‹ Lasage, remancier, d'après de nouveaux documentsChapitre 4 sur 99 · Juin l"oO · texte numérisé non relu

Juin l"oO

réponse, il lit sa révérence et sortit '. Quelque chose qu'op fit, et quoiqu'on courût après lui sur l'escalier, il ne voulut jamais remonter, n'y dîna pas, et ne lut point sa pièce. » Collé ajoute : « J'aime cette fierté dans un homme de lettres ; il faut avoir de l'élévation dans l'âme pour en être susceptible et pour hi montrer avec tant de fermeté. Si les auteurs étaient moins Las, les protecteurs ne seraient point insolents; on n'écrase que les hèles qui rampent. »

L'histoire est jolie, et la duchesse dut demeurer fort penaude avec ses invités qui se régalaient de ce scandale imprévu. On ôta le couvert de Lesage, et on se desserra en causant d'autre chose. Mais que voilà une physionomie franche de Breton, ce jeune auteur venant dans un des plus brillants salons de Paris faire la leçon à ses humbles confrères.

Lesage demeure fidèle à sa vieille Bretagne et par le cœur, et par le souvenir. Dans ses romans pseudo-espagnols, il donne quelquefois des noms bretons à ses personnages, au recteur Guyomar par exemple *. Il aime à se rappeler des histoires de là-bas, le gouverneur Pomenard qui fabriquait de faux écus qu'on appelait des pomenards ', et cette scène qui est comme un écho du pays : « Vous voyez soixante-quinze religieux mendians assemblés dans un chapitre général qui se tient actuellement dans un coin de la basse Bretagne : ceux qui

1. Pareille aventure arriva à Baron venant lire ses Adelphes chez le duc de Roquelaure.Poinsineten fit le sujet de sa comédie du Cercle H'Si).

2. Gil Blas, IV, 6. — M. Renan, dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, avait à Tréguier un ami Guyomar.

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