II. erÿ'tliroims, Gyll — M. egcniis, Er.; lueuthæ, Bris
Je pourrais décrire aussi les larves de ces quatre espèces qui vivent dans les fleurs, la première de la Ballota fœtida, la seconde du Teucrium scoroclonia, la troisième du Lotus cornicnlatus, la quatrième de la Mentha rotundifolia, mais il est sans utilité que je m’y arrête, parce qu’elles ressemblent entièrement à la précédente, sauf que les séries dorsales des points sont plus ou moins apparentes. Je me borne donc à les mentionner.
Cet article était rédigé, lorsque j’ai eu connaissance, grâce à l’obligeance de M. E. Deyrolle, du mémoire publié par M. Eleanor Ormerod sur les mœurs des Meligethes, et inséré dans The Entom. month. Magaz., juillet 1874, p, 46. M. Ormerod a trouvé la larve du M. ru fipes dans, les fleurs de l’aubépine, et celles des M. œneiis et viridescens, souvent plusieurs ensemble, dans les fleurs des turneps et des choux. Il en a vu aussi sur les siliques. Il a observé qu’elles mangent le pollen, mais qu’elles n’attaquent ni la surface des siliques, ni les filets des étamines, quoique, installées sur ces parties de la plante, elles paraissent faire agir leurs mandibules. Elles se laissent tomber à terre pour se transformer et, comme moi, il a remar qué que c’est dans la nuit qu’elles quittent les fleurs, ce qui, du reste, est habituel aux larves ayant des mœurs analogues.
La description de M. Ormerod est faite sur une larve extrêmement jeune; il ne mentionne ni l’article supplémentaire des antennes, ni les ocelles, ni les pelottes des pattes.
rVitidula 4 pustulata F.
LARVE
Long., 4-4 1/2 millim. Cette larve ressemble assez à celle de la Pria dulcamarœ pour que je me borne à faire ressortir les différences, assez tranchées du reste, qui les séparent. Comme dans celles-ci l’épistome est soudé et la suture du labre est très-peu distincte ou nulle ; les mâchoires et leur lobe, la lèvre inférieure, les palpes, les mandibules et les antennes sont conformés de même, mais l’article supplémentaire de celles-ci est bien plus court, les mâchoires semblent être encore plus plates et subcornées, les palpes maxillaires sont moins saillants, le dernier article des antennes n’a pas à l’extrémité un poil un peu long, mais des poils trèscourts. La tête, dans son ensemble, a une forme un peu différente, elle est au moins aussi longue que large et à peu près triangulaire : les ocelles sont noirs, visibles en dessus et au nombre de deux, un antérieur transversal qui semble parfois double et un plus en arrière, très-petit, poncliforme.
Le corps, qui se courbe en arc et presque en cercle lorsque la larve est inquiétée, est moins elliptique, presque linéaire, entièrement d’un blanc un peu jaunâtre, avec deux taches roussâtres sur le devant du prothorax. Les dépressions dilatables, si prononcées sur le dos des larves précédentes, sont ici â peine sensibles; mais le bourrelet latéral existe. Le dernier segment est terminé non par deux tubercules à peine calleux, mais par deux épines relevées, coniques, cornées et testacées, précédées de deux aspérités de même consistance et de même couleur, situées sur le milieu du segment et portant un petit poil. Le mamelon anal est moins saillant. La villosité, presque nulle, est comme dans la larve de la Pria, mais, au microscope même, le corps paraît lisse et on n’y voit pas ces aspérités ciliformes que présentent les larves précédentes. Enfin, les pattes sont privées de cette pelotte ou ventouse dont ces mêmes larves sont pourvues.
On voit que, malgré un air de famille très-évident, la larve de la Nitidula 4 pustulata offre des caractères différentiels bien tranchés ; mais aussi son'genre de vie est bien différent, car, au lieu de se nourrir de fleurs, elle vit de charognes. Je l’ai trouvée abondamment, au mois d’avril, dans
MTIDULIDES. - IPS 43
le cadavre à moitié desséché d’im hérisson. Ayant placé celui-ci dans une caisse avec de la terre, je vis les larves l’abandonner successivement pour s’enfoncer dans la terre. Au commencement de juillet, après une absence, je trouvai les ISüidula écloses, mais j’avais perdu l’occasion d’observer la nymphe.
I|is quadripunctata, Ouv.
Fig. 29-32.
LARVE
Long., 8-9 raillim. Hexapode, presque linéaire, un peu atténuée aux deux extrémités, déprimée, d’un blanc jaunâtre, assez coriace, presque glabre, terminée par deux crochets cornés.
Tête très-transversale, s’élargissant beaucoup d’avant en arrière en s’arrondissant, déprimée, ferrugineuse, cornée, lisse, luisante, marquée sur le front de deux sillons arqués réunis postérieurement par un sillon transversal, ayant de chaque côté trois poils fins et courts.
Épistome grand, soudé au front, ou à suture imperceptible, profondément fovéolé au milieu; labre transversale suture presque nulle, très-peu arrondi ou même un tout petit peu échancré antérieurement, bordé de cils dorés touffus, mais extrêmement courts.
Mandibules d’un noir ferrugineux, crochues, acérées à l’extrémité.
Dessous de la tête lisse, luisant, ferrugineux, corné. Mâchoires' el menton de même consistance et de même couleur, soudés mais séparés par des sutures et distincts aussi par leur convexité propre ; tout le système enfermé dans un espace presque circulaire limité par des sillons assez profonds et laissant libre une grande partie latérale de la tête. Lobes maxillaires courts, arrondis, bordés d’une frange très- touffue de poils très-fins, courts et dorés ; palpes maxillaires assez courts, un peu saillants, de trois articles égaux, le dernier surmonté de très-petits cils.
Lèvre inférieure petite et cordiforme, palpes labiaux très-courts. et de deux articles, le tout enfermé dans l’arceau constitué par les deux lobes maxillaires.
Antennes de quatre articles, le premier court, épais et rétractile, les deux suivants sensiblement plus longs et égaux en longueur, le quatrième aussi long, mais trois fois plus grêle que le précédent, terminé par un poil un peu long et quelques-uns très-courts, et accompagné d’un article
44 LAftVES DE COLÉOPTÈRES
supplémentaire de plus de moitié plus court, inséré à l’extrémité inférieure du troisième article, et visible seulement quand on regarde la larve de profil.
Ocelles complètement nuis.
Prothorax un peu plus large que la tête, transversal, une fois et demie au moins aussi long que chacun des deux autres segments thoraciques, d’un testacé ferrugineux, avec les lisières antérieure et postérieure et la ligne médiane d’un blanc jaunâtre, marqué sur la bande ferrugineuse de deux dépressions obsolètes et muni latéralement de deux ou trois poils fins et courts. Mésothorax et métathorax égaux entre eux, d’un blanc jaunâtre avec un petit poil de chaque côté.
Abdomen de neuf segments dont les huit premiers sont d’un blanc jaunâtre, le premier un peu plus grand que le métathorax et plus court que chacun des sept suivants, tous munis de chaque côté de deux poils trèsfins et courts et en outre d’un bourrelet, sur le dos de huit poils et sur la face ventrale de quatre ou de six, ces divers poils formant un verticille. Neuvième segment sensiblement plus étroit que les précédents, arrondi postérieurement, convexe, testacé ferrugineux et subcorné en dessus^ terminé par deux crochets plus foncés, assez robustes, cornés, relevés, arqués en haut, munis au bord interne et un peu en dessous d’une petite dent cornée et noire portant un poil. En avant des crochets deux tubercules cornés, ferrugineux, à la base desquels on voit deux ou trois petits poils. D’autres poils rares, très-fins et courts s’observent autour de ce segment. Dessous du corps uniformément d’un blanc jaunâtre.
Mamelon anal situé au centre du dernier segment, se montrant, quand il est contracté, sous la forme d’un anneau enfermant quatre petits mamelons.
Tout le corps, vu à une forte loupe, paraît couvert d’une pruinosité dorée; avec un grossissement plus fort on constate que cette pruinosité est un duvet tomenteux très-fin et couché en arrière, et en effet, au microscope, on voit tout le corps revêtu de poils très-serrés, très-fins et trèscourts.
Stigmates au nombre de neuf paires, roussâtres, comme subcornés et saillants. La première paire, un peu plus grande et â peine plus inférieure que les autres, située aussi près que possible du bord antérieur du mésothorax, les suivantes sur les huit premiers segments abdominaux, mais pas à la même distance du bord antérieur. La première est vers le tiers, a seconde vers les deux cinquièmes, les quatre suivantes vers la moitié,
JNITIDULIDES. - CARPOPHILUS
l’avant-dernière paire vers les deux tiers et la dernière près de rextrémilô. Ces stigmates ont la forme de tubercules luisants, d’autant plus saillants qu’on va plus en arrière ; la dernière paire est même visiblement mais brièvement tubuleuse.
Pattes de médiocre longueur, susceptibles de déborder un peu le corps, de cinq pièces, ongle compris, munies de quelques petits poils, sans pelotte ou ventouse.
Quoique, dans l’Histoire des Insectes du Pin maritime, j’ai fait connaître la larve deVips fen'uginea,]’^ cru devoir donner une description détaillée de celle de 1’/. ipunctata, parce que j’ai des rectifications et des additions à faire à la précédente.
En donnant aux mâchoires l’épithète de longues je me suis trompé, car elles sont courtes et la figure que j’en ai donnée est un peu fautive. Il faut pour ces organes, ainsi que pour la lèvre inférieure, se reporter à ce que j’ai dit et figuré relativement à l’espèce comprise dans ce travail, car sous ce rapport comme pour l’épistome, le labre et presque tout le reste, il n’y a pas de différence entre elles. En parlant des antennes, je n’ai rien dit de l’article supplémentaire, or, il existe dans la larve de 1’/, ferruginea comme dans celle de 1’/. 4 piinctata. Les stigmates sont également subcornés, tuberculiformes, saillants, mais peut-être un peu moins, et disposés de la môme manière. Enfin le corps est couvert du même duvet doré et couché.
J’ai trouvé la larve de 1’/. 4 punctata, avec l’insecte parfait, au mois de juin 1854, dans les montagnes de Guadarrama en Espagne, sous l’écorce d’une souche de Pin sylvestre assez récemment abattu, et où vivaient aussi les larves du Hylttrgus ligniperda dont elle est peut-être l’ennemie.
Je no connais pas la nymphe.
Cariioiihilus) (Demi estes) heiiiipteeus L.
Fig. 33-34.
LARVE
Long., 4-5 millim. Elle est plus petite que celle de l’J. 4 piinctata, mais elle lui ressemble assez pour que je m’abstienne de la décrire et que je me borne à signaler ce qui l’en distingue. Sa physionomie générale est la même, la tête a la même consistance, la même couleur, les mêmes fos-
LAKVES UE COLÉOPTÈRES
settes, l’épistome est soudé, la suture du labre est peu apparente, les mâchoires, la lèvre inférieure, les antennes ont la même forme, il en est de même des pattes. Elle diffère parles caractères suivants :
Elle se courbe plus en arc lorsqu’elle est inquiétée. Le lobe des mâchoires m’a paru glabre, et dans les palpes maxillaires le second article est un petit peu plus long que les autres ; sur chaque joue il existe quatre ocelles ou semblants d’ocelles rèprésentés par quatre points noirs, deux près de la base de l’antenne, elliptiques, adossés et quelquefois tellement unis qu’ils semblent n’en faire qu’un, et deux autres un peu en arrière écartés, beaucoup plus petits, ponctiformes. Le dernier segment de l’abdomen, roussâtre en dessus, se rétrécit subsinueusement d’avant en arrière, et est terminé par deux pointes coniques, subcornées, non relevées, droites ou à peine arquées. A la base externe de chacune de ces pointes on voit une dent surmontée d’un poil, et sur la face dorsale surgissent deux tubercules coniques, bien saillants, dirigés en arrière. Les stigmates ne sont pas proéminents et leur position est plus normale; la première paire s’ouvre très-près du bord antérieur du mésothorax et les autres au tiers antérieur, ou à peu près, des huit premiers segments abdominaux. Les trois ou quatre paires postérieures sont un peu plus en arrière que les autres. Les poils sont aussi rares et aussi courts que dans la larve précédente, mais le corps paraît dépourvu de tout duvet ; toutefois, à une trèsforte loupe, la surface dorsale et ventrale de chaque segment, sauf le dernier, semble très- finement alutacée, et au microscope cette surface est couverte de cils très -fins et très- serrés, inclinés en arrière.
La larve du C. he-mipterus a les plus grands rapports avec celle du G. sexpustulatus qui figure dans mon Histoire des insectes du Pin maritime. Celle-ci n’en diffère que par une taille plus petite et par l’absence de la dent à la base externe des deux pointes terminales. Je l’ai trouvée abondamment, ainsi que la nymphe et l’insecte parfait, au mois d’octobre, dans du marc de vendange, déposé en plein air et échauffé par la fermentation. De quoi s’y nourrit-elle ? Est-ce de la substance môme du raisin, ou des mucédinées que la fermentation développe dans la masse, ou des larves deDrosophilacellaris et autres qui y vivent en quantités innombrables? C’est ce que je n’ai pu décider ; ce que je sais c’est que, grâce à l’abondance des matières alimentaires, à leurs propriétés nutritives et à la température, le développement est rapide. Quinze jours paraissent y suffire, et c’est dans la masse elle-même, dans une cavité quelconque, que s’opère la métamorphose en nymphe.
NITIDULIDES.
RHIZOPHAGUS
NYMPHE
Elle est assez ferme et présente les particularités suivantes : six soies roussâtres, assez épaisses et spiniformes près du bord antérieur du prothorax, dont quatre plus longues ; quatre courtes près du bord postérieur; une sur chaque genou; une de chaque côté des premiers segments de l’abdomen et deux de chaque côté des autres ; dernier segment terminé par deux soies droites, plus longues et plus épaisses que toutes les autres. Â une forte loupe tout le corps semble très-finement chagriné; le microscope le montre couvert de cils très-fins, très-courts et très-serrés, et révèle en outre l’existence de quelques poils d’une finesse extrême.
Bliizopliagiiis (fl>9^ctus) disipar, Paye.
Fig. 35.
LARVE
Je me dispense d’en donner la description, parce que celle de la larve du R. nitiduliis s’y rapporte dans tous ses détails, sauf un seul. Cette unique différence consiste en ce que les trois lobes dentiforraes des prolongements terminaux sont tous coniques et qu’aucun d’eux n’est échancré, ce qui la rapproche de la larve du R. depressus] mais elle se distingue (le celle-ci en ce que la dent supérieure externe est sensiblement plus longue que les autres.
J’ai trouvé assez abondamment cette larve, au mois de septembre, dans les Pyrénées, sous l’écorce de souches de sapin habitées parles larves du Rissodes piceæ, et dont elle paraissait consommer les déjections. Je présume que, comme ses congénères, elle s’enfonce dans la terre pour se transformer, mais je dois dire pourtant que j’ai trouvé une nymphe au milieu des détritus. Le fait n’est peut-être qu’accidentel.
NYMPHE
Elle ressemble entièrement à celles des autres Rhizophagus.
Les larves des Nitidulides n’ont pas toutes le môme air de famille comme celles de plusieurs autres groupes. Les unes, telles que celles des Epiiræa
48 LARVKS DE COLÉOPTÈRES
el des Soronia, appelées à vivre dans les matières purulentes qui découlent des plaies et des ulcères des arbres, sont hérissées de soies, de pointes, de tubercules et multidentées à l’extrémité, avec les stigmates pédonculés ou tubuleux dont les dernières paires sont plus reculées qu’à l’ordinaire; leur corps est terne et plus ou moins souillé. D’autres, passant leur vie sous les écorces ou dans certaines substances fermentescibles, ont le corps assez déprimé, en apparence lisse et terminé par deux pointes ou crochets, caractère qui, joint à leur forme et à leur couleur, les rapproche des Trogositides. D’autres, qui ont leur berceau dans les corolles des fleurs, sont dépourvues de pointes ou de crochets terminaux ou ont à leur place deux tout petits tubercules, mais elles ont sur le dos deux séries ordinairement bien marquées de fossettes dilatables et leurs pattes ont sous l’ongle une pelotte ou ventouse d’apparence vésiculaire qui manque à toutes les autres, mais qu’on retrouve dans les larves anthopbages des Olibrus. Elles ont aussi, et ce caractère leur est commun avec les larves de la catégorie précédente, le corps couvert de petits cils pileux ou spiuuliformes, visibles seulement au microscope et extrêmement serrés. Certaines d’entre elles sont ornées de trois rangées de taches ou de points roux ou noirs, caractère qui, jusqu’ici, semble exclusivement propre aux larves de Meligethes, ou de deux rangées de taches transversales, comme on a pu le voir pour la larve du Cercus rufilabris. Il en est qui vivent dans les cadavres, et celles-ci, s’il faut s’en rapporter à la larve de la NitidiUa k pustiilata, ressembleraient aux larves des fleurs, mais sans les pelottes des pattes et sans les cils spinuliformes. Enfin le nombre des ocelles varie de un à quatre de chaque côté et quelques-unes en sont complètement privées. Ces ocelles qu’il serait, je crois, impossible de voir s’ils n’étaient colorés en noir, ne sont peut-être que des vestiges d’organes de la vision, car ordinairement' ils ne sont pas saillants.
Au milieu de ces différences qui sont loin de constituer des disparates comme on en rencontre quelquefois dans une même famille, on trouve des caractères importants qui établissent des affinités entre ces diverses larves et permettent de les considérer comme appartenant au même groupe. Ces caractères résident dans les organes de la tête On a pu voir, en effet, par les descriptions qui précèdent, que, dans toutes, l’épistome est soudé au front, que le labre est également presque soudé, que les mâchoires sont courtes, avancées, et forment, avec la lèvre inférieure peu développée, un ensemble presque soudé aussi et occupant un espace plus circonscrit qu’à l’ordinaire ; les palpes maxillaires, quoique assez courts, débordent la tête.
NITIDUllDES. - TROGOSITA
les palpes labiaux sonttrès-pelits elles antennes ont toujours sous le quatrième article un article supplémentaire ordinairement presque aussi long que lui. Il est de plus à remarquer que ces larves sont presque glabres, que les quelques poils qu’elles portent sont généralement fins, courts et disposés symétriquement sur les divers segments du corps, et qu’elles ont la faculté de se courber en arc.
Le genre de vie des larves desNitidulides est assez varié et il nous reste encore beaucoup à apprendre sur leur compte. Les unes, celles de certaines Epuræa, des Soronia et probablement des Cryplarcha, \ivent dans les écoulements sanieux des ulcères ou des plaies des arbres et elles ont en conséquence reçu, comme je l’ai dit, des stigmates tubuleux pouvant émerger de ces substances dont le corps est habituellement couvert. J’ai observé cependant des larves d’ Epuræa sur des Mucédinées développées à la face interne d’écorces détachées d’un Peuplier abattu en sève et déposées sur le sol. D’autres, comme celles des Ips, naissent sous l’écorce d’arbres récemment abattus et pleins de sève, soit pour se nourrir de cette substance, soit pour en vivre quelques jours et remplacer ensuite cette nourriture par des aliments plus substantiels, c’est-à-dire par d’autres larves ou par leurs déjections. Celles-ci également, exposées à être baignées par la sève, ont des stigmates tubuleux, mais sensiblement moins que ceux des précédentes. Quelques-unes, celles de certaines Nitidiila et Omosüa, contribuent à la destruction des cadavres. 11 en est qui, comme celle du Carpophilus hemipteriis , se plaisent dans les substances en fermentation. Celle de VAmphotis marginata vit probablement dans les fourmilières. Un grand nombre, plus recherchées dans leur alimentation, comme celles des Pria et des Melige-thes, s’abreuvent du nectar des fleurs et savourent leurs organes les plus délicats, et leurs pattes sont munies d’une pelotte ou ampoule vésiculeuse qui leur permet sans doute de se fixer pins solidement sur les corps si mobiles et sujets à tant de secousses où elles ont le vivre et le couvert. Certaines enfin, celles des Pocadiiis et des Cychramiis et probablement celles des Cyllodes, sont fongivores.
Remarquons la rapidité du développement des larves anthérophages, comparé à celui des larves subcorticales. Quelques jours leur suffisent pour arriver à l’état adulte, ce qui prouve que la substance pollinique dont elles s'alimentent est très-nutritive comme je l’ai fait observer ailleurs pour les larves d’ Anthonomus et d’Apion qui vivent dans les boutons de diverses fleurs, et que la nature, conséquente avec elle-même, a tenu compte de la
PER
fragilité et du peu de durée des organes qui servent de nourriture à ces
diverses larves.
Disons enfin, pour signaler un caractère non insignifiant que nous ne retrcRivons guère dans les familles suivantes des Trogositides, des Colydiides, des Cucujides et bien d’autres, que ces larves en général et peutêtre toutes, s’enfoncent dans la terre pour se transformer. Si nous avons vu celle du Carpophilus hemipterus s’installer, au dernier moment, dans une des mille cavités que lui offrait le marc de raisin, cela tient probablement à ce qu’elle trouvait là des conditions analogues à celles que la terre lui aurait offertes, et je suis disposé à penser que si elle avait été à portée de cette dernière, elle lui aurait donné la préférence. Je saisirai la première occasion pour le vérifier.
Vrogostta (Tenebrlo) Maurltaiiica L.
J’ai trouvé plusieurs fois cette larve sous l’écorce ou dans la vermoulure des Châtaigniers et des Chênes, mais je n’en donnerai pas la description parce que plusieurs auteurs, l’abbé Rosier, dans son Cours d'agriculture, Dorthes, dans les Mém. de la Soc. d'Agricult. de Paris, 1787, Herbst, Latreille, Sturm, Hammerschmidt, Westwood et Erichson s’en sont occupés. La description détaillée de ce dernier savant se trouve reproduite dans le Catalogue de MM. Chapuis et Candèze, p. 76, et elle sera bien suffisante lorsqu’elle aura subi les rectifications ci-après :
Les antennes, qu’Erichson a observées sans doute sur une larve morte, et qu’il dit composées de deux articles, en ont réellement quatre, dont les deux basilaires plus pâles et rétractiles. Il existe aussi un article supplémentaire très-grêle et rétractile, placé au-dessous du quatrième et visible seulement quand on observe la larve de profil.
Les palpes maxillaires sont de trois articles et non de quatre.
Cette larve ressemble beaucoup, à part la taille, à celle du Temnochila cærulea que j’ai décrite. Soc. ent., 1853, p. GOA; mais elle est dépourvue d’ocelles, tandis que celle-ci en a deux très-petits de chaque côté.
Quant à la nymphe, dont je ne sais si quelqu’un a déjà parlé, elle reproduit, dans les moindres détails, celle du Temnochila, dont j’ai donné la description dans les Ann. de la Soc. ent., 1862, p. 189.
J’ai déjà exprimé (loc. cit,, p. 608) mon opinion sur le genre de vie de
COLYDIIDES. — ENDOPHLOEUS
la larve du Trogosita que beaucoup de personnes considèrent comme trèsnuisible au blé, dans lequel on ne la trouve selon moi que parce qu’elle y est attirée par les chenilles de teigne ou d’alucite, ou les larves de Sitophilus, de sorte qu’au lieu d’être nuisible elle serait utile, et qu’elle aurait le droit de réclamer contre l’injustice de sa dénomination générique. Sous les écorces elle fait lâchasse aux larves lignivores, ou se nourrit de leurs déjections et de leurs dépouilles.
Les larves connues des Trogositides de M. de Marseul, autres que celles du Trogosita et du Temnochila.^ sont les suivantes :
Nemosoma elongatum L., Westwood, Introd. t. I, p. 146, Erichson, Nalurg. der insect. Deutschl. 1845, et Chapuis et Candèze, Catal. des larves, p. 74.
Peltis grossa L., Ent. zeit. zu Stettin, 1852, pl. III. Figures de la larve et de la nymphe, sans description.
Thymalus limbatus F., Chapüis et Candèze, loc. cit. p. 77.
La forme de ces deux dernières larves me semblerait bien justifier une famille spéciale sous le nom de Peltides.
COLYDIIDES
Endophlœus (Eledona) tipiuosulas, Latr.
Fig. 36-40.
LARVE
Long., 9 millim. Hexapode, d’un blanc un peu jaunâtre, légèrement coriace, linéaire, presque plane en dessous, peu convexe en dessus ; dernier segment marqué de points symétriques et terminé par deux crochets.
Tête libre, déprimée, subcornée et roussâtre, marquée en dessus de deux sillons formant une ellipse et vers le milieu de chacun de ces sillons d’un point enfoncé ; deux fossettes un peu transversales près du bord antérieur qui est striolé en travers ainsi que l’épistome. Celui-ci soudé
52 LATIVES I)E COLÉOPTÈRES -
avec le front, ou du moins à suture indistincte ; labre semi-elliptique et
longuement cilié.
Mandibules ferrugineuses avec l’extrémité noire et bifide.
Mâchoires peu inclinées, non coudées, assez courtes, ne descendant que jusqu’aux deux tiers de la tête, leur lobe dépassant un peu le premier article des palpes maxillaires, frangé au sommet de soies assez longues.
PaZpes maxillaires légèrement arqués en dedans et de trois articles, le second muni en dehors d’un petit poil.
Lèvre inférieure aussi longue que large, se rétrécissant un peu d’avant en arrière, prolongée en une petite languette et portant les deux palpes labiaux de deux articles.
Antennes subconiques, de quatre articles, le second un peu plus court que le premier et le troisième qui sont égaux en longueur, le quatrième presque aussi long que le précédent, grêle, surmonté d’un long poil et de deux ou trois très-courts, et accompagné d’un article supplémentaire de moitié moins long que lui, inséré à l’extrémité inférieure du troisième article et visible seulement lorsqu’on regarde la larve de profil.
Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, cinq ocelles noirs trèspetits en deux séries transversales, l’antérieure de trois également espacés, l’autre de deux, placés vis à vis les deux plus inférieurs de la série précédente.
Prothorax une fois et demie aussi long que chacun des deux autres segments thoraciques et que le premier segment abdominal, sensiblement déprimé et s’élargissant en s’arrondissant d’avant en arrière.
Abdomen de neuf segments dont les huit premiers, de plus en plus longs, sont pourvus d’un léger bourrelet latéral et munis, ainsi que le métathorax, sur le dos et, sauf ce dernier, sur la face ventrale, de deux ampoules dilatables peu prononcées, mais pourtant bien apparentes. Neuvième ou dernier segment roussâtre en dessus, se rétrécissant d’avant en arrière, profondément échancré postérieurement, terminé par deux crochets recourbés en haut et dont la moitié apicale est cornée et ferrugineuse ; orné, sur le dos de quatorze petites taches ou points de couleur marron et disposés symétriquement de la manière suivante : six en série arquée assez près du bord antérieur, les deux extérieurs plus petits que les quatre intermédiaires, deux un peu en arrière, ordinairement les plus petits de tous, quatre un peu en arrière de ceux-ci, en série légèrement arquée et enfin deux près du bord postérieur. Au fond de l’échancrure se
COLYDIIDES. — ENDOPHLOEUS 53
trouve une cavité très-apparente, arrondie, en forme de cloaque, analogue à celle que présentent les larves à’Auloniim.
Mamelon anal situé au centre de la face inférieure du dernier segment, plissé et pourvu de deux petits lobes ou mamelons rétractiles qui servent de pseudopodes.
Stigmates au nombre de neuf paires, la première, un peu plus grande et à peine plus inférieure que les autres, très-près du bord antérieur du mésothorax, les suivantes au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux,
Vattes peu robustes, de médiocre longueur, à peine susceptibles de déborder le corps, de cinq pièces, ongle compris ; quelques fines soies sur la hanche, deux ou trois sous le trochanter, autant sous la cuisse, une sur le dos du tibia, une très-courte à la base inférieure de l’ongle.
Le corps de cette larve est presque glabre ; on voit deux ou trois poils fins et à peine roussâtres de chaque côté de la tête, trois de chaque côté du prothorax et deux sur la face dorsale, deux ou trois de chaque côté des dix segments suivants et deux aussi sur le dos, plusieurs enfin d’inégale longueur autour du dernier segment ; mais en dessous les poils sont un peu plus nombreux et plus entremêlés que sur le dos de poils beaucoup plus courts et raides qui, de concert avec les pattes, les bourrelets et les ampoules ambulatoires, doivent aider à la progression.
J’ai trouvé plusieurs fois la larve de YEndophlœus, et de loin en loin, dans l’arricrc-saison, avec l’insecte parfait, sous l’écorce de vieux chênes morts; elle vit des déjections laissées par les larves, principalement de Longicornes, qui se sont nourries de ces écorces. Je ne l’ai pas rencontrée en compagnie de ces larvés lignivores et consommant, comme d’autres, leurs déjections encore fraîches, et jusqu’à présent je suis porté à croire que la ponte de VEnclophlæus n’a lieu qu’au printemps de la seconde année des larves des Longicornes,
Je ne connais pas la nymphe, mais comme la larve adulte ne se rencontre guère que vers le milieu de l'été, je dois penser que la métamorphose s’opère à la fin de cette saison. Ce qui me porte à le croire, et ce qui justifie aussi mon opinion sur l’époque de la ponte, c’est que les insectes parfaits hivernent dans les mousses et les lichens des arbres et principalement sous les écorces où il m’est arrivé d’en trouver des groupes de trente, quarante et même plus, serrés les uns contre les autres et dans une immobilité absolue. On les prendrait d’abord pour des détritus du bois dont ils ont la couleur, puis pour des cadavres, car on a beau les
exciter, c’est à peine si, dans le nombre, on en remarque quelqu’un qui
donne signe de vie.
Colobicu!» emarsinatus Latr.
Fig. 4t-42.
LARVE
Long., environ 7 millim. Cette larve ressemble tellement à celle de VEndophlœus qu’il faut y regarder de très-près pour l’en distinguer. Forme générale, consistance, couleur, soudure du front et de l’épistome, mandibules, mâchoires et palpes, antennes, ampoules ambulatoires, échancrure, crochets et cloaque du dernier segment, mamelon anal, poils, pattes, stigmates, tout est de même. Une observation attentive permet cependant de constater que l’article supplémentaire des antennes est sensiblement plus court et que les ocelles, aussi au nombre de cinq, sont disposés de telle sorte que les deux du second rang, au lieu de se trouver vis à vis les deux inférieurs du premier rang, alternent avec eux. Mais ce qui permet de distinguer tout de suite, la loupe à l’œil, cette larve de celle de VEndophlœus, ce sont les caractères que présentent les deux derniers segments. Nous avons vu que, dans cette dernière larve, l’avantdernier segment ressemble aux précédents et que le dernier est marqué de petites taches rousses, ponctiformes, disposées symétriquement. Dans la larve du Colobicus le pénultième segment et la base du dernier sont ornés de taches rousses, longitudinalement elliptiques, limitées par des traits blanchâtres qui dessinent une réticulation élégante. Le dessin que j’en donne est exact, mais il faut se figurer que les traits noirs qui dessinent les taches elliptiques sont blanchâtres et que les ellipses elles-mêmes sont rousses. En arrière de ces taches et en regard des crochets qui semblent un peu plus relevés à l’extrémité que dans la lai’ve de VEndophœlus, une forte loupe montre un groupe de très-petits tubercules subcornés dont quelques-uns sont surmontés d’un petit poil.
Je n’ai pas suivi les métamorphoses de cette larve, mais les circonstances dans lesquelles je l'ai trouvée me permettent d’affirmer qu’elle appartient à l’insecte auquel je l’attribue.
Dans le courant du mois de mai, sous l’écorce de bûches de Chêne tauzin empilées depuis un an et demi et qui avaient déjà donné naissance
CUCUJIDES, - COLOBICÜS 55
à une génération de CalUdium sanguineum et de Callidium variabile dont elles recelaient quelques cadavres, je rencontrai quelques Colobicus, et avec ces insectes de toutes petites larves vivant évidemment des déjections des larves des Longicornes, et qu’après minutieux examen je ne pus rapporter qu’à YEndophlœus spinosuhis, mais que, vu la présence du Colobicus, je soupçonnai aussi appartenir à ce genre très-voisin du précédent. Je me réservai d’éclaircir le fait, et vers la mi-juin je retournai sur les lieux. Je trouvai mes larves bien grandies, et avec elles d’autres plus petites comme celles que j’avais observées la première fois et trois Colobicus. J’examinai à la loupe les larves les plus développées et je ne tardai pas à constater ces aréoles rousses et elliptiques dessinées par une réticulation blanchâtre sur les deux derniers segments et que je voyais pour la première fois. Il ne m’était plus permis, dès lors, de penser à YEndophlœus, et je n’hésitai pas à me prononcer pour le Colobicus. Restait à trouver la nymphe, et après avoir recueilli quelques larves pour les étudier, je me retirai avec le projet de revenir. Au commencement de juillet je réalisai ce projet, mais j’eus beau détacher et mettre en pièces des écorces et fouiller les détritus qu’elles couvraient, je ne pus voir une seule nymphe ; je remarquai même que les larves étaient plus rares et que les adultes avaient disparu. N’ayant pas ce qu’il fallait pour emporter des larves chez moi afin de les y élever, je m’en tins à l’espoir que des observations nouvelles me donneraient de meilleurs résultats.
Le 20 juillet je fis à mes bûches une dernière visite, mais ma déception fut complète ; il ne restait plus une seule larve de Colobicus, et deux heures de recherches inutiles, plus de cinquante bûches écorcées en vain me prouvèrent suffisamment que je ne devais pas compter sur une nymphe.
En réfléchissant à ce fait, je me sens porté à croire que les larves de Colobieus, comme celles des Rhi-zophagus et de.bien des Nitidulaires (et il doit en être de même de celle de YEndophlœus) quittent, pour se transformer, les lieux où elles se sont développées et qu’elles accomplissent leurs métamorphoses dans la terre. Leurs évolutions doivent être terminées au plus tard à l’automne, car le Colobicus hiverne, comme YEndophlœus, sous les écorces, mais plus encore dans les mousses et les lichens des arbre.ï.
Ces deux insectes ont donc tout à fait les mômes mœurs.
Ils appartiennent l’un et l’autre à la famille des Colydiides.
Les larves connues de ce groupe sont les suivantes :
BitomacrenataY., Perris, Ins. du Pin, Soc. Ent. 1853, p. 614.
•laryes de coléoptères SynchUa juglandis Helw., Nordlinger, Ent. Zeit. zu Stett. 1848, p. 256, quelques mots seulement.
Aulonium siilcatum Oliv., Westwood, Introd. 1. 1, p. 147, fig. 12. — Bicolor Herbst, Perris, Ins. du Pin, Soc. Ent. 1853, p. 610,
Colydium castaneim Herbst (exot.), Mac Leay, Annulosa javan. n" 92 — C. elongatiim F., Ratzeburg, Die Forstins. t. I, p. 188, pl. 14, fig. 34, 35; Sturm, Deutschl. Insect. 1849, t. XX, p. 50, pl. 368, — C. FiliformeF,, Erichson, Naturg. der Ins. Deutschl. 1845, p. 280.
Cerylon histeroides F., Perris, Ins. du Pin, Soc. Ent. 1853, p. 616.
Ces larves, sauf celle de Cerylon qui serait mieux placée, cerne semble, à côté de celles de Rhizophagiis, sont remarquables par la cavité que présente la face postérieure du dernier segment. Cette cavité ou cloaque, qui existe aussi, comme on l’a vu, dans les larves d'Endophælus et de Colobicus, doit avoir une destination physiologique, mais nous ne saurions dire laquelle.
CUCUJIDES
Prostoniis (Trog;oNlta) maiitlibnlari», F.
Je mentionne cette curieuse larve parce que je l’ai trouvée dans un tronc de Châtaignier mort depuis longtemps et dont le bois était devenu feuilleté par suite de la décomposition du tissu cellulaire et peut-être aussi de l’action des gelées. Elle vivait entre les feuillets, au milieu de déjections laissées par des larves qui l’avaient précédée. Je m’abstiendrai de la décrira parce que nous en avons deux bonnes descriptions, l'une d’Erichson, Archiv. de Wiegm.. 1847, p. 285, reproduite par mes amis MM. Chapuis et Candèze, dans leur Catalogue, p. 85, l’autre de Curlis, Trans. entom. Soc. 1854, avec des figures d’une parfaite exactitude. Ces deux auteurs avaient trouvé la larve dans du bois de Chêne en décomposition.
Je dirai seulement, parce que ce caractère important n’a été signalé par personne, que les mâchoires et le menton sont soudés entre eux sur presque toute leur longueur et si intimement que la plaque hypocéphalique est pour ainsi dire exempte de tout sillon, de toute, suture.
CUCUJIDES,
BRONTES
Broutes (Ccramliyx) plaiiatus L.
Dans VHistoire des Insectes du Pin j’ai décrit la larve et la nymphe de cet insecte. J’en reparle ici, d’une part, parce que cette larve carnassière ou vidangeuse, qui aime à vivre sous presque toutes les écorces des grands arbres où d’autres larves ont laissé des résidus, se trouve aussi sous l’éco.rce des troncs morts de Châtaigniers ; d’autre part, parce que j’ai des rectifications et additions à faire à ma première description.
Ainsi, le labre, qui est très-avancé et semi-discoïdal, est soudé à l’épistome, lequel est soudé au front, de sorte que le dessus de la tête ne pré' sente aucune suture transversale. Les mâchoires ne sont pas précisément fortes, elles sont d’une grosseur moyenne, libres, peu allongées et visiblement coudées ; le lobe maxillaire est aussi long, ou bien peu s’en faut, que le palpe correspondant ; le premier article des palpes maxillaires est visiblement plus court que chacun des deux autres ; la lèvre inférieure se prolonge antérieurement en une languette arrondie. Je considère les antennes comme formées de quatre pièces au lieu de trois, y compris l’empâtement basilaire que, tout bien considéré, je compte pour un article. Je ne suis plus sûr de six ocelles, et il me semble qu’il n’y en a que cinq, dont quatre antérieurs presque contigus, en ligne transversale, et un un peu en arrière, presque vis à vis le premier des précédents.
La composition segmentaire de l’abdomen a besoin d’une révision. J’ai dit, dans ma première description, qu’il ne paraissait formé que de huit segments ; mais comme deux stigmates débouchent près des angles postérieurs du huitième segment et que le dernier segment, dans les larves des Coléoptères, sauf, jusqu’ici, celles de beaucoup de Dytiscides et celles des Donacides, n’a jamais d’orifices respiratoires, j’ai été conduit à considérer comme neuvième segment ce qui a toutes les apparences et fait l’office d’un pseudopode anal. Voici ce que je pense maintenant, après des études sérieuses pour éclaircir ce point qui me préoccupait.
J’ai rattaché au huitième segment abdominal deux longs appendices effilés, divergents, qui m’avaient paru composés de trois articles et qui semblaient implantés sur le milieu du bord postérieur de ce segment; or, ils en sont indépendants, ils forment comme une longue fourche au sommet d’une sorte de mamelon transversal placé sous la plaque dorsale du huitième segment qui le cache presque entièrement; mais on le distingue très-
bien lorsqu’on observe la larve de profil. Ce mamelon est, à n’en pas douter, le neuvième segment à l’état rudimentaire. Et alors s’expliquent ces deux appendices qui sont, lorsqu’ils existent, l’apanage de ce segment. Ils s’expliquent aussi d’une autre manière.
A partir du troisième ou plutôt du quatrième segment, on voit poindre, de chaque côté, une petite saillie dentiforme surmontée d’une longue soie. Cette saillie devient de plus en plus forte à mesure que l’on va en arrière ; sur le septième segment elle a déjà la forme d’un mamelon conique, et sur le huitième elle représente une assez longue papille cylindrique ; il n’est pas étonnant que, sur le neuvième, qu’il soit rudimentaire ou non, ces appendices aient une longueur bien supérieure.
J’ai dit qu’ils m’avaient d’abord paru de trois articles, mais leur nature et un plus heureux examen m’ont appris qu’il n’en est pas ainsi. Ils ne sont, en effet, que ces saillies dentiformes et terminées par une soie des quatrième à sixième segments, ces mamelons et ces papilles également sétigères des septième et huitième, seulement ils sont beaucoup plus développés. Ils n’ont donc que deux pièces, la première mùnie de trois poils, un en dessous, un plus long en dessus au delà du milieu de sa longueur et un plus fin aussi en dessous, mais à l’extrémité qui se rétrécit assez brusquement pour emboîter la seconde pièce qui n’est, à proprement parler, qu’une soie. Le microscope montre en outre sur la première pièce quelques poils très-courts et très-fins.
Ainsi se trouve régularisée et ramenée aux conditions normales la composition segmentaire de cette larve. Seulement, par une exception unique pour moi jusqu’ici, le neuvième segment abdominal est rudimentaire, il est représenté par un mamelon dorsal caché sous le segment précédent et ne se révélant par aucun vestige sur la face ventrale. Cette organisation insolite et la faculté qu’a la larve de relever même verticalement ses appendices terminaux ont sans doute leur raison d’être.
Je n’ai pas besoin d’ajouter que le long pseudopode anal reprend son rang et sa vraie dénomination.
En arrière des saillies ou papilles latérales les segments abdominaux sont couverts d’aspérités très-serrées, inclinées en arrière et à peine visibles au microscope. Ces aspérités, de concert avec les pattes et les faibles dilatations dont certaines parties dp corps sont susceptibles, facilitent les mouvements de la larve.
D’après mes observations, les larves des Brontes opèrent toutes leurs évolutions dans l’espace de quelques mois. Elles sont très-jeunes au prin-
CÜCUJIDES. - lOEMOPHlOEUS 59
temps et presque toutes donnent avant la fin de l’été l’insecte parfait qui hiverne sous les écorces pour pondre au retour de la belle saison.
Iiœmoplil«eust (Cuciijus) testaeens F.
Fig. i3-4!S,
LARVE
 propos des insectes du Pin, j’ai publié aussi les métamorphoses de la seule espèce de Lœmophlœiis qui, à ma connaissance, soit pinicole, le Dufourii. J’ai trouvé sous l’écorce des Châtaigniers la larve et la nymphe du L. testaceiis; mais je me dispense de décrire la première, parce que je ne pourrais guère que reproduire ce que j’ai dit de la larve du Dufourii. Je donnerai seulement, au sujet de celle-ci et sur un caractère fort important, des précisions que j’ai omises et qui serviront aussi pour la larve du iestaceus conformée exactement de même, sauf qu’elle est un peu plus ventrue. Les mâchoires et le menton sont soudés sur presque, toute leur longueur et forment sous la tète une plaque où les limites de ces organes sont indiquées par quatre sillons bien marqués. La partie libre est trèscourte et porte les palpes ma.xillaires et labiaux. J’ajoute que les segments thoraciques en dessus et les sept premiers segments abdominaux sur leurs deux faces ont des rudiments d’ampoules dilatables destinées à faciliter les mouvements delà larve; que le huitième segment est lavé de roussâtre et que le mamelon anal, au lieu d’être placé sous le neuvième segment, empiète sur le précédent qui, pour le recevoir, est échancré à son bord postérieur.
Les plus forts grossissements du microscope ne montrent aucun point couvert de ces aspérités que l’on observe sur bien des larves et que présente, comme nous l’avons vu, celle du Brontes.
J’ai rencontré la larve du L. testaceus en compagnie de celles du Dryocœtes capronalus dont elle est l’ennemie et qu’elle ne se fait faute de dévorer lorsqu’elle en rencontre quelqu’une ; mais elle vit aussi de leurs déjections, car elle se développe parfaitement et se transforme dans les galeries de ce xylophage vides d’habitants. Je l’ai vue aussi, et même plus souvent, sous l’écorce des Chênes morts, avec les larves du même Scolytide ou celles du Dryocætes villosus, et tout récemment je l’ai observée sur l’Orme, dans les galeries des Hylesinus vittatus et Kraat%i.
NYMPHE
J’ai dit, à propos de la nymphe du L. Diifourii, qu’elle ressemble à celle du DUoma crenata pour laquelle je renvoie à celle de VAiilonium bicolor. Pour être plus rigoureux, je dirai que la nymphe du L. Dufoiirii et du L. testaceus porte de petits tubercules sétigères sur les bords antérieur et latéraux du prothorax et aussi sur le dos de ce segment près du bord postérieur, ceux-ci en série transversale, avec leurs soies dirigées en avant, et deux sur chaque genou ; que chaque segment de l’abdomen est muni latéralement d’un mamelon papilliforme surmonté d’une longue soie, et, en remontant vers le dos, d’une soie beaucoup plus courte, plus raide et inclinée en arrière ; qu’enfin l’abdomen est terminé par deux papilles courtes, coniques, à peine divergentes, un peu relevées et très-légèrement crochues à l’extrémité.
Les larves connues des Cucujides appartiennent aux espèces suivantes :
Prostomis mandibularis F., Erichson, Ârchiv. de Wiegm. 1847, p.285, CüRTis, Transact. Ent, Soc. 1854.
Cucujus hcematodes Er., Asman, Enf. Zeit. 1851, tab. 2, figure sans description. —• Erichson, Naturg. des Insect. Deutschl. 1845, p. 810.
Broutes planatus L., Erichson, Naturg. der Ins. Deutschl. 1846, p. 332 ; Perris, Soc. Ent. 1853, p. 621. — B. serricornis Cand., Candèze, Mém. de la Soc. des sc. de Liège, 1861 (espèce de Ceylan),
Læmophlœus ater, Oliv. sous le nom de Cucujus Spartii, Westwood, Introd. t. l, p. 146. — L. Dufourii Lab., Perris, Soc. Ent. 1853, p. 618.
Pediacus dermestoides F., Perris, Soc. Ent. 1862, p. 191.
Süvanus frumentarius F. , sexdentatus F. , Surinamensis L. , Westwood, Introd. t. I, p. 154; Erichson, Archiv. Naturg. t. Vlll, p. 370; Blisson, Soc. Ent. 1849, p. 163; Coquerel, Soc. Ent. 1849, p, 172. — S.unidenlatus F., Perris, Soc. Eut. 1853, p. 627.
Je puis y ajouter les suivantes :
ï>eiidropliag;us (Cucnjsis) crenafus Payk.
LARVE
Le plaisir que m’a fait cette larve lorsque je l’ai reçue de mon ami M.de Bonvouloir vient de sa ressemblance avec celle du Broutes planatus. Les
CUCUJIDES. - UENDROPHAGUS
deux insectes parfaits ont assurément entre eux de grands rapports, mais pourtant ils se distinguent très-facilement. Il n’en est pas de même des larves, et leurs affinités sont telles que si je n’avais été prévenu, je n’aurais pas hésité à rapporter au Broutes celle du Dendroyhagiis. Après un examen comparatif des plus minutieux à la loupe et au microscope, je ne trouve à celle-ci que les différences suivantes :
Taille un peu plus grande, 9 à 10 millim,, mandibules tridentées à l’extrémité ; premier article des palpes maxillaires encore plus court ; poils des antennes plus courts, le quatrième article plus long que le troisième, au lieu d’être un peu moins long ; le troisième dépourvu de la troncature apicale interne et de l’appendice biarticulé que montre la larve du Broutes ; appendices latéraux du huitième segment abdominal plus courts et sensiblement plus coniques, ceux du neuvième segment rudimentaire un peu étranglés au tiers de leur longueur et munis d’une longue soie au-dessus de l’étranglement. Les ocelles sont au nombre de cinq, dont trois à la série antérieure et deux à la postérieure ; ils sont très-serrés et couverts d’une tache noirâtre, du moins dans les individus que je possède.
Ils ont été trouvés dans les Pyrénées, avec des insectes parfaits, sous l’écorce des Pins,
Je ne connais pas la nymphe.
Cet article était rédigé lorsque j’ai reçu communication de la notice publiée, sans figures, sur les métamorphoses du Dendrophagus, par M. Buchanan White dans T/i0 entomologistes monthly Magaûne, 1872, p. 196. La description de la larve, faite par le D*' Sharp, ne provoque que les observations suivantes : il n’est compté que trois articles aux antennes, l’article basilaire est omis ; il n’est pas fait mention des ocelles, et les longs appendices du neuvième segment rudimentaire de l’abdomen sont considérés, par une erreur que j’ai commise moi-même autrefois à propos de la larve du Broutes, comme appartenant au huitième segment.
La nymphe, à en juger par la description, ressemble à celle du Broutes.
D’après M. Buchanan White, la larve du Dendrophagus, très-vive et très-agile comme celle du Broutes, se nourrirait de la couche inférieure de l’écorce du Pin sylvestre mort, et plus rarement du mélèze. Je pense, quant à moi, qu’elle est carnassière ou coprophage comme cette dernière.
Selon le même auteur, la Vie évolutive du Dendrophagus serait proba-^ bl euient celh-d : les œufs seraient pondus au printemps ou au commencement de l’été par des femelles ayant hiverné; l’état de larve durerait
62 1A.RVES DE COLÉOPTÈRES
12 ou 14. mois; la nymphe se formerait durant le second été après la ponte, et l’insecte parfait naîtrait au mois d’août. M. Buchanan White déduit ces conséquences de ce que, de mai à septembre, on trouve des larves détaillés différentes et que quelques larves presque adultes hivernent.
J’admets sans peine que des larves contrariées dans leur développement ou nées trop tard soient contraintes d’hiverner. Ces larves, qui ne se transformeront qu’au printemps, donneront lieu à des pontes qui produiront ces inégalités de taille observées durant l’été, et maintiendront, pour certains individus, ce chevauchement d’une année sur une autre ; mais, à mon avis, ce sont là des exceptions, et quoique je ne puisse pas invoquer des constatations personnelles, j’ai la conviction que les choses se passent pour les Dendropliagus comme pour les Brontes, c’est-à-dire qu’en règle générale, les larves naissent au printemps et les insectes parfaits éclosent aux mois d’août ou de septembre delà même année, pour hiverner sous les écorces et pondre au printemps suivant.
E.oemoplkl«eus (Cueujas) atcr Oliv. — h. liypoborl Perris, li. clemafidis ËR. — 1^. Iiiinaculatus Pâvk.
Les larves de ces quatre espèces ne diffèrent en rien de celle du L. tes^ taceus. Je n’ai pu leur trouver aucun caractère distinctif bien formel et je m’abstiens, dès lors, de les décrire.
liatbropiiei (Trogosita ?) sepicola Müll.
Fig. 46-Ü3.
LARVE
Long. 3 mülim., hexapode, subdéprimée, sublinéaire, charnue, d'un blanchâtre livide, à peine un peu coriace sur le dos qui est fascié de brunâtre; corps terminé par deux crochets relevés.
Tête subdéprimée, d’un brun livide, un peu plus large que longue, marquée sur le front de deux fossettes un peu arquées, décrivant presque une ellipse et d’un trait blanchâtre en fer à cheval qui se dirige ensuite, de chaque côté, vers les angles antérieurs.
Épistome transversal ; labre assez grand et dépourvu de cils.
Mandibules moyennes, crochues, pointues et simples au sommet, roussâtres avec l’extrémité plus foncée.
CUCÜJIDES. — LATHROPÜS 63
Mâchoires assez grandes, peu coudées, descendant jusqu’au delà du milieu de la tête; leur lobe assez long, peu épais, un peu crochu en dedans, parais-sant subcorné à 1 extrémité et muni à son bord interne de cils en dents de peigne. Palpes maxillaires un peu arqués en dedans, de trois articles dont le dernier, presque aussi long que les deux autres ensemble, est surmonté de quelques cils extrêmement courts.
Menton assez grand, lèvre inférieure courte, à peine prolongée au milieu en une languette obtuse et portant les deux palpes labiaux de deux articles égaux. Ces organes sont enfermés dans l’arceau que forment les deux lobes maxillaires convergents.
Antennes de quatre articles, les deux premiers courts, le troisième plus long que les deux précédents réunis, le quatrième grêle, plus long que le second, terminé par un long poil et deux ou trois petits, et accompagné d’un article supplémentaire égal au tiers de sa longueur et très-visible quand on observe la larve de profil, car il est placé en dessous à l’extrémité du troisième article qui, vu de côté, se montre sensiblement plus large au sommet qu’à la base.
Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, un ocelle bien visible, un peu convexe, noir et en ellipse longitudinale.
Corps de douze segments, parcouru, jusqu’au onzième inclusivement, par une ligne enfoncée très-fine qui suit le milieu du dos. Prothorax pvesque carré, sensiblement plus grand que chacun des deux autres segments thoraciques, d’un brun livide avec les bords et la ligne médiane blanchâtres; mésothorax et métathorax également brunâtres, mais sur un espace relativement moindre.
Huit premiers segments abdominaux très-distincts comme les précédents, parce qu’ils sont un peu arrondis sur les côtés, ayant à la base et sur un espace mal hmité postérieurement, une bande brune interrompue au milieu par une ligne blanchâtre; munis d’un petit bourrelet latéral et traversés sur le dos par un petit pli transversal qui n’atteint pas les côtés. Neuvième segment plus étroit que les précédents, se rétrécissant un peu d avant en arrière, d’un blanchâtre un peu livide à peine nuancé de brunâtre et terminé par deux crochets relevés, arqués, subcornés et brunâtres avec 1 extrémité plus foncée. Dessous du corps entièrement blanc.
Mamelon anal susceptible de devenir très-saillant et placé à l’extrémité du dernier segment.
Des poils blanchâtres se dressent sur la tête et sur toutes les autres
parties'du corps ;'ils sont peu nombreux et, comme dans beaucoup d’autres
larves, placés symétriquement en verticilles et en séries longitudinales.
Stigmates assez bien visibles et au nombre de neuf paires, la première, ne paraissant ni plus grande ni plus inférieure que les autres, assez près du bord antérieur du mésothorax, les suivantes au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Pattes ordinaires, assez longues, composées de cinq pièces y compris un ongle allongé, et hérissées de quelques soies ; tibias visiblement plus longs que les cuisses.
Ayant plusieurs fois obtenu le Lathropus sepicola de tronçons d’orme conservés chez moi, j’étais convaincu que sa larve vivait sous l’écorce de cet arbre. Je me suis donc livré à des recherches, et dans les galeries du Scolytus muUistriatus et principalement des Hylesinus vittatus et Kraatzii que, par parenthèse et en réponse à des doutes qui m’ont été exprimés, je déclare former deux espèces distinctes, j’ai observé, pour ne parler que des Coléoptères, des larves de Staphylinides, de Cryptophagiis, deLœmophlœus, de Litargus, de Cerylon, d’Hypophlœus et une autre larve qui m’était inconnue et que sa forme et sa taille permettaient de rapporter au Lathropus; mais comme je ne pouvais me contenter d’hypothèses et me borner à des présomptions, j’ai élevé de ces larves et fait en outre de fréquentes visites à l’Orme mort qui avait donné lieu à mes premières observations. Des deux côtés j’ai atteint mon but, j’ai recueilli des nymphes dont l’authenticité était attestée par les dépouilles des larves, et ces nymphes m’ont ensuite donné le Lathropus. Il ne peut donc y avoir le moindre doute, et j’ai dès lors le droit de dire que la larve de cet insecte vit, comme celles de plusieurs autres, dans les galeries des Scolytus et des Hylesinus de l’Orme, qu’elle se nourrit des déjections qui les encombrent, puisque à l’époque où je l’ai trouvée, c’est-à-dire en hiver, les xylophages étaient déjà sortis, et que très-probablement, si elle rencontrait quelqu’une de leurs larves, elle en ferait son profit. C’est dans une de ces galeries et sans grands préparatifs qu’au mois d’avril elle subit sa métamorphose en nymphe.
KVmùhè
Elle est blanche, molle, et présente les particularités suivantes : des soies courtes sur le front et sur les bords latéraux du prothorax, deux très-longues et un peu sinueuses au bord antérieur et une, également très-longue,
CUCUJlüES.
SILYANUS
à chaque angle postérieur; une soie assez longue sur chaque côté des six premiers segments abdominaux et deux sur leur face dorsale; une autre sur chaque genou. Dernier segment comme quadrilobé, chaque petit lobe portant une soie, les deux extérieures longues, épaisses, un peu.arquées en dedans, les deux intérieures très-courtes , beaucoup plus grêles et droites. Quelquefois entre les deux lobes intermédiaires on eu observe un autre dépourvu de soie, c’est probablement une affaire de sexe. Sur la face ventrale l’abdomen est dépourvu de toute soie. Les soies sont toutes roussàtres et bulbeuses à la base; les plus longues sont sensiblement plus épaisses, plus foncées et plus fortement bulbeuses.
L’insecte parfait naît en mai.
SiSvauus (li^etns) unideulatiis F.
La larve de cet insecte, que l’on observe sous l’écorce de presque tous les arbres morts, se rencontre aussi sous celle du Châtaignier ; mais comme elle figure, avec tous les détails nécessaires, dans V Histoire des insectes du Pin, je ne reproduirai pas sa description et je me bornerai à dire : 1“ que je viens de voir sur certains individus, et sur une troncature oblique de l’extrémité du troisième article des antennes, mais en dessous, un petit article supplémentaire grêle, conique et pointu, presque sétiforme, dont je n’avais pas parlé; 2° que j’ai constaté l’existence d’ocelles au sujetdesquels je n’avais rien dit. Us sont représentés par deux points noirs saillants et un peu écartés, situés un peu en arrière de la base des antennes, sur une ligne transversale. Les ocelles se réduiraient donc à deux de chaque côté ; mais sur plusieurs individus j’ai vu un des points noirs divisé en deux parties.
Sil«’anns atlvent» Walti..
LARVE
Long. 2-2 1/2 millim., hexapode, d’un blanc un peu jaunâtre, linéaire, étroite, un peu atténuée postérieurement, très-déprimée, presque glabre, à dernier segment mutique.
Tête déprimée, transversale, marquée de deux fossettes arquées l’une vers l’autre, pourvue de quelques poils ourts et très-fins,
Êpistome soudé au front ; labre transversa, semi-elliptique, avec quelques très-petits cils écartés.
Mandibules peu robustes, assez arquées, rousses, avec l’extrémité plus foncée et bifide.
Mâchoires libres descendant jusqu’à la base de la tête, un peu coudées et par conséquent convergentes antérieurement ; leur lobe long, conique, arqué en dedans, dépassant le second article des palpes maxillaires, terminé par un faisceau de soies d’inégale longueur.
Palpes maxillaires longs débordant la tête, sensiblement arqués en dedans, de trois articles, le premier court, le second environ deux fois aussi long, muni d'un poil extérieurement, le troisième aussi long que les deux premiers ensemble, ayant un petit poil en dehors et de très-petits cils au sommet.
Menton large, lèvre inférieure petite, palpes labiaux très-courts, de deux articles égaux.
Antennes longues, non rétractiles, de quatre articles, le premier court et épais, le second deux fois aussi long que le précédent, cylindrique, avec un très-léger renflement vers le sommet, hérissé de quelques soies très-courtes; le troisième en ellipsoïde très-allongé, plus de deux fois aussi long que les deux premiers ensemble, hérissé de soies espacées, celles du sommet bien plus longues que les autres; quatrième article très-court, épais, presque hémisphérique, un peu inégal au sommet qui porte quelques soies de différentes longueurs; contre cet article, un tout petit article supplémentaire, grêle, subconique et visible seulement de côté.
Sur chaque joue, un peu en arrière de l’antenne, deux ocelles noirSj écartés, en ligne transversale, le supérieur plus grand que l’autre et paraissant ordinairement double. Il en est quelquefois de même du plus petit.
Prothorax transversal, un peu plus grand que chacun des deux autres segments thoraciques qui sont égaux.
Abdomen de neuf segments, assez bien détachés parce qu’ils sont un peu arrondis latéralement; le premier plus court que le raétathorax, les suivants grandissant jusqu’au sixième ; le septième et le huitième aussi longs que le précédent, mais progressivement plus étroits ; le neuvième en cône renversé et tronqué, s’inclinant un peu pendant la marche pour appuyer contre le plan de position le mamelon anal qui est rétractile, mais qui, lorsqu’il fait saillie, parait obsolètement raultilobé. Les huit premiers segments
CÜCÜJIDES.