CIS
rendu son classement assez difficile. Gyllenhal l’avait placé entre les Süva7ius allés Ditoma; Dejean e^lve les Xylolcemus et les Teredus; Gaubil entre les Diphyllus elles Telmatophihis ; Redtenbacher l’a fait entrer dans les Cryptophagides, Lacordaire dans les Cisides ; Erichson l’avait déjà placé dans les Apatides, et J. Duval en a fait le type d’une famille spéciale, celle des Lyctides, dans laquelle il a compris le genre Hendecatomus, et qui se trouve, dans son Généra, entre les Apatides elles Cisides. Je m’explique le parti qu’a cru devoir prendre ce dernier auteur, et je n’y trouve rien à redire du moment que les Apatides et les Lyctides sont contigus. Après ce que je viens de dire de la larve, je n’hésite pas à déclarer que l’opinion d’Erichson et de Duval est une. preuve, parmi tant d’autres, de la haute sagacité de ces savants enlevés malheureusement trop tôt à la science et que le Lyctus canaliculatus appartient aux Apatides, ou mieux encore peut-être à un groupe immédiatement adjacent.
La larve du L. pultescens a été trouvée par Heeger dans du bois de chêne et publiée par lui (Silzber. Wien., Acad. Wiss. 1853, p. 938). Je ne connais pas sa notice, mais M. Laboulbène m’a envoyé le calque des figures et elles me suggèrent plus d’une observation. Les antennes sont de deux articles au lieu de quatre et les palpes maxillaires de deux ctu lieu de trois ; il doit y avoir là une double: erreur ; la lèvre inférieure se prolonge en une longue languette biarticulée et longuement ciliée, ce qui n’existe pas dans la larve du L. canaliculatus. La nymphe peut bien passer pour celle d’un Lyctus, mais quant à. la larve, qui est dessinée de côté, ce qui mettrait bien en relief les pattes, elle est complètement apode et ressemble à une larve de Scolytide. M. Heeger se serait-il arrêté à une larve de Rhyncolus, par exemple, vivant au même lieu que celle du Lyctus ? Je l’ignore, mais l’absence des pattes et de toute pubescence, ainsi que la composition des antennes et des palpes maxillaires, sembleraient l’indiquer. Reste à savoir si la description contredit ce qu’indiquent les figures.
CISIDES
Cis coBuIlcr Ab. de Perrin.
Fig. 2S 1-253.
LARVE
Long. 3-3 l/2millira,, hexapode, d’un blanc un peu jaunâtre, .charnue,
224 LARVES DE COLioiTÈRES
subcylindrîque, un peu atténuée vers les deux extrémités, terminée par
un seul crochet corné.
Tête assez convexe, lisse, roussâtre avec le bord antérieur un peu plus foncé.
Èpistome court et très-transversal, labre transversal aussi, finement cilié.
Mandibules assez courtes, crochues, larges à la base, ferrugineuses avec l’extrémité noire.
Mâchoires coudées, mais-très peu inclinées, leur lobe assez court, large et pectiné.
Palpes maxillaires débordant à peine la tête et dépassant un peu le lobe des mâchoires, un peu arqués, de trois articles dont le dernier, un peu plus long que chacun des deux autres, est terminé par deux ou trois cils très-petits.
Menton presque carré; lèvre inférieure petite, s’avançant au milieu en une petite languetté et surmontée de deux petits palpes labiaux de deux articles.
Antennes de longueur médiocre, de quatre articles, le premier large et rétractile, le second plus long que le précédent, cylindrique, le troisième très-court, le quatrième plus court encore, ayant la forme d’un tubercule conique surmonté d’une longue soie assez épaisse à la base, subulée.
Sous cet article surgit, implanté sur le troisième, un article supplémentaire grêle, cylindrique, très-sensiblement plus long et que je ne m’abstiens de considérer comme le véritable quatrième article que parce qu’il n’est terminé par aucun poil.
Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, on voit trois ocelles noirs un peu saillants, disposés en arc transversal, deux inférieurs rapprochés et un supérieur écarté.
Une forte loupe m’a montré en outre deux petits points noirs ocelliformes, l’un continuant l’arc décrit par les trois premiers, l’autre placé en arrière vis-à-vis les deux inférieurs, de sorte qu’il semblait y avoir, de chaque côté, cinq ocelles, trois assez gros et deux très-petits. J’ai eu recours à une loupe encore plus puissante et j’ai de plus consulté mon microscope ; l’un et l’autre instrument ont confirmé l’existence de ces deux ocelles plus petits, non-seulement sur la larve dont il s’agit ici, mais sur d’autres du même genre, de sorte que ces larves, au lieu de six ocelles que je leur ai attribués ailleurs, en possèdent réellement dix, dont six bien apparents et quatre presque imperceptibles, qui peut-être disparaissent souvent.
GISIDES. - GIS
Prothorax un peu roussâlre antérieurement, plus large que la tête, sensiblement plus long mais plus étroit que chacun des deux autres segments thoraciques qui sont égaux.
Abdomen de neuf segments, les premiers égaux au métathorax, les suivants jusqu’au septième progressivement un peu plus grands ; le huitième un peu plus court que les précédents ; le neuvième un peu plus long, arrondi, subhémisphérique, assez convexe en dessus, terminé par un seul crochet court, assez épais à la base, médiocrement arqué en haut, dressé presque verticalement, ferrugineux et corné, sauf à la base. Eh avant de ce crochet, deux très-petits tubercules écartés, surmontés d’un long poil. Sous la base de ce segment, un mamelon anal assez volumineux, contractile et multilobé. Sur la tête, les flancs, les deux faces ventrale et dorsale, des poils assez longs, très-fins et blanchâtres. Le dessus du corps est assez uni, mais sur les flancs règne un bourrelet bien visible, et du côté du ventre les segments, à intersection profonde et dès lors transversalement convexes, ont des plis très-propres à seconder les mouvements de progression.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes assez courtes, d’un blanc un peu roussâtre, de cinq pièces y compris un ongle peu allongé, munies de quelques poils.
Le Cis coluber se prend assez communément en battant des branches de Châtaignier et de Chêne mortes depuis un an ou deux et sur lesquelles se sont développées des productions fongueuses sous forme de plaques, du nom de Telephora. Je ne doutais pas que la larve ne vécût de ces productions, mais j’ai exploré sans résultat bien des branches tenant encore â l’arbre, tandis que je n’ai pas tardé à me satisfaire en m’adressant à celles qui, tombées à terre, y conservaient une humidité salutaire. La larve vit naturellement de la substance du champignon, qui remplace en quelque sorte l’écorce ; mais comme la matière fongueuse pénètre plus ou moins dans le bois, la larve chemine aussi assez souvent dans les couches supérieures de l’aubier où elle trouve une nourriture appropriée à ses goûts, et c’est toujours dans l’aubier, mais à une faible profondeur, que j’ai trouvé l’insecte plus ou moins récemment transformé.
Je ne connais pas la nymphe.
La larve du C. coluber diffère de toutes celles du même genre qui me sont connues par cette particularité, que le dernier segment, au lieu de
PER. 15
lAKVJÎS DE COLÉOPTÈRES
porter deux crochets cornés plus ou moins développés, n’en a qu’un seul d’une longueur assez restreinte. Je ne puis pourtant douter de son authenticité, car elle offre tous les autres caractères des larves des Cis, et, ce qui est encore mieux, des branches oü je l’avais observée et que j’ai conservées avec soin ne m’ont donné que l’insecte en question.
Il est à remarquer aussi que, lorsque les autres larves de ce groupe vivent dans les agarics et les bolets, celle-ci se nourrit d’un champignon d’un genre tout différent, formant sur les bois morts des plaques ou des croûtes, ou les pénétrant de leur substance. Il doit en être de même de celles des C. alni et reflexicollis que l’on trouve également sur les branches mortes, et peut-être aussi des C. oblongus et pruinosulus que j’ai obtenus de branches mortes d’orme sur lesquelles s’étaient produits des mycélium. Reste à savoir si leur forme est celle du C. coluber. Si j’en doute pour ces deux derniers, je suis porté à le croire pour les deux précédents, à cause de leur forme.
Mon ami M. Abeille de Perrin, dans sa récente monographie des Cisides si soignée et, à mon avis, si bien faite, a mentionné, p. 13, les larves connues de cette famille ; ce sont les suivantes :
Cis boleti Fab., Bouché. Naturg. p. 203, Westwood, Introd. t, I, p. 279, Mellié, Soc. Ent. 1848, p. 212. — C. Jacquemarti Mel., Mellié, loc. cit. p. 339. — C. laminatus En., Mellié, loc. cit. p. 319 et Perris, Soc. Ent. 1862, p. 213. — C. Melliei Coq., Coquerel, Soc. Ent. 1849, p. 443. — C. Lucasi Ab., Lucas, Explor. de l’Algér. 2® partie, p, 469 (sous le nom de punctulatus).
Pterogenius Nietneri Cand., Candéze, Histoire des métam. de quelques Coléopt, exot. p. 39 (de Ceylan).
Xylographus bostrichoides Due., Dufour, Soc. Ent. 1850, p. 551.
Rhopalodontus perforatus Gyl., Mellié, Soc. Ent. 1849, bull. p. XL.
Ennearlhron cornutum Gyl., Mellié, Soc. Ent. 1849, bull. p. XL et Perris, Soc. Ent. 1854, p. 639.
Je serais en mesure d’ajouter à la description qui précède celles des larves des Cis setiger, hispidus, nitidus et bidentuliis, mais leur ressemblance avec celle du C. coluber rend ce supplément sans intérêt. Il me suffit de dire que, comme dans les autres larves connues de Cis, le dernier segment porte deux crochets au lieu d’un seul.
A la suite de la description du Cis laminatus j’ai indiqué, en les puisant principalement dans le dernier segment, les caractères des diverses
CISIDES. - CfS
coupes génériques de ce groupe, caractères qui permettraient, jusqu’à un certain point, d’en dresser le tableau synoptique. M. Abeille de Perrin, sans contester la valeur de ces caractères, pense qu’avant d’en généraliser d’une manière absolue les applications, il faudrait avoir étudié un ensemble d’espèces de divers genres. Je suis, dans une certaine mesure, de son avis, et j’applique volontiers ce principe aux tableaux synoptiques, que j’ai déjà dressés et que je dresserai encore dans le cours de ce travail. Je n’ignore pas, en effet, qu’il y a du péril à être trop absolu ; j’en ai eu plus d’une preuve et je viens d’en être averti par le Cis coluber dont le crochet terminal unique constitue une exception.
Je ne vais pourtant pas jusqu’à conclure que les lois de l’analogie sont de pure convention, que leurs principes n’ont rien de solide et qu’on risque beaucoup de s’égarer en se laissant conduire par eux. Je crois au contraire, et je me persuade que mon savant ami ne me contredirait pas, je crois qu’ils sont un bon guide, qu’il- est le plus souvent permis en cette matière de généraliser, d’attribuer à un genre les caractères que l’on constate sur deux ou trois espèces, et que les dérogations à la règle commune que peut présenter telle autre espèce n'ont pas, ordinairement, d’autre portée que celle d’une exception, qu’elles constituent un caprice de conformation, ou bien qu’elles avertissent que cette espèce se détache plus ou moins du genre où on l’a placée.
M. Abeille de Perrin voudrait que l’op pût observer les larves de quel' ques espèces aberrantes parmi lesquelles il cite Ennearthron filwm et laricinum et Rhopalodontus fronücornis. J’ai pu remplir ce désir en ce qui concerne ce dernier qui a été longtemps parmi les Ennearthron ; car le dernier segment de la larve est conformé non comme dans celles des Ennearthron, mais à l’instar de celles de Rhopalodontus , Il est, en effet, subconvexe, sans concavité et terminé par deux crochets courts, épais, brusquement recourbés et un peu dilatés en arrière. J’ai dit (loc. cit. dans les généralités qui suivent l’article relatif au Cis laminatus) que les larves de Rhopalodontus sont dépourvues d’ocelles; en en examinant plusieurs de l’espèce précitée, j’en ai trouvé qui étaient complètement aveugles et d’autres, au contraire, m’ont offert, sur chaque joue, trois ocelles noirs, bien distincts, disposés en arc transversalement oblique, deux Irès-rapprochés, presque contigus et un écarté et plus petit. Cette inconstance des ocelles dans une même espèce semblerait indiquer que ces organes n’ont pas ici une bien grande importance.
Je termine cet article en avouant qu’après les observations de
M. Abeille de Perrin et celles que j’ai reçues de mon sagace ami M. Pandellé, je suis beaucoup plus qu’ébranlé dans ma croyance que les Cis doivent être rapprochés des Cryptophagus. L’examen plus attentif et comparatif des larves de ces deux genres m’a convaincu d’ailleurs qu’elles offrent des différences notables quant aux antennes, aux mâchoires, à la forme du dernier segment, aux ocelles, à la structure générale, et que ces larves ne sont pas aussi voisines que je l’avais d’abord pensé.
ANOBIIDES
Auobium denttcolle Panz.
Fig. 234-256.
LARVE
Long. 7-8 mill., hexapode, blanche, charnue, un peu ferme, plissée en travers, arquée surtout postérieurement, très-convexe en dessus, fort peu en dessous, renflée antérieurement, ^
Tête inclinée, presque verticale, beaucoup plus étroite que le prothorax, arrondie, subcornée, testacée avec le bord antérieur ferrugineux, revêtue de poils fins et roussàtres, marquée de quelques points épars et très-peu visibles et sur le vertex d’un fin sillon qui, arrivé à une fossette frontale, se divise en deux rameaux prolongés jusqu’à la base des mandibules,
Epistome assez court, trois fois aussi large que long; labre semielliptique, frangé de poils dorés.
Mandibules assez courtes, robustes, noires avec un peu de ferrugineux à la base, dentées sur la tranche interne.
Mâchoires descendant jusqu’à la base de la tête, subcylindriques, un peu convergentes ; lobe court, assez large, densement frangé de poils roux, ne dépassant pas le second article des palpes maxillaires ; ceux-ci courts, droits, coniques, de trois articles égaux.
Menton épais, plus saillant que les mâchoires; lèvre subcordiforme, prolongée au milieu en une languette conique, et surmontée de deux palpes de deux articles dont le premier plus court que le second qui atteint le sommet du lobe maxillaire.
Antennes logées dans une cavité à la base externe des mandibules, ex-
ANOBIIDES.
AîiOBIUM
trêmement courtes, très-positivement formées de trois articles, mais m’ayant paru en avoir un quatrième, excessivement grêle, au milieu des petits poils qui surmontent le 'troisième.
Sur chaque joue, et contre l’angle inférieur de la mandibule, un ocelle représenté par un petit tubercule assez saillant, lisse et luisant.
Corps entièrement revêtu de poils courts et dorés, plus nombreux sur les côtés et surtout sur les derniers segments.
Prothorax presque égal, sur les côtés, aux deux autres segments thoraciques réunis, mais pas guère plus long que chacun d’eux sur le dos, parce que le mésothorax empiète sur lui en s’arrondissant. Cette partie avancée est tuméfiée, ruguleuseet limitée postérieurement par un pli transversal et un peu arqué dont les extrémités atteignent le bord antérieur du segment.
Métathorax ayant sur les côtés un ou deux plis longitudinaux, et conformé à la partie antérieure dorsale comme le mésothorax, avec cette différence que la partie qui s’avance sur ce dernier est antérieurement couverte de spinules ferrugineuses, crochues en arrière.
Abdomen de neuf segments, les six premiers munis sur les côtés de deux fossettes dont une, plus inférieure et plus grande, met en saillie un bourrelet ou gros mamelon latéral couvert d’une touffe de poils, arrondis antérieurement sur le dos, comme les deux derniers segments thoraciques, avec l’espace tuméfié semi-elliptique circonscrit en arrière par un pli et couvert sur le devant de spinules crochues. Septième et huitième segments plus grands que les autres, ne s’arrondissant pas au bord antérieur pour empiéter sur le segment précédent, munis antérieurement, sans gonflement et pli transversal apparents, de spinules arquées en arrière comme les précédentes, mais peu nombreuses sur le premier et presque nulles sur le second. Neuvième segment assez grand, pourvu sur les côtés et en dessous de spinules semblables, mais crochues en sens inverse, marqué à la face postérieure de deux plis à peu près en forme de T, à l’intersection desquels se trouve l’anus. Dessous du corps à peu près plan, dépourvu de spinules et même de plis, revêtu seulement de poils fins et roussàtres.
Stigmates à péritrème elliptique et au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, dans une cavité latérale entre le prothorax et le mésothorax, les autres près du bord antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes médiocrement longues, à trochanter très-court, de cinq pièces
y compris un ongle peu arqué et ferrugineux, hérissées, surtout sur les tibias, de soies et de longs poils roux débordant l’ongle.
VA. denticolle se prend dans les Alpes et dans les parties orientales et septentrionales de la France, sur les arbres morts ou malades, principalement sur le Sapin et le Tilleul. Je l’ai recueilli dans les Pyrénées, ainsi que dans les montagnes du Guadarrama, en Espagne; mais je l’ai trouvé aussi à Mont-de-Marsan, au mois de juin, avec la larve, dans le bois à demi pourri d’un Châtaignier creux. La galerie de celle-ci est sinueuse et encombrée de déjections grumeleuses.
Je n’ai pas vu la nymphe, mais je présume qu’elle est enfermée, comme ses congénères, dans une coque formée de sciure et de déjections agglutinées, et qu’elle est couverte de poils très-fins et roussâtres et terminée par deux papilles coniques.
Depuis la rédaction de cet article j’ai appris que MM. MulsantetRey ont décrit cette même larve dans les Annales de la Société linnéenne de Lyon, 1872, page 427. Je n’ai pas eu l’occasion de lire cette description et je maintiens la mienne parce que je m’y réfère pour d’autres et qu’en cette matière les doubles emplois ont plus d’avantages que d’inconvénients.
Anobiuin fulvicorne Sturm.
LARVE
A part la taille, comme déraison plus petite, celte larve ressemble à la précédente en tous points, sauf un seul qui résidé dans les spinules dorsales du métathorax et des segments de l’abdomen. Nous avons vu que, pour la larve de l’A. denticolle, elles sont groupées en bande transversale au bord antérieur du métathorax et des sept premiers segments abdominaux ; ici, au contraire, elles ne forment qu’une seule ligne et s’arrêtent au sixième segment de l’abdomen.
Cette larve se développe dans les échalas et les branches du Châtaignier et du Charme, et peut-être aussi d’autres arbres, car MM. Mulsant et Rey disent qu’on prend l’insecte parfait en battant les Chênes, les Saules et les Aubépines. Elle se tient dans les parties les plus tendres du bois, qu’elle ronge assez irrégulièrement. Elle se transforme dans une cellule formée au milieu de la vermoulure, et dont elle agglutine les parois à l’aide d’une liqueur qu’elle a la faculté de sécréter de façon à former une coque peu résistante.
AlNOniIDES.
OI.1GOMERUS
•i;vi
NYMPHE
Molle et blanche avec les yeux roussâtres ; parsemée, principalement sur la tête, le prothorax et le dessus de l’abdomen, de poils très-fins et roussâtres. Abdomen assez mobile terminé par deux papilles coniques, courtes, à peine divergentes et dirigées en bas.
Oligomerus (Æ.nobium) branneug Ouv,
LARVE
Forme des larves d'Anobium.
Tête blanche avec la lisière antérieure testacée d’une antenne à l’autre et une tache de même couleur en arrière de l’angle inférieur des mandibules.
Êpistome deux fois plus large que long ; labre semi-discoïdal, trèspetit, revêtu de petits poils blonds.
Mandibules noires, avec le milieu de la base ferrugineux, courtes, subtriangulaires, à peine obliquement échancrées au sommet, non dentées sur la tranche interne. Les autres organes de la bouche, ainsi que les antennes, comme dans les larves d’Anobium.
Menton très-grand, beaucoup plus étroit au sommet qu’à la base.
Corps peu et très-finement velu ; deux rangs de très-petites spinules sur le métathorax, deux ou trois rangs irréguliers sur les sept premiers segments de l’abdomen ; le dernier dépourvu de toute spinule soit sur les côtés, soit en arrière et en-dessous.
Mamelon anal circonscrit par un pli longitudinalement ovale et traversé par un pli longitudinal, sans pli supérieur transverse.
Cette larve ressemble beaucoup à celles d’Anobium et surtout de Xestobium, ces dernières n’ayant pas de spinules sur le huitième segment de l’abdomen ; mais elle en diffère par ses mandibules non dentées en dedans et par l’absence de toute spinule sur le dernier segment.
Un tronçon de branche morte de frêne qui contenait quelques-unes de ces larves m’a donné des insectes parfaits, et j’ai su ainsi qu’elles appartenaient à V Oligomerus . Cette espèce se trouve aussi, d’après MM. Mulsant et Rey, sur l’Abricotier, le Cerisier, le Tilleul, le Châtaignier, et je l’ai, de plus, rencontrée dans des branches mortes de Chêne.
Dans mon Histoire des Insectes du Pin maritime, j’ai exposé, relative-
ment aux larves à'Anohium, des généralités que je ne reproduirai pas ici ; je rappellerai seulement que ces larves, toutes si semblables par leur forme, se distinguent, suivant certaines divisions bien tranchées dont les insectes parfaits sont susceptibles, par le groupement des spinules dorsales et par le nombre des segments qui en sont pourvus. Je me suis également livré à une discussion sur quelques organes de ces larves, et notamment sur les antennes, qui n’avaient pas été aperçues, et j’étais arrivé à constater leur existence dans une cavité située près de la base extérieure des mandibules. Je leur donnais alors au moins deux articles, probablement trois et peut-être quatre. Cette fois, j’ai été plus heureux; je puis affirmer au moins trois articles, et entre les petits poils qui surmontent le troisième, il m’a semblé, comme je l’ai dit plus haut, en voir un quatrième extrêmement grêle et court. Par la brièveté de ces organes comme par bien d’autres caractères, les larves à'Anobium paraissent former un même groupe avec celles des Ptinus; mais il est à remarquer que, dans celles des Apatides, qui leur ressemblent tant par la forme, les antennes sont franchement de quatre articles, bien saillantes et relativement fort longues.
Les larves connues des Anobiides sont les suivantes :
Anobium domesticum Fourcr., ipertinax F. non L., striatum Oliv., Rouzet, Soc. Ent. 1849, p. 3fl et Perris, sous le nom de pertinax L. Soc. Ent. p. 630.
Xestobium tessellatum F., Bouché, Naturg., p. 187, Ratzeburg, die Forst. t. I p. 45 et Westwood, Introd., t. I p. 271.
Ernobius abietis F., Rouzet, loc. cit. p. 308 et Perris, loc. cit. p. 628. — E. mollis L., Perris, loc. cit. p. 622. — E. longicornis Stürm, Perris, loc. cit. p. 629. — E. nigrinns Sturm, Ratzeburg, loc. cit. p. 45. — E. pini Sturm, Flauenfeld, Soc. Zool. et Bot. de Vienne, 1864.
Mesocælopus niger Muller, sous le nom de Xyletinus hederæ Düf., Dufour, Soc. Ent. 1843, p. 321.
D’après Léon Dufour la larve serait dépourvue d’yeux et d’antennes et l’article terminal des pattes serait rudimentaire. Les antennes existent très-positivement, mais elles sont extrêmement courtes et enchâssées près de l’angle basilaire supérieur des mandibules. Quant aux ocelles, je crois, comme Dufour, qu’il n’en existe pas, car je n’ai pu les voir. Les pattes, médiocrement velues , du reste , sont composées de cinq pièces, comme celles des larves à’Anobium, et ce que Dufour appelle l’article
ANOBIIDES.
GASTRALLÜS
terminal est une sorte d’ampoule ou de ventouse placée sous l’ongle. La figure donnée par Dufour serait très-exacte si le trochanter y était représenté. J’ajoute que cette larve a des spinules crochues, disposées sur trois rangs, puis deux, puis un, sur le métathorax et les sept premiers segments de l’abdomen, et quelques-unes sur les côtés du dernier segment.
Xyletinus pectinatiis P. Letzner, Berliner, Entom. Zeitschrift, 1859.
Catorama palmarum Guer, Candèze, Soc. des Sc. de Liège, 1861. Insecte d’Haïti.
Dorcutoma Dresdensis Herbst, Ent. Hefte, Hefte 2, p. 96. — D. Chrysomelina Stürm, Perris, Soc. Ent. 1862, p. 208.
Enneatoma Subalpina Bon., sous le nom de Dorcatoma bovistœ, Ent. Hefte, 1803, p. 100.
Amblytoma rubans Ent. Heft., Giraud, Gründl. Versamml. der Botan. Zool. Vereins inWien. 1851, p. 14, et Letzner, Arb. Schles. Gesells,
En voici quelques autres.
Gastrallus (Anoblugii) lævigafas Ouv.
Fig. 257-259.