‹ Larves de ColéoptèresChapitre 4 sur 41 · PRIA · texte numérisé non relu

PRIA

Pria (nitidtila) fliilcamarœ, III.

Fig. 17-22.

LARVE

Long., 2 1/2 millini. Hexapode, blanche, charnue, mais un peu ferme, presque glabre, légèrement elliptique, déprimée, avec le dos un peu convexe, subéchancrée postérieurement.

Tète aplatie, subcornée, faiblement roussâtre, transversale, s’élargissant en s’arrondissant d’avant en arrière, transversalement fovéolée sur le front. Épistome soudé au front, ou à suture non apparente ; labre petit, transversal, peu distinct de l’épistome.

Mandibules ferrugineuses avec la pointe plus foncée, arquées, acérées, simples, c’est-à-dire non dentées, se croisant au repos.

Mâchoires assez larges, mais peu épaisses et courtes, ne descendant pas même jusqu’à la moitié de la tète, leur lobe long, un peu arqué en dedans et paraissant, même au microscope, dépourvu de cils.

Palpes maxillaires assez longs, débordant la tête, à peine arqués en dedans, de trois articles dont les deux premiers égaux et le troisième un peu plus long, surmonté de très-petits cils.

L'evre inférieure coYàxiovmQ, enfermée dans l’espèce d’arceau que forme la convergence des lobes maxillaires, portant les deux palpes labiaux de deux articles très-courts.

Antennes assez longues, de quatre articles, le premier large et court, le second un peu plus long, le troisième visiblement plus allongé que le précédent, un petit peu en massue, le quatrième un peu plus court que le troisième, grêle, terminé par un poil un peu long et deux ou trois trèscourts, et accompagné d’un article supplémentaire encore plus grêle, presque aussi long et visible seulement quand on regarde la larve de profil, parce qu’il est inséré sur l’extrémité inférieure du troisième article.

Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, deux points noirs qui sont des ocelles ou qui les simulent. En y regardant très-attentivement on est plus que tenté de croire qu’il y en a un troisième un peu en arrière.

Prothorax lavé de roussâtre, beaucoup plus large que la tète, une fols et demie aussi long que chacun des deux autres segments thoraciques, un peu ridé longitudinalement sur son disque; mésothorax et métathorax égaux, un peu plus courts que les segments abdominaux.

Abdomen de neuf segments dont les quatre ou cinq premiers sont égaux et les autres un peu plus longs, les huit premiers munis d’un bourrelet latéral et ayant en outre, ainsi que les deux derniers segments thoraciques, de chaque côté de la ligne médiane, une dépression un peu plissée, occupée au centre par une sorte d’aréole circulaire. Ces impressions sont les indices d’ampoules ambulatoires rétractiles et ordinairement affaissées, mais susceptibles de se dilater, de se tuméfier pour faciliter les mouvements de la larve. Dernier segment sensiblement plus étroit que le précédent, se rétrécissant beaucoup en s’arrondissant d’avant en arrière, lavé de roussâtre à l’extrémité qui est échancrée avec les angles de l’échancrure en forme de petit tubercule dont la consistance est un peu subcornée. Dessous du corps lisse.

Mamelon anal situé sous le dernier segment, gros, charnu, susceptible de déborder postérieurement, servant de pseudopode.

Cette larve, presque glabre comme je l’ai dit plus haut, ne montre, vue perpendiculairement, que deux ou trois petits poils de chaque côté de la tête, deux sur le prothorax, autant sur chacun des autres segments, sauf le dernier qui en a plusieurs tout autour; mais si on l’observe en long, on voit qu’elle porte d’autres petits poils dressés tant en dessus qu’en dessous de chaque segment ; ils m’ont paru disposés deux à deux de chaque côté de la ligne médiane, mais à une certaine distance d’elle. Si on la soumet au microscope, on constate l’existence de quelques autres poils raides, d’une petitesse et d’une finesse extrêmes, et l’on s’aperçoit en outre que le corps est couvert, du moins sur les bourrelets latéraux et sur la face ventrale, de petites aspérités ciliformes très-serrées, inclinées en arrière et à peine perceptibles.

Stigmates sessiles au nombre de neuf paires, la première, un peu plus grande et à peine plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes assez courtes, débordant peu les côtés du thorax, de cinq pièces y compris un ongle roussâtre et subulé; hanche, cuisse et tibia munis de soies rares et très-courtes. A la base inférieure de l’ongle s’implante une sorte d’ampoule ou de pelotte membraneuse, lagéniforme, dépassant l’ongle de beaucoup et s’appuyant, quand la larve marche, sur le plan de position.

Si on tourmente cette larve, elle se courbe en cercle, la tête appuyée contre l’anus.

iMTlDUIlOES. — FBIA 33

La Pria dulcumavce vit, comme l’on sait, sur le Solauuni dulccimara, où elle est ici fort commune (1). La larve semblait donc devoir y vivre aussi, il ne s’agissait que de la trouver. Je l’ai cherchée assez longtemps sur les feuilles, dans les fruits, dans les tiges, dans les racines, et j’ai fini par où j’aurais pu commencer, par les fleurs.

On sait que les étamines de la douce-amère ont des anthères très-développées, formant un faisceau jaune et conique au centre duquel se trouve le pistil. Ce faisceau se détache assez facilement et tout d’une pièce de la corolle, et c’est là, uniquement là, qu’il faut chercher la larve. Du reste, il est ordinairement assez facile de savoir s’il y en a une. Si, en effet, après avoir détaché le faisceau d’étamines, on examine sa base à la loupe, on y aperçoit, lorsqu’il recèle une larve, de petites granulations jaunâtres qui ne sont que des excréments de celle-ci, et qui manquent lorsque le faisceau n’est pas habité, à moins pourtant, ce qui est rare, que la larve ne soit tellement jeune qu’elle n’ait pu encore révéler ainsi sa présence. Lors donc qu’on voit ces granulations, on peut avec confiance disséquer le faisceau, et presque toujours on y trouvera une larve. Je dis presque toujours, car il peut se faire que la larve, devenue adulte, ait déjà quitté son berceau pour aller subir sa métamorphose. Dans tous les cas, on constatera qu’elle s’est nourrie du pistil et des parties internes des anthères, respectant scrupuleusement leur surface externe afin de ne pas trahir sa présence et de n’ouvrir à aucun ennemi l’accès de sa demeure.

Ma découverte fut suivie d’une réflexion bien naturelle. Après l’épanouissement d’une fleur, les anthères ont une durée très-limitée, et il était difficile de croire que cette durée fût suffisante pour l’éclosion de l’œuf et le développement de la larve. Il était plus naturel de penser que l’œuf était pondu, que la larve était née dans le bouton, et que, lors de l’anthèse, celle-ci avait déjà pris un certain accroissement. Les recherches auxquelles je me livrai ne tardèrent pas à confirmer cette supposition, et je reconnus que, dans les boutons à divers degrés d’avancement, existaient des larves plus ou moins jeunes. C’est donc dans les boulons que la femelle pond ses œufs, que les larves naissent et prennent leurs premiers développements, de sorte qu’il leur reste peu à acquérir lorsque la fleur s’épanouissant, les étamines sont mises au jour et n’ont plus que peu de temps à vivre.

Il est des larves, comme celles de quelques Anthonomus et de certains

(1) Je l’ai trouvée aussi sur le Solanum, nigrum.

LVRVES DE COLÉOPTÈRES

Afion, qui se développent et subissent leurs métamorphoses dans les boutons à fleur d’arbres ou arbrisseaux de la famille des Rosacées et d’arbustes de la famille des Cistinées ; mais ces boutons ne s’ouvrent jamais et ils servent ainsi de protection permanente à la larve ainsi qu’à la nymphe, qui, si la corolle s’ouvrait, ne seraient pas en sûreté et se maintiendraient même bien difficilement au milieu des étamines libres et étalées. Les choses ne se passent pas ainsi pour la larve de la Pria dulcamaræ; le bouton à fleur qui la recèle s’ouvre comme les autres, la protection du calice et de la corolle lui fait défaut; mais heureusement les étamines, soudées en faisceau, forment un corps dans lequel elle peut se loger et oîi elle trouve un sûr abri. Cet abri n’est, il est vrai, que momentané, car les étamines ne sont pas de longue durée comme les boutons fermés oü vivent les larves déjà citées ; mais aussi ce n’est pas dans ce berceau éphémère, mis à découvert, qu’elle aura longtemps à vivre. Son développement est déjà bien avancé lorsque la fleur s’épanouit, et deux, trois, quatre jours après, ce développement étant complet, elle perce sa fragile prison et se laisse tomber à terre. A chaque pas on rencontre les témoignages de la merveilleuse sollicitude, de l’infinie variété des ressources de la nature qui a donné aux animaux grands et petits, et à ces derniers surtout, l’intelligence, les moyens, l’industrie, les habitudes les plus propres à la conservation des espèces. Dans l’histoire des insectes ces sujets d’étonnement et d’admiration pullulent, on n’a que l’embarras du choix.

Je viens de dire que la larve de la Pria quitte la fleur pour subir ses métamorphoses dans la terre; elle s’y enfonce, en effet, le plus tôt possible après qu’elle est devenue libre, et en s’aidant de la tète comme d’une bêche, de ses pieds comme de pioches et de raleaux, des poils, des spinules, des ampoules dont elle est pourvue, elle pénètre à une profondeur plus ou moins grande, se façonne, par les mouvements de son corps, une cellule, et après être restée trois ou quatre jours immobile et courbée en arc, elle se transforme en nymphe.

NYMPHE

Nue, blanche d’abord et bientôt après les yeux noirs. Quatre soies sur le front, deux de chaque côté. Prothorax bordé de huit soies blanches assez longues, portées sur de petits tubercules coniques ; des soies semblables le long des côtés de l’abdomen, lequel est terminé par deux papilles longues et effilées ; de tout petits poils aux genoux.

iMTlDULlüJiS. - BKACHYPTERÜS

Urachyptcruis vesititus, Kiesw. — B. cinerciis», Heer, et B. linariæ, Cornélius.

Fig. 23-26.

LARVES

Je réunis ces trois larves en un même article parce qu’elles appartiennent au même genre et qu’il m’a été impossible de trouver entre elles aucune différence, car je ne tiens pas compte de celle de la taille qui est de 5 millim. pour la première et de 4 millim. pour les deux autres.

Forme de la larve de la Pria dulcamaræ, mais moins déprimée.

Tète, d’un testacé pâle, subcornée, transversale, s’élargissant un peu, en s’arrondissant, d’avant en arrière; front obsolètement marqué de trois fossettes disposées en triangle; épistome soudé, labre très-petit, incliné, paraissant glabre.

Mandibules, mâchoires et leur lobe, lèvre inférieure et palpes comme dans la larve de Pria.

Antennes plus courtes, de quatre articles, le second et le troisième égaux en longueur, le quatrième beaucoup plus court, surmonté d’un petit poil et accompagné d’un article aussi long et presque aussi épais que lui, mais dépourvu de poil.

Sur chaque joue quatre ocelles ou pseudo-ocelles noirs, deux elliptiques et contigus près de la base de l’antenne et deux un peu en aiTière, trèsécartés, beaucoup plus petits, ponctiformes.

Prothorax marqué sur ses deux tiers antérieurs d’une bande rousse à bord postérieur sinueux et interrompue au milieu par une ligne longitudinale blanchâtre; les deux autres segments thoraciques et les huit premiers segments abdominaux égaux, ces derniers munis d’un bourrelet latéral et au-dessus de ce bourrelet, sur chaque d-éclivité dorsale, de deux fossettes obsolètes, l’interne plus grande, indiquant des points où s’accomplissent des dilatations propres à favoriser les mouvements de progression.

Dernier segment sensiblement plus étroit que le précédent, se rétrécissant un peu sinueusement d’avant en arrière, tronqué postérieurement, parfaitement lisse, c’est-à-dire dépourvu de tout crochet, pointe ou tubercule quelconque, ayant seulement six poils fins et roussàtres, écartés, langés en ligne transversale.

Mamelon anal situé non sous le dernier segment, mais à la suite, comme

s’il constituait un treizième segment, se rétrécissant d’avant en arrière, incliné vers le plan de position et terminé par trois lobes papilliformes.

Corps susceptible de se courber en arc, parsemé de petits poils symétriquement disposés comme dans la larve de Pria et couvert de cils spinuliformes très-petits et très-serrés, inclinés en arrière, visibles seulement au microscope; ceux du dos plus apparents. A une forte loupe la surface du corps a l’air d’être imperceptiblement chagrinée.

Stigmates comme dans la larve de Pria.

Pattes de même, avec cette différence que la pelotte ou ventouse est plus courte et que le tibia est glabre sauf quelques soies très-courtes et très-fines à l’extrémité, et dessous, en arrière de la ventouse, une soie spatulée assez épaisse.

La larve du B. vestüus vit ici dans les fleurs de V Antirrhinum majtis, celle du B. cinereiis dans les fleurs des Linaria striata, spartea, vulgaris, supina, Pyrenaica, et celle du B. linariæ dans les fleurs de la Linaria striata. M. Cornélius, qui a décrit cette espèce Abeille, 1867, p. 133), a observé sa larve dans les corolles de la Linaria vulgaris où elle se nourrit du pollen de la fleur. C’est en effet des organes floraux que vivent ces larves inféodées à deux genres de la famille des Scrophulariacées. On les trouve dès le mois de juin sur les espèces les plus précoces et jusqu’au mois d’août sur celles qui sont plus tardives. Leur croissance est assez rapide, et lorsque le moment de la métamorphose est venu elles percent la corolle ou se glissent entre ses deux lèvres et se laissent tomber à terre pour s’y enfoncer. Là, dans une loge dépourvue de tout apprêt, elles sc transforment en nymphe au bout de cinq ou six jours.

NYMPHES

Des poils blanchâtres et mous assez nombreux sur le front et le vertex, d’autres près du bord antérieur et sur les déclivités latérales du prothorax, sur les genoux, sur les faces dorsale et ventrale et à l’extrémité de l’abdomen. Deux soies longues, spiniformes et roussâtres au tiers antérieur du prothorax et deux près du bord postérieur; les premières verticales, les secondes un peu arquées en avant; deux sur le mésothora.x et deux sur le métathorax, arquées de même; deux sur chacun des sept premiers segments de 1 abdomen, jrlus petites et très-inclinées en arrière, mais grandissant progressivement ; enfin deux à l’extrémité du dernier segment, droites, mais un peu relevées.

MTtDlLIDES. - CERCUS

Bracliypteruâ (Ocrmcstes) urtieæ F.

LARVE

Long. 2 1/2 raillim. Celte larve reproduit les caractères des trois larves précédentes; elle se distingue comme elles de la larve de Pria par le quatrième article des antennes sensiblement plus court et par les quatre ocelles noirs, dont deux antérieurs contigus et deux postérieurs écartés et bien plus petits. Comme elles aussi, elle a le mamelon anal saillant en arrière et sur le prothorax une large bande transversale d’un brun roussàtre et interrompue au milieu par une ligne blanchâtre, mais cette bande est peu apparente. Elle présente cependant, relativement à ses congénères, les différences suivantes : le dernier segment est arrondi postérieurement plutôt que tronqué ; le mamelon anal est pourvu postérieurement et à son bord inférieur de deux petites papilles rétractiles ; le corps qui, à la loupe, paraît pointillé et comme chagriné, est, vu au microscope, couvert non de cils, mais de très-petites granulations bien moins serrées que les cils spinuliformes qui revêtent les larves des Brachyplerus déjà cités ; ces granulations sont bien plus petites et moins denses sur la face pectorale et ventrale; les pattes, au lieu d'être terminées par une ampoule plus courte que l’ongle et précédée d’une soie spatulée, sont conformées comme celles de la Pria, c’est-à-dire avec une ampoule grande, débordant l'ongle, sans soie spatulée. Enfin, l'antépénultième segment porte sur le dos deux trèspetits points brunâtres, écartés, un de chaque côté de la ligne médiane ; le pénultième a aussi deux points brunâtres beaucoup plus grands, et le dernier une bande transversale de même couleur.

Cette larve, susceptible de se courber en arc comme ses congénères, vit en juillet dans les fleurs des Urtica urms et dioicci qui fournissent abondamment l’insecte parfait. Elles s’y développent assez rapidement, et à la fm du dit mois ou au commencement d’août, elles se laissent tomber à terre pour s’y enfoncer et y subir en peu de jours leurs métamorphoses.

NYMPHE

Elle ressemble à celle des autres Brachyplerus.

Cereiifl rufllabrls, Latr.

Fig. 27.

LARVE

Long., près de 3 raillim. Hexapode, jaunâtre, avec deux séries de traits noirs sur le dos, charnue mais un peu ferme, presque glabre, légèrement elliptique, déprimée, avec le dos un peu convexe, arrondie ou à peine subéchancrée postérieurement,

La tête, pour la forme, la consistance et la couleur, ressemble entièrement à celle de la larve de Pria. Tous les organes céphaliques sont également comme chez celte dernière, avec cette seule différence qu’au lieu de deux ocelles de chaque côté, je n’ai pu en voir qu’un seul assez gros et noir.

Prothorax beaucoup plus large que la tête, très-arrondi sur les côtés, près de deux fois aussi long que chacun des deux autres segments thoraciques, marqué d’une bande transversale brune qui n’atteint aucun des bords et qui est interrompue au milieu. Mésothorax et métathorax égaux entre eux.

Premier segment de l’abdomen un peu plus long, les suivants s’allongeant progressivement jusqu’au sixième ; septième et huitième égaux au précédent ; tous ces segments ornés de deux lâches noires ou brunes en parallélogramme transversal, n’atteignant pas les côtés et séparées par un intervalle presque égal à leur largeur. L’aire de ces taches est marquée de très-faibles dépressions ou plis indiquant qu’il se produit là des dilatations destinées à faciliter les mouvements de progression. Dernier segment un peu plus large que long, presque plan en dessus, avec deux fossettes longitudinales écartées; brun avec la base jaunâtre, arrondi latéralement, très-légèrement échancré au bord postérieur ; muni en dessous d’un mamelon ambulatoire rétractile, très-faiblement bilobé.

Poils comme dans la larve de Pria; ceux de la tête et du dernier segment, qui en a six, sont subulés, les autres sont obtus au bout, et quelques-uns même un petit peu renflés. La région ventrale présente, comme le dos, des plis ambulatoires, et tout le corps est couvert d’aspérités ciliformes très-petites, très-serrées, inclinées en arrière et visibles seulement au microscope. A une forte loupe elles font paraître le corps comme trèsfinement chagriné.

iMTlDUlIDES.

- MELIGETHES

Stigmates comme dans la larve de Pria.

Pattes de même avec ces seules différences qu’elles débordent davantage le corps et que l’ampoule ou pelotte membraneuse est double ou très-profondément bilobée et qu’elle n’atteint pas la longueur de l’ongle.

Cette larve qui, comme celle de Pria et les suivantes, est peu agile et se courbe en arc lorsqu’on l’inquiète, vit dans les fleurs du Juncus obtusiflorîis Ehrh., articulatus D. C. La ponte a lieu au mois de juin, la larve naissante s’introduit sous l’enveloppe florale et se nourrit des organes qu’elle recouvre. Son développement complet paraît n’exiger que quelques jours, et lorsqu’elle veut se transformer en nymphe, elle se laisse tomber à terre où elle s’enfonce.

lleligctiies (ul(iilula) virldesceiis, Fab.

Fig. 28.

LARVE

Long., 3 millim. Elle ressemble tellement à celle de la Pria dulcamaræ, qu’après la description détaillée que j’ai donnée de celle-ci je ne pourrais que me répéter sur presque tous les points. Forme générale, épistome et labre soudés, mandibules, mâchoires et leur lobe, lèvre inférieure, palpes, antennes, tout est la même chose. Les ocelles m’ont paru plus clairement au nombre de trois, sous forme de trois petits tubercules disposés en triangle, les deux antérieurs noirs ou pupillés de noir, ce qui me porte de plus en plus à croire qu’il y en a trois dans celle de la Pria. Les pattes sont conformées comme dans cette dernière, c’est-à-dire avec la pelolle lagéniforme insérée sous la base de l’ongle. Les caractères différentiels sont seulement les suivants ;

Tête plus foncée, prothorax marqué sur plus de sa moitié antérieure d’une tache transversale rousse, n’atteignant pas les côtés, et interrompue au milieu par une ligne blanchâtre ; fossettes ambulatoires des deux derniers segments thoraciques et des huit premiers segments abdominaux ayant l’aréole centrale rousse ; une autre petite tache rousse moins apparente, surtout antérieurement, sur le milieu dorsal des dix segments précités ; dernier segment ayant trois taches de cette couleur, de sorte que le dessus du corps, à partir du mésothorax inclusivement, est orné de trois séries longitudinales de tai.'hes rousses, les médianes [jIus petites; dernier

segment non échancré, arrondi au contraire, mais ayant à la naissance de la déclivité postérieure deux très-petits mamelons ou tubercules rapprochés et calleux ; poils comme dans la larve de Pria, mais aspérités ciliformes plus apparentes au microscope.

J’ai trouvé cette larve dans les boutons à fleur et dans les fleurs ouvertes du navet et du radis. Malgré l’épanouissement de la fleur, le calice en quelque sorte tubuleux et les onglets des pétales de ces Crucifères lui servent d’abri et de protection jusqu’à son complet développement. Ce moment venu, elle se laisse tomber à terre et s’y enfonce pour se transformer en nymphe.

NYMPHE

Absolument comme celle de la Pria dulcamaræ.

Meligethes (iiitidula) teneur, Fah.

J’ai reçu cette larve de Jacquelin Duval qui l’avait recueillie dans les fleurs du colza. Elle est, ainsi que la nymphe, à tel point l’image de celles du M. viridescens, que je ne puis en rien dire de particulier.

Meli^etlies coracîniüï, Steph.

J’en dirai autant de cette larve que j’ai recueillie dans les fleurs de la moutarde, Sinapis r.igra, au mois de juin, mais dont je n’ai pas observé la nymphe.

marruliii, Ch. Bkis.

Comparée aux précédentes, elle présente les caractères différentiels suivants : elle est sensiblement plus velue et ses poils sont plus longs; la bande transversale du prothorax et les trois séries de taches dorsales sont de couleur noire et par conséquent plus tranchées.

La nymphe a sur la tète et sur le bord du prothorax des poils trèscourts et excessivement fins, et je n’en aperçois pas sur les côtés de l’abdomen ; les papilles terminales sont très -courtes.

MTIDULIDES. MELIGETHES 41

Cette larve vit dans les fleurs du Marrubium vulgare, confondue avec celle du M. vïllosus. Le calice tubuleux de cette labiée la protège trèsefficacement, et comme ce calice est persistant et qu’après la chute de la fleur les poils raides et convergents qui le ferment peuvent défendre l’accès de sa demeure et lui servir de rempart, elle y reste assez souvent pour subir toutes ses métamorphoses. Ne dirait-on pas qu’il y a dans ces petites bêtes la notion, l’appréciation raisonnée des conditions dans lesquelles elles vivent, des chances qu’elles courent, de la nécessité ou de l'inutilité des précautions à prendre pour leur avenir?

Iflcli^ethes flavipes, Stürm. — il. obiüeiiriis, Er. 9 ;

ItHluiatus, Er. (f .

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