, Schiôdte, lac. cit., p. 500 (de l’Amér. Septentr.).

Elater sangiiineus L., Bouché, Naturg. 1834, p. 185, et Perris, Soc. Ent. 1854, p, 148. — E. fulvipennis Hoffm., Bouché, loc. cit. p. 183. — E. pomorum Geoffr., Curtis, Soc. Ent. 1853, p. 43, et Heeger, Sitzber. Wien. Acad. Wiss. 1854. — E. nigrinus Hbrbst, Letzner, Arb. Schles. Gesells. 1857, p. 119. — E. dibaplius Schiôd., Schiôdte, loc. cit., p.513. — E. crocatus Cast., Schiôdte, loc. cit., p. 514.

Cryptohypnus riparius F., Perris, Soc. des Sc. de Liège, 1855.

M. Schiôdte a publié {loc. cit. p. 517), sous le nom de Elater (Hypolythus) riparius F., qui est le même que le précédent, une larve dont la description diffère spécifiquement et même génériquement de la mienne. D’après moi, la larve que je considère comme appartenant au C. riparius est la seule, à ma connaissance, de tout ce groupe qui ait un épistome et un labre distincts, ce dernier simple et arrondi. Son corps est lisse, sauf qu’il est parsemé de rides sinueuses, écartées et très-superficielles; le dernier segment, un peu plus grand que les précédents, est à contour semi -elliptique , le bord postérieur étant régulièrement arrondi, sans aucune trace de dent, de pointe ou d’échancrure. Quand on observe ce segment de côté, on aperçoit près du bord inférieur une toute petite crête longitudinale et arquée : c’est un des côtés d’une ellipse très-régulière,

ÉLATÉRIDES 167

tracée sous le segment et au pôle postérieur de laquelle se trouve le mamelon anal faiblement extrac tile.

La larve de M, Schiôdte, au contraire, n’a ni labre ni épistome distincts, le bord antérieur’ de la tête est tridenté et les angles frontaux sont très-aigus. Le corps est couvert d’une fine réticulation inégale et de plus rugueùseraent ponctué. Le dernier segment, presque d’un sixième plus large que long et largement arrondi de chaque côté, est rugueux en dessus, creusé de deux profonds sillons marginaux et bordé de dents obtuses dont la dernière est très -grande.

Evidemment ces deux larves n’appartiennent pas au même insecte. Celle deM. Schiôdte habite dans les prés enfoncés, inpratis depressis/ j’ai trouvé assez abondamment la mienne dans les Pyrénées, sous les pierres, près du lac de Gaube, avec de nombreux insectes parfaits. Certes, j’ai la plus grande confiance dans M. Schiôdte, mais j’ai aussi quelques raisons de croire ne m’être pas trompé, quoique la chose soit loin d’être impossible, et je puis assurément, sans offenser mon honorable collègue, le prier de vouloir bien essayer d’une vérification que je ne saurais guère me promettre, car nous n’avons pas ici le Cryptohypnus riparius et d’autres espèces de ce genre y sont très-rares .

Campsosternus TempletoniiWESTVf., Candèze, loc. cit. (de Ceylan).

Cardiophorus equiseti Herbst, Brauer, Verh. Wien. Zool. Bot. ver. 1857, p. 131. — C. asdlus Er., Schiôdte, loc. cit., p. 494. — G. rufi,coUis L., Schiôdte, loc. cit., p. 4^6.

Melanotus niger F., Bouché, Naturg. 1834, p. 186.— ilf. nt/îpes Herbst, Bouché, loc. cit., p. 185, et Perris, Soc. Ent. 1854, p. 13i. — M. castanipes Paye., Schiôdte, loc. cit., p. 513.

Limonius BructeriF., Schiôdte, loc. cit., p. 517, sous le nom de Elater (PheletesJ Bructeri.

Athoiis undulatus de G., de Geer, Mémoires, t. IV, p. 155. — 4. rhom- ,beus Ou., Dufour, Ann. Sc. natur. 1841, p. 41, Cürtis, Soc. Ent. 1853, Perris, Soc. Ent. 1854, p. 146 et Schiôdte, loc. cit., p. 523. — A. niger L., hirtus Herbst, Chapuis et Candèze, Catal., p. 144; excellente description qui ne pèche qu’en ce que les auteurs n’ont donné aux antennes que trois articles au lieu de quatre, et qu’ils n’ont rien dit de l’article supplétaentaire qui est visible de profil, quoique très-petit, ainsi que je viens de le vérifier sur des individus envoyés par M. Candèze lui-même. — A. rufus j>E G., Perris, Soc. Ent. 1854, p. 143, et Schiôdte, loc. cit..

p. 52‘i. — A. hæmorrhoidalis F., Schiodte, loc. cit., p. 525, sous le nom de rujicaudis Gyl — A. subfuscus Gyl., Schiodte, loc. cit. p. 526.

Corymbites tessellatus L,, Schiodte, loc. cit., p. 518, sous le nom de Elater (Tactocomus) tessellatus L., holosericeus Auct. — C. æneus L., Schiodte, loc. cit., p. 549, sous le nom de Elater (Diacanthus) ænéus L. — C. cinctus Payk., Schiodte, loc. cit. p. 519, sous le nom de Elater (Hypogamus) cinctus Payk. — C. pectinicornis L., Schiodte, loc. cit., p. 520. — C. castaneus L., Schiodte, loc. cit., p. 521. — C. sjaelandieus, 0. F. Müeller, Schiodte, loc. cit., p. 521, sous le nom de Elater (Actenicerus) sjaelandicus 0. F. Müeller, tessellatus Auct.

Ludius ferrugineus L., Blisson, Soc. Ent. 1846, p. 65, et Mulsant et Guillebeau, 7' opusc., p. 187.

M. Schiodte a publié, loc. cit., p. 514, sous le nom de Ludius {ermgineus, une larve qui diffère de celle qu’ont décrite les auteurs précités et qui m'est bien connue. La vraie larve du Ludius est lisse avec trois points enfoncés et piligères de chaque côté de la tête près du bord postérieur, et trois points semblables, dont un ventral, de chaque côté des onze premiers segments, contre la lisière postérieure. Le dernier segment est longuement en cône obtus et muni de points piligères très-clair- semés, sans la moindre pointe apicale.

La larve de M. Schiodte, au contraire, a la tête et le prothorax profondément et densément ponctués ; les segments suivants sont marqués de points très-gros, très-allongés au milieu de ces segments, et se réunissent même çà et là pour former des rides. Le dernier segment est encore plus densernent ponctué, il est rugueux sur les côtés et vers le sommet et terminé par une pointe aiguë.

Ici, je ne puis m’empêcher d’être plus affirmatif que pour la larve du Cryptohypnus, et j’atteste que la description de M. Schiodte appartient à une larve autre que celle du Ludius. Elle me paraît convenir à une larve d' Elater (Ampedus).

Agriotes obscurus L., Marsham, Trans. of the Linn. Soc., t. IX. et Westwood, Introd., t. I, p. 233. — A. segetis Bierk., de Geer, Mém., t. V. P.397,Bjerkander, Mém. de Stockholm, 1779, p. 254, et Blanchard. Ann. de l’Agric. franç. 1847, p. 218. — A. lineatus L., de Geer, Mém., t. IV, p. 155; Kollar, Naturg. der Schædl. Insekt. 1837, p. 105 et Schiodte; loc. cit., p. 516, mais non Bouché, Naturg., p. 186, qui a donné sous ce nom a larve de quelque dt/ious ou CorywWes. — A. Sputator F.. Kol-

ÉLATÉRIDES. - ADELOCERA 169

LAH, loc. cit., p. 149. — A, aterrimus L., Schiodte, loe. cit., p. 515, sous le nom de Elater (Ectinus) aterrimus L.

Camprjlus linearis F., Stroem, Hans. Nogle Insekt. larves niid deres forvandl. t. Il, p. 375, Ohapuis et Candèze, Catal., p. 146, et Schiodte, loc. cit., p. 526.

Voici le signalement de quelques autres larves de cette famille :

.%.delocera (Elater) fasiciata L.

Fig. 203.

Cette larve, longue de 25 à 28 millim., ressemble, à s’y méprendre, à celles des A. atomaria et varia, déjà décrites. Comme elles, elle est lisse, c’est-à-dire dépourvue de toute ponctuation, si ce n’est sur la tête ; comme elles, elle a le lobe maxillaire palpiforme et nettement bi-articulé , elle e.st subdéprimée, un peu renflée à la région abdominale; d’une consistance plutôt coriace que cornée et d’une couleur qui est tout à fait propre, jusqu’ici du moins, aux larves de ce genre, c’est-à-dire que la tête est d’un brun marron, le prothorax marron, avec une lisière antérieure et postérieure jaunâtre, tandis que les deux autres segments thoraciques et les huit premiers segments abdominaux sont d’un jaune testacé luisant, avec une légère teinte roussâtre sur le dos et le bord postérieur très finement strié. Ces derniers ont en outre, en dessus et en dessous, une fossette longitudinale dessinant un bourrelet latéral un peu dilatable, et indépendamment des poils latéraux et latéro-dorsaux qui se trouvent sur tous les segments et même sur la tête, ils ont deux poils plus . courts et plus rapprochés du milieu du dos. Le dernier segment, hérissé de longs poils, est en demi-ellipse allongée, testacé, corné, un peu concave, en partie ruguleux et bi-sillonné en dessus, bordé de dents ferrugineuses qui vont en grandissant d’avant en arrière, et dont la dernière, formée de deux lobes, l’un dirigé en dehors et l’autre arqué en dedans, dessine une échancrure assez profonde et subarrondie. En dessous, le corps est uniformément jaunâtre, sauf le prothorax qui est testacé et marqué de deux sillons en V. Ce segment et les deux suivants ont le pli sublatéral qui forme un bourrelet sur les huit premiers segments abdominaux ; mais ceux-ci ont de plus, de chaque côté de la ligne médiane, un autre pli qui dessine deux autres bourrelets longitudinaux, et même entre ces bourrelets on voit

LARVES DE COLÉOPTÈRES deux sortes de mamelons allongés, obsolètes, mais un peu dilatables. Sous le dernier segment se détache une sorte de pied terminé par deux crochets arqués en bas, entre lesquels est la ventouse anale. Ces crochets sembleraient avoir pour but de favoriser des marches rétrogrades ; je les crois plutôt destinés à faciliter les mues de la larve et la mise en liberté de la nymphe. Les stigmates sont comme dans les autres larves d’Élaté • rides, c est-à-dire au nombre de neuf paires dont la première, plus grande que les autres, est située en dessous, près de la base externe des hanches intermédiaires.

J’ai trouvé cette larve, ainsi que la nymphe, dans les Pyrénées, en exploitant des souches de Pinus uncinata qui avaient nourri ou nourrissaient encore des larves de Tragosoma depsarium, de Rhagium, etc.

La nymphe ressemble à celle des autres Élatérides, elle est glabre, avec les six soies épaisses du prothorax ; mais les deux soies divergentes du dernier segment, au lieu d’être simples, sont doubles et telles que les représente la figure que j’en donne.

Elater prseustuis F.

Je ne reviendrai pas sur la description que j’ai donnée, loc. cit.. de la larve de 1 E. sanguineus, je ne pourrais que la reproduire pour celle de 1 E. præustus que l’on rencontre, comme sa congénère, dans les souches du Pin maritime. Elle aurait trouvé place dans mon travail sur les insectes de ce Conifère si j’avais pu la distinguer de celle sur laquelle je n’avais aucun doute ; mais ce n’est que plus tard que je suis tombé sur une souche qui ne paraissait contenir que des larves, des nymphes et des insectes parfaits du præustus ; plus tard aussi j’ai pu, en élevant quelques-unes de ces larves, m’assurer de leur authenticité. En les examinant alors, comme en les revoyant tout à l’heure, je n’ai pu leur trouver d’autre caractère distinctif qu’une ponctuation un peu moins forte.

Elater erocatus Geoffr.

LARVE

Cette larve est encore l’image fidèle de celle de VE. sanguineus. Elle n en dilfère, ainsi que la précédente, que par la ponctuation. Elle est tel-

ÉLATÉRIDES. - ELATER

leraent faible sur le prothorax qu’on la voit à peine; sur les autres segments, jusqu’à l’antépénultième, elle est aussi forte que dans la larve du sanguinetis, mais elle est sensiblement moins serrée, et au lieu de s’étendre sur presque toute la surface des segments, elle s’arrête au tiers antérieur ; on ne voit plus au delà qu’une ponctuation très-fine et très-éparse. Sur les deux derniers segments, où la ponctuation est toujours plus étendue et plus uniforme, les points sont bien moins gros et moins serrés ; ils sont, pour la dimension, comme dans la larve dapræustus, mais moins denses.

Celte larve vit dans les souches d’ Aulne nourrissant ou ayant nourri des larves de Dorais parallelepipedus, de Trichius abdominalis, de Strangalia aurulenta.

Elatcr balteatus L.

LARVE

Cette larve, naturellement un peu plus petite que les deux précédentes, en diffère par la couleur plus claire du fond qui rend plus apparentes les callosités ferrugineuses et striées qui se trouvent près de la base des segments ; mais sa ponctuation sert plus facilement et plus sûrement encore à la distinguer. Le prothorax est à peine marqué de quelques petits points presque imperceptibles ; les autres segments n’ont que quelques gros points au-dessus du sillon sublatéral qui part de chaque extrémité de la callosité striée ; le milieu de leur face dorsale est, sur une assez grande étendue, lisse ou à peine visiblement pointillé. La ponctuation est un peu plus apparente et plus serrée sur les deux derniers segments.

J’ai obtenu cette larve, sa nymphe et l’insecte parfait d’un tronçon de Sapin pourri venu des Pyrénées et qui contenait encore des larves de Rhagium bifasciatum et de Leptura cincta.

La nymphe n’offre rien qui soit à signaler.

CardiophoruK (Elater) ruflpes Fourc.

Fig. 204-208.

LARVE

’Voici une larve qui a mis ma curiosité à une bien longue épreuve. Je la connais depuis longtemps, depuis longtemps aussi j’en ai préparé la

LARVES I)E COLEOPTERES

description, avec la conviction que je pourrais la comprendre un jour dans mon travail sur les larves des Coléoptères, car je ne doutais pas qu’elle ne fût de Coléoptère, malgré la structure anormale de son corps qui avait l’air d’avoir vingt-six segments sans compter la tête. Plusieurs années de suite, je l’ai élevée pour arriver à l’insecte parfait, j’échouais toujours. Une fois cependant, dans un bocal où j’en avais installé plusieurs en apparence adultes, je trouvai deux Cardiophorus rufipes déjà morts. L’idée me vint bien que ma larve pouvait appartenir à cet insecte ; mais elle différait tant des autres larves d’Élatérides, son genre de vie était si différent aussi, il était tellement possible qu’en ramassant au pied des Chênes le sable mêlé de détritus dont j’avais rempli le flacon, j’eusse recueilli, à mon insu, des larves de Cardiophorus ou des insectes parfaits, que je n’osai me prononcer.

J’en étais là, toujours préoccupé et intrigué de ma larve, toujours disposé à recommencer l’épreuve de son éducation, lorsque j’eus connaissance du travail de M. Schiôdte sur les larves de plusieurs Élatérides. A la vue de la figure de celle du Cardiophorus asellus, image fidèle de celle qui me donnait tant de souci, je poussai une exclamation de joie, camion problème était résolu et le témoignage des Cardiophorus l'ufipes de mon bocal cessait d’être douteux. C’est donc avec une entière confiance que je donne, comme se rapportant à la larve de cet insecte, la description suivante.

Long, pouvant atteindre 30 millim. et se réduire par contraction à 15. Hexapode, linéaire et même filiforme, presque entièrement glabre, charnue, d’un blanc jaunâtre, sauf la tête qui est cornée et ferrugineuse et le prothorax qui est subcorné et testacé ; susceptible de s’allonger et de se raccourcir en désemboîtant ou en faisant rentrer des divisions des sept premiers segments de l’abdomen ; dernier segment simple, mamelon anal avec deux appendices pseudopodes.

Tête deux fois aussi longue que large, à côtés parallèles, lisse et luisante, marquée en dessus de deux traits fins et blanchâtres partant du vorlex, parallèles jusque sur le front, puis divergeant vers la base des mandibules. Sillons frontaux larges mais très-peu profonds.

Ëpistome et labre soudés entre eux et avec le front, formant une sorte de chaperon quadrilatéral avec les angles antérieurs arrondis et un petit prolongement médian subéchancré ; tout le bord antérieur frangé de poils dorés très-denses.

Mandibules d’un brun ferrugineux, longues et d’une forme tout à fait anormale. Vues en dessus, elles sont droites, un peu arquées en haut et

ÉLATERIDES. - CARDIOPHOKUS 173

nullement en dedans, paraissant formées d’une lame cornée, chagrinée, large à la base, se rétrécissant vers le sommet qui est largement échancré parce qu’il est formé de deux dents très-divergentes, ayant le bord externe un peu relevé et sur ce bord deux dents obtuses, et au bord interne aussi deux dents, mais plus pointues et la postérieure un peu inclinée en arrière. Vues de côté, elles sont fourchues depuis la moitié de leur longueur- le rameau inférieur, un peu plus court que le supérieur, est arrondi au bout et simple, avec une petite dent près de la base interne et une profonde et large cannelure sur sa face ; le rameau supérieur n’est autre que la lame visible quand on regarde en dessus, sauf que les dents, vues de profil, sont à peine appréciables, et sa face est également creusée d’une cannelure. Ces deux rameaux sont un peu arqués en haut.

Dessous de la tête convexe, formant une plaque unique, lisse, avec un sillon au milieu et une très-profonde échancrure antérieure pour loger les mâchoires et le menton.

Mâchoires droites, bien plus longues que larges, s’élargissant depuis la base jusque près du sommet ; leur lobe placé non sur le même plan que les mâchoires, mais en dedans et formé d’une pièce arrondie, ornée d’une belle touffe de poils longs et un peu rayonnants, dont quelques-uns paraissent plumeux, et d’une autre pièce bi-articulée, palpiforme, presque cachée au milieu des poils.

Palpes maxillaires droits, longuement coniques, un peu divergents, de quatre articles, les trois premiers égaux en longueur, le quatrième phis court.

Menton très-étroitement linéaire, avec un petit élargissement près du sommet et après le milieu.

Lèvre inférieure trois fois plus longue que large, s’élargissant un peu de la base au sommet, à. peine avancée au milieu du bord antérieur où se trouvent deux longs poils.

Palpes labiaux de deux articles, dont le premier le plus long.

Antennes insérées non en dehors des mandibules, mais au-dessus d’elles et un peu plus courtes qu’elles, assez fortes, formées de quatre articles, le premier épais et court, le second un peu plus long, le troisième deux fois et demi aussi long que le précédent, subdéprimé mais sensiblement élargi de la base au sommet, lequel est obliquement tronqué et muni de chaque côté d’un poil, et porte le quatrième article beaucoup plus étroit, de la longueur du second, incliné en dehors et de plus l’article supplémentaire très-court, mais très-apparent quand on regarde la tète en dessus.

Ocelles représentés par un petit granule pupillé de noir, placé immédiatement en arrière de la base de chaque antenne. Ces deux ocelles sont exceptionnellement sur le crâne, au lieu d’être sur les joues, parce qu’ils accompagnent toujours les antennes qui, au lieu d’être insérées aux angles antérieurs de la tête, sont exceptionnellement implantées au-dessus des mandibules.

Prothorax testacé et subcorné, sauf les lisières antérieure et postérieure qui sont membraneuses et d’un blanc jaunâtre, à peine plus large que la tête, d’une longueur un peu supérieure à la largeur.

Mésothorax et métathorax égaux entre eux et un petit peu plus larges que longs, membraneux, d’un blanc jaunâtre, avec la lisière postérieure un peu plus foncée.

Abdomen de neuf segments de largeur croissante jusqu’au quatrième, puis décroissante jusqu’au dernier. Les sept premiers un peu renflés antérieurement et marqués de deux plis annulaires divisant chacun de ces segments en trois parties dont la postérieure s’emboîte et disparaît par contraction dans la précédente et celle-ci plus ou moins, mais jamais entièrement dans la première, de sorte que la larve, lorsqu’elle marche et qu’elle donne à son corps toute son extension, est très-allongée, trèsgrêle et linéaire, tandis que lorsqu’elle se contracte pour se reposer ou parce qu’elle est inquiétée, elle est un peu ventrue et longuement fusiforme. Huitième segment simple, c’est-à-dire non divisé et un peu plus large que long. Ces huit segments munis d’un très-petit poil près de chaque angle postérieur et marqués, tant en dessus qu’en dessous, de cinq cannelures bien dessinées lorsque la larve est allongée, nivelées lorsqu’elle est contractée, mais laissant, même dans cet état, leurs traces visibles, parce que le fond de ces cannelures est mat et que leurs intervalles sont luisants. Troisième segment abdominal et les cinq suivants pourvus, de chaque côté de la face ventrale, d’une verrue conique, auxiliaire des organes de progression. Neuvième segment simple, sans plis ni cannelures, lisse, longuement conique, son extrémité obtuse hérissée d’une touffe de poils blonds rayonnants.

Mamelon anal libre, presque aussi long que le dernier segment, susceptible de s’appliquer contre ce segment ou de s’en détacher pour se poser sur le plan de position où son action est secondée par deux papilles assez longues, un peu arquées et divergentes de manière à déborder entièrement le corps.

Stigmates, Sur chaque côté de la première partie des huit premiers seg^

ÉLATBRIDES, - CARDIOPHORUS 175

ments abdominaux, vers le tiers postérieur des sept premiers et la moitié du huitième, surgit un mamelon charnu, oblique, conique, rétractile et muni d’un pli longitudinal. A la base postéro -externe de chacun de ces mamelons une forte loupe montre un point roussâtre qui ne peut être, à mes yeux, qu’un stigmate. La première paire des ouvertures respiratoires se trouve assez près du bord antérieur du mésothorax, mais elle n’est visible que lorsqu’on regarde la larve en dessous. Cette première paire n’offre que cette particularité, mais les huit paires abdominales, que M. Schiôdte considère comme étant constituées par les mamelons dont j’ai parlé, sont pour moi, sauf meilleur avis, sessiles et semblables, avec des dimensions un peu moindres, à la première paire et s’ouvrent, ainsi que je l’ai dit, à la base de ces mamelons qui seraient à la fois une protection pour ces stigmates et des organes de locomotion comme les verrues ventrales déjà citées.

Pattes assez écartées, débordant le corps, formées de cinq pièces : une hanche assez longue, ciliée de poils blonds et fins ; un trochanter muni antérieurement en dessous de quelques poils ; une cuisse ayant à la face inférieure, près de l’extrémité, deux épines obtuses et quelques poils ; un tibia, plus court que la cuisse, montrant à la base un poil en dessus et une épine en dessous, et à l’extrémité deux ou trois poils et trois épines inégales; enfin un ongle peu arqué et subulé.

Cette larve singulière peut marcher à reculons à peu près comme celles des Cistélides, elle est souple, quoique susceptible d’un peu de raideur, mais très-souvent, lorsqu’on la saisit ou qu’on la manipule, elle fait la morte, devient flasque, et l’on dirait qu’elle a cessé de vivre. Rendue à la liberté, elle reste parfois un certain temps en cet état avant de reprendre ses mouvements, bien qu’il paraisse certain que la lumière l'offusque.

M. Schiôdte a trouvé celle du Cardiophorus asellus sous les mousses et les feuilles tombées, près des racines des arbres et même de temps en temps et en abondance dans les nids de la Formica rufa. J’ai vu aussi celle que je viens de décrire ou une autre du même genre dans les détritus des nids de Lasius fuliginosus, mais je la rencontre habituellement dans le. sable au pied des vieux Chênes ou sous la voûte de ceux qui sont caverneux. On l’observe même en plus grand nombre dans ces derniers lieux où il ne pleut jamais, où le sable est toujours sec, de sorte qu’elle paraît pouvoir se passer, pour son développement et ses métamorphoses, de cette humidité qui est nécessaire à tant de larves^ à moins qu’elle ne se

déplace momentanément pour aller chercher un peu de fraîcheur en dehors de sa demeure ordinaire.

Il me serait difficile de dire au juste de quoi elle vit, car les lieux où on la recueille, quoique présentant le plus souvent des débris d’insectes, de la vermoulure et même des crottins de petits rongeurs, sont ordinaiment dépourvus d’êtres vivants. Ses mandibules d’ailleurs, malgré leurs dents, semblent par leur forme peu propres à déchirer une proie, et à moins qu’elle ne chasse la nuit à découvert, elle est toujours cachée. Je suis porté néanmoins à croire qu’elle est carnassière et qu’elle peut aussi se nourrir de détritus animalisés.

Une particularité assez singulière, c’est qu’on trouve assez fréquemment avec elle la larve d’un diptère du genre Thereva, fdiforme aussi, trèsallongée, et dont l’abdomen paraît avoir dix-sept segments, les huit premiers étant divisés en deux par un pli annulaire et le dernier muni de deux papilles pseudopodes. Mais celle-ci est plus coriace et à peine susceptible de contraction.

Je ne connais pas la nymphe du Cardiophorus, mais je suis convaincu que la larve se transforme dans la terre, car au mois de mai j’ai trouvé plus d’une fois, dans une sorte de cellule, un individu contracté et courbé en arc, paraissant se préparer à sa métamorphose. Je suis cependant disposé à penser que cette évolution s’accomplit le plus ordinairement à la fin de l’été, et cette opinion me vient de ce que, chez nous du moins, beaucoup de Cardiophorus rufipes hivernent à l’état parfait. On les trouve très-communément sous les écorce.s et bien d’autres abris.

IVIclanotus (Cratoiiychus) siulcirollis» Muls.

LARVE

La larve du M. rufipes étant en première ligne dans l’Histoire des Insectes du Pin maritime, je l’ai décrite avec d’assez grands détails, et je ne puis, dès lors, qu’y renvoyer. Je rappellerai seulement qu’elle est subcylindrique, luisante, cornée, de couleur marron avec la lisière des segments plus claire et finement striée et le dessous du corps moins foncé; Irès-peu velue, comme celle des Elater avec lesquelles elle a de grands

ÉlATÉRIDES. — MELANOTUS. — CORYMBITES

rapports, mais lisse, ou imperceptiblement marquée de quelques petits points épars; que son dernier segment, longuement semi-elliptique, déclive et un peu concave à partir du tiers antérieur, est ruguleux, marqué de quatre sillons longitudinaux partant de la base et n’atteignant pas l’extrémité; qu’à la naissance de la déclivité ce segment porte deux: tubercules et que son contour postérieur est creusé de deux échancrures qui produisent un prolongement médian court, aplati, obtus et un peu relevé. C’est surtout la forme de ce segment qui caractérise les larves de Melanolus.

La larve du M. sulcicollis, dont j’ai sous les yeux un individu de 35 millim. de longueur, ressemble en tous points à celle âca. ru fi.p es, sauf pourtant le dernier segment qui peut servir à l’en distinguer. Ce segment est plutôt longuement semi-ovale que semi-elliptique, il est déclive et quadri sillonné, mais il est plan et non concave, les deux tubercules manquent et toute la surface déclive est tuberculeuse et ridée en travers ; enfin le contour postérieur a quatre échancrures au lieu de deux seulement.

J’ai trouvé cette larve en Espagne, dans les montagnes du Guadarrama, en explorant des souches de Pin sylvestre.

Melauotus (Elater) castanipes Pavx.

A part la taille, qui est un peu plus petite, cette larve ressemble tellement à la précédente, qu’il est bien difficile de l’en distinguer. Le dernier segment a aussi quatre échancrures, mais le bord du contour postérieur est un peu relevé, la déclivité est plutôt rugueusement ponctuée que granulée et le prolongement médian est un peu moins saillant.

On la trouve communément dans les vieux Chênes vermoulus.

Corymbites (Elater) latus F.

Fig. 209-212.

LARVE

Long. 20 millim. Hexapode, corps subdépriraé, visiblement atténué aux deux e.xtrémités, corné en dessus, subcorné sur les flancs et en dessous.

PER. t2

Tête uti pou plus large que longue, déprimée en coin, de couleür marron, antérieurement plus foncée, marquée sur le front de quatre fossettes •rapprochées deux â deux, les 'deux externes assez larges et irrégulières, les deux internes ponctiformes, et de quelques points entre ces fossettes et le bord antérieur ; celui-ci profondément denté, ainsi que l’indique la ifigure que j’en donne.

Épistome et labre ®uls.

'Mâc/îflrivs 'ét menlOT soudés, feft’maht ensemble une plaque sillonnée, non subtriangulaire comme je l’ai figurée pour la larve du Megapentkes, ■mais presque en parallélogramme rectangle.

Extrémité des, mâchoires, lèvre inférieure et palpes conformés comme dans cette dernière larve, mais palpes maxillaires de quatre articles égaux et lobe maxillaire plus franchement de deux articles dont le dernier terminé par de petites soies spiniformes, avec le bord interne de ce lobe ■muni d’une lame cartilagineuse ciliée de longs poils roux. Cette pièce se détache de la mâchoire près de Textrémité du premier article du lobe, et son bord supérieur, qui ne dépasse guère cet article, est arrondi.

Mandibules noires, crochues, pointues au sommet, avec une saillie interne un peu en arrière du milieu, triangulairement canaliculées sur leur moitié basilaire supérieure, excavées extérieurement.

Antennes comme dans la larve du Megapentkes, avec cette seule différence que le qüatrièmear-tiole est plus court et terminé par trois soies trèscourtes, et que l’article supplémentaire est aussi plus court et conique.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne et un petit peu en dessous, un point noir peu régulier et subtransversal qui a l’air d’une petite tache pigmentaire et qui représente un vestige d’ocelle.

Prothorax à, peine plus large que la tête antérieurement, s’élargissant un peu, en ligne à, peu près droite, d’avant en arrière, aussi long que les deux segments suivants réunis, lisse, de couleur marron, avec une lisière antérieure et postérieure plus claire, cette dernière très-finement striée sur le bord; un peu en avant de cette lisière deux points latéro-dorsaux de chaque côté, donnant naissance chacun à deux poils roux ; sur le milieu un fin sillon qui se prolonge jusqu’à l’extrémité de l’avant-dernier segment. Le dit prothorax marqué en dessous de deux plis profonds, parallèles aux côtés, de deux autres sillons formant un angle dont le sommet est au niveau des hanches et d’un autre sillon médian partant du bord antérieur et à la moitié de son parcours se divisant en deux rameaux qui aboutissent aux deux côtés de l’angle précédent.

ÉLATÉRIDES. - CORYMBITES 179

Mésothorax et métathorax égaux, lisses et de couleur marron comme le prothorax, avec la lisière postérieure seule plus pâle et à peine visiblement striée et les quatre points sétigères, de plus un pli sur chaque côté et deux dessous, en dehors des hanches.

Abdomen de neuf segments, le premier de la longueur du métathorax les suivants grandissant progressivement jusqu’au cinquième, tous jusqu’au huitième de couleur marron, avec la lisière postérieure plus claire et finement striée sur le bord, les points sétigères et quelques petits points à peine visibles et très écartés, deux sillons latéro-dorsaux allant de la base jusqu’au milieu, un large pli de chaque côté avec quelques poils, et en dessous, près des bords latéraux, deux autres plis enfermant postérieurement une sorte de saillie triangulaire sur laquelle est un poil dirigé en arrière. Neuvième segment marron foncé, assez largement semielliptique, hérissé de longs poils roux, à surface dorsale rugueuse, à bords épais, relevés, munis de chaque côté de trois dents obtuses de dimension croissante et postérieurement d’un prolongement bilobé, dessinant une échancrure subarrondie ; en dessous quelques tubercules sétigères dont deux presque dentiformes sous les deux lobes du prolongement terminal, et à la base une large plaque semi-discoïdale, susceptible de jouer un peu comme une soupape, entourée d’un bourrelet très-finement strié et portant au centre une sorte de ventouse saillante, presque charnue, entourée d’un cercle très-finement strié aussi et traversée par une fente longitudinale où se trouve l’anus.

Stigmates comme dans les larves précédentes et disposés de môme, Ceux de l’abdomen placés dans les plis latéraux des segments. ■ -

Pattes assez courtes, munies de quelques soies et très-épineuses, épines des hanches très-serrées, celles des trois articles suivants disposées en dessous sur deux rangs, comme deux rateaux ; ongle presque aussi long que le tibia, crochu seulement au sommet, dilaté en dessous à la base.

Cette larve vit dans la terre soit d’autres larves ou insectes, soit de racines. M. de Bonvouloir, en m’en envoyant des échantillons, me l’a signalée comme causant de grands dégâts aux œillets de son parterre.

La nymphe est semblable à celle du Megapenthes, seulement les deux soies anté-scutellaires sont verticales et non inclinées en avant, les soies terminales sont un peu plus courtes, un petit crochet relevé se trouve à l’extrémité do chaque élytre et les six premiers segments abdominaux sont finement striés sur le dos.

lÀRVE DE COLÉOPTÈRES

Coryinbitcs (Elater) teneus L.

Après la description presque minutieuse que j’ai donnée de la larve précédente, on ne doit pas s’attendre à de longs détails sur celle-ci. Je serais même embarrassé pour en dire quelque chose, car j’ai beau y regarder, je n’y vois pas une fossette, un point, un pli, un poil, un tubercule, une épine de différence ; tout, absolument tout, taille, couleur, consistance, pseudopode anal, est la même chose.

J’ai trouvé d’assez nombreux individus de cette larve, avec des nymphes et des insectes parfaits récemment transformés, en juin 1854, dans les montagnes de Guadarrama, en Espagne, sous les pierres profondément enfoncées. Ses appétits sont donc les mêmes que ceux de la précédente, et sa nymphe est exactement l’image de celle dont je viens de parler.

AtliouB mandibularis Duf. (f Titanuis Müls. 9

LARVE

Je dois de magnifiques individus de cette larve à mon excellent ami M. de Bonvouloir. Il n’en a pas, il est vrai, constaté l’authenticité, mais elle n’était pas douteuse pour lui, et elle ne saurait l’être pour moi : 1® parce que, vu ses dimensions, il n’y a aucun Élatéride européen du groupe auquel elle appartient qui puisse lui convenir, si ce n’est le Titanus, 2» parce qu’elle a été recueillie au pic de l’Hiéris, près Bagnères-de- Bigorre, aux lieux où ne vit que cette remarquable espèce. Je la donne donc en toute assurance avec le nom ci-dessus.

Long. 58-36 millim. Légèrement déprimée, presque linéaire, c’est-àdire peu renflée à la région abdominale ; cependant un peu atténuée aux deux extrémités, luisante, cornée en dessus, subcornée en dessous.

Tête, en coin, d’un joli marron, brillante, lisse, déprimée antérieurement, assez convexe sur le vertex, marquée en arrière de chaque mandibule d’un gros point d’où sort un poil roussâtre, à la suite de ce point d’une

ÉLATÉRIDES. — ATHOÜS 181

rainure qui va jusqu’au vertex et dont l’origine porte un poil, et sur chaque côté, de deux fosssettes oblongues donnant aussi naissance à un poil. Bord antérieur très -profondément lobé, lobe médian subéchancré et terminé par deux crochets divergents; dessous de ces lobes revêtu d’une épaisse pubescence dorée.

Épistome et labre nuis.

Mandïbxdes noires, assez longues, peu épaisses, falciformes, sans dent à la tranche interne, profondément canaliculées sur les deux tiers basilaires de leur face supérieure, très-peu concaves à la base externe. Plaque sillonnée qui réunit les mâchoires et le menton ni triangulaire ni parallélogramraique, mais trapézoïdale, car elle se rétrécit d’un tiers environ du sommet à la base.

Lobe maxillaire et lèvre inférieure comme dans la larve du Corymbites latus, avec les spinules et les cils dorés.

Palpes maxillaires de quatre articles, le second plus long que les autres.

Palpes labiaux de deux articles, le premier un peu moins gros relativement que dans les larves précédentes. Ces organes sont testacés avec les articulations plus claires.

Antennes conformées comme à l’ordinaire, le quatrième article grêle et terminé par trois soies très-courtes, et l’article supplémentaire presque aussi grêle, cylindrique et de moitié plus court.

Un vague point noir à la place ordinaire des ocelles.

Segments thoraciques et huit premiers segments abdominaux d’un joli marron clair en dessus, plus pâle en dessous, du reste, quant à leurs dimensions relatives, aux lisières plus claires et striées, au sillon médian, aux points sétigères, aux sillons latéro-dorsaux, aux plis, aux mamelons et même à la ponctuation presque imperceptible, conformés absolument comme dans la larve du Corymbites , Dernier segment de couleur marron, moins parallèle sur les côtés, plus régulièrement en demi-ellipse, peu ruguleux en dessus, à bords marqués mais non épaissis et relevés, à trois tubercules de chaque côté, de grandeur progressive, mais plus semblables à des dents coniques qu’à des lobes arrondis ; prolongements de l’extrémité profondément divisés en deux dents coniques, relevées, l’externe beaucoup plus longue que l’interne, et qui, vues en dessus, paraissent, la plus petite arquée en dedans, l’autre courbée en dehors. En dessous, ce segment est entièrement lisse, mais la soupape et la ventouse anales sont la reproduction des mêmes organes de la larve du Corymbites.

, Il en est de même des stigmates.

Les pattes, composées de cinq pièces d’égale longueur ou à peu près, sont moins épineuses, principalement sur les hanches qui n’ont qu’un, rang d’épines partant de la base externe et se dirigeant obliquement vers le bord interne dont elles font à moitié le tour.

Cette larve, dont je ne connais pas la nymphe, a été trouvé sous les pierres.

Si on la compare à celle de VAthous rufus dont j’ai donné, loc. cit., la description et la figure, on verra qu’elle en diffère par la forme du lobe médian du bord antérieur de la tête, par les mandibules, dépourvues de dent interne, et surtout par la ponctuation qui est, pour ainsi dire, nulle, tandis qu’elle est très-forte et très-dense dans la larve du rufus; elle l’est beaucoup moins, il est vrai, dans celle du rhombeus, et je ne m’étonne pas, d’ailleurs, de trouver des caractères différentiels aussi tranchés à la larve d’une espèce dont les deux sexes sont si différents qu’ils ne paraissent avoir rien de commun.

Agriotes (Elatcr) iistulatus Schaller.

Fig. 214.

LARVE

Long. 18 millim., entièrement la forme et la consistance des larves d’Elater, c’est-à-dire hexapode, cornée, subcylindrique, étroite et linéaire, mais plus pâle, plus luisante et à peine ponctuée.

Je ne ferai connaître que les principaux caractères, ceux qui peuvent empêcher de la confondre avec d’autres espèces.

Tête testacée, avec le bord antérieur noirâtre ; celui-ci lobé, mais lobe médian très-court et obtus; front largement et peu profondément bisillonné, très-fmement et peu densement pointillé ; plaque formée de la soudure des mâchoires et du menton plus large de près d’un tiers antérieurement qu’à la base ; troisième article des palpes un peu plus court que les autres; quatrième article des antennes surmonté d’un long poil et de deux ou trois très-petits ; article supplémentaire très-court et conique; sur chaque joue un point noir transversal, irrégulier, pigmentaire, représentant un ocelle.

Prothorax de la couleur de la tête, avec une lisière antérieure et posté-

ÉIÀTÉRIDES. — AGRIOTES

Heure un peu plus foncée et très-finement striée, marqué de quelques petits points épars, d’un sillon médian qui se prolonge jusqu’à l’extrémité du pénultième segment, et, de chaque côté^ d’un sillon très-net partant de la lisière antérieure et aboutissant à la postérieure. Les deux autres segments thoraciques et les huit premiers abdominaux d’un testacé jaunâtre en dessus, un peu plus plus pâles, en dessous, avec une lisière postérieure de couleur marron et très-finement striée ; marqués de très-petits points épars, d’autant plus visibles qu’on s’approche plus de l’extrémité, et de deux sillons latéraux très- droits et très-nets, comme ceux du prothorax, naissant au bord antérieur et se terminant à la lisière ; pourvus en outre, ainsi que le prothorax, de deux verlicilles de poils roussâtres et écartés, un au quart antérieur et un au tiers postérieur de chaque segment; poils du verlicille antérieur un peu plus courts; neuvième segment à peine pointillé, hérissé de poils plus nombreux à l’extrémité, subconique, terminé par une petite pointe, comme dans les larves d’Elater, un peu tuméfié en verrue en avant de cette pointe, ayant de chaque côté, près du bord antérieur, mais visible en dessus, un trou rond entouré d’une sorte de péritrème noirâtre et ressemblant à un gros stigmate. M. Schiôdte lui donne le nom d’impression musculaire. Plaque et ventouse anales comme dans les larves d'Elater; stigmates et pattes de même.

Cette larve vit dans la terre où elle ronge le collet des racines de diverses plantes qu’elle fait périr. Elle est chez nous quelquefois très-nuisible, comme la chenille de VAgrotis segetum, au maïs, à la betterave, au tabac.

Les larves d'Agriotes, si semblables à celles d’Elater par leur forme, la structure du dernier segment et la pointe terminale, s’en distinguent par leur couleur plus pâle, leur surface lisse et presque imperceptiblement pointillée, par l’absence des callosités transversales et striées de la base des segments, par une plus grande longueur des sillons latéraux et surtout par- ces deux faux stigmates de la base- du dernier segment, qui doivent avoir quelque fonction physiologique, mais dont je ne saurais pas plus indiquer la destination que de cette cavité qu’on remarque entre les. deux crochets terminaux de certaines larves, telles que celles d’ Aulonium . de Phloiotrya, etc.

La larve que mon illustre ami M. Mulsant a publiée dans son Histoire naturelle des Lalig&nes (p. 86), tout en exprimant des doutes, comme appartenant à VAsida grisea, est incontestablement une larve d’Agriotes.

Drasterius (Elater) bimaeulatiis F.

Fig. 215-216.

LARVE

Cette larve, longue de 6-8 millim,, grêle, subcylindrique, linéaire, ressemble à une jeune larve à'Agriotes. Comme celle dont je viens de parler, elle est d’un testacé jaunâtre brillant, avec la tête, le prothorax et les lisières striées un peu plus foncés ; les organes de la bouche et les antennes sont conformés de même, l’article supplémentaire de celles-ci est extrêmement court; les segments, dont les dimensions sont relativement identiques, ont les deux verticilles de poils écartés, mais elle en diffère par les caractères suivants : le bord antérieur de la tête est très-peu profondément lobé, il n’a, à proprement parler, que trois lobes, et le médian est pointu et non émoussé. Je ne vois pas la moindre trace de point ocelloïde. Les sillons des côtés des segments manquent absolument et la ponctuation est nulle, mais à une très-forte loupe on aperçoit, principalement sur les côtés des derniers segments et sur toute la surface dorsale du dernier, une rugulosité presque imperceptible déterminée par des strioles sinueuses de la plus extrême finesse. Le dernier segment, en demi-ovale allongé, est terminé par un tout petit prolongement subconique, tronqué ; enfin, on ne trouve aucun vestige de ces faux stigmates qui rendent si reconnaissables les larves à'Âgriotes.

J’ai recueilli plusieurs fois cette larve avec de nombreux individus de 1 insecte parfait, sous de.s tas de végétaux en voie de décomposition.

Ce serait ici le lieu de donner quelques généralités sur les larves des Élatérides, mais j’ai rempli cette tâche dans l’Histoire des insectes du Pin maritime, et je ne crois pas nécessaire de reproduire ici mes appréciations. J’y ajouterai cependant ce qui est le résultat des observations que j’ai été à même de faire depuis.

Les larves dont il s’agit ont été plus d’une fois assimilées à celles des Ténébrionides, dont elles diffèrent pourtant par des caractères si importants et si nombreux qu’il n’est pas permis, je ne dis pas seulement de les confondre, mais même de les comparer. Cette assimilation a été la conséquence irréfléchie de leur couleur, de leur contexture généralement cornée, et même de leur forme qui, dans les larves cylindriques de Mêla-

ÉL4TJÎR1DES. - DRA.STERIUS 185

notus, d’Elater, de Liidiiis et d'Agriotes, les rapproche de celles de la plupart des Mélasomes. Elles ont, de plus, cette ressemblance que leur corps a une certaine raideur, par suite de la dureté de ses téguments, et qu’il n’est guère susceptible d’extension et de contraction.

Mais pourtant, dans ce groupe comme dans beaucoup d’autres, il y a une exception, une dérogation à la règle commune. Elle est constituée par les larves de Cardiophorus. Comment, en effet, reconnaître une larve d’Élatéride dans ce ver blanc, délicat, membraneux, sauf la tête et le prothorax qui sont colorés et cornés, dont le corps, longitudinalement cannelé et presque absolument glabre, est susceptible de telles contractions et extensions, que sa longueur et son diamètre peuvent varier du simple au double, dont l’abdomen peut paraître avoir jusqu’à vingt-trois segments, les sept premiers étant susceptibles de se diviser en trois?

A ces caractères insolites ces larves en joignent d’autres qui consistent dans la forme si étrange des mandibules et si étroite des mâchoires, du menton et de la lèvre inférieure, dans l’insertion des antennes au-dessus des mandibules, dans la situation des ocelles, de sorte qu’il serait bien difficile, pour ne pas dire impossible, de deviner a priori qu’elle appartient au groupe dont elle fait partie.

La larve que j’ai attribuée au Cryptohypmis ripariiis présente aussi des exceptions non au point de vue de la consistance et de la forme, mais par l’existence d’un épistome et d’un labre distincts, par le lobe des mâchoires d’une seule pièce, par la structure du mamelon anal et par la présence, sur chaque joue, de six ou du moins de cinq points noirs ocelliformes. Ces particularités, qui ont plus d’importance encore que celles que présentent les larves de Cardiophorus, seraient, je le reconnais, de nature à inspirer quelques doutes sur l’authenticité de cette larve, alors même qu’elle ne serait pas implicitement contestée par le témoignage de M. Schiôdte.

Je termine ce qui est relatif à ce groupe par un essai de tableau synoptique des genres qui me sont connus.

A Épistome et labre nuis ou inappréciables à cause de leur soudure avec le front ; bord antérieur de la tête dentelé.

B Corps subdéprimé, assez large, ordinairement un peu plus étroit aux deux extrémités ; dernier segment bordé latéralement de crénelures dentiformes ordinairement émoussées, et terminé par deux prolongements bilobés laissant entre eux une profonde échancrure.

G. Ces prolongements, terminés par deux oui trois lobes ou dents.

D Lobes ou dents des prolongements terminaux égàux. a Dernier segment convexe en dessus, couvert d’épines raides d’autant plus fortes qu'elles s’approchent plus du bord postérieur ; mamelon anal armé d’épines.

Dernier segment marqué de quatre sillons dont les deux

intermédiaires courts. Chaleolepidius:.,

Dernier segment marqué de deux sillons seulement. 4taus,.

(Caractères tirés de la description de la larve du Chalcolepidius crythroloma par ftl. Schiodte et de celles de la larve de \’Alaus oculatus par MM. Chapuis et Candèze et de VA. myops par M. Schiodte.) m. Dernier segment concave en dessus ; anus placé entre deux crochets à. l’extrémité d’un mamelon anal volumineux et plus ou moins libre, dépourvu d’autres spinules.

Mamelon anal peu libre, muni sur les côtés de granules cornés surmontés d’une soie ; dernier segment k crénelures latérales obtuses, sa face dorsale marquée de deux sillons longitudinaux et de rides ondulés symétriquement disposées. Lacon,

Mamelon anal grand et libre, se mouvant comme une soupape sous le dernier segment; celui-ci à crénelures latérales aiguës ; sa face dorsale parsemée de petits granules. Adelocera. aaa Dernier segment plan ou très-faiblement convexe en dessus paraissant concave à cause du rebord crénelé. Anus placé à l’extrémité d’un mamelon conique, rétractile et sans crochets, enfermé dans un rebord en demi -cercle ; segments de l’abdomen fortement ponctués en dessus, sur plus de leur moitié antérieure. Athous

sauf mandibularis-.

Dernier segment et anus comme le précédent; segments de l’abdomen avec une petite réticulation, ou k peine marqués de quelques points, sauf le dernier qui est ruguleux et quadri-sillonné. S. -g. Diacanthm

et s. -g. Taclocomiis.

Comme le précédent, mais les huit premiers segments de l’abdomen ayant chacun quatre taches ferrugineuses sur un fond d’un jaune pâle. S. -g. Hypoyanm.

Commt Diacanlhus , mais dernier segment très-rugueux. S.- g. Corynibitcs. Comme Diacanthus, mais dernier segment k peine ruguleux et les deux sillons intermédiaires très-courts. S.-g Açtenicerus. (Ces caractères des divisions du genre Corymbitcs sont tirés des descriptions de M. Schiodte.)

DD Lobes ou dents des prolongements terminaux inégaux, la dent interne beaucoup plus courte.

ÉL4TÉRIDES 187

Dent externe dirigée en dehors, crochue, verticalement relevée ; segments de l'abdomen lisses en dessus ou montrant à peine quelques petits points. Athous mandibularis.

Dent externe dirigée en ligne droite et relevée en croc ; segments de l’abdomen marqués de points transversalement confluents sur les deux tiers antérieurs de leur face dorsale (d’après la description do MM. Ghapuis et Candèze). Çampylus.

CG Ces prolongements non lobés ou dentés et tellement convergents qu’ils se touchent presque par leurs extrémités. Limonius. (Caractères tirés de la larve du Limonius Bructeri donné par M. Sehiôdte; mais peut-être ne s’appliquent-ils qu’à cette espèce dont M. Kicsenwetter a fait le genre Pheletes, non admis par M. Candèze.)

B2 Corps subcylindrique et corné.

a Corps lisse.

Taillegrande, dernier segment très-longuement conique, arrondi à l’extrémité ; mamelon anal très-petit, d’une largeur à peine égale au quart de celle du dernier segment à sa base. Ludius.

Taille petite, dernier segment assez longuement semi-ellipsoïdal, terminé en pointe tronquée; mamelon anal presque aussi large que ce segment à sa base. Drasterius.

Dernier segment longuement demi-elliptique, plan et même le plus souvent un peu concave en dessus et marqué de quatre sillons sur près de la moitié antérieure ; terminé par trois crénelures dentiformes dont la médiane plus longue ; mamelon anal assez grand , presque aussi large que le dernier segment à sa base. Melanotus,

aa Corps marqué de petits points épars.

Dernier segment assez longuement demi-ellipsoïdal, terminé par une pointe, ayant de chaque côté, près de la base, une cavité de l’apparence d’un grand stigmate . Agriotes.

Dernier segment conique, terminé par une petite pointe aiguë, orné de tubercules grands et sétifères, disposés en trois séries transverses dont la première est au milieu du segment et la dernière vers la base de la pointe terminale. Dolopius. (D’après la description de la larve du Dolopius marginatus par M. Sehiôdte.)

aaa Corps plus fortement et plus densement ponctué, surtout sur les derniers segments.

Dernier segment longuement et régulièrement demi-ellipsoidal, terminé par une pointe, marqué de deux sillons dorso-latêraux ; mamelon anal ne dépassant pas les deux cinquièmes antérieurs de ce segment. Elater.

Dernier segment marqué aussi de deux sillons dorso latéraux, pas très-régulièrement semi-ellipsoïdal, à cause d’une sinuo-

LARYES DE COLÉOPTÈRES

sité qui existe près de l’extrémité ; terminé ou par trois lobes dont les deux latéraux peu marqués et le médian terminé en pointe, ou par trois dents à peu près égales ; mamelon anal atteignant les trois quarts de la longueur de ce segment. Megapenthes B3 Corps cylindrique, membraneux /sauf le prothorax qui est subcorné), grêle et très-souple ; les sept premiers segments de l’abdomen susceptibles de s’allonger en se désemboîtant, de manière à paraître composés chacun de trois anneaux ; ces mêmes segments ainsi que le huitième longitudinalement cannelés. Mandibules anormales, divisées en deux branches dont la supérieure seule dentée. Dernier segment longuement et étroitement semi-elliptique ; mamelon anal libre , terminé par deux appendices pseudopodes membraneux, arqués et divergents. Cardiophorus.

AA Épistome et labre très-distincts, bord antérieur de la tête non

dentelé. Cryptohypnus?

LYCIDES

Dicty^opterus (Cantliarîs) saiis;iiiueas L.

J’ai trouvé aussi cette larve sous l’écorce des troncs morts de Châtaignier, avec des larves de Callidium, etc. ; mais comme j’en ai donné dans les Annales de la Société Entomologique^ IS^S, page 343, planche 9, numéro 5, une description et des figures auxquelles j’ai seulement à ajouter un petit ocelle peu apparent existant près de la base de chaque antenne, je m’abstiendrai de ce double emploi. Je dirai cependant que, lorsque la larve est très-jeune, elle peut en imposer. Alors, en effet, les parties blanches du corps sont relativement beaucoup plus étendues, et le dernier segment, au lieu d’être orange avec les crochets noirs, est noirâtre avec les crochets nuancés d’orange. Celte larve me fournit l’occasion, dont je profite , d’en signaler une autre de la même famille et qui n’est pas connue.

£ros (Lyciis) rubciis Gyll.

Fig. 217-219.

LARVE

Celte larve, longue de 13 millimètres, ressemble beaucoup, par sa

LYCIDES. — BROS 189

forme déprimée, sa consistance et tous ses organes, à celle dont je viens de parler ; elle est en ovale très-allongé.

Sa tête est courte, transversale, avec le bord antérieur un peu avancé anguleusement, sans épistome et sans labre.

Les mandibules sont longues, fines, simples, subulées, articulées sur un petit mamelon placé sous le devant de la tête.

Les mâchoires et le menton sont soudés ensemble et les premières sont dépourvues de lobe.

Les palpes maxillaires sont de trois articles, les labiaux de deux et ces organes sont droits et divergents.

Les antennes sont de deux articles dont le second beaucoup plus long que le premier et un peu en massue arrondie au sommet.

Près de leur base existe un ocelle représenté par un petit tubercule rond.

Les segments du thorax et de \ abdomen sont assez bien détachés et sont couverts en dessus d’une plaque subcornée qui laisse libre un bourrelet transversal dont elle est séparée par un pli assez marqué ; en dessous ils ont deux plis de chaque côté, et au milieu ils montrent des fossettes variables, indices de petites ampoules dilatables.

Le mamelon anal est placé à la base du dernier segment, il est susceptible de se dilater en un pseudopode cylindrique bien saillant.

Les pattes sont médiocrement longues, de cinq pièces, ongle compris, et sont munies de quelques poils.

Les stigmates sont placés près du bord antérieur du mésothorax et au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Elle diffère de la larve de Dictyopterus par des caractères bien tranchés. Cette dernière a les antennes terminées par une longue soie, elle est en dessus d’un beau noir mat, à surface réticulée, sauf le dernier segment qui est d’une jolie couleur orange et un peu luisant, et qui est terminé par deux crochets épais, ruguleux, très-émoussés et même arrondis au sommet et arqués en dedans ; en dessous elle est d’un blanc livide avec cinq séries de taches noires, y compris celles des bourrelets latéraux. Celle de VEros rubens, au contraire, a uniquement quelques tout petits poils près de l’extrémité de l’article terminal des antennes, elle est en dessus d’un brun assez luisant et presque lisse, avec les bords antérieur et postérieur du prothorax et le bord postérieur des dix segments suivants d’un blanchâtre livide, ainsi que le bourrelet latéral, et le dernier segment, brun comme le reste et dépourvu de tout crochet, est simplement un petit peu

190 lÂTlVES BE COLÉOPTÈRES

échaiiciîé -en arrière. Une très-fine ligne blanchâtre parcourt tout le corps sur son milieu dorsal. En dessous, la couleur est d’un blanchâtre livide avec une teinte brunâtre au milieu des segments abdominaux. Les pattes, au lieu d’êlre noires, sont d’un blanchâtre livide. La larve du Dictyopterus a des poils allongés et effilés, savoir ; quelques-uns sur la tête, deux de chaque côté des segments thoraciques, assez éloignés des angles postérieurs, deux sur le bourrelet latéral des huit premiers segments abdominaux, un assez grand nombre sur les côtés du dernier segment ; un autre plus court près de chaque angle postérieur des plaques dorsales et une série transversale de six sur chaque arceau ventral, le dernier segment excepté. Lailarve de Y Bros a quelques poils semblables sur les côtés de la tête, mais elle n’en porte qu’un seul sur les côtés de chaque segment, et ces poils sont bien plus courts, raides, tronqués ou émoussés au sommet, et quelquefois même ils paraissent au microscope très-légèrement en massue. Le dernier segment n’a que six de ces poils, placés en arrière; l’arceauvenlral n’en possède que quatre etje n’en vois pas sur l’arceau dorsal.

J’ai trouvé cette larve, ainsi que l’insecte parfait, dans des troncs presque pourris de sapin, encombrés de détritus produits par des larves de Rhagium inquisitor et bifasciatum, de Leptura cincta et testacea, de Rhyncolus chlonapus, etc. ; mais je ne connais pas la nymphe.

M. de Castelnau, dans son Histoire naturelle des insectes coléoptères, 1. 1, p. 261, décrit les Dictyoptera dans l’ordre suivant : aurora, sanguinea el minuta, et il dit que « la larve de la première espèce est linéaire, aplatie, noire, avec le dernier anneau en forme de plaque rouge terminée par deux cornes cylindriques comme articulées et arquées. Elle a six pattes et vit sous les ^écorces du Chêne. » Ces mots semblent se rapporter au H. aurora qui est inscrit le premier ; mais je suis porté à croire qu’il y a lànne erreur et qu’ils concernent leD. sanguinea, car la larve de Y aurora est, je crois, inconnue, tandis qu’à l’époque où M. de Castelnau publiait son livre, on connaissait celle àn sanguinea, dont il a été parlé par LatveiWe (Règne animal de Cuvier, 1817, 1. 111, p. 237) et Erichson (Archiv, de Wiegm., 1. 1, p. 93).

En 1861, dans un mémoire sur les imétamorphoses de quelques Coléoptères exotiques, M. Candèze a décrit les larves et les nymphes du Lycus cinnabarinus, de Ceylan et du Colapteron coirugatum, dn Mexique; ces larves, un peu différentes par la forme du prothorax et beaucoup par leur couleur de celle de l’Eros rubens, s’y rapportent néanmoins par leurs

lYCIDES.

BROS

caractères essentiels et surtout par les organes de la bouche et par les antennes, et leur dernier segment est aussi tout simplement échancré.

Un seul point a attiré mon attention, c’est l’affirmation de M. Candèze que la larve du L. cinnabannus a, comme celles des Lampyrides, une paire de stigmates sur le métathorax, indépendamment de celle du prothorax et des huit paires de l’abdomen. Un peu plus loin il décrit trois larves de Lampyrides du genre Photuris, et il leur donne dix paires d’orifices respiratoires, dont la seconde sur le métathorax. Erichson cependant, dans les caractères généraux des larves de.Lampyrides('drcliiu. deWiegm., t. I, p. 90), n’attribue à ces larves que neuf paires de stigmates ; mais en décrivant deux larves de cette famille, venues de Java, il leur en accorde dix paires.

Je n’ose me permettre de contredire formellement les assertions d’Erichson et de M. Candèze, relativement à des larves exotiques que je n’ai pas -vues. Je me borne à exprimer des doutes ; mais ce que je puis affirmer, c’est que les larves de quatre espèces de Lampyris, une de Lamproriza, celle du Phosphænus hemipterus et celle de la Luciola Italiea n’ont que neuf paires ‘de stigmates et que le métathorax en est très-positivement dépourvu. C’est, du reste, ce qui résulte aussi très- clairement des descriptions de la larve de VAspisoma candellaria par M. Goureau (Société Entomologique, 184.5, p. 345) et du Lampyris mctiluca par M. Mulsant (MoUipennes, p. 79). Cela seul m’enhardirait à mettre en doute les stigmates métathoraciques de la larve du Lycus cinnabarinus ; mais ce qui m’y porte plus encore, c’est que je ne connais pas un seul cas de stigmates semblables.

Les larves de Lycides, lentes dans leurs mouvements, sont très-remarquables par l’absence de l’épistome et du labre, caractère qui paraît commun aux larves des Mollipennes de M. Mulsant, et surtout par l’insertion et la ténuité des mandibules, ainsi que par le défaut des lobes maxillaires et par la composition des antennes qui m’ont paru n’être que de deux articles, quelque minutieux qu’ait été mon examen. Exotiques ou indigènes, elles se ressemblent toutes, du moins jusqu’ici, sous ces divers rapports, et constituent, dès lors, un groupe bien caractérisé et parfaitement limité.

Quoiqu’elles vivent dans le bois mort, ou sous les écorces, il n’est venu, que je^ache, à. 1 idée de personne de les considérer comme lignivores, car la finesse des mandibules, qui ressemblent plutôt à des suçoirs, comme celles des larves de Fourmilions, exclut de pareils appétits. Elles sont donc évidemment carnassières, peut-être môme, dans les cas de nécessité

coprophages. et il est possible qu’au lieu de déchirer leur proie, elles la percent pour en faire sortir les liquides nourriciers qu’elles sucent ensuite, ou qu’elles lèchent. Je regrette de n’avoir pas essayé de le vérifier quand l’occasion, qui est rare ici, s’en est présentée.

MALACHIDES

ATKinotarsus (Malaclaîus) pnlicarius F,

Fig. 220-227.

LARVE

Long. 4-5 millim,, hexapode, subdéprimée, sublinéaire, mais atténuée antérieurement et postérieurement et quelquefois un peu renflée vers le milieu de l’abdomen, charnue, quoique un peu coriace, d’un rosé vineux livide, revêtue d’une pubescence pâle, entremêlée de longs poils visibles principalement sur la tète, sur le dernier segment et sur les côtés des autres, terminée par deux crochets.

Tête, assez plate, un peu plus longue que large, à côtés parallèles, noire, avec le quart antérieur et les côtés ferrugineux.

Êpistome très-transversal, s’étendant, ou peu s’en faut, jusqu’au bord externe des mandibules, surmonté d’un labre presque aussi large, en demi-ellipse transversal et longuement velu.

Mandibules ferrugineuses, avec la pointe noire, larges, acérées, munies sur la tranche interne de deux dents dont la postérieure plus saillante et moins émoussée que la précédente.

Mâchoires allongées, parallèles, s’avançant jusque vis-à-vis l’angle antérieur de la tête, portant un lobe court, arrondi et cilié, et unpa/pe de trois articles.

Menton soudé aux mâchoires, presque aussi long qu’elles, servant de base à une lèvre très-courte, surmontée de deux palpes labiaux de deux articles, dont le premier est renflé, presque globuleux.

Antennes en cône allongé, entièrement rétractiles, de quatre articles, le premier et le second égaux, le troisième plus court, large et tronqué à l’extrémité pour recevoir, outre le quatrième article, l’article supplémentaire qui est assez épais et conique. Celui-ci est visible quand on observe la larve en dessus, mais on le voit mieux de profil.

MALACHIDES. - AXINOTARSÜS

Sur chaque joue, au-dessous de la base des antennes, quatre ocelles ferrugineux, dont trois sur une ligne transversalement oblique et un plus gros vis-à-vis le plus supérieur des précédents.

PvGthorax plus grand que chacun des autres segments thoraciques, plus étroit antérieurement qu’à la base, orné, à partir du tiers antérieur, jusqu’au bord postérieur, d’une tache linéaire noirâtre, coupée longitudinalement par un trait pâle, et de chaque côté de cette tache, d’une autre de même couleur en arc de cercle.

Mésothorax et métathorax marqués, sur leur moitié postérieure, de deux taches semblables, à peu près en forme de virgule renversée.

Abdomen de neuf segments ; les huit premiers munis en dessus et en dessous, près de chaque côté, d’une dépression longitudinale dessinant un bourrelet qui règne le long des flancs, et en dedans de cette dépression d’une sorte d’ampoule peu saillante destinée à seconder les mouvements de la larve ; dernier segment noirâtre, corné, échancré, terminé par deux appendices cornés, d’abord droits et ferrugineux, puis noirs et relevés en crochet; en dessous un mamelon pseudopode, charnu et rétractile au centre duquel est l’anus.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes longues, velues, surtout le tibia qui est tout hérissé et terminé par un ongle assez long.

J’ai trouvé plusieurs fois cette larve sous l’écorce ou dans le bois des branches de Châtaignier, de Chêne, d’Orrne, etc. habitées par des larves lignivores dont elle fait sa proie, sauf à vivre de leurs déjections si une pitance plus succulente lui fait défaut. C’est aux mêmes lieux qu’elle se transforme en nymphe.

NYMPHE

Elle est rosée, hérissée de longs poils blanchâtres sur la tête, le thorax, les genoux, le dos et les côtés de l’abdomen et surtout sur le dernier segment qui est terminé par deux longues papilles subulées et longuement velues ; sur la face ventrale on voit à peine quelques soies près du bord postérieur des segments.

L’ancien genre Malachius a été divisé en plusieurs autres dontjeneveux pas assurément critiquer la formation ; mais je dois dire que l’étude des

PER

194 IlftVES DE COIÉOPTÈRES

larves ne justifie pas jusqu’ici cette division comme elle le fait pour bien d’autres que le progrès et quelquefois aussi les subtilités de la science ont fait scinder avec plus de raison peut-être. Ce que l’on sait sur les premiers états de ce groupe se réduit, il est vrai, à peu de chose, car on n'a publié que les larves suivantes: 1° celle du Malachius æneiis L., Perris, Société Entomologique, 1852, p. 591 ;2“ celle d\i Malachius bipustulatus L., Heeger, Sitzber. Wien. ac. Wiss, 1857, p. 320; 3“ celle de VAnthocomus, aujourd’hui Antholinus lateralis Er., Perris, Société Entomologique, 1854, p. 593; 4® celle du Malachius marginellus 01., Perris, Société Entomologique, 1862, p. 201. Or, ces cinq larves, en y ajoutant celle de YAxinotarsus pulicarius, se ressemblent tellement, qu’il est à peu près impossible de leur trouver des caractères différentiels autres que la taille, et l’on conviendra que les insectes parfaits se rapprochent bien aussi par leur physionomie ; mais pourtant, lorsqu’on arrive à un genre d’un aspect différent et que, du premier coup “d’œil, on peut séparer des Malachius et des Anthocomus, on trouve des différences appréciables dans les larves. Ainsi, celle de VHyphebæus albifrons 01., que j’ai publiée dans les Mémoires delà Société des sciences de Liège, 1855, est d’un blanc mat et non rosée ou vineuse, sans taches sur les segments thoraciques ; la lèvre inférieure est un peu échancrée et non subarrondie, et le dernier segment, qui se charge souvent de trahir dans les larves les différences génériques, est blanc et charnu comme les autres et terminé par deux papilles droites, charnues et obtuses.

Malgré les différences que présente cette dernière larve, comme elle offre les principaux caractères des autres, je crois pouvoir dire que les larves de la famille des Malachiens peuvent se reconnaître facilement à leur tête subcornée, ordinairement noirâtre, déprimée, en carré long avec les angles un peu arrondis, à leurs mandibules larges, profondément bifides à l’extrémité, avec une dent en arrière, comme dans les larves de Malachius, ou simples à l’extrémité, avec deux dents internes, comme dans d’autres ; à leurs antennes, dont le troisième article est large au sommet et dont l’article supplémentaire est court, épais et conique ; à la longueur et à la soudure parallèle du menton et des mâchoires, enfin à leurs quatre ocelles (1). Le plus grand nombre se distinguera aussi, à première vue, par

(1) J’ai donné à tort cinq ocelles sur chaque joue à la larve du M. marginellus; elle n’en a que quatre, dont un inférieur bien plus gros, ainsi que je viens de le vérifier, et sa tête, que j’ai dite testacée, est ordinairement noirâtre.

MALACHIDES 195

les taches des segments thoraciques et les crochets du dernier segment.

Le caractère de ces taches, qui manque à la larve de VHyphebæiis albifro^ns parait se trouver dans celle de VEbæus collaris, même avec accompagnement d’autres taches exceptionnelles, d’après ce que rapporte mon ami M. Lichtenstein dans le Bulletin de la Société entomologique, 1875 , p. cv.

« Le 2 mai, dit cet habile observateur, j'ai rencontré dans le sable de jolies petites larves de Malachien d’un blanc de lait, avec une série dorsale de taches rouge de sang au-dessous des dessins caractéristiques de ce groupe de larves. En même temps, j’ai mis à découvert plusieurs exemplaires de YEbceus collaris, et je ne puis douter que ces larves n’appartiennent à cet insecte. Elles vivent en parasites dans les colonies d’un petit fouisseur du genre Passalæcus. »

Le silence de M. Lichtenstein sur la conformation du dernier segment me porte à penser qu’il est, comme dans la généralité des larves de ce groupe, terminé par deux crochets.

Il est admis que les larves des Malachides ont des goûts carnassiers, mais on n’est pas aussi bien fixé sur ceux des insectes parfaits. Dans l’Histoire des insectes du Pin, j’ai mentionné mes observations sur le Malachius æneus et VAxinotarsus pulicarius que j’ai vus dévorer des étamines de graminées, et il y a lieu de penser que d’autres espèces, qui fréquentent les fleurs, se contentent d’une nourriture végétale ; mais il est possible que d’autres, que l’on prend en battant les arbres et les buissons, y vivent à l’état de chasseurs, et c’est assurément après des constatations personnelles que MM. Mulsant et Rey ont pu dire dans leurs Vésiculifères : « Leurs dents avides ne se bornent pas toujours à outrager nos végétaux ; quelquefois, à l’exemple des Téléphores, avec lesquels ils ont des rapports si nombreux, ils attaquent les insectes plus ou moins faibles quj semblent vouloir leur disputer leur nourriture, et les déchirent sans pitié, moins pour se repaître de leurs membres palpitants que pour se donner le barbare plaisir de les sacrifier. »

M. Bedel a observé VEbæus thoracicus visitant les nids des abeilles maçonnes avec une insistance qui semble indiquer des relations de parasitisme entre lui et la Chalicodoma muraria » (Soc. ent., 1872, p. 21); mais, quant à présent, on ne saurait dire si ces visites, évidemment intéressées, ont pour objet la consommation du miel approvisionné par

LARVES DE COLÉOPTÈRES l’abeille, ou la destruction de sa larve, ce qui est peu probable, ou la recherche des Triongulins, ou plutôt la ponte d’œufs d’où naîtront des larves parasites.

Je puis citer néanmoins des observations bien précises, démontrant qu’il y a des Malachides franchement carnassiers et qui, sans épargner peut-être des proies vivantes, s’attaquent incontestablement aux cadavres de divers animaux. Ces observations très-intéressantes sont de mon ami M. Peragallo et concernent VAtelestus Peragallonis.

« Il faut, m’écrit-il, pour réussir dans la chasse de cet insecte, une grosse chaleur lourde, sans vent, du mois de juin. La plage de Nice est en galets, très-inclinée, très-difficile pour la marche ; on est donc obligé de suivre le bord de la vague jusqu’à ce qu’on trouve un point où les filets des pêcheurs ont été retirés le matin. On s’en aperçoit facilement à l’odeur d’abord, aux écailles et corps de sardines ensuite. C’est là que se tiennent les Atelestus. On les trouve sous les corps desséchés des petits poissons ; mais il est très-rare qu’on puisse les prendre dans ces conditions, car à peine mis à découvert, ils disparaissent sous une couche de galets. Il faut inspecter ces petites pierres roulées et saisir le moment où VAtelestus, rapide comme l’éclair, passe sur l’un d’eux; alors, avec le doigt mouillé, on peut le pincer au passage, mais dans la proportion de un sur dix. Les mâles surtout sont d’une agilité phénoménale.

« J’ai trouvé aussi VAtelestus sur les bords d’une petite rivière, dans un endroit tout voisin de la mer, où l’on vient laver le linge. Je pense que c’est le savon qui l’y attire, car ce petit insecte adore tous les corps huileux et gras, le poisson, les os encore frais, les rats morts. Je me rappelle en avoir rencontré un bataillon sous une poule morte apportée par la vague. »

DASYTIDES

Dasytes (Melyris) plumbeus Oliv.

Fig. 228-233.

LARVE

Long, b-7 millim., hexapode, ovoïde, allongée, subdéprimée, un peu ventrue à son tiers postérieur, d’un blanc un peu sale, charnue, assez

DASYTIDES.

DASYTES

molle et un peu coriace, hérissée de poils blanchâtres très-fins, plus longs sur la tête, sur le dernier segment et le long des flancs ; terminée par deux crochets.

Tête très-peu convexe, cornée, en carré long, ferrugineuse antérieurement, puis noire avec une ligne blanchâtre partant du vertex et se bifurquant sur le front pour se rendre aux deux angles antérieurs.

Èpistome court, très -transversal, atteignant par ses extrémités la tranche externe des mandibules et surmonté d’un labre semi-elliptique et cilié.

Mandibules ferrugineuses, avec l’extrémité noirâtre, larges à la base, crochues et bifides à l’extrémité, munies d’une dent vers le milieu de la tranche interne.

Mâchoires et menton soudés, allongés, parallèles, atteignant le niveau des angles antérieurs ; lobe maxillaire petit, arrondi et cilié.

Palpes maxillaires un peu arqués en dedans, et de trois articles dont le premier un peu plus court que les autres.

Menton servant de base à une lèvre très-courte, transversale, surmontée de deux palpes labiaux de deux articles.

Antennes en cône allongé, habituellement saillantes, mais susceptibles de rentrer complètement dans la tête, de quatre articles, le premier membraneux, plus pâle que les autres, le second à peu près aussi long, le troisième plus court, large à son sommet qui porte à la fois deux ou trois poils, le quatrième article grêle, long, terminé par un long poil et trois très-courts, accompagné d’un article supplémentaire qui est épais, court et émoussé. Ce petit article est visible quand on observe la larve en dessus, et alors, par un effet d’optique, celui qui le porte paraît obliquement tronqué ; mais pour le bien voir, il faut examiner l’antenne de profil, parce qu’il est placé un peu en dessous, et alors le troisième article se montre tronqué carrément.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne , un groupe de cinq ocelles testacés, trois antérieurs sur une ligne oblique et deux très-peu en arrière, placés de telle sorte que l’intervalle qui les sépare se trouve vis-à-vis le premier de ceux de devant.

Segments du thorax un peu plus grands, le premier surtout, que les segments abdominaux et s’élargissant progressivement.

Prothorax de la largeur de la tête antérieurement, un peu arrondi à la base, marqué de taches brunes dont la réunion forme un fer à cheval ouvert en avant, avec un point au milieu et un petit rameau postérieur se dirigeant vers les angles.

Méiolhorax et métathorax ayant chacun deux, taches plus foncées et un peu arquées.

Abdomen de neuf segments dont les premiers un peu plus courts que les autres ; les huit premiers marqués d’un pli transversal qui facilite leur dilatation, et près des côtés, tant en dessus qu’en dessous d’une fossette dessinant un bourrelet latéral orné de quatre taches brunes, dont deux au-dessus du bourrelet et deux dorsales à bords déchiquetés, quelquefois comme coupées en deux par le pli transversal dont j’ai parlé ; neuvième segment étroit, corné et noir en dessus, finement ponctué, largement canaliculé et terminé par deux crochets cornés et ferrugineux, munis de petites aspérités surmontées de longs poils. Ces crochets, vus en dessus, paraissent uii peu arqués l’un vers l’autre ; et vus de profil, ils sont droits avec l’extrémité brusquement courbée en haut. Dessous du corps blanchâtre, avec une teinte brunâtre sous les deux derniers segments.

Stigmates testacés, au nombre de neuf paires, la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

.l’ai trouvé cette larve dans le Chêne, l’Aubépine, le Pommier et aussi dans des branches de Châtaignier, dans les galeries des larves d’Exocentrus adspersus dont elle dévorait ou avait dévoré l’habitant. C’est dans les mêmes lieux que j’ai trouvé la nymphe.

NYMPHE

Elle est très-légèrement rosée, hérissée de poils blanchâtres assez serrés sur la tête et le thorax, plus clair-semés sur le dos et les côtés de l’abdomen, Le milieu du ventre en est déjiourvu, mais on en voit deux sur chaque genou. L’abdomen est terminé par deux papilles charnues, presque cylindriques, portant trois ou quatre poils vers l’extrémité et finissant brusquement par un crochet subcorné, courbé en haut.

Dans l’Histoire des Insectes du Pin (Société Entomologique, 1854, p. 599, j’ai publié les métamorphoses du Dasytes flavipes, en rappelant que M. W aterhouse avait déjà donné une description très-succincte et très-insuffisante de la larve du D. semcomis, mais avec une figure assez propre à la faire reconnaître et qui a été reproduite par M. Westwood, ainsi qu’à la sixième planche du Catalogue de MM. Chapuis et Candèze. Plus tard, et en 1858, (Société Entomologique, p. 513), mon ami,M. Laboulbène a décrit et figuré, avec le talent qui le distingue, la larve et la nymphe du D. cæruleus, trou-

DASYTIDES. — DASYTES. — PSILOTHRIX 199

vées par lui dans des branches mortes de vieille date et qui avaient eu d’autres habitants.

La larve du D. plumbeus ressemble tellement à celle du D. flavipes, qu’il me serait impossible de dire en quoi elles diffèrent. Quant à celle du D. cæruleus qui fait partie du sous -genre Metadasytes de MM, Mulsant et Iley, elle se distingue en ce que les cinq ocelles sont un peu autrement disposés, que les taches du prothorax sont un peu différentes, et surtout que tout le dernier segment et ses crochets sont densement couverts d’aspérités qui, dans les larves des D. plumbeus et flavipes^ n’existent, et même en petit nombre, qu’aux crochets seulement. Les papilles terminales des nymphes de ces deux derniers ont à peine trois ou quatre poils, tandis qu’elles sont très-velues dans la nymphe du D. cæruleus.

Voici maintenant quelques mots sur la larve d’une espèce appartenant à un autre genre :

Psilotlirix (Melyrlîs) nobills III.

Long. 8 millim., semblable, par tous les caractères principaux, aux précédentes dont elle ne diffère que par les points suivants :

Couleur générale blanc jaunâtre ou rosée; corps à côtés parallèles, par conséquent insensiblement renflé à la région abdominale; la tête, les deux premiers segments thoraciques et le dernier segment abdominal sont seuls un peu plus étroits que le reste.

Tête entièrement testacée, sauf de chaque côté une tache brune sur laquelle sont les cinq ocelles disposés comme il a été dit; menton non parallèle, mais s’élargissant d’avant en arrière.

Prothorax marqué de taches rousses, une médiane en ellipse allongée, une de chaque côté en chevron ouvert en dehors et dont l’angle s’appuie sur l’ellipse, et un petit point dans l’intérieur du chevron ; taches des deux autres segments thoraciques rousses, celles de l’abdomen roussâtres quand elle existent, mais le plus souvent invisibles.

Dernier segment d’un testacé pâle avec deux larges lignes noires atténuées postérieurement et aboutissant à la base des crochets lesquels, plus foncés que le reste du segment, ont quelques saillies à peine visibles aux points où s’insèrent les poils ; le surplus, vu à une forte loupe, est trèsfinement alutacé.

La nymphe ressemble à celle des Dasytes déjà cités, seulementles papilles terminales ne se rétrécissent pas brusquement pour donner naissance au crochet apical, elles s’atténuent graduellement et ont une forme subulée.

J’ai trouvé cette larve en assez grand nombre dans des tiges à'Eryngium maritimum avec celles du Malachius marginellus dont j’ai parlé plus haut. Je l’ai rencontrée avec une chenille de Micro-Lépidoptère, mais aussi, je l’avoue, dans des conditions qui semblaient incompatibles avec une larve carnassière et pratiquant des galeries là où ne paraissait habiter, ou avoir habité aucune autre larve, et je ne sais trop qu’en penser. Les moyens m’ont manqué pour étudier sérieusement et résoudre cette question que je signale à l’attention des observateurs. Quoi qu’il en soit, les faits que j’ai constatés pour d’autres larves du même groupe et des groupes voisins, ainsi que son organisation, me portent à penser qu’elle est carnassière ou coprophage.

Depuis la rédaction de cet article, j’ai eu connaissance de la description très-détaillée et très-irréprochable de la larve et de la nymphe de ce même insecte, donnée par MM. Mulsant et Valéry Mayet (15® Opuscule, p. 87). Au point de vue des mœurs, les auteurs se bornent à dire : « Celte larve, avant de se changer en nymphe, se creuse dans le végétal, théâtre de ses chasses, une retraite dans laquelle elle se transforme. » Cela suppose qu’ils l’ont trouvée dans une plante et qu’ils lui attribuent des goûts carnassiers.

Si les classificateurs n’avaient placé les Dasytides à côté des Malachides, les larves conseilleraient de le faire. Il serait difficile de trouver deux groupes qui, sous ce rapport, se ressemblent autant. La tête et tous ses organes, mandibules, mâchoires, palpes antérieurs, semblent dériver d’un même type; les segments thoraciques sont pourvus de taches; le corps est couvert d’une pubescence assez épaisse, entremêlée de longs poils; le dernier segment est conformé de même. Jusqu’ici, un caractère de physionomie semblait devoir établir une ligne de démarcation assez tranchée, c’était, pour les larves de Dasytes, une forme un peu elliptique par suite du renflement de l’abdomen, et les taches brunes des segments abdominaux; mais voilà que la larve du Psilothrix nobilis a une forme à peu près linéaire et l’abdomen immaculé ; j’en suis donc venu à ne trouver, jusqu’à nouvel ordre, d’autre signe distinctif entre ces deux sortes de larves que le nombre des ocelles, qui est de quatre dans celles des Malachides et de cinq dans celles des Dasytides.

DASYTIDES. - CLERIDES. TTLLUS 201

Leurs goûts doivent aussi être les mêmes et, à mon avis, elles sont les unes et les autres carnassières et coprophages, c’est-à-dire qu’elles mangent d’autres larves ou leurs déjections. Quant aux insectes parfaits, je n’oserais généraliser. Peut-être sont-ils phytophages, mais ce que je sais, c’est que plusieurs d’entre eux, du moins, sont anthérophages. A propos de l' Antho cornus lateralis {Soc. Ent. 1854, p. 598), j’ai affirmé, devisu, que le Maiachius æneus mange les anthères du seigle et le M. pulicarius celles d’autres graminées; je puis en dire autant pour le M. marginellus, le Dasytes cærulcus et le Psüothrix nobilis, et je ferqj remarquer en outre que c’est principalement en fauchant sur les herhes que l’on prend ces sortes d’insectes ; mais cette dernière considération n’a pas, je le confesse, une grande importance à mes yeux, depuis que j’ai vu un Telephorus fuscus, que l’on prend aussi sur les herbes, dévorer à belles dents, au sommet d’une graminée, un Cryptocephalus 6 pustulatus qu’il tenait entre ses pattes de devant, avetTune dextérité et une assurance prouvant qu’il est fort coutumier du fait. Il m’a paru depuis lors probable que certains Malachides et Dasytides sont des insectes chasseurs et carnassiers.

CLERIDES

Tlllus (Chryetomela) elongatus L.

Fig. 23S-240.

LARVE

Long., 12.13 millim., hexapode, subdéprimée, linéaire, avec la partie antérieure un peu atténuée, charnue et d’un blanc maculé de brun, presque glabre, avec quelques poils sur la tête et sur le dernier segment et un sur chaque côté des segments abdominaux ; terminée par deux crochets.

Tête libre, ovale, luisante, cornée, testacée avec le bord antérieur un peu plus foncé ; celui-ci largement et très-peu profondément échancré.

Èpistome peu distinct du front, trois fois aussi large que long, à côtés obliques ; labre en demi-ellipse très-surbaissée.

Mandibules larges à leur base, crochues à l’extrémité, longitudinalement carénées, ayant une protubérance vers le milieu de leur tranche interne.

Dessous de la tête revêtu, jusqu’au niveau de l’insertion des antennes, d’une plaque cornée parcourue au milieu par deux sillons longitudinaux

rapprochés, presque parallèles, krgemeiit échancrée en avant et que je considère comme formée par les supports des mâchoires et du menton intimement soudés. Cette plaque a un prolongement charnu, arrondi au bord antérieur et en avant duquel se trouve la partie charnue des mâchoires et du menton.

Mâchoires munies d’un lobe très court, hérissé de quelques petits poils, surmontées d’une palpe un peu arqué en dedans et de trois articles dont le premier plus long que chacun des deux autres.

Sommetdumeratonàpeu près carré, portant une lèvre très-courte, subéchancrée avec deux palpes labiaux de deux articles.

Ces organes, par suite de leur insertion très-avancée, font saillie en avant des mandibules.

Antennes de quatre articles, le premier assez épais et membraneux, le second un peu plus long que le précédent et un peu plus large à l’extrémité qu’à la base, le troisième un peu plus court, ayant deux ou trois poils à l’extrémité, le quatrième presv.îue aussi long que le second, terminé par un long poi) et accompagné d’un article supplémentaire très-court et subconique. Ces antennes sont en très-grande partie rétractiles.

Sur chaque joue, un peu en arrière de la base des antennes, un tout petit point noir non saillant et qui serait comme un rudiment â! ocelle.

Prothorax s’élargissant un peu d’avant en arrière, roussâtre et paraissant un peu corné en dessus, sur un espace triangulaire qui ne s’étend pas tout à fait jusqu’au bord antérieur.

Mésothorax marqué, près de ses angles antérieurs, d’un trait brun à peu près en fer à cheval; métathorax ayant de chaque côté une assez large bande longitudinale brune, et entre ces deux bandes, près du bord antérieur, deux ellipses brunes.

Abdomen de neuf segments dont les huit premiers un peu dilatables sur les côtés et sur leurs deux faces et ornés sur le dos de taches ou ombres brunes très-marquées et dont je donne le dessin; neuvième segment se rétrécissant en s’arrondissant d’avant en arrière, roux et subcorné sur un espace postérieur arrondi, largement subcanaliculé dans cette partie et terminé par deux crochets cornés, relevés en forme de griffe, ferrugineux avec l’extrémité noire. Tout le dessous du corps d’un blanc livide.

Stigmates pu nombre de neuf paires, disposées comme dans les larves précédentes.

Pattes de médiocre longueur, les quatre premiers articles à articulations

CLÉRinES . - TILLUS 203

un peu plus foncées et calleuses, hérissés de quelques longues soies et terminés par un ongle long et roussâtre.

J’ai trouvé cette larve dans les galeries de celles du Piüiniis pectinicornis dont il sera parlé plus bas et dont elle fait sa proie. Je l’ai rencontrée aussi dans les tiges mortes du lierre habitées par les larves du Pogonocherus dentaUis et de VAnoUum striatum, et comme j’ai plus d’une fois pris l’insecte parfait sur les vitres de mon cabinet, je me persuade qu’elle fait aussi la guerre aux larves rongeuses de nos planchers. Elle se transforme au milieu de la vermoulure dans laquelle elle se prépare une loge dont les parois sont ensuite revêtues d’un vernis incolore.

NYMPHE

Elle a des poils blanchâtres sur la tête, sur le thorax, aux genoux, sur le bord dorsal et sur les côtés des segments abdominaux, et elle est munie postérieurement de deux papilles blanches, charnues, glabres, très divergentes, à pointe un peu recourbée, roussâtre et subcornée.

Les larves du groupe des dérides sont assez bien connues. MM. Mulsant et Rey ont inséré, dans leur Histoire naturelle des Angustieolles, les descriptions que je leur ai envoyées des larves de Denops alhofasciatus et de Thanasimus mutillarius ; celles du T. formicarius, déjà publiées par Ratzeburg et Erichson et du T. 4 maculatus ont été comprises dans mon travail sur les insectes du Pin. J’ai fait aussi connaître dans les Annales de la Société Entomologique (1847, p. 32), les métamorphoses du Tillus unifasciatus, et (1854, p. 608), celles de VOpilus mollis dont s’était déjà occupé M. Waterhouse. Sturm a parlé de la larve de l’O. domesticus, et MM. Chapuis et Candèze ont indiqué dans leur catalogue les caractères distinctifs de ces deux dernières espèces. Swammerdam, Herbst et Sturm ont écrit sur la larve du Clerus apiarius ; Schæffer, Réaumur, Latreille et Westwood sur celle du C. alvearius qui figure aussi dans mes insectes pinicoles. J’ai décrit dans les Mémoires de la Société des sciences de Liège, 1855, la larve et la nymphe du Tarsostenus univiitatus, et l’on doit à M. Heeger (Isis, 1848, p. 974), la connaissance des premiers états du Corynetesrujicollis. Je pourrais citer aussi la larve exotique du Thaneroclsrus Buquetii publiée par M, Lefebvre {Société Entomologique, 1835, p. 577), et voici enfin celles de VOpilus pallidus et du Corynetes rufi,cornis.

Optlus (Clerus) palltdus Oliv,

Fig. 24L LARVE

Long. 11 millim., visiblement atténuée antérieurement, s’élargissant un peu jusque vers le milieu de l’abdomen pour se rétrécir ensuite jusqu’à l’extrémité.

Tête beaucoup plus étroite que le prothorax, déprimée, cornée, ferrugineuse, marquée d’un sillon médian et d’autres petites lignes ou rides.

Prothorax subcorné et ferrugineux sur un espace semi-discoïdal qui ne s’étend pas jusqu’aux bords antérieur et postérieur ; tous les autres segments, sauf le dernier, marbrés de blanchâtre et de brun, avec une ligne pâle médiane, visible principalement sur l’abdomen.

Dernier segment ferrugineux et corné sur la moitié postérieure, terminé par deux appendices cornés, divergents, droits, cylindriques, brusquement terminés par une pointe qui, la larve étant vue en dessus, paraît se diriger en dedans, mais qui en réalité se dresse presque verticalement.

Face ventrale pâle et livide, avec quelques marbrures rougeâtres trèspeu apparentes.

Corps velu, dernier segment surtout hérissé de longs poils très-touffus.

Cette larve, que j’ai trouvée dans un tronc d’orme très- vermoulu, qui m’a fourni plusieurs insectes parfaits, ainsi que dans une branche de chêne nourrissant des larves d’Exocentrus adspersus, ressemble extrêmement à celle de YOpüiis domesticus qui est souvent marbrée comme elle, mais qui est plus grande et a l’espace subcorné du prothorax plus étendu. La conformation des cornes du dernier segment paraît propre aux larves d’Opilus.

Corynetes ruficornis Sturm.

Fig. 242.

LARVE

Long. 8.-9. millim., hexapode, d’un joli blanc, avec la tête, des taches sur les segments thoraciques et l’extrémité du dernier segment roux ; fine-

CLÊRIDES. - CORYNETES 205

ment et longuement velue, atténuée et subdéprimée antérieurement, ventrue à la région abdominale ; terminée par deux appendices cornés et tronqués.

Tête beaucoup plus étroite que le corps, carrée, déprimée, ferrugineuse, lisse, cornée et luisante sur ses deux faces, marquée en dessus d’un fin sillon médian qui se prolonge jusqu’au vertex, et d’un autre plus court vis-à-vis chaque mandibule et d’une fossette à la base interne de chaque antenne.

Êpistome roussâtre, membraneux, soudé avec le front ; labre très-transversal, semi-elliptique, cilié.

Mandibules noires à base ferrugineuse, pas très-longues, arquées, pointues, s’élargissant très-sensibleraent du sommet à la base assez près de laquelle on voit une saillie constituant une dent molaire.

Dessous de la tête formé d’une plaque continue et cornée, largement échancrée antérieurement, produite parla soudure des pièces basilaires des mâchoires et du menton ; cette plaque marquée au milieu de deux fines lignes presque parallèles et à droite et à gauche d’une autre ligne qui n’atteint pas le bord antérieur.

Mâchoires hérissées en dehors de quelques poils, assez courtes, descendant à peine jusqu’au quart de la tête, leur lobe bien apparent et cilié de petites soies spinuliformes.

Palpes maxillaires un peu arqués en dedans, de trois articles dont les deux premiers munis en dehors d’un petit poil et plus courts chacun que le troisième.

Menton à peu près parallèle, lèvre inférieure cordiforme, sans languette visible.

Palpes labiaux de deux articles, le deuxième plus long.

Tous ces organes, d’un blanc roussâtre, font saillie en avant de la tête.

Antennes de quatre articles, le premier assez long, épais, presque cylindrique et membraneux, le second de la même longueur mais bien plus étroit et susceptible de rentrer presque en entier dans le précédent, le troisième un peu plus court, tronqué un peu obliquement, portant le quatrième article presque aussi long, mais beaucoup plus grêle que lui, surmonté d un assez long poil et de deux ou trois autres extrêmement petits et accompagné d’un article supplémentaire presque de moitié plus court, un petit peu conique, sans poil et inséré un peu en dessous.

Sur chaque joue, très-près de la base de l’antenne, une très-forte loupe et le microscope montrent un petit globule noirâtre qui ne peut être qu’un ocelle.

Prothorax un peu plus large et un peu plus long que la tête, arrondi sur les côtés, couvert en dessus d’utie plaque lestacée, subcornée, semidiscoïdale qui n’atteint ni le bord antérieur, ni les côtés, ni les angles postérieurs, et qui est traversée d’une ligne médiane longitudinale blanchâtre. En dessous, cè segment est au milieu teint de testacé.

Mésothorax et métathorax aussi longs que le prothorax, plus larges que lui, marqués chacun de deux taches roussâtres longitudinalement subelliptiques, d’un blanc uniforme en dessous.

Abdomen de neuf segments, les deux premiers un peu plus courts que le métathorax, les autres plus longs et s’élargissant jusqu’au sixième ; septième et huitième graduellement un peu plus étroits ; tous ces segments un peu arrondis sur les côtés, munis d’un bourrelet latéral et de quelques plis dorsaux et ventraux.

Dernier segment arrondi, subcorné et testacé sur près de sa moitié postérieure et terminé par deux appendices cornés, d’un brun ferrugineux, tronqués, sans le moindre vestige de crochet.

Mamelon anal en cône tronqué, montrant en dessous trois mamelons longitudinalement elliptiques .

Stigmates roussâtres et ponctiformes, au nombre de neuf paires, la première, plus inférieure que les autres, près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

D’assez longs poils fins et d’un blanc roussâtre sur la tête et sur tout le corps, principalement sur le dernier segment.

Pattes médiocres, un peu roussâtres, de cinq pièces y compris un ongle assez fort portant sur sa tranche supérieure une longue soie ; les autres pièces hérissées de quelques longs poils. Cuisses aussi longues que les tibias.

Cette larve a tous les caractères des larves des dérides ; il ne faut que regarder les organes de la tête pour être immédiatement fixé à cet égard. Sa couleur blanche porterait à la rapprocher des larves de Denops, de Tülus et de Tarsostenus, mais sa forme ventrue l’éloigne évidemment des larves linéaires de ces insectes et la place dans la catégorie des larves de Cleriis et d'Opilus ; elle en diffère par la couleur qui n’est ni rose, ni orange, ni marbrée et elle s’en détache aussi, surtout des dernières, par une villosité moindre. Il est à remarquer également qu’au lieu des deux ocelles problématiques du premier groupe de larves et des dix ocelles du second, elle a deux ocelles très-suffisamment visibles. Enfin elle se distingue de toutes les larves connues des autres genres par les appendices

CLÉRIDES. — GORYNETES 207

tronqués et absolument inermes du derpier segment, lesquels sont en forme de griffe dans toutes les autres larves, sauf celles à'Opilus qui les montrent tronqués lorsqu’on les regarde en dessus, mais qui les ont terminés par un petit crochet.

En 1873, la principale fenêtre de mon cabinet me donna lieu de constater l’éclosion domestique d’un assez grand nombre à'Anohium paniceum. Sachant combien les larves polyphages de ce détestable insecte sont nuisibles aux collections de plantes sèches, je me persuadai que mon volumineux herbier avait été leur proie, et plein d’inquiétude je visitai quelques-unes des familles les plus exposées à leurs attaques ; cette visite me rassura et bientôt après je ne pensais plus aux Anobium.

En 1874- et dès la fin d’avril, je vis apparaître quelques nouveaux Anobium et âwec eux quelques Corynetes ruficornis dont j’avais pris l’année précédente deux ou trois individus sur mes vitres. Cette fois, sérieusement intrigué, je voulus tâcher de découvrir l’origine de ces insectes, surtout celle du Corynetes dont je désirais beaucoup connaître la larve. J’explorai donc mon cabinet, et mon attention s’étant portée sur un vieux nid de frelons placé depuis quatre ans sur un buffet, je vis marcher dessus des Anobium paniceuni. Il ne m’en fallut pas d’avantage, la nature végétale du nid me disait assez qu’il avait été le berceau de ces insectes et me l’indiquait d’autant plus que ses enveloppes extérieures étaient percées de petits trous. Je ne doutai pas non plus que les Corynetes n’en fussent sortis. J’attaquai le nid et bientôt apparurent des larves, des nymphes à’ Anobium ainsi que des insectes parfaits. Ces larves ne rongent ni les enveloppes du nid ni les cloisons des cellules ; celles-ci d’ailleurs sont tapissées d’une toile de soie, œuvre des larves de Vespa crabro, on les rencontre au fond des cellules où se trouvent les dépouilles de la larve et de la nymphe et de plus un culot de déjections. C’est en effet de ces substances animalisées que se nourrissent les larves à' Anobium. C’est là principalement qu elles se transforment, dans une coque formée par l’agglutination des détritus au moyen d’une substance gommeuse. Les insectes parfaits sortent par le plafond des rayons. C’est là aussi que m’apparurent des Wves dont je ne pouvais méconnaître l’espèce, puisqu’elles présentaient, avec tous les caractères des larves de dérides, d’autres caractères qui leur étaient propres, et que je les trouvais en compagnie de Corynetes à l’état parfait. Ces larves paraissaient adultes, et en continuant mes explorations, j’en trouvai plusieurs enfermées dans une cellule revêtue intérieurement, comme celle de bien d’autres larves de dérides, d’un vernis

blanchâtre. Aucune d’elles n’était transformée en nymphe et les recherches auxquelles je me livrai en mai et juin pour connaître cette phase de leur évolution demeurèrent sans résultat.

Ce n’est guère dans les détritus du fond des cellules de V. crabro que se voyaient celles des larves de Corynetes ; il fallait les chercher dans les empâtements des piliers qui séparent et soutiennent les divers rayons.

Ainsi, le Corynetes nificornis est un insecte utile chargé de prévenir l’excessive multiplication de l'Anobium paniceum. Sa larve dévore incontestablement celles de ce dernier insecte, et il est probable aussi que si cette proie lui fait défaut, elle peut s’assimiler les matières animalisées déposées au fond des cellules. Lorsque le moment de la métamorphose est venu, elle s’aide de ses mandibules pour sortir du milieu où elle a vécu et se loger plus proprement et plus commodément dans l’empâtement d’un des piliers.

Corynetes ruficolSis F.

Fig. 243-244.

J’ai déjà dit que la description de la larve de cette espèce célèbre a été publiée par Heeger. Je ne connais pas la notice de ce savant, mais voici le résumé qu’en donnent MM. Mulsant et Rey dans leurs Anguslicolles, page 119 :

« La femelle dépose sur des matières graisseuses ou presque desséchées une trentaine d’œufs. Ceux-ci ont environ un tiers de ligne de long, moitié moins de largeur ; ils sont cylindriques, obtusément arrondis aux extrémités, blancs, peu transparents. Dix à quinze jours après leur dépôt, a lieu l’éclosion. Les jeunes larves, à leur sortie, commencent par dévorer leur coque et cherchent ensuite des parties molles de graisse, dont elles se nourrissent jusqu’à leur entier développement. Trois fois elles changent de peau, dans des intervalles de neuf à douze jours, en conservant leur même forme, et quinze jours après leur dernière mue, elles passent à l’état de nymphe ; douze ou quinze jours après, à l’état parfait. »

Je n’entends pas refaire l’œuvre de Heeger, je ne suis même pas en mesure de la contrôler, mais il ne sera pas sans intérêt de donner, sur l’insecte dont il s’agit, quelques détails probablement nouveaux.

En février 1875, M. Gallois, économe de l’asile des aliénés de Saint- Gemmes sur Loire, m’écrivait ce qui suit :

CtÉRIDÊS. — CORTNETES ^09

« Je puis prendre ici, chaque année,, des larves de Corynetes ruficollis dans un réduit où l’on dépose, pour les vendre deux fois par an, les os de la viande consommée à l’établissement. Le Corynetes est dans cet endroit excessivement abondant, et dans les mois de mai et juin, alors que nous avons en dépôt 2,500 à 3,000 kilogrammes d’os, l’insecte est là en quantités innombrables, acharné sur les os qu’il débarrasse rapidement des chairs et graisses qui les recouvrent encore. Je ne le trouve communément que depuis huit à dix ans, époque à laquelle on commença à mettre les os à couvert pour leur donner plus de valeur vénale. Précédemment, les os étant laissés à l’air libre, je ne prenais que fort rarement le C. ruficoMis, tandis que je capturais en grande quantité \eviolaceus et les Omosita discoidea et colon que j’ai maintenant de la peine à rencontrer.

« Dans ce dépôt d’os, je n’aijamaisprisle C. cæruleus que j’ai souvent capturé sous les écorces des environs d’Angers. Les mœurs de ces insectes me semblent fort différentes et plaident, suivant moi, pour la séparation en genres des deux sous-divisions au moins, séparation à laquelle J. Duval n’a pas voulu se résoudre dans son Généra, à défaut de renseignements sur les larves des diverses espèces de ce groupe. »

En même temps qu’il me faisait cette communication, M. Gallois m’offrit de m’envoyer ultérieurement des larves du Corynetes en question, et comme cette larve m’était inconnue, je m’empressai d’accepter son offre obligeante. J’eu attendais l’effet avec quelque impatience, lorsque, à la fin de juin, mon collègue m’écrivait ceci :

« Quant au C. rujicollis, voici ce qu’il en est : les os ont été vendus cette année au mois d’avril, deux mois plus tôt que d’habitude. Malheureusement, on ne s’est pas contenté de les enlever sans me prévenir, on a fait au réduit qui leur sert de magasin des réparations de maçonnerie et un nettoyage avec de l’eau phéniquée, si bien que l’on a détruit presque complètement l’insecte. A cette époque de l’année, on pouvait l’y rencontrer par milliers ; aujourd’hui, j’aurais beaucoup de peine à en prendre une dizaine, et la larve que j’ai recherchée tout le mois dernier y fait entièrement défaut.

« J’ai remarqué un fait assez singulier : alors que le C. ruficollis était là en quantité, la mouche de la viande y était excessivement rare, et les vers qu’elle déposait sur les os m’ont semblé ne pas réussir, dévorés qu’ils étaient, sans doute, par la larve du Corynetes. Cette année, la mouche y est très commune, et, de tous côtés, on Voit des massés de vers acharnés sur les os et opérer le travail auquel se livraient d’habitude les Cory-‘

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netes. Cet insecte me paraît être exclusivement carnassier (dévorant d’autres larves) à l’état de larve, et saprophage (se nourrissant de matières animales décomposées) à l’état parfait. »

M. Gallois me renvoyant, pour les larves, à l’année suivante, je m’étais résigné, mais le 13 septembre, il m’écrivit pour me dire que les Corynetes avaient reparu et pour m’annoncer l’envoi de petits blocs d’un sable blanc extrêmement fin et assez compacte, agglutiné, selon son expression, par les viscosités animales, et dans lequel il avait observé quelques larves de cet insecte avec beaucoup de larves et depupes de diptères. La lettre me parvint à la campagne, mais l’envoi de M. Gallois devant s’arrêter à Mont-de-Marsan, je chargeai Gobert de le retirer en lui adressant des instructions sur, les précautions à prendre, les soins à donner. Jusqu’à mon retour, vers la mi-octobre, il dut se borner à assister à l’éclosion d’un certain nombre de Liicilia Cæsar, sans aucun autre diptère des genres Calliphora ou Sarcophaga. Mes explorations commencèrent alors ; elles furent trèsminutieuses, et cependant je ne parvins à trouver, avec quelques rares larves et de nombreuses pupes de diptères et plusieurs Corynetes à l’état parfait, que deux larves de ce Coléoptère, sans une seule nymphe. Dans le cours de mes recherches, je remarquai maintes fois des pupes dont une des extrémités 'Semblait couverte de moisissure; mais en regardant de plus près, je vis que cette prétendue moisissure avait l’aspect d’une toile ou d’une gomme blanche fermant l’ouverture provoquée par la sortie du diptère. J’ouvris alors la pupe sur laquelle je faisais cette observation, et je trouvai dans l’intérieur une larve de Corynetes. Naturellement ce fut pour moi un trait de lumière; je me mis dès lors à rechercher les pupes qui présentaient le caractère dont je viens de parler, caractère assez facile à distinguer à cause de la couleur blanche de la gomme, j’en trouvai un assez grand nombre et chacune d’elles contenait une larve, ou une nymphe, ou un insecte déjà transformé.

Il était donc évident pour moi que la larve du Corynetes plonge dans le sable à la recherche de la pupe d’un diptère, en suivant le boyau creusé par la larve et déblayé, au moins en partie, par la sortie de l’insecte parfait, et qu’elle se transforme dans cette pupe ; mais est-ce après avoir dévoré la nymphe? Cette question devait se présenter à mon esprit, et mes observations me conduisaient à la résoudre parla négative. On sait qu’un diptère à pupe, lorsqu’il a accompli sa dernière métamorphose, prend son essor en provoquant, à l’aide d’une ampoule dilatable dont sa tête est pourvue, le soulèvement ou la déhiscence de l’extrémité antérieure de l’enveloppe pu-

CLF^RIDES. - CORTNETES 211

pale. Lorsqu’il est sorti, la pupe reste, à cette extrémité, ou béante comme une coquille bivalve, ou à demi ouverte par suite de la chute d’une des valves, ou privée de la calotte entière. Dans les pupes que je recueillais, la substance blanche remplissait l’intervalle des deux valves, ou formait un demi- opercule, ou constituait un opercule complet, d’où il me fallait conclure que la larve de Corynetes, disposée à devenir nymphe, s’introduisait dans une pupe vide et bouchait ensuite l’ouverture, quelle qu’elle fût, avec la substance gommeuse que les larves de cette famille font suinter par l’anus, qu’elles recueillent avec leurs mandibules et dont, à l’aide de ces organes ainsi que du labre et des palpes, elles tapissent leur dernière demeure. La larve repoussait préalablement au dehors la dépouille de la nymphe dont on voyait le plus souvent des débris agglutinés par la gomme ou semblables à des pellicules scarieuses.

Cependant, à force de chercher, je trouvai des pupes entièrement intactes, sauf un trou rond voilé par la gomme qui formait comme un gros point blanc. Ces pupes contenaient aussi une larve ou une nymphe du Coléoptère, et dès lors il devenait certain que la larve attaque parfois la pupe même, qu’elle s’introduit dans son intérieur, en dévore le contenu et s’y installe définitivement.

Ce fait, les observations de M. Gallois relatées plus haut et des raisons d’analogie me donnent la conviction que la larve du Corynetes se nourrit non de chairs ou tissus graisseux en décomposition, comme le fait, à n’en pas douter, l’insecte parfait, mais de proies vivantes qui ne sauraient jamais lui manquer dans un milieu où tant de diptères et d’autres insectes viennent pondre. Dans tous les cas, le choix des pupes vides, comme dernier asile, me semble digne d’intérêt et révéler une certaine intelligence.

J’ignore en quels termes Heeger a décrit la larve; j’en donnerai une idée suffisante en disant qu’elle ressemble entièrement pour la forme et dans presque tous ses détails à celle du C. ru^cornis, mais qu’elle en diffère néanmoins assez pour qu’il soit impossible de la confondre avec elle.

La tête et le prothorax sont identiques et de même couleur, avec cette particularité qu’au lieu d’un seul ocelle sur le haut de chaque joue, il y en a deux bien visibles, saillants, noirs, placés un peu obhquement l’un derrière l’autre, l’antérieur sensiblement plus grand.

Le mésothorax et le métathorax, au lieu d’avoir chacun deux taches roussâtres, présentent des marbrures brunes ou d’un brun rougeâtre, très-pâles sur le mésothorax.

Les huit premiers segments de l’abdomen sont en dessus couverts, sauf les bords antérieur et postérieur, de marbrures semblables et bien tranchées. Le dernier segment est comme celui de la larve du C. ruficornis, avec cette seule différence que les deux appendices cornés, au lieu d’être tronqués, se relèvent assez brusquement à l’extrémité en forme de crochet.

Le dessous du corps est entièrement blanc avec les pattes roussâtres.

Les marbrures de la ace dorsale donnent à cette larve une grande ressemblance avec celle du Tillus elongatus, mais les dessins des deux derniers segments thoraciques sont différents, la forme générale est un peu plus ventrue, les crochets postérieurs ne sont presque pas divergents et enfin elle a quatre ocelles bien marqués, au lieu de deux presque problématiques.

Quant à la nymphe, on peut en donner le signalement suivant : des poils roussâtres sur le front et le vertex, sur le dos des segments thoraciques, sur les genoux et en série transversale sur la face dorsale des segments abdominaux ; dernier segment un peu velu et terminé par deux appendices subulés, arqués et convergents dont l’extrémité roussâtre est un peu cornée.

Les caractères différentiels que présentent les deux larves de Corynetes dont je viens de parler ont pour pendant des différences entre les insectes parfaits, différences résidant dans les antennes et les palpes. Elles avaient donné à J. Duval l’idée de diviser les Corynetes en deux genres, l’un, Corynetops, coniemni cæruleus, ru^cornis, pusillus et geniculatus, l’autre, Corynetes, comprenant violaceus et ruficoUis, ainsi que rufipes, bicolor et defunctorum dans lesquels il trouvait quelques anomalies, et dont MM. Mulsant et Rey ont fait le genre Agonolia; mais il est demeuré indécis à cause de l’embarras que lui causaient ces deux dernières espèces et parce qu’il craignait qu’il n’y eût pas dans les mœurs et dans la configuration des larves de quoi justifier les deux coupes génériques. Ses scrupules cesseraient sans doute aujourd’hui, et quant à moi je trouve, à ne considérer que les larves, que bien des genres sont moins rationnels que celui de Corynetops auquel je me rallie. 11 est probable que des considérations de même nature recommanderaient le genre Agonolia, du moins pour les deux dernières espèces précitées. Si l’on tient compte des mœurs, on trouve aussi des motifs de séparation. Ainsi (genre Corynetops) le cœruleiis se trouve sous les écorces et sur les arbres morts et caverneux où

ClÉRIDES. — CORYNETES 213

sa larve recherche sans doute d’autres larves xylophages, peut-être à'Anobiim, et l’on a vu quelles sont les habitudes du ruficornis, sans compter que je l’ai recueilli aussi sous l’écorce d’un orme dans une partie trèsattaquée par des larves de Rhyncolus reflexus et que plusieurs sont nés chez moi dans une pièce où j’avais déposé des bois morts de diverses sortes. On sait par ce qui précède quelle est la manière de vivre du rufi~ collis (genre CorynetesJ, sans qu’ü y ait lieu de s’arrêter au fait cité par M. Westwood d’insectes de cette espèce trouvés en quantité, avec des Dermestes vulpinus, dans un chargement de liège, cette observation étant évidemment incomplète. D’après le même auteur, le violaceus a été recueilli dans des momies et je l’ai observé moi-même dans le cadavre desséché d’un hérisson. Quant aiarufipes (genre AgonoliaJ, MM. Mulsant etRey pensent qu’il a été probablement importé avec des peaux d’animaux, ce qui serait à vérifier, et je sais que le bicolor et le defunctorum, qu’il faudrait peut-être séparer du rufipes, sont communs à l’Escurial (Espagne) dans les crottins de moutons où sans doute leurs larves vivent de larves coprophages.

Je ne reviendrai pas sur les observations et les éclaircissements que j’ai présentés, concernant les larves de cette famille, dans les Annales delà Société Entomologique, 1854, page 613 ; mais je veuxrappelerpourtant qu’elles ont des affinités manifestes avec celles des Telephorus, des Malachius et des Dasytes. La forme de la tête et de ses divers organes et la soudure des supports des mâchoires et du menton suffisent à les faire reconnaître. Ce dernier caractère les rapprocherait des larves des Élatérides, mais cellesci ont le corps écailleux et non charnu, les palpes maxillaires de quatre articles et le lobe des mâchoires biarticulé. Les larves de Telephorus se distinguent par la plaque du dessous de la tête moins étendue, par leur corps velouté et par l’absence de tout appendice au dernier segment. Celles que je connais ont sur chaque joue un seul ocelle, mais gros et bien convexe. Dans les larves de Malachides et de Dasytides, on trouve sur les segments thoraciques des taches qui rappellent un peu les callosités des larves des dérides dont elles se rapprochent aussi par les crochets du dernier segment ; mais le dessous de la tête n’est pas précisément revêtu d’une plaque, les mâchoires et le menton, quoique soudés, sont bien dessinés et, sinon subcornés, du moins très-coriaces. J'ai déjà dit que ces larves, très-faciles à confondre, se distinguent par le nombre des ocelles, qui est de quatre de chaque côté dans celles des Malachides, de cinq dans celles des Dasytides. Assez souvent néanmoins les larves de

2t4 LARVES DE COLÉOPTÈRES

Dasytes sont un peu plus ventrues et ont sur l’abdomen des taches qu i

manquent aux autres.

Quant aux larves de dérides comparées entre elles, on a pu voir qu’elles ne sont pas toutes comme jetées au même moule. Les unes sont roses ou rouges, un peu ventrues, médiocrement velues et douées de dix ocelles, comme celles des Thanasimus et des Clerus; d’autres sont d’un gris ou d’un violâtre livide et très-velues, comme celles des Opilus, qui ont aussi dix ocelles ; d’autres sont linéaires, blanches ou marbrées, presque glabres, comme celles des Tillus, du Denops, du Tarsostemis, et celles-ci n’ont que les vestiges de deux ocelles problématiques ; mais toutes se caractérisent par la saillie des palpes, résultant des dimensions de la plaque hypocéphalique, qui est complète, lisse, cornée souvent, avec les simples indications des soudures médianes, la ligne extérieure des mâchoires ne se manifestant par un sillon plus ou moins apparent que dans les larves de Thanasimus, à'Opilus, de Clerus et de Corynetes.

Les larves des Malachides, des Dasytides et des Clérides ont été pourvues de mandibules robustes, simples ou bifides à l’extrémité, et qui semblent plutôt faites pour broyer des corps durs que pour déchirer des proies charnues. La plupart de ces larves sont obligées de chercher dans des milieux plus ou moins résistants les autres larves dont elles se nourrissent, d’opérer des déblais pour les atteindre, et même, après avoir épuisé une galerie, de passer dans une autre à travers des couches ligneuses ; il leur fallait alors des instruments appropriés à ces sortes de travaux, et il n’y a rien d’excessif dans ceux que la nature leur a donnés.

En ce qui concerne les larves des Corynétiens, elles ont des raisons pour être organisées de même, car presque toutes et probablement même toutes ont à faire la même chasse aux larves.

Les nymphes de ces diverses familles ont un caractère qui en permettrait le diagnostic ; il réside dans les papilles du dernier segment. Elles sont coniques, très-courtes et parallèles dans les nymphes de Telephorus qui de plus sont glabres, tandis que toutes les autres sont velues ; longues, sinueuses et un peu convergentes à l’extrémité dans celles des Malachius; beaucoup moins longues et un peu crochues en dehors dans celles des Dasytes et des Psilothrix, mais d’abord cylindriques, puis brusquement subulées dans les premières et régulièrement coniques dans les secondes; assez courtes, sinueuses et très- divergent es dans celles des Clériens ; assez longues, subulées, arquées en dedans, c’est-à-dire convergentes dans celles des Corynétiens.

CLÉRIDES. - CORYNETES ‘215

Les dérides à l’état parfait sont probablement carnassiers comme l’étaient leurs larves, certains, tels que les Trichodes, fréquentent les fleurs et se rencontrent habituellement sur les Ombellifères et les Corymbifêres, et il est possible qu’ils aiment à s’abreuver du nectar qu’elles distillent ; mais ce qui est bien certain, c’est que les Trichodes alvearius et apiariiis dévorent, ainsi que j’en ai été plusieurs fois le témoin, d’autres insectes réellement floricoles, des Ædemera, des Cteniopus et même des fourmis. Quant aux espèces qui ne recherchent pas les fleurs, on est encore plus porté à les considérer comme carnassières, et j’ai surpris le Clerus mutillarius en flagrant délit d’entomophagie.

Je ne veux pas terminer cet article sans dire un mot de la larve d’un insecte, la Zygia oUonga, qui a été longtemps réunie aux Dasytides et qui fait partie aujourd’hui d’une petite famille, celle des Mélyrides, intermédiaire aux Dasytides et aux dérides ; cette larve trouve naturellement ici sa place. Elle a été publiée par M. Pellet, de Perpignan, dans les Mémoires de la Société agricole et scientifique des Pyrénées Orientales, 1868, page 103. Dans l’intérêt de la science et pour donner plus de publicité. à une description qui mérite d’être connue, je crois devoir la reproduire ici.

« Longueur 13 à 17 millim. ; largeur 3 à 6 millim. au milieu, où se trouve sa plus grande largeur. Assez convexe en dessus, légèrement aplatie en dessous, couverte de longs poils fauves en dessus, plus courts et plus espacés en dessous. Ces poils se réunissent en bouquets aux stigmates, comme chez les larves des Ptines. La couleur générale est orange brillant, qui rappelle absolument la couleur du corselet et de l’abdomen de l’insecte parfait avant la mort.

« Tète plus foncée que le corps, noirâtre de la hauteur des yeux aux mandibules', cornée, plate ; la plus grande largeur est au dessus des yeux vers les mandibules ; elle va en diminuant et en ligne droite jusqu’au prothorax, auquel elle aboutit par une ligne courbe; elle forme en avant un angle obtus dont le sommet est à l’épistome ; cet angle est légèrement arrondi sur les côtés ; une impression en forme de fer à cheval sur le front, recouverte de longs poils fauves, espacés. Épistome jaunâtre. Mandibules noires, fortes, légèrement orange à leur base et noires à leur extrémité ; en forme de serpette, avec une dent au tiers de leur longueur, à partir de la base. Antennes courtes, rétractiles, de quatre articles : le premier trèsgros, conique, presque blanc et transparent jusqu’aux trois quarts de sa longueur, fauve à l’extrémité, deux fois plus gros et plus long que le se-

cond. Le second et le troisième presque égaux, fauves excepté leur attache, qui est blanche et transparente. Le quatrième est deux fois plus petit que le troisième ; il est formé d’une substance cornée qui se termine en pointe aigue et noirâtre.

« Prothorax beaucoup plus large que la tête, s’élargissant jusqu’à sa jonction avec lé mésothorax, ce qui lui donne la forme d’un cône tronqué. Lorsque la larve est en marche, le centre du prothorax s’allonge vers la tête; il est d’un tiers plus long que le mésothorax.

« Mésothovax et métathorax de même forme que le prothorax, et allant en s’élargissant jusqu’au premier segment de l’abdomen,

a Pattes de quatre articles, terminées par un crochet très-aigu et noir, d’un jaune clair, transparent, excepté aux attaches.

« Abdomen composé de neuf anneaux. Le premier est plus court que les autres ; il porte en dessus, de chaque côté, un point noir au-dessus des stigmates. Les anneaux cinq et six ont en dessus une petite ligne noire perpendiculaire. Le huitième porte deux petits points noirs placés comme ceux du n® 1 ; il se termine brusquement pour recevoir le neuvième anneau, qui est corné, concave dans son milieu en dessus et fortement bombé en dessous ; il est plus foncé que les autres à sa naissance et finit par deux cornes noires, très-aiguës, relevées en demi-cercle et ayant chacune une petite corne droite placée sur le milieu du bord extérieur.

« Les stigmates sont au nombre de neuf paires. Ils sont placés sur le bord postérieur du mésothorax et sur le bord des huit premiers anneaux de l’abdomen. »

M. Pellet a trouvé quatre fois cette larve sur le toit d’une maison, dans le voisinage de nids de guêpes ; il a constaté qu’elle vit dans ces nids dont elle dévore sans doute les larves, et il faut croire qu’elle sort du nid ou pour aller à la recherche de nouvelles proies, ou pour se préparer à une mue, ou pour se transformer en nymphe. Je l’ai rencontrée moi-même, en juin 1854, sur le mur d’une maison de Madrid, mais c’est la description de M. Pellet et surtout l’individu qu’il a eu l’obligeance de m’envoyer qui me l’ont fait reconnaître.

La larve de la Zygia se rapproche évidemment de celles dont je viens de parler. Je retrouve sur le sujet recueilli à Madrid, et qui paraît bien adulte, les callosités des segments thoraciques, et sa villosité rappelle un peu celle des larves dîOpilus / mais cette villosité dorée est beaucoup plus longue, beaucoup plus touffue, et elle constitue à elle seule un caractère remar-

SYNOXYLIDES. — APATB. SYNOXYLON. — XYLOPEaTHA 217 quable. Un autre caractère très-tranché, c’est l’apophyse dentifprnto qui existe sur le milieu extérieur des crochets du dernier segment.

Ce qui justifie à mes yeux la formation de la famille spéciale des Mélyrides, voisine, à coup sûr, de celle des Dasytides, c’est que le menton et les mâchoires sont à peine soudés et qu’ils sont conformés comme s’ils ne l’étaient pas. Le lobe des mâchoires est pour moi invisible, et les palpes, constitués, du reste, comme dans les larves précédentes, sont visiblement moins saillants. Â ces détails, que ne contient pas la description de M. Pellet, j’ajoute que, sur chaque joue et toujours près de la base de l’antenne, se trouve un groupe de cinq ocelles, trois antérieurs en ligne un peu oblique, et deux contigus vis-à-vis celui des précédents qui est le plus supérieur.

D’après M. Pellet, le quatrième article des antennes serait deux fois plus petit que le troisième et formé d’une substance cornée, qui se termine en pointe très-aiguë et noirâtre ; j’ai beau regarder, même au microscope, je vois cet article un peu plus foncé que les autres, conformé comme dans les larves qui précédent, c’est-à-dire grêle, cylindrique et terminé par un poil. Je vois de plus, en observant de côté, l’article supplémentaire qui me paraît extrêmement petit.

SYNOXYLIDES

Apate varia III.

SYiioxjlun (Bostrictauii) sexdentatam Oliv.

Xylopertha (A.pate) sinnata F.

Fig. 24S-246.

LARVES

J’ai déjà publié les métamorphoses de ces trois espèces, ainsi que celles de VA. capucina dans les Annales de la Société Entomologique 1850, page 555 ; je n’ai pas l’intention d’y revenir et je ne les mentionne ici que parce que leurs larves vivent dans le Châtaignier. J’en parle aussi parce que j’ai deux rectifications importantes à faire.

J’ai dit dans ma notice précitée que les larves des Apate ont des palpes

labiaux de trois articles, et c’est ainsi que les a vus aussi M. Lucas pour la larve de Y A. Francisca. Cette anomalie d’un égal nombre d’articles aux palpes labiaux et maxillaires devait appeler mon attention, etje me suis livré à un examen très-sérieux de la question ; oi‘, il en est résulté pour moi la conviction que les palpes ne sont formés que de deux articles. Ce que J’avais pris pour le premier article n’est autre chose qu’un renflement de la lèvre inférieure, laquelle se prolonge ensuite en une languette arrondie ; ce renflement, en effet, est soudé avec elle, il est ruguleux comme elle et velu latéralement.

J’ai dit aussi que la première paire de stigmates se trouve sur le milieu latéral du premier segment, ou prothorax. L’existence de stigmates au prothorax est chose assez rare et qu’on ne voit guère que dans les larves de Lamellicornes, et encore, dans ces dernières, sont-ils placés non au milieu de ce segment, mais tout près de son bord postérieur ; il valait donc la peine de vérifier mon assertion. C’est ce que j’ai fait, avec une minutieuse attention, sur les larves de plusieurs espèces d’Âpate, et J’ai constaté, de la manière la plus certaine, que la première paire de stigmates est située réellement sur le prothorax, mais très-près du bord postérieur, dans une dépression latérale, vers le sommet d’un angle formé par le bourrelet inférieur de ce segment et par le pli profond qui le sépare du mésothorax. J’cn donne le dessin.

J’ai négligé de mentionner dans ma première description que le dernier segment est marqué en dessous d’une fente longitudinale au milieu de laquelle est l’anus.

NYMPHES

En ce qui concerne la nymphe. J’ai omis de dire que les segments de l’abdomen ont sur le dos une crête transversale dont le sommet porte un rang de petites spinules ferrugineuses et cornées très-peu visibles sur les premiers segments, et d’autant plus apparentes qu’on s'approche plus de l’extrémité.

Les descriptions auxquelles Je me réfère^ ainsi que les rectifications qui précèdent, s’appliquent également aux larves dcYApate hictuosa Oliv., et de VA. bimacitlata Oliv.

Les larves connues des Apalides sont, indépendamment de celles qui forment le titre de cet article, les suivantes :

Apate capucina L., Ratzeburg, Die Forstins. t. I, p. 231 etPERRis, Soc.

SYWOXYLIDES. ~ APÀTE, — SYNOXYLON. - XYLOPERTHA 219

Ent. 1850, p. 555. — A. FranciscaF., Lucas, Explor. de l’Alg. 2° partie, p. 462 ;

Synoxylon muricatim F., A. bispinosa Kollar, Mém. de l’Acad. impér. devienne, 1850;

Dinoderus sicbstriatus Payk., Fuss, Abhandl. Siebenb. ver 1856, p. 35, et Pbrris, Soc. Ent. 1862, p. 211;

Psoa Viennensis IIerbst, Henschel, Bericht über d. muséum Francisco Carol. Linz. 1861.

Je pourrais donner le signalement des larves de deux autres espèces : Le Xylopertha pustulata F. ; le X. pmusta Germ.

Mais elles ressemblent tellement à celles du X. sinnata, que toute description devient inutile.

Les larves des Apatides ont d’incontestables rapports avec celles des Anobiides, elles sont comme elles arquées, avec des pattes courtes et velues, avec la fente anale des larves d’Anobiim; mais elles se distinguent par des caractères bien tranchés : elles sont moins velues, leurs antennes sont longues et bien saillantes, leurs mâchoires ont le lobe plus large, leurs mandibules sont dépourvues de dents, dilatées en dehors, concaves en dedans, arrondies au sommet; elles n’ont pas d’ocelles; leur corps est dépourvu de spinules et sa partie antérieure est sensiblement plus renflée; enfin la première paire de stigmates est plus franchement située sur le prothorax.

Les mêmes caractères les séparent des larves des Ptinides, dont elles s’éloignent en outre par la direction longitudinale du ph anal.

Ces larves sont essentiellement lignivores, mais toutes ne sont pas exclusives dans le choix de leur nourriture. Ainsi, celle de l’A. Francisca vit dans le Cylisas spinosus et dans les branches du Mûrier; celle de 1’^. capucina dans les racines mortes des Chênes et probablement d’autres arbres ; celle de VA. luctuosa dans le Chêne vert et dans le Myrthe ; celle de VA. varia dans le Châtaignier et le Hêtre; celle de l’i. bimaculata dans leTamarix; celle de 1’. 4. xyloperthoides dans un Bambou; celle du Di~ noderus substriatus dans le Pin ; celle du Synoxylon 6 dentatum dans la Vigne, le Robinier, le Figuier, le Mûrier, l’Orme, l’Olivier, la Clématite, le Rosier, le Chêne, le Lierre, le Châtaignier, le Pêcher; celle du Synoxylon muricatum dans la Vigne et l’Olivier ; celle du Xylopertha sinnata dans la Vigne, dans les branches de Chêne et de Châtaignier; celle du A'. pustulata dans la VigneetleLentisque; celle du X præusta dans le Chêne

220 14RVES DE COLÉOPTÈRES

vert; celle du RhiMpeMha pu&üla a été trouvée dans les racines d’une plante exotique, le Smilax Borbonica, et l’insecte parfait a été recueilli en grand nombre dans du blé venu du Portugal. Ces larves lignivores se développent dans l’intérieur du bois, sauf pourtant celle du Dinoderus qui vit sous l’écorce du Pin, en compagnie de celle de l’Ernobius consimüis.

Plusieurs de ces larves, et toutes probablement, ont des parasites de la classe des Hyménoptères, mais quelques-unes du moins ont pour ennemis des Coléoptères; ainsi, celles de l’d. xyloperthoides sont attaquées, suivant l’observation de M, Leprieur, par celles du Teretrius parasita; celles du Synoxylon 6 dèntatum, du Xylopertha sinuata, du Dinoderus substriatus sont décimées par celles des Opilus mollis et domesticus, et en outre les premières par celles du Tillus unifasciatus et du Teretrius Kraatzi et les secondes par celles du même Tillus, du Denops albofasciatus et du Malachius pulicarius.

LYCTIDES

liyctws canaliculatus F.

Fig. 247-250.

LARVE

Cette larve a la plus grande ressemblance avec celles des Âpate. J’en donnerai néanmoins la description, en faisant ressortir les caractères qui les distinguent.

Long. 6 millim., hexapode, blanche, charnue, courbée en hameçon, plus épaisse en avant qu’en arrière, très-convexe en dessus, plane en dessous, peu et très-finement velue.

Tète petite, en grande partie enchâssée dans le prothorax, d’un blanc à peine roussâtre, avec les parties antérieures plus foncées.

Épistome assez grand, transverse, trapézoïdal, très-densément frangé de petits poils dorés, glabre, lisse, luisant et un peu bombé au centre.

Mandibules courtes, assez fortes, arrondies et tranchantes à l’extrémité, concaves en dedans.

Mâchoires assez larges, un peu coudées, descendant jusqu’à la base de la tête; leur lobe cylindro-conique au lieu d’être large et arrondi, est armé au sommet et en dedans de petites soies spinuliformes.

ITCTIDES. — LYCTtJS 221

Palpes maxillaires de trois articles dont le premier plus long que le second et sensiblement plus épais, et muni extérieurement de plusieurs poils.

Menton grand, se rétrécissant de la base au sommet.

Lèvre infénenre dépourvue de ces deux renflements qui simulent, dans les larves dUApate, des articles basilaires des palpes labiaux et ne se prolongeant pas en museau arrondi, mais unie, subcordiforme et à peine anguleuse au milieu du bord antérieur.

Palpes labiaux de deux articles égaux.

Antennes assez longues, saillantes^ très-peu rétractiles, de quatre articles, le premier assez gros, le second plus étroit et à peine plus court que le précédent, ayant deux poils à l’extrémité, le troisième muni d’un poil au sommet et égal au second, au lieu d’être, comme dans les larves i'Apate, aussi long que les deux premiers réunis, le quatrième plus grêle, un peu plus court et incliné en dehors. Pas d’article supplémentaire visible.

Ocelles nuis.

Prothorax beaucoup plus large que la tête, presque aussi grand que les deux autres segments thoraciques réunis, non marqué en dessus d’un sillon large et d’un blanc mat, mais roussâtre et presque subcorné sur un espace en triangle isoscèle dont le plus petit angle atteint le bord postérieur, avec quelques rides transversales près du sommet de cet angle.

Mésothorax et métathorax égaux, mais ce dernier marqué sur le dos d’un léger pli transversal et, sur chaque côté, d’un pli plus profond dessinant un bourrelet.

Abdomen de neuf segments dont les derniers plus étroits que les autres, les cinq premiers ayant sur le dos un pli transversal et tous, sauf les deux derniers, un bourrelet bien visible de chaque côté. Dernier segment peu développé, peu arrondi postérieurement ; fente anale ayant la forme d’un x.

Corps lisse, dépourvu, même au microscope, de toute spinule ou aspérité, mais parsemé de poils courts très-fins et d’un blond pâle, plus nombreux sur le dernier segment et presque en touffes sur les bourrelets latéraux.

Stigmates au nombré de neuf paires, la première placée un 'peu plus bas que les autres, près du bord postérieur du prothorax, les sept paires suivantes vers le tiers antérieur des sept premiers segments abdominaux • la dernière paire s’ouvrant assez près de la base du huitième segment â pénirème roussâtre comme les précédents, mais quatre fois plus grande

et beaucoup plus béante. C’est la seule larve que je connaisse avec la dernière paire de stigmates si disproportionnée des autres, et ce caractère seul distinguerait entre toutes la larve du Lyctus.

Pattes de cinq pièces, ongle compris. Hanche, trochanter et cuisse chargés en dessous de longs poils mous et blonds et de quelques-uns en dessus; tibia hérissé de poils semblables dirigés en avant, au milieu desquels on aperçoit un ongle assez grêle et peu arqué.

La larve du Lyctus canaliculatus vit, quelquefois en sociétés très-nombreuses, dans l’aubier des bois travaillés ou refendus du Chêne, du Châtaignier, du Noyer, du Cerisier, du Triacanthos, du Robinier et probablement d’autres arbres. Cet insecte est nuisible comme les Anobium pertmax et striatum et on le trouve souvent dans les maisons où il se développe plus volontiers dans le bois de chauffage que dans les charpentes, les planchers et les meubles, car il donne la préférence aux bois assez récemment morts. J’ai pourtant observé sa larve dans des piquets équarris et mis en place depuis cinq ans. La femelle paraît ne pas aimer à pondre sur ou sous les écorces, il lui faut le bois nu et c’est uniquement dans l’aubier que la larve se développe. Celle-ci creuse, à une profondeur qui ne dépasse guère un centimètre, une galerie longitudinale qu’elle laisse derrière elle encombrée de détritus et de déjections très-serrés. Ces galeries sont quelquefois si nombreuses qu’elles se touchent presque et même s’enchevêtrent.

Aux approches de la métamorphose, c’est-à-dire chez nous vers la fin de mars, la larve dirige sa galerie vers la surface, y pratique même souvent une ouverture par laquelle elle expulse une partie des déblais, ce qui trahit sa présence, puis se retire un peu en arrière et procède à sa seconde évolution après une existence de dix mois environ.

NYMPHE

Elle est glabre et, comme celle des Apate, elle a sur la face dorsale des segments abdominaux une crête transversale, mais cette crête porte non de petites spinules ferrugineuses et cornées, mais quelques soies trèsfines et très-courtes. L’extrémité du corps, tomenteuse dans les nymphes à' Apate, est ici absolument glabre.

Dans nos contrées, partout où se trouve la larve du Lyctus. on voit apparaître son ennemi le Tarsostenus univittatus.

La forme et les caractères de l’insecte dont il s’agit dans cet article ont

CrSIDES.

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