Uitloiic el Ulléralure, p
:2oO ORIGINES DU ROMAN DE LESAGE.
sont, en France, les meilleures pages que l'on puisse lire pour être sûrement informé.
Enlin, en d888, dans ses très curieuses JÉ'/Mf/es sur fEspag7ie, M. Morel-Fatio, sans aborder la question, ce qu'il n'avait pas à faire, propose, lui aussi, sa solution, ((ui nous paraît fort sa^'-e : « Quand même l'invention chez Lesage se réduirait à rien, qu'importe? Il faudra toujours lui reconnaître le mérite de l'agencement de ces membres épars, la qualité du style, le tour si aisé do la langue, appréciables surtout lorsqu'on rapproche Gil nias de ses sources. Lesage a dépouillé de ses scories le roman picaresque, il lui a enlevé ses loques sordides pour le revêtir d'un galant habit à la française \ » C'est vrai, mais il faut ajouter que l'invention ne se réduit pas tout à fait à rien.
Les emprunts de Lesage sont aussi incontestables que peuvent l'être ceux de Scarron ou de Thomas Corneille. Mais l'originalité de Lesage en sort intacte, et pour les raisons que nous avons dites au cours de nos réfutations. Nous en voulons donner pour finir une preuve plus directe. Nous n'avons guère fait que l'historique raisonné de la question; mais cette étude préliminaire amène en elle sa conclusion.
Oui, Lesage a puisé à pleines mains autour de lui; il s'est livré à un pillage innocent, mais éiionté. Que parlez-vous de l'Espagne? Il a dépouillé bien d'autres pays encore, à commencer par l'Italie. On n'a pas jusqu'ici, à notre connaissance, traîné à la pleine lumière les