Gil nias., IV, ni
de llollaiicle avec rindication tic Londres; l'autre en 1707 à Bruxelles, Tannée où il donnait plusieurs œuvres nouvelles et plus personnelles, Crispin, les Etrennes et le Diable boiteux.
Mme de Sévigrné raconte quelque part : « Je souhaitais un cabinet tout ta[>issé de dessous de cartes au lieu de tableaux; cette folie nous mena bien loin et nous divertit fort. Nous trouvions plaisant d'imaginer que, de la plupart des choses que nous croyons voir on nous détrompait. A^jus pensez donc que cela est ainsi dans une telle maison ; vous pensez que l'on s'adore en cet endroit-là ; tenez, voyez : on s'y hait jusqu'à la fureur, et ainsi de tout le reste. Vous pensez que la cause d'un événement, c'est une telle chose : c'est le contraire. En un mol, le petit démon qui nous tirerait Uîs rideaux nous divertirait extrêmement. » Le petit démon, Lesage le rencontra en route dans ses incursions sur le territoire espagnol, et il le ramena avec lui. C'était un petit diable de deux pieds et demi, appuyé sur deux béquilles; il avait des jambes de bouc, menton pointu, nez écrasé; la bouche surmontée de deux crocs de moustache rousse et bordée de deux lippes sans pareilles, la tête enveloppée d'un turban de crépon rouge, une robe courte de satin blanc, une ceinture de parchemin vierge et un manteau très historié. Tel était Asmodée quand Lesage l'enleva à très illustre j auteur Louis Vêlez de Guevara, son premier père, et( (juand il sortit des tessons de sa liole émiettée dans ' le cabinet du magicien. Ce fut le génie bienfaisant do j Lesage.
Le succès du Diable Boiteux fut aussi franc qu'inimé-
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(liai. Deux jeunes seijiiiours mironl l'épée à la main chez Barbin, sur les deg^rcs de la Sainte-Chapelle, pour se disputer le dernier exemplaire de la seconde édition. Les éditions se succédèrent. Dès le mois de décembre 1707, le journal de Verdun annonce déjà la troisième. Les jeunes gentilshommes se l'arrachent, les gens du commun le dévorent, le petit laquais de Boileau se cachait derrière son plumeau et ses chaises mal époussetées pour le lire à la dérobée, et Boileau lui tirait les oreilles. Depuis Jean -Baptiste Rousseau, qui était présent ce jour-là, et qui l'a raconté, on a philosophé sur ce fait; on a tenté d'expliquer, littérairement et logiquement, cette prohibition de Despréaux : la raison la plus claire est peut-être qu'en somme Boileau ne payait pas son domestique pour lire des tfomans et muser à l'ouvrage. Le succès se répandait donc du haut en bas de la société. Les chaises et les carrosses s'arrêtaient chez Barbin, et on emportait le roman en feuilles, s'il n'était l»as encore broché. Ce pauvre Asmodée, comme on disait alors, n on ne lui donnait même pas le temps de s'habiller ». Ce qui ne contribua pas peu à la vogue du livre, ce fut la réclame que Dancourt lui fit au théâtre '. Au mois d'octobre 1707, il donna sur le Théâtre-Français deux comédies : l'une en un acte, le Diable boiteux (5 octobre 1707); l'autre en deux actes, Second chapiti'e du Diable boiteux (20 octobre 1707). Le diable accompagne et promène une jeune fille, Sanchette, et sa mère, Thérèse, la femme du magicien qui avait mis Asmodée en fiole. Il