‹ Larves de ColéoptèresChapitre 14 sur 41 · ARVE · texte numérisé non relu

ARVE

Long. 3 1/2 millim., blanche, charnue, médiocrement velue, courbée en arc, mandibules triangulaires, ongle des pattes remplacé par une ampoule charnue.

Le 9 février 1875, je trouvai dans une cellule piatiquée dans les couches supérieures de l’écorce d’un très-vieux Châtaignier, écorce morte depuis un an au moins et sous laquelle avaient vécu des larves de Cerambyx, je trouvai, dis-je, un individu du Gastrallus immarginatus qui évidemment avait accompli là toutes ses évolutions. Ce fait me donna l’espoir de connaître la larve de cet insecte, et ayant détaché des fragments de l’écorce, je me mis à les éplucher. Les couches de cette écorce et principalement les couches supérieures, comme feuilletées, étaient sillonnées de galeries sinueuses, étroites et remplies de déjections et de détritus. Dans ces galeries je finis par trouver une larve, puis une autre, puis plusieurs. Elles avaient la physionomie de larves d’Anobium; je ne doutai donc pas qu’elles n’appartinssent au Gastrallus, et enchanté de ma décou-

L4RVES DE COLÉOPTÈRES

verte, je rentrai chez moi pour étudier cette nouvelle conquête après laquelle je soupirais depuis longtemps.

Ma larve, soumise à une forte loupe, me parut moins velue, surtout aux pattes, que les larves d’AnoMim qui me sont connues, et lorsque je l’examinai au microscope, mes doutes s’accentuèrent, d’une part, en voyant la forme des pattes qui, complètement dépourvues d’ongle, me renvoyaient presque aux larves d’Anthribides lesquelles, par leur conformation générale, se rapprochent de celles d’Anobiides, d’autre part, en constatant l’absence, totale de ces spinules qui, sur la face dorsale de ces dernières larves, forment des bandes, des séries transversales ou des groupes caractéristiques.

Je me mis alors à examiner dans ses plus minutieux détails l’objet de mon étude et de ma préoccupation, et tout bien considéré, je reconnus que ma larve ne pouvait entrer dans le groupe des Anthribides.

Elle s’en éloigne, en effet, par la forme de ses mandibules qui, vues de côté, ont leur extrémité pointue et non émoussée, ou échancrée ou bifide, par ses mâchoires très -inclinées et non coudées, par l’absence complète de ces cils spinuliformes qui couvrent presque tout le corps des larves d’Anthribides, par la position près du bord postérieur du prothorax de la première paire de stigmates qui, dans ces dernières, se trouve près du bord antérieur du mésothorax, par une villosité plus sensible et enfin par la structure des pattes.

On verra plus loin que, dans les larves d’Anthribides, ces organes de locomotion sont, au lieu de vraies pattes, des pseudopodes coniques formés de trois à quatre articles peu distincts, susceptibles à peine de quelques mouvements de rétraction. Ici, au contraire, on voit de véritables pattes, relativement assez longues, mobiles, pouvant même se couder et formées de quatre pièces bien distinctes, une hanche épaisse et velue, une cuisse plus épaisse à l’extrémité qu’à la base et munie, surtout en dessous, d'assez longs poils, un tibia cylindrique plus court que la cuisse, avec trois ou quatre poils près de l’extrémité, et enfin un tarse charun, s’épaississant légèrement de la base au sommet, ayant un peu la forme d’une ampoule et remplaçant l’ongle corné qui fait absolument défaut.

Ce caractère, l’absence de dents aux mandibules, la faible villosité des pattes et même du corps, sauf la tête, le prothorax et le dernier segment, le peu de saillie des mamelons latéraux et le manque de spinules dorsales la différencient aussi, il est vrai, des larves d’Anobiides, mais elle s’y rattache par la forme des mandibules, par les mâchoires, par l’ab-

ANOBUDES.

GASTRALLUS

sence de tout ocelle, par la position de la première paire de stigmates.

Elle s’y associe également par l’existence, au bord antérieur des deux derniers segments thoraciques et des six premiers segments abdominaux, d’un bourrelet transversal bien apparent, privé, à la vérité, de spinules, mais marqué en travers d’un pli médian qui facilite sa dilatation.

Je n’hésite donc pas à la placer dans cette famille, et je suis d’autant plus certain qu’elle appartient au Gastrallus que les fragments d’écorce dont j’avais fait provision m’ont donné un assez grand nombre d’individus de cet insecte. Les caractères différentiels qu’elle présente sont une justification de la création de ce genre.

J’ajoute que cette larve est d’un beau blanc avec le bord antérieur de la tête, les mâchoires et les palpes maxillaires de couleur roussâtre, que les mandibules, larges et courtes, sont d’un testacé ferrugineux avec l’extrémité noire, que les antennes très-courtes et dont on voit à peine les deux derniers articles, sont logées dans une cavité latérale à la base de chaque mandibule, et qu’en arrière des bourrelets dorsaux des six premiers segments de l’abdomen le microscope montre un groupe de trèspetites aspérités presque imperceptibles.

J’ai déjà dit dans quelles conditions j’ai rencontré cette larve qui doit vivre assurément dans d’autres arbres que le Châtaignier, car j’ai recueilli le Gastrallus en battant des branches mortes de Chêne, d’Orme et de Prunier. Les galeries qu’elle creuse sont sinueuses comme celles des larves d’Anobium et comme elles encombrées d’excréments granuleux, autre trait de ressemblance qui n’est pas à dédaigner. Elle s’y transforme dans une cellule qui, si j’en juge par celles où j’ai trouvé des insectes parfaits, est enduite d’un vernis agglutinant en forme de coque les déjections et détritus environnants.

Je ne connais pas la nymphe.

Depuis que cet article est écrit, j’ai eu l’occasion d’observer, et cette fois sans qu’il puisse y avoir lieu au moindre doute, la larve d’une autre espèce de Gastrallus, le sericatus Redt. M. E. Revelière a eu la bonté de m’envoyer de Corse un tronçon d’une tige de Brassica insularis qui lui avait déjà donné des individus de cet insecte et qui était percé de plusieurs trous de sortie parfaitement ronds. Ayant ouvert ce tronçon qui n’avait guère plus de 12 centimètres de longueur, j’y ai trouvé deux Gastrallus dans la cellule où ils s’étaient transformés et de la plus grande li'aîcheur, mais morts, et trois larves dans un état de développement assez avancé, provenant peut-être d’une seconde génération, ou qui

avaient été retardées dans leur croissance. Elles avaient creusé dans la tige subligneuse des galeries un peu sinueuses qui étaient demeurées encombrées de détritus et de déjections.

Ces larves, évidemment de Gastrallus sericatus, ressemblent en tous points à celle du G. lævigatus et je n’ai pu leur trouver aucune diffé rence.

Ptilinns (Ptinus) pectinicfH*nis L.

Fig. 260-263.

Long. 6 millira. , hexapode, corps blanc, charnu, plissé en travers, arqué surtout postérieurement, très-convexe en dessus, fort peu en dessous, renflé antérieurement.

Tête inclinée, beaucoup plus étroite que le prolhorax, un peu plus longue que large, subcornée, d’un testacé pâle avec le bord antérieur ferrugineux, parsemée de poils courts, très-fins et roussâtres, marquée de stries transversales et sinueuses, très-fines et très-serrées, bien visibles antérieurement, presque nulles sur le vertex, et en outre d’un sillon assez profond partant du vertex et s’arrêtant à une fossette qui se trouve au tiers antérieur. Bord antérieur un peu échancré vis-à-vis l’épistome.

Êpistome assez court, transversal, trois fois aussi large que long; labre assez petit, subéchancré, revêtu et cilié de poils dorés.

Mandibules noires avec la base ferrugineuse ; vues de côté, subtriangulaires, luisantes, avec une fossette allongée vers la base et l’extrémité tronquée, presque divisée en deux dents très-peu saillantes et séparées par une petite rainure.

Mâchoires non coudées mais obliques, descendant jusqu’à la base de la tête, parcourues obliquement par un trait subcorné, comme dans les larves d’Anobium ; leur lobe assez large, cilié de petits poils dorés.

Palpes maxillaires courts, dépassant un peu le lobe, ordinairement un peu inclinés en dehors, de trois articles égaux en longueur.

Menton très-grand, convexe, comme tuméfié.

Lèvre inférieure transversale, affleurant à peu près le sommet des mâchoires, prolongée au milieu en une petite languette obtuse et portant les deux palpes labiaux courts et de deux articles.

Antennes très-courtes, rétractiles, logées dans une cavi'é située contre le milieu de la base des mandibules, de trois articles au moins, mais

ANOBriDES. - PTILINÜS 237

n’en montrant ordinairement qu’un seul qui est grêle et surmonté d’un poil.

Yeux nuis.

Corps presque glabre sur le dos où le microscope montre à peine quelques poils très-fins et très-courts, finement velu de roussâtre en dessous et surtout sur les bourrelets latéraux.

Pt'othorax presque égal, sur les côtés aux deux autres segments thoraciques réunis, mais pas guère plus long que chacun d’eux sur le dos, parce que le mésoihorax empiète sur lui en s’arrondissant.

Mésothorax court, un peu sinueux, ayant sur le dos, à droite et à gauche de la ligne médiane qui est lisse, un groupe transversal de petites aspérités tuberculiformes peu apparentes et très-écartées.

Métathorax plus long, sensiblement arrondi antérieurement et marqué d’un pli profond transversal, arqué en sens contraire, s’appuyant à ses deux extrémités sur le bord antérieur avec lequel il forme une sorte d’ellipse sur laquelle la loupe montre un groupe transversal d’aspérités comme celles du mésothorax, mais non ou à peine interrompu au milieu.

Huit premiers segments abdomen conformés comme le métathorax, mais sur les quatre premiers l’ellipse formée par le pli transversal a des aspérités plus apparentes et plus nombreuses, s’affaiblissant un peu d'avant eu arrière, et en arrière de l'ellipse, de chaque côté de la ligne médiane, il y a un autre groupe transversal d’aspérités; sur les quatre segments suivants ces dernières aspérités manquent, le pli transversal est beaucoup plus superficiel et même obsolète et le bord antérieur est de moins en moins arrondi. Les six premiers segments ont en outre, de chaque côté, une fossette et souvent un pli qui dessinent un bourrelet en forme de gros mamelon. Neuvième ou dernier segment abdominal large mais court, couvert d’aspérités antérieurement et plus encore sur les côtés de sa face postérieure, marqué inférieurement de deux plis profonds dessinant une sorte de boursouflure triangulaire ou elliptique au bas de laquelle est une fente, une apparence de vulve qui est l’anus. Les aspérités dont j’ai parlé sont très -légèrement roussàtres, et vues au microscope, elles sont un peu inclinées en arrière, sauf sur le dernier segment où elles ont une direction opposée.

Le corps, qui est un peu mat, semble, à une très-forte loupe, très-finement chagriné; c’est là une illusion produite par la matité, car le microscope atteste que celte surface, à part les aspérités, est parfaitement lisse.

Stigmates et pattes absolument comme dans la larve de VAnobium denticolle.

De prime abord la larve du Ptilinus a toutes les apparences d’une larve d'Anobium, et l’air de famille est si manifeste qu’on pourrait bien s’y méprendre; mais lorsque un œil attentif explore les diverses parties du corps, on soupçonne, si on l’ignore, un genre différent, et, si on le sait, on le trouve suffisamment justifié.

Cette larve, en effet, se sépare de celles des Anobium par les caractères suivants : la tête est couverte de stries transversales sinueuses et extrêmement fines; les ocelles font complètement défaut; les aspérités dorsales que le microscope montre comme de très-petites épines coniques, sont moins fines, et à la loupe on les prendrait plutôt pour des tubercules que pour des spinules ; ces aspérités ne sont pas disposées sur un seul rang transversal comme dans quelques larves d’Anobium, ou en bande transversale comme dans quelques autres , elles sont groupées sur cette sorte d’ellipse transversale dont j’ai parlé, de manière à la couvrir presque tout entière ; de plus, sur les quatre premiers segments abdominaux il existe des spinules en arrière de cette ellipse, et enfin les bourrelets latéraux, lisses dans les larves d’Anobium, en sont aussi armés. Or, il n’y a qu’à se reporter à la figure que j’ai donnée du dernier segment de la larve deV Anobium denticolle ponr y reconnaître des différences notables. La plus remarquable est que l’anus, au lieu d’être placé à l’extrémité du segment, à l’intersectian des trois plis, se trouve à la base contre le pénultième arceau ventral et forme, comme je l’ai dit, une sorte de vulve.

J’ai trouvé assez abondamment cette larve, déjà presque adulte, au mois d’octobre , dans le tronc encore debout d’un vieux Saule marceau mort depuis deux ans au moins et qui avait déjà nourri l’année d’avant une première génération, car il était percé de trous, et en l’explorant je rencontrais des insectes parfaits dont la mort paraissait ancienne. Elle vit dans le bois tout à fait à la manière des larves d’Anobium, c’est-à-dire qu’elle y creuse, pour se nourrir, des galeries irrégulières et sinueuses qui ne pénètrent pas au delà de faubier. D’après MM. Mulsant et Rey (Térédiles, p. 235), elle vit aussi dans les Sapins, les Tilleuls et d’autres arbres (j’ai obtenu f insecte du Triacanthos), taudis que celle du costatiis se développe dans le Peuplier et dans le Chêne.

Avant de se transformer en nymphe, ce qui a lieu en mai, elle conduit sa galerie jusqu’à la surface, ou bien si cette galerie est plongeante,

XYLETINUS

ANOBIIDES. —

elle fait volte-face de manière à ce que la nymphe ait la tête tournée vers l’extérieur.

NYMPHE

Elle est assez molle, délicate, absolument glabre, mais le dos et les côtés de l’abdomen sont couverts d’aspérités ciliforraes extrêmement petites et très-serrées, visibles seulement au microscope; les troisième à sixième segments dorsaux sont un peu saillants au milieu et les flancs sont parcourus par un bourrelet très-marqué. L’extrémité est très-brièvement et très-obtusément quadrilobée ou quadrimamelonnée. Les antenne, est principalement les antennes longuement flabellées et par conséquent très-larges du mâle, s’étalent sur les élytres en passant par-dessus les pattes.

L’insecte parfait naît en juin.

^yletliiuis) oblongiilus Muls.

Ayant mis en vase clos des brindilles mortes de pommier pour savoir il quelle espèce appartenaient des larves de Longicorne que j’y avais observées et qui m’ont donné le Molorchus umbellatarum dont il sera question plus bas, j’obtins, au commencement de juin, plusieurs individus du Xyletiniis ohlongulus. Je me mis alors à explorer les brindilles dans l’espoir d’y trouver quelque larve retardaire et quelque nymphe ; mes recherches n’aboutirent à me procurer que d’autres insectes parfaits et une seule larve. Elle me suffit cependant pour pouvoir dire qu’elle ressemble, comme la précédente, aux larves à'Anobium, que ses mandibules sont assez larges et bifides ou plutôt anguleusement échancrées à l’extrémité, qu’elle a un rang de spinules sur le métathorax, trois rangs, du moins au milieu, sur le premier segment abdominal, deux sur le second, un sur le troisième et le quatrième, que le cinquième et le sixième présentent quatre spinules écartées et très-petites près du bord antérieur et qu’il y en a quelques-unes sur les côtés du dernier segment.

Cette larve vit, comme je l'ai dit, dans l’intérieur des menus rameaux morts du ponAnier et probablement d’autres arbres, car j’ai obtenu aussi

l’insecte parfait de brindilles mortes de Pêcher. La galerie qu’elle creuse n’est pas fort longue. Si la brindille est très-mince, elle occupe le centre; si elle a une épaisseur d’un centimètre, elle est en dehors du canal médullaire, et dans tous les cas, au dernier moment, elle s’approche de la surface de manière à ne laisser que l’écorce intacte.

Le mâle du X. oblonguliis, qui était inconnu à MM. Mulsant et Rey, a des antennes plus fortement dentées que celles de la femelle et à dents aiguës; leur couleur est ordinairement un peu brunâtre avec la base claire, tandis qu’elles sont entièrement testacées dans l’autre sexe. Le cinquième segment ventral est simple et obtusément arrondi.

Pfseudochlna torquata Chevr. — P. biiftaliis Fairm.

P. lævis Illig. — P. serricoriiis Fab.

Fig. 264-267.

LARVES

Ces quatre espèces peuvent être, comprises dans le même article parce que le peu que j’ai à dire sur leur compte leur est commun.

Les larves de Pseudochina ressemblent tellement à celles d'Anobmm, qu’il est parfaitement inutile d’en donner la description. Elles ont leur forme, leur consistance, leur couleur et reproduisent, y compris le petit ocelle sur chaque joue, tous leurs caractères, sauf pourtant les suivants qui sont assez tranchés: les mandibules son bifides à l’extrémité; leur corps est beaucoup plus densement et longuement velu ; le dessous du dernier segment est autrement conformé, il présente deux plis arqués se croisant postérieurement pour former, en dedans de l’espèce de parenthèse qu’ils constituent, un ovale allongé dont la courbe antérieure est formée par une sorte de crête roussâtre et subcornée; cet ovale est traversé par un pli longitudinal; enfin je n’ai pu trouver nulle part la moindre spinule, même en observant au microscope.

La larve de la Pseudochina torquata, que je dois à M. E. Reveliôre, vit en Corse dans les tiges mortes du Cynara Covsica ; celle de la P. bubalus, qui n’est peut-être pas autre que torquata, recueillie également en Corse par M. Revelière, se développe dans les tiges de la Fenda nodiflora ; celle delà P. lœvis a été trouvée à Montpellier, par M. Valéry Mayet, dans les tiges de VEiiphorbia characus et j’ai obtenu des P. serricornis de larves vivant dans une graine exotique de Chine, je crois, ayant la consistance de l’amande.

Les nymphes me sont inconnues.

ANOBIIDES. - STAGETUS. — DORCATOMA

(Xyletinus) pellltus Coeyr.

LARVE

Sa larve est conformée exactement comme celles des Anobitm dont elle diffère par les caractères suivants ;

Mandibules, vues de côtés, tridentées à l’extrémité ; quelques spinules éparses et très-peu visibles au milieu antérieur dü métathorax et des quatre premiers segments abdominaux. Le dernier segment en est entièrement dépourvu. Pattes très-peu velues. Du reste, corps velu, antennes extrêmement courtes, rétractiles, un ocelle de chaque côté, fente anale longitudinale.

Cette larve est mycétophage comme celles des Dorcatomà, et comraé plusieurs d’entre elles, elle se développe dans un bolet subéreux et coriace du groupe des Amadouviers. J’ai reçu celui-ci d’Alger.

La nymphe est absolument glabre, même au microscope, et terminée par deux papilles courtes, épaisses, mameloniformes, divergentes et inclinées.

Dorcatoma

LARVES

Je pourrais décrire aussi les larves des D. serra Panz., Dommeri Ros. et setosella Muls. qui vivent, la première dans le Boletus suherosus, la seconde dans un bolet du Saule, probablenjent le siiaveolens, la troisième dans le Boletus Pini, mais je veux me borner à indiquer les caractères qui distinguent ces larves de celles des Anobium.

Mandibules un peu plus longues, un peu crochues, acérées et bifides à l’extrémité ; dernier segment divisé en deux sur la face dorsale par un pli transversal, sans pli longitudinal en dessous, mais ayant, près de l’extrémité inférieure, un mamelon rétractile et lobulé, au centre duquel est l’anus. Spinules n’occupant qu’un très-étroit espace transversal du troisième au huitième segment, plus petites, mais plus nombreuses sur le douzième.

Nymphe entièrement glabre et terminée nom par deux papilles, mais par deux tubercules.

lô

PER

Aapidiphorus JLareyiiici J. Dut.

Fig. 268-27S.

, , LARVE

Long. 2 1/4 millim., hexapode, charnue, molle, oyale-allongée, d’un blanchâtre terne et livide^ très-velue, assez conyex,e sur le dos, un peu moins en dessous, arrondie postérieurement.

ï’éte libre, longuement velue, d’un noirâtre terne, peu , épaisse, plus large que longue, peu arrondie sur les côtés, marquée sur ,1e front de deux fossettes oblongues écartées et en outre d’un trait blancljâtrç qui, partant du vertex, se bifurque avant les fossettes en deux rameaux se .dirigeant vers les antennes,

Êpistome très-court, labre semi-discoïdal et frangé de quelques longs poils.

Mandibules assez courtes, se joignant'à peine, ferrugineuses à la base, puis noires jusqu'à rextrémité qui est bidentée.

Mâchoires descendant jusqu’à la base de la tête, très-coudées, peu robustes, leur lobe à peu près droit extérieurement, un peu arrondi et cilié en dedans, ne dépassant pas le second article des palpes maxillaires.

Ces palpes médiocrement longs, à peine arqués, de trois articles dont le premier paraît un petit peu plus grand que chacun des deux autres.

Menton presque carré; lèvre inférieure subcordiforme, surmontée de deux palpes labiaux de deux articles, ne dépassant pas les lobes maxillaires.

longues et grêles, toujours saillantes, de quatre articles; le premier court, large et rétractile, le second plus étroit et un plus long, le troisième quatre fois environ plus long que le précédent, le quatrième presque de la longueur du second, très-grêle, terminé par un Ipiig poil et deux ou trois très-petits et accompagné d’un article supplémentaire plus court, pointu, sans aucun poil, et visible quand on regarde la larve en dessus. ' . > .

Sur chaque joue, près de la base des antennes, de petits ocelles tuberculiformes qui m’ont paru au nombre de six, formant deux séries transversales de trois chacune, ceux de la série postérieure un pèh plus écartés.'

Tête et segments thoraciques réunis égalant la moitié du corps, ceux-' ci, par conséquent, sensiblement plus grands que les segments abdominaux. ’ " ‘ ' i

ANOBIIDES.

ASPIDIPHORUS

Prothorax un peu coriace, un peu plus foncé et un peu plus long, mais plus étroit que les deux autres segments thoraciques^ en parallélogramme transversal, dilatable sur deux points de sa face dorsale, qui sont indiqués souvent par deux fossettes, hérissé en dessus et sur les côtés de longs poils blanchâtres divergents.

Mésothorax cl métathorax marqués également sur le dos de plis ou fossettes indices de points dilatables, arrondis sur les côtés qui sont velus comme ceux du prothorax, ayant en dessus une série de longs poils.

dWomeu se rétrécissant postérieurement, de neuf segments, les s^pt premiers égaux en longueur, très-arrondis, ou plutôt, par suite de l’existence d’un bourrelet latéral, anguleux sur les côtés qui sont munis de trois, ou quatre poils inégaux ; transversalement convexes, un peu plissés et dilatables en dessus, et sur la convexité, hérissés d’un rang de longs poils blanchâtres. Huitième segment plus court que les précédents, bien moins anguleux sur les côtés et velu comme eux; neuvième ou dernier segment velu, court, arrondi, un peu incliné, muni en dessous d’un mamelon pseudopode, charnu, un peu exserlile et au centre duquel est l’anus. Segments abdominaux ayant en dessous quelques poils et quelques, plis.

Stigmates très-peu apparents, au nombre de neuf paires : la première, un peu plus grande et un peu plus inférieure que les autres, sur la ligne qui sépare le prothorax du mésothorax, mais paraissant appartenir à ce dernier ; les autres au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes longues, grêles, de cinq pièces; trochanters courts, cuisses munies de deux soies en dessous ; tibias ayant en dessous une petite entaille avec une soie et une autre soie en dessus ; ongle long et peu arqué.

Les divers organes disposés comme à l’ordinaire. Tête, thorax, élytres couverls de poils blanchâtres, mous et pas très-longs. Abdomen moins velu, postérieurement glabre, terminé par deux papilles écartées, coniques, non divergentes, légèrement arquées à l'extrémité. On ne voit ces deux papilles et même les deux derniers segments qu’en détachant la dépouille de la larve qui demeure ordinairement toute chiffonnée à l’extrémité de l’abdomen.

244 , lAKVES DE COLÉOPTÈRES

UAspidiphorus orbiculam, d’abord placé par Gyllenhal dans le genre Nitidula, a dopné à Latreille l’occasion d’établir le genre dans lequel il se trouve aujourd’hui. Nul ne lui a contesté le droit à cette distinction générique, mais les auteurs ont été loin de s’entendre sur la place qu’il convenait de lui assigner. Latreille l’a colloqué dans les Dermestides, où l’a laissé le catalogue Dejean, Erichson dans les Ptinides et M. Redtenbacher dans les Byrrhides où le maintient le catalogue Gaubil; M. Dohrn. ne sachant qu’en faire, l’a, dans le catalogue de Stettin, 1855, mêlé aux Généra incerlæ sedis; le premier catalogue de M. de Marseul, 1857. l’a relégué à la fin des Trichosomidæ, après les Rhizobius, Coccidula et Alexia; Lacor.daire, aussi embarrassé que M. Dohrn, l’a mis en supplément dans le quatrième volume de son Généra, et, faute de pouvoir mieux faire, l’a laissé dans les Byrrhiens, bien qu’il considérât ses analogies avec cette famille comme fort éloignées. Enfin J. Duval, dans son Généra, a constitué la famille des Sphindides, composée des deux genres Aspidiphorus et Sphindus et placée entre celle des Anobides et celle des Apatides, et le catalogue de Schaum, 1862, a admis cette combinaison. Dans son second catalogue, 1863, M. de Marseul, imitant Lacordaire, a associé les Aspidiphorus aux Limnichiens ; mais, dans le troisième, 1866, adoptant à peu près l’opinion de Duval, il a installé ce genre, ainsi que celui de Sphindus, à la fin des Anobidœ. C’est pour cela que j’en parle ici à propos des larves d’Anobiides qui font partie de ce travail.

Quant au genre Sphindus, après avoir fait partie des Nitidula de Gyllenhal, après avoir été placé successivement parmi les Ténébrionides. les Cryptophagides, à la suite des Gis, et enfin par Lacordaire dans les Anobiides, après avoir figuré dans les divers catalogues entre les Gis et les Lathridius, entre les Tetratoma et les Monotoma, dans la catégorie des incerlæ sedis, après les Lyctus, et enfin entre les Dorcatoma et les Hedobia, et toujours plus ou moins éloigné de Y Aspidiphorus, il a fini, de par J. Duval, par s’unir à lui pour constituer une famille spéciale à laquelle il a donné son nom.

Cette association est-elle légitime ? Pour moi cela ne fait pas le moindre doute, et je dis de plus qu’elle fait honneur à la perspicacité de J. Duval. Le premier il a trouvé dans les insectes parfaits les caractères qui les rapprochaient, et voilà que l’étude des mœurs et des métamorphoses vient justifier et corroborer son appréciation.

J’ai donné dans les Annales de la Société des sciences de Liège, 1855, la

ANOBIIDES. - ASPIDIPHORUS

description détaillée des figures de la larve du Sphindtis dubius ‘ ; cette larve est, à peu de chose près, l’image fidèle de celle de V Aspidiphorns qui, comme elle, lorsqu’on la tourmente, se jette sur le flanc et se courbe en arc, et dont elle ne diffère qlie par les caractères suivants : les palpes maxillaires paraissent un peu plus courts ; le troisième article des antennes est moins allongé, il a trois fois, au lieu de quatre, la longueur du second, les pattes sont moins grêles. Ces caractères différentiels ne sont appréciables qu’à la loupe, ou au microscope; mais ce qui distingue nettement les deux larves, c’est que celle du Sphindus a le prothorax noir, avec une ligne médiane longitudinale blanchâtre, et les autres segments, ornés d’une bande transversale interrompue au milieu, tandis que celle de V Aspidiphorus a seulement la tête noire et le prothorax roussâtre et que le reste du corps est uniformément d’un blanc terne et livide.

Les nymphes ont aussi entre elles de grands rapports ; mais elles diffèrent en ce que celle du Sphindus a les poils plus longs, qu’il n’en existe pas sur les élytres, mais qu’il s’en trouve à l’extrémité de l’abdomen, et que celui-ci se termine par un très-long filet membraneux (fig. 276).

La comparaison des deux larves donne donc une preuve de plus de la nécessité de rapprocher les deux genres dont il s’agit ici, et leur manière de vivre confirme cette conclusion. On les trouve l'une et l’autre, presque toujours ensemble, et souvent en compagnie de celles du Liodes castanéa et du Lathridius rugosus, dans cette production fongueuse du groupe des Lycoperdon, nommée Reticularia hortensis, et qui se développe sur les souches des arbres, principalement des Peupliers, et sur la tannée des serres. Elles vivent d’abord de la substance pulpeuse, puis de la poussière impalpable de ce champignon qui les recouvre tellement qu’on a de la peine à les discerner. Elles s’enfoncent l'une et l’autre dans la terre pour se transformer, mais on obtient aussi leur métamorphose dans les boîtes où l’on enferme la Reticularia.

Il demeure donc établi que les genres Sphindus et Aspidiphorus doivent marcher de conserve ; niais convient-il qu’ils forment une famille distincte, et cette famille doit- elle être placée entre les Anobiides et les Apatides ?

* J'ai deux rectifications à faire au sujet de cette larve : 1“ le quatrième article des antennes est accompagné d’un article supplémentaire plus court, dont je n'ai pas parlé ; 2“ la première paire de stigmates est située non près du bord postérieur du prothorax, mais, sur la limite du prothorax et du mésothorax, ounlulôt très-près du bord antérieur de ce dernier segment.

Sur le premier point la question ne me paraît pas douteuse, car lés bonnes raisons donnée» par J. Duval et tirées de certains caractères propres à ces genres se trouvent, comme je l’ai déjà dit, corroborées par la structure de leurs larves. Mais la place assignée à cette famille est-elle légitime? Je ne me chargerais pas de le démontrer, et j’ajoute qu’à en juger par la forme des larves, le premier venu se prononcerait hardiment pour la négative. Ces larves, en effet, sont l’antipode de celles qui leur seraient adjacentes, et si l’on s’occupait d’une classification, on serait bien peu tenté de placer entre les larves des Anobiides et des Apatides, si concordantes par leur physionomie, celles des Sphindides qui n’ont avec elles aucun rapport. lime semble donc que ce classement est à' revoir; et, sans rien préjuger, je me bornerai à dire que ces dernières larves paraissent, jusqu’à présent, se rapprocher de celles des Liodes, des Agathidiens, des Claynbus et même des Lathridixis plus que de toutes les autres larves connues.

Après avoir parlé des Sphindides à propos des Anobiides, rappelons en quelques mots le genre, de vie des larves de cette dernière famille.

Elles se nourrissent toutes de substances végétales. Celles des Dryophiliis doivent être lignivores, et deux ou trois espèces, plus amies des arbres résineux que des Chênes, donnent un démenti au nomat tribué à ce genre.

Celles des Priobümet des Anobium semblent être, à part deux espèceSj essentiellement lignivores, et deux entre autres sont véritablement nuisibles. La larve de VA. pertimx, inconnu dans les Landes, ma.is commun dans les régions du Nord, détruit les vieux bois et les meubles : in Ugno antiquo frequens, dit Gyllenhal, in domibus ustensilia terebrat et destniit. Chez nous ce triste rôle est rempli par les larves de l’A. striatum. Le meilleur moyen de se garantir de leurs ravages consiste à n’admettre dans les charpentes, les planchers et les meubles aucune parcelle d’aubier, car c’est dans l’aubier qu’elles se développent, en respectant les couches plus profondes, ce qu’on appelle le cœur, qui est plus dur et probablement aussi moins de leur goût. Les deux larves non lignivores sont : 1° celle de VA. hirtum qui ronge les livres et les dossiers sommeil, lant dans les bibliothèques et les archives, les vieux cartons, les parchemins enliassés ; 2» celle de VA. paniceum, fléau des botanistes dont elle détruit les herbiers, des manutentionnaires dont elle ronge les biscuits, des pharmaciens dont elle attaque les racines et les fleurs oflîci-

AINOBIIDES

nales. Elle ne recule même pas devant un autre crime dont je ne la croyais pas capable, car, au témoignage de MM. Lucas et Revelière, elle porte le ravage dans les collections entomologiques, non-seulement en détruisant le liège, ou la moelle à' Agave qui porte les épingles, mais aussi en dévorant les insectes eux-mêmes. Je l’ai trouvée en outre dans les pains à cacheter, et, comme on l’a vu plus haut à propos du Corynetes ruficornis, dans un vieux nid de frelons. Enfin une communication récente de mon ami M. Peragallo, appuyée de pièces probantes, m’a appris qu’elle a mis hors de service ses guêtres de peau.

Les larves des Xestobiim sont xylophages et je suis porté à croire que celle du X. tessetlatum qui, dans nos contrées, se contente des parties mortes des vieux arbres, Chêne, Châtaignier, Saule, etc., attaque à Paris les bois de construction, car j’ai observé, en avril, beaucoup de ces insectes dans certaines maisons. Venaient-ils uniquement du bois de chauffage?

Les larves des Ernobius paraissent inféodées aux essences résineuses. Les unes naissent dans les bourgeons et se développent dans la moelle des plus jeunes branches, d’autres sont subcorticales.

Celles des genres suivants jusqu’aux Xyletinus se nourrissent de bois mort ; mais en ce qui concerne ce dernier genre, j’ai des doutes au sujet d’une espèce, le X. ruficollis. Cet insecte habite les plages maritimes ; je ne l’ai trouvé que sous les crottins très-desséchés des Solipèdes, et j’en ai pris ou fait recueillir un grand nombre sur nos côtes, dans les conditions que je viens de dire et très-loin de toute végétation arborescente. Je me suis toujours demandé, sans avoir pu le vérifier, si la larve de cette espèce ne vivrait pas dans ces crottins qui finissent par n’être plus qu’une agglomération de fibres végétales non digérées.

Les Pseudochina se plaisent, d’après MM. Mulsant et Rey, sur les fleurs des Cynarocéphalées. On a vu plus haut que les larves de trois espèces vivent dans les tiges de plantes de familles diverses et que celles de la P. serricornis se sont nourries chez moi d’une graine exotique. On sait, en outre, que l’insecte parfait se trouve aussi dans les denrées coloniales et parmi les cigares importés en Europe.

Les larves des Mesoccelopus habitent les tiges mortes du Lierre.

Sil fallait en juger par analogie, les larves des Stagetus seraient mycétophages, comme celles des Dorcatoma et des genres voisins. En tout cas, il est permis dedire que ces insectes n’acceptent pas, comme certains Gis, des champignons .simplement ppriaces et qu’il leur faut de ces bolets dont la consistance se rapproche de celle du bois.

Vpici, pour teriuiapr, un tableau synoptique provisoire des^ genres de ce groupe que j’ai pu observer, élimination faite des genres Aspidiphorm et Sphindus :

A Pattes de cinq pièces, ongle compris, sans ampoule sous l’ongle.

B Des spinales sur le dos de divers segments.

C Anus à trois lobes, un supérieur triangulaire, parfois très-petit, deux longitudinaux, séparés par un pli longitudinal. a Pas de fossette sur le bord antérieur du front ; spinules en bande transversale sur l’élévation antérieure du métathorax et des six premiers segments abdominaux, moins nombreuses sur le septième, aucune sur le huitième ; des spinules aussi sur les côtés et en dessous du neuvième. Xestobium tessellatum*

Comme le précédent, mais quelques spinules sur le huitième

segment de l'abdomen. Anohîum denticolle.

Spinules en bande sur le devant du métathorax, deux ou trois rangs seulement sur les deux premiers segments abdominaux ; un seul rang sur les quatre suivants, quelquefois avec une . portion de deuxième rang sur le milieu -, des spinules aussi, mais très-petites, sur les côtés du neuvième; aucune dessous.

Anohium fulvicorne.

— domestiéum.

Pas de spinules sur le métathorax ; les cinq premiers segments seulement de l’abdomen presque entièrement couverts sur leur élévation transversale antérieure de spinules d’une grandeur décroissante, suivies d’une touffe de poils fins ; quelques spinules sur les côtés du neuvième et même dessous à droite et à gauche de l’anus. Anohium paniceum.

Quelques spinules à peine visibles sur le métathorax, le reste comme le précédent, sauf que les spinules sont un peu plus grandes et moins inégales. Anohium hirtum,

aa Une fossette sur le bord antérieur du front; spinules couvrant presque toute l’élévation antérieure du métathorax et des six premiers segments abdominaux, maistrès-peti tes; quelques-unes sur le septième et même parfois sur le huitième ; d’antres sur les côtés et en dessous du neuvième. Ernohius.

Un rang de spinules sur le métathorax, trois rangs sur, le premier segment abdominal, deux sur le second, un sur le troi-, sième et le quatrième, quatre spinules écartées près du bord antérieur du cinquième et du sixième; quelques-unes sur les' côtés du dernier. Xyletinusj

Deux ou trois rangs de très-petites spipules sur le métathorax et les

sept premiers segments abdominaux, aucune sur le neuvième. Oligomerus. Quelques spinules éparses au milieu antérieur du métathorax et des quatre premiers segments abdominaux, aucune sur le neuvième. Stagetm.

PTINUS

BB Pas de spinules. Pseudochina.

CC Anus situé à la base d’une boursoufflure triangulaire circonscrite par un pli; de très-petites aspérités sur le mésothorax, le métathorax et les huit premiers segments abdominaux ; de plus, sur les quatre premiers segments de l’abdomen, un groupe d'aspérités semblables un peu en arrière de chaque côté de la ligne médiane.

Dernier segment couvert d’aspérités 'antérieurement et sur les côtés de la face postérieure. PlUinus-

CGC Anus non lobé et simplement en forme de mamelon rétractile, sans fente longitudinale ; dernier segment divisé en dessus par un pli transversal ; spinules n’occupant qu’un très-étroit espace transversal sur le mélathorax et sur les cinq premiers segments abdominaux. Dorcatoma.

AA Pattes de cinq pièces avec une ampoule sous l’ongle ; un rang de spinules presque imperceptibles sur le raétathorax et sur les six premiers segments abdominaux et un groupe sur les côtés du dernier. Mesocœlopui.

AAA Pattes de quatre pièces sans ongle; pas de spinules. Gastrallus.

L’étude comparative des larves, en vue de la formation de cetableàû, m’a révélé des caractères qui rendent admissibles les genres détachés de l’ancien -genre Anobium; mais elle m’a conduit aussi à reconnaître, dans les larves du genre Anob'mm actuel, au moins trois groupes caractérisés, comme on a pu le voir plus haut, par les spinules. Consultant alors le travail sur les Térédiles, par mes amis MM. Mulsant et Rey, j’ai remarqué qu’ils ont trouvé dans les insectes parfaits de ce genre quatre groupes, auxquels ils ont donné des noms. Le premier (Dendrobium) a pour type les A. denticolle et perlinax; le second (Anobium) les A. domesticum. fulvicorne et autres ; le troisième (Neobium) les A. hirlum e? tomentoBum ; le quatrième (Artobiim) VA paniceum. Mon premier groupe à moi se rapporte également aux A . denticolle et pertinax, mon second aux A. domesticum et fulvicorne; quant au troisième et au quatrième relatifs l’un k \’A. paniceum, l’autre à l’d. hirtum, on serait très-tenté de les réunir, mais pourtant on peut voir qu’ils diffèrent par deux légers caractères : des spinules un peu plus fortes et moins inégales dans celui-ci, avec le métaihorax muni de quelques petites spinules, tandis qu’il ny en a pas dans celui-là. Ainsi se sont trouvés justifiés, sans intention aucune et à mon insu, les résultats dus à la sagacité de mes savants amis. Encore une preuve, et l’on en verra d'autres, du secours et du contrôle que l’étude des larves- peut apporter. dans l’étude et la classification des insectes parfaits ,

lARVES DE GOLÉOFTÈRES

PTIWIDES

Ptinn» ornatus Muls.

LARVE

Long. 4 millim. Cette larve semble calquée, à la taille près, sur celle de YAnobium denticoüe, décrite plus haut, et n’est qu’une copie de Celle du Ptinus dubius qui figure dans mon travail sur les insectes du Pin, Corps velu, plissé, courbé en arc, antennes presque invisibles, de trois articles au moins, logées dans ufte cavité contre la base des mandibules; un ocelle au dessous de la cavité antennaire; lobe des mâchoires arrondi; palpes maxillaires de trois articles et palpes labiaux de deux ; stigmates semblables et semblablement disposés, autant de caractères qui sont communs aux deux espèces des deux genres ; mais la larve du Ptinus est dépourvue de ces spinules si caractéristiques dans celles des Anobium ; les pattes sont moins velues ; le pli anal est transversal et non longitudinal ; les mandibules enfin, et ce caractère est, comme le précédent, un des plus saillants, sont plus longues, plus pointues, et taillées en biseau uni et tranchant, au lieu d’être dentées sur le bord interne.

Cette larve doit vivre dans plusieurs sortes de bois morts ; je l’ai trouvée dans de vieux échalas de Châtaignier en partie pourris. Elle vivait dans les couches tendres de l’aubier, où elle avait creusé des galeries longitudinales qui étaient encombrées de petits crottins granuleux. Lorsqu’elle veut se transformer en nymphe, elle tasse avec son corps la vermoulure qui l’entoure et s’y forme une cellule dont elle colle et vernisse les parois à l’aide d’une liqueur visqueuse qu’elle a la faculté de sécréter. 11 en résulte une sorte de coque dans laquelle elle subit ses métamorphoses.

Je n’ai pas vu la nymphe.

Ptinus geriiianus F.

LARVE

Je n’ai rien à en dire, si ce n’est qu’elle est longue de 5 millim., et qu’elle ressemble en tous points à la précédente, sauf qu’elle présente sur le métathorax et les premiers segments abdominaux quelques spinules

PTINIDES.

PTINUS

d’une petitesse extrême et à peine visibles. Malgré ces spinules, bien moins apparentes, du reste, que dans les larves à'Anohium, on ne saurait la confondre avec ces dernières, à cause du pli transversal de l’anus.

Je l’ai trouvée dans de vieux échalas de Châtaignier, dans les tiges d’Aubépine et des branches, de Cerisier. Elle paraît aimer le bois mort depuis assez longtemps, fût-il dépourvu d’écorce. Elle creuse dans l’aubier des galeries longitudinalement sinueuses et d’un diamètre variable que caractérise une accumulation considérable de vermoulure granuleuse, au milieu de laquelle elle se transforme comme la précédente.

Jq n’ai pas non plus vu la nymphe. .

JL,es larves connues des Ptinides appartiennent aux espèces suivantes:.

Ihdobia imper ialis L., Bocché, Naturg, p. 187.

PUntts far L., Goedart, Métaraorph. t. II, p. 172; de Geer, Mém,, t. IV, p. 234, et autres. P. dubius, Sturm, Perris, Soc. Eut. 1862, p. 205.

Comme on a pu .le voir par la comparaison que j’ai faite delà larve iiu P. ornatîis avec celle de l’Anobium denticolie, comparaison que j’aurais pu étendre t d’autres espèces, les larves des Anobiides et des Ptinides ont entre elles la plus grande affinité, et les unes et les autres sè rapprochent, par leur physionomie, de celles des Apatides. Ces trois groupes présentent un caractère commun qui consiste dans la position de la première paire de stigmate.s. Elle est située rarement sur la limite du prothorax et du mésothorax, et presque toujours très-près du bord postérieur du prothorax. Nous retrouverons ailleurs cette particularité, sur laquelle nous reviendrons.

Pour le genre de vie des larves et des insectes parfaits de la famille des Ptinides, je renvoie aux généralités écrites avec tant de charme et aux’ renseignements donnés sur le plus grand nombre des espèces par mes savants amis MM. Mulsant et Rev, dans leur Histoire naturelle des Gib^ bicolles.

HËTÉROMÈRES

Me voici arrivé à la grande division des Hétéromères, et l’on n’aura pas de peine à comprendre que, si je m’en tenais aux larves du Châtaignier, qui sont mon point de départ, il me faudrait renoncer à parler des premiers états d’une foule de genres qui n’ont rien de commun avec cet arbre. Je devrais franchir tous ceux qui précèdent la famille des Diapérides, et la lacune serait fort étendue. Dans cet état de choses, j’ai pensé qu’on me saurait gré de faire connaître quelles sont les larves connues des familles précédant celle que je viens de citer et d’en décrire quelques autres. Peut-être encouragerai-je ainsi la recherche de ces larves plus intéressantes par leur structure, malgré son apparente uniformité, que par leurs mœurs ; peut-être aussi aiderai je à la détermination de certains genres jusqu’ici inconnus de tous, en signalant les formes propres à ceux qu’il m’a été donné de connaître. Ce sont ces motifs qui m’ont déterminé à faire une exception pour la division dont il s’agit.

Les larves dont divers auteurs ont déjà parlé sont les suivantes :

Elenophorus collaris L., E. et V. Mülsant, 7® Opusc. Entom., p. 133.

Akis punctata Thumb,, Mülsant, Ann. Soc. Linn. de Lyon, 1845, p. 9 et Latigènes, p. 56.

Scaurus tristis Oliv,?? M. Mülsant parle dans ses Latigènes, p. 51, de larves trouvées dans la terre d’une caisse où il avait placé des Pimdia bipunctata, des Scaurus tristis et des Elenophorus collaris. Ces larves, auxquelles la description donne des palpes maxillaires de quatre articles, ce qui me paraît anormal dans la division des Hétéromères, et un dernier segment lisse en dessus et en dessous, sans aucune épine et sans lobes ou appendices au mamelon anal, double caractère qui se trouve rarement réuni dans les larves de cette division, ces larves, dis-je, ne peuvent appartenir à une Pimelia, si je n’ai pas été induit en erreur par celles dont on trouvera ci-après la description. Elles ne sont pas non plus d’ Elenophorus collaris d’après le signalement donné par M. Mülsant. Elles se

TENTYR1)),ES. — 'jTENTYBlA 253

rapportent peut-être au Scaurus ivistiSf mais je ne puis exprimer çetie opinion qu’avec beaucoup de doute.

Blaps Ckevrolatii Sol., Moriisaga, Haliday, Trans. of the Entom. Soc. of London, 1838, p. 100; Westwood, Introd. 1. 1, p. 321. — B. fatidica Stürm, obtusa Cürt., Letxner A,usz. ,aüs der Ubers, der Sscblesich. Gesells. 1842, p. 4; Perris, Soc. Ent. 1852, p. 609 et Chapuis et Candèze, Catal, pl. VI, fig. 5. — B. producta Brullé, Perris, loc. cU., p. 606. — B. Qigas L., Mulsant et V. Mayet, 15® Opusc. Entom., p. 92.

Crppticus quisquilius L., Bouché, Naturg., p. 191.

Phylax lütovalis Müls, Mulsant et V. Mayet, 15® Opusc. Ent. p. 9Q.

Gonocephalum pygmœum? (Dej.)Kust., Fischer de Valdheim, Oryctogr. du gouvern. de Moscou, 1830.

Je décrirai les suivantes :

TENTYRIDES

Tcutyria interrupta Latr.

LARVE

Long. 25 millim. Hexapode, subcylindrique, subcornée, d’un roux jaunâtre avec le bord postérieur des segments plus foncé; dernier segment convexe en dessus, ogival, couvert de spinules sur sa moitié postérieure; mamelon anal à deux pseudopodes.

Tête horizontale, convexe, à côtés arrondis et couverts de poils roux très-touffus, les uns longs et étalés, les autres plus courts, plus épais, tronqués, papilliformes, rabattus vers le front. Sur cette dernière partie six ou huit points symétriquement disposés. Bord antérieur largement et faiblement échancré au milieu, plus sensiblement de chaque côté pour recevoir les antennes.

Êpistome un peu renflé à sa base où il est marqué d’une ligne transversale de points de chacun desquels s’élève un poil roux, vertical.

Labre très-transversal, un peu tuméfié, droit au bord antérieur qui est frangé de cils dorés, fins et très-serrés ; marqué, un peu én arrière de ces cils, dun rang transversal de petits points donnant naissance à un poil.

et, un peu en arrière de ces points, muni d’une bande de poils ferrugineux, courts, tronqués, papilliformes et très-denses.

Mandibules minces, mais larges, non dentées' au sommet, très-arrondies extérieurement, ridées à la surface' supérieure qui paraît un peu concave à cause du relèvement du -bord externe- qui est presque tranchant; striées 'en dessous à l’extrémité; munies à leur base externe d’une touffe de poils roux, la plupart papilliformes.

Mâchoires médiocrement robustes, descendant jusqu’aux deux tiers au moins de la longueur de la tête, coudées sûr leur articulation et un peu convergentes ; leur lobe assez court, subcylindrique, peu densement cilié de soies courtes et tronquées.

Palpes maxillaires arqués en dedans, de trois 'articles, le premier et le troisième de longueur égale, le second presque de moitié plus long et muni extérieurement d’un poil.

Menton bien plus long que large, dilaté au milieu, hérissé postérieurement de poils raides.

Lèvre inférieure subcordiforme, mais convexe antérieurement et longuement ciliée entre les palpes labiaux qui sont de deux articles, le premier plus long et bien plus épais que le second.

Antennes de quatre articles, le premier court, épais et un peu rétractile, le second un peu plus long que le troisièine, l’un et l’autre visiblement en massue ; le quatrième beaucoup plus court, incomparablement plus grêle, surmonté d’un petit poil et susceptible de rentrer plus ou moins dans le précédent. Pas d’article supplémentaire.

Ocelles nuis.

Prothorax un peu plus long que chacun des deux autres segments thoraciques, comme eux hsse et pourvu sur les côtés de poils d’inégale longueur et touffus principalement aux angles antérieurs.

Abdomen hsse, avec quelques poils fins sur les côtés, de neuf segments, le premier pas plus long que le métathorax, les six suivants progressive- :i m’ent un peu plus longs, le huitième de la longueur du premier ; le neuvième longuement en ogive, subconvexe, ayant sur sa moitié antérieure , sept à huit fossettes disposées presque en demi-cercle et dont la postérieure est seule très -visible; couvert sur sa moitié postérieure, sauf un petit espace: lisse, de poils spiniformes épais, dressés et même un peu inclinés en avant, lesquels peuvent s’user et se présenter alors sous forme de granules ; frangé tout autour de poils roux et rigides extrêmement touffus et mélangés de poils longs et flexibles.

TElNTYftlDES. i— TENTYRI4

Mamelon anal occupant plus de la moitié antérieure du dernier segment, pouvant se détacher en partie de celui-ci qui est concave en dessous pour le recevoir, terminé par deux lobes coniques sur les côtés externes desquels on voit quelques soies spiniformes.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première, plus grande et plus inférieure que les autres, près du bord antérieur du raésothorax, les autres près du bord antérieur des huit premiers segments abdominaux, audessus d’un pli longitudinal.

Pattes- rapprochées et inégales, les antérieures plus longues et bien plus robustes que les autres et comme elles de cinq pièces. Tibia plus court que la cuisse, celle-ci ayant eh dessous trois ou quatre rangs de soies spinuliformes serrées, celui-là un rang de soies inégales, parfois usées. Ongle d’un brun ferrugineux, au moins aussi long que le tibia, déprimé, élargi, en forme de demi-fer de flèche. Ongle des autres pattes subulé.

J’ai trouvé en juin plusieurs individus de cette larve sur nos côtes maritimes, en creusant un peu le sable au pied des grosses touffes d’Artemisia, de Diotis et autres oh s’étaient accumulés des détritus végétaux et animaux. Quoique je ne l’aie pas élevée et que je n’aie pas rencontré la nymphe, je n’ai pas le moindre doute sur l’espèce à laquelle elle appartient, parce que les seuls Mêlasoraes de notre plage océanique sont la Tentyria interrupta et YOlocrates gibbus.

Tentypia mucroiiata Steven.

LARVE

La larve de cette espèce, que Raymond m’envoya autrefois sans nom, de Fréjus, ressemble tellement à la précédente, que je n’ai pu lui trouver un caractère distinctif b^en précis. Elle appartient donc incontestablemen à une Tentyria, et conàme la mucronata ést la seule qui existe à Préjus, je la considère, sans crainte d’erreur, comme appartenant à cette espèce.

Elle a été trouvée dans la tête d’un cheval mort.

ASlDiDES

porsic» Cast.

LARVE

Long. 3v niiüiin. Hexapode, .cylindrique, d’un testacé jaunâtre, avec le bord des segments plus clair; dernier segment demi -elliptique, couvert en 4&!?Su,s de petites épines, concave postérieurement et terminé par deux épines dentiformes.

T,ête .subconvexe, marquée de quelques rides transversales et de gros points clair-semés sur le front, plus serrés sur le vertex, plus encore et même plus gros sur les côtés qui sont densement hérissés de poils blonds assez longs et un peu arqués en arrière.

Èpist.ome couvert de granules s,ur sa moitié postérieure qui est renflée.

labre très-transversal, un peu tuméfié, presque droit au bord antérieur qui est cilié de soies dorées, ayant au milieu un rang transversal de soies spiniformes tronquées, entremêlées d’assez longs poils.

Mandibules noires, avec une partie du bord ferrugineux, larges, dilatées latéralement en lame tranchante, légèrement concaves et un peu ridées en-dessus, ridées aussi au sommet en dessous, non dentées à l’extrémité, formant, lorsqu’elles sont fermées, un angle rentrant antérieur, hérissées en dessous d’un rang longitudinal de poils roux assez serrés.

Mâchoires comme dans la larve de Tentyria.

Palpes maxillaires de trois articles, le premier plus court que le second, le troisième visiblement plus court que le premier.

Lèvre inférieure un peu avancée au milieu en languette longuement ciliée.

Palpes labiaux de deux articles dont le premier double du second.

Antennes comme dans la larve précédente; dernier article presque entièrement rétractile dans le troisième.

En arrière des antennes des granules qui couronnent une petite crête obliquement longitudinale.

Corps conformé, jusqu’à l’avant-dernier segment inclusivement, comme dans la larve précédente, lisse, presque entièrement glabre. Dernier segment subconvexe sur plus de la moitié antérieure, puis assez brusque-

\SID1DE8, — ASIDA

ment déclive et paraissant concave dans celte partie à cause du relèvement du bord; couvert presque jusqu’au bas delà déclivité de spinules coniques sensiblement plus faibles postérieurement que sur le devant et sur les côtés et entremêlées de très-courtes soies spiniformes ; concavité comme finement réticulée. Bord postérieur denticulé et terminé par deux dents coniques, ferrugineuses, rapprochées, dressées et à peine arquées en avant. Face postérieure hérissée de poils blonds.

Mamelon anal comme dans la larve précédente, mais terminé par deux lobes épais, courts, très-obtus, surmontés d’un rang transversal de spinules tronquées rousses et précédées d’un petit rang de spinules semblables.

Stigmates comme dans la larve de Tentyria.

Pattes très inégales, les antérieures plus longues et bien plus robustes que les autres et de cinq pièces. Tibia bien plus court que la cuisse, qui est presque triangulaire, vue de côté ; ongle en demi-fer de flèche et près de deux fois plus long que le libia. Ce dernier, le dessus de la cuisse et du trochanter, ainsi que les hanches hérissés de poils blonds ; extrémité du trochanter et dessous de la cuisse couverts de granules noirs, cornés, ti'ès-serrés et contigus. Les autres pattes hérissées de soies raides épineuses, leur ongle subulé.

J’ai reçu cette larve de M. E. Rcvelière, qui l’a trouvée en Corse.

Asida Jtirinel Sol. a* — <^!«tda htgorfenais Sol. $

LARVE

Sauf la taille, sensiblement plus petite, elle est en tout semblable à la précédente, à part les caractères suivants : la déclivité du dernier segment commence plus eu arrièçe; les spinules dorsales s’étendent un peu plus et sont moins inégales ; les lobes du mamelon anal ont, indépendamment de celles du sommet, deux rangs très-rapprochés de spinules.

J’ai trouvé cette larve au mois de mai en creusant au pied d’un vieux Chêne, et une autre fois en faisant retourner un gazon. J’en ai obtenu l’insecte parfait, mais je n’ai pas vu la nymphe.

M. Mulsant a publié dans ses Latigènes (p. 87) la description d’une larve qu’il attribue, mais avec doute, à VAsida grisea. J’ai déjà dit, à propos des larves (ÏAgviotes, qu’elle appartient à une espèce de ce dernier genre,

PKR.

PIMÉLIIDES

Plnielia Sardea Sol.

Long., 23-25 millitn. Hexapode, demi-cylindrique, à cause de l’aplatissement de la région ventrale, d’un roux jaunâtre, de consistance un peu parcheminée plutôt que subcornée, hérissée en dessus et sur la poitrine de poils blonds nombreux et inclinés en arrière ; dernier segment un peu concave, ayant la lisière couverte de petites spinules et un peu repliée en dessous.

Tête postérieurement ferrugineuse, large, transversale, très-peu convexe, parsemée de gros points enfoncés avec des espaces lisses, munie de poils blonds clair-semés en dessus, très-touffus sur les côtés. Bord antérieur largement échancré, avec un rang de poils dressés.

Épistome court, trois fois aussi large que long, tuméfié, muni de deux rangs transversaux de soies longues et rigides, arquées, les antérieures un peu en avant, les autres un peu en arrière.

Mandibules noires, assez courtes, larges, formant, lorsqu’elles sont fermées, un arc régulier surbaissé, planes et rugueuses en dessus, avec une profonde excavation ovale le long du bord externe qui est presque tranchant, hérissées de soies blondes et serrées sur leur tiers latéral postérieur.

Palpes maxillaires de trois articles, le premier le plus court, le second le plus long.

Palpes labiaux de deux articles, le premier double, ou peu s’en faut, du second.

Antennes de quatre articles, le premier gros et court, le second double du troisième et comme lui un petit peu en massue, le quatrième très-grêle, susceptible de rentrer presque entièrement dans le précédent et terminé par un poil. -

Pas de traces d'ocelles.

Corps conformé comme dans la larve de Teniyria, mais plus large ; sa surface luisante et vaguement réticulée. Dernier segment un peu plus large à la base (Jue long au milieu ; concavement déclive à* partir de la

PlMELliDES. - PlMELtA. - CRYPTICIDES. - CRYPTICÜS 2ô9

base, Irès-arrondi postérieurernent, mais pourtant un peu en ogive j couvert dans son pourtour et sur une petite largeur de spinules très -serrées et obtuses. Bord non tranchant, émoussé et frangé de longues soies blondes, serrées et dirigées en arrière. Face inférieure très-concave pour loger le mamelon anal qui l’occupe presque tout entière et qui est terminé par deux lobes épais et hérissés de soies épineuses.

Stigmates comme dans les larves précédentes.

Pattes inégales, les antérieures plus longues et beaucoup plus robustes que les autres. Tibia de la longueur de la cuisse, ongle plus court et en demi-fer de flèche. Des poils blonds sur la hanche et le trochanter, plus touffus dessus et dessous la cuisse et le tibia, ceux de dessous entremêlés de spinules. Les autres pattes velues en dessus, ayant des soies spiniformes en dessous ; leur ongle aussi en demi-fer de flèche, mais bien plus petit.

Je tiens cette larve de M. E. Revelière, qui l'a trouvée dans les sables maritimes à Porto-Vecchio.

Pfmella bipiiiictata Fab.

LARVE

Sur la tête de cheval mort qui lui avait procuré la larve de la Tentyrin mucronata, M. Raymond avait recueilli d’autres larves dont je n’ai pu soupçonner le nom qu’après avoir reçu celle de la Pimelia sardea. Elle lui ressemble, en effet, tellement que je n’ai pu y trouver la moindre différence. Elle appartient donc évidemment à une Pimelia, et comme la bipimctata est la seule qui existe en France, sur les bords de la Méditerranée, je ne puis pas ne pas l’attribuer à cette espèce.

CRYPTICIDES

CVypticus (Vcnebrio) qnlsquiliuil L.

LARVE

Bouché (Naturg., p. 191), adonné de cette larve la description suivante :

Corps cylindrico-filiforme, brunâtre sur la tète et le prothorax, presque

260 LARVKS T)E COLÉOPTÈRES

entièrement brun sur les deux derniers segments; d’un jaune sale sur le reste, avec les articulations d’un gris brun ; couvert de petits points avec le bord des anneaux lisse; dernier segment armé à son extrémité de quatre épines d’un noir brun. Pieds bruns, stigmates d’un roux brun.

Les mots brun et brunâtre employés par Bouché devraient être remplacés par roux et roussâtre. Voici, au surplus, un signalement plus complet de cette larve :

Long. 7-9 millim. Hexapode, subcylindrique, d’un testacé jaunâtre avec le bord des segments plus foncé ; dernier segment conique, terminé par quatre pointes.

Tête convexe, ferrugineuse, sur un espace à peu près demi-circulaire depuis la base jusqu’aux deux tiers, jaunâtre sur le reste, très-finement alutacée et réticulée, avec deux fossettes sur le bord antérieur et quelques poils blonds sur les côtés.

Êpistome trapézoïdal, transverse, alutacé, marqué d'une fossette près de chaque angle postérieur.

Labre transversal, débordant un peu l’épistome, presque tronqué antérieurement, ruguleux et bordé de quelques petits poils.

Mandibules testacées avec l’extrémité d’un brun ferrugineux. Vues en dessus, elles sont modérément arrondies en dehors et un peu concaves ; vues de côté, elles sont longuement triangulaires, planes ou légèrement concaves à la base.

Mâchoires coudées, descendant jusque vers les deux tiers de la tète, leur lobe cylindrique, à peine aussi long que les deux premiers articles des palpes réunis, terminé par deux ou trois soies spinuli formes.

Palpes maxillaires un peu arqués, divergents, de trois articles, dont le premier un peu plus court que chacun des deux autres, qui sont égaux.

Menton carré; lèvre inférieure subcordiforme.

Palpes labiaux de deux articles égaux.

Antennes de quatre articles, le premier très-court et assez épais, le second un peu plus court et moins en massue que le troisième, le quatrième très-grêle et surmonté d’un poil.

Sur .chaque joue, près de la base de l’antenne, à la place ordinaire des ocelles, un trait noir transversal dont les éléments sont ordinairement confus, mais qui, dans certains individus, semble formé de trois ocelles obliques et confluents.

Corps pour ainsi dire glabre, très-finement alutacé et réticulé, avec la

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