‹ Lasage, remancier, d'après de nouveaux documentsChapitre 14 sur 99 · Voy. p · texte numérisé non relu

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3. Le théâtre forain de Lesage a été étudié récemment par V. Bar- KERET, Lesarjc et le Théâtre de la Foire, Nancy, 1887. Voy. aussi, outre les Frères Parkaict, Mém. d'un acteur forain, Fa vaut, Mo.n.net, etc. : Audikfret, Notice sur Lesage, 27-i6; Cami'akdon, Spectacles de la Foire; G. h'Heilly, appendii-e au Théâtre de Lesage; A. Heui.hauu, plaquette sur la Foire Saint-Laurent; L. Claretie, ta Foire Saint-Laurent {Re\uc générale, 1885); Hô.NxciiER, la Satire littéraire de Lesage (Rcv. de Kôrling, 1886, I, 33); Maurice Drack, le Théâtre de la Foire, 1889.

intéressés et directs? Par dépit, d'abord, de raccucil fait à Turcaret qu'il fallut presque leur faire jouer de force ; [>ar dégoût de ce monde d'artistes vaniteux qu'il criblera tout à son aise de pointes et de brocards; par fierté et par obstination de Breton froissé; par une foule de causes enfin dont la principale fut qu'il fallait vivre et faire vivre les siens. On lui offrait 4000 livres par an '; Lesage s'empressa de traiter avec la dame Baron, une parente de l'acteur qu'il a si fort malmené ^ Elle dirigeait un théâtre aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, le Jeu du Bel-Air.

Lesag-e y fut. On le plaisanta sur cette métamorphose. Voisenon conte qu'à propos de la parodie de Romulus, Legrand fit courir ce couplet :

Lesage et Fuzelier ont quitté du haut style

La beauté; Et pour Polichinelle ont abandonné Gille,

La rareté; II ne leur manque plus qu'il montrer par la ville

La curiosité.

Pendant vingt-six ans, Lesage ne cessa de fournir le répertoire des forains, de sa copie, de sa verve, de son esprit, de sa gauloiserie qu'il répandait à profusion dans des pièces de tous genres, prologues, opéras-comiques, j)ièces par écriteaux ou en jargon, j)i«\'ces chinoises, satires de circonstance, attaques contre les Romains, vaudevilles sur le dernier fait divers, la Jeune fille à la Tête noire,

I. J.-B. Floussoau, lettre à Brosselle, 1" mars ni6. •2. Voy. p. 390.

le Régiment de la Calotte; parodies du récent succès, Arlequin Thétis ou Télémaiiue; allusion aux derniers événements qui ont remué le monde littéraire ou théâtral : la Quei'eUe des Théâtres, les Funérailles de la Foire, le Rappel de la Foire à la vie, ou, dans un autre ordre d'idées, Arlequin jyartisan d'Homère. Sans doute il ne travailla pas seul. Sa vie n'y aurait pas suffi, d'autant qu'il écrivait aussi ailleurs. Fuzelier, d'Orncval, de La Font, Fromaget, Anseaume, qui furent ses collaborateurs, partageaient avec lui le succès et les embarras de ses entreprises. Il paraît même qu'ils ne s'entendaient pas toujours. Les Jeux de la Foire (on appelait ainsi les baraques) étaient, pour parler leur style, le Temple de la satire. Arlequin chantait, dansait et dialoguait : c'était faire concurrence aux théâtres de chant ou de déclamation, à l'Opéra, aux Français. Mais Arlequin avait ses manières à lui : sa concurrence était agressive, narquoise. Il exaspérait ses rivaux. De là procès, intrigues, ordres de fermer, permissions de rouvrir. C'est dans quelque occurrence de ce genre qu'un différend survint entre Lesage et son collaborateur Fuzelier. Leur pièce avait été refusée; Fuzelier voulait se venger avec éclat, en la publiant. Lesage, prudent, soucieux de ne froisser ni Pontchartrain, le directeur général de la librairie, ni d'Argenson, lieutenant général de la police, hauts personnages avec qui il était en bons termes, s'empresse de dissuader Fuzelier. La lettre qu'il lui écrit constitue, avec la lettre à Pontchartrain, le second des autographes connus de Lesage. C'est une pièce rare '.

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