‹ Lasage, remancier, d'après de nouveaux documentsChapitre 59 sur 99 · narh. (Ir Sal., XIV · texte numérisé non relu

narh. (Ir Sal., XIV

^84 ORIGINALITK Df ROMAN DE LESAGE.

grandissent, c'est que les cliappins sont une chaussure espag-nole, ainsi que l'avait appris Mme d'Aulnoy à ses lecteurs : « Si les dames avaient paru devant la Reine sans chappins, elle le trouverait fort mauvais. f>

E. l'elletan délinit le roman : « Il est à la fois drame et récit, dialogue et description, poésie et réalité, caractère et paysage. » Les romans de Lesage répondent assez bien à ce signalement, et, à la poésie près, on y peut retrouver ces divers éléments. De poésie, de sentiment, il n'y en a guère. A part quelques passages où Gil Blas s'émeut, Lesage conserve d'ordinaire le sourire fin, mais un peu méprisant ou indifférent de l'observateur qui aperçoit les travers des hommes ou assiste à leurs infortunes, sans trop se soucier de les en corriger ou de les en consoler. D'idéal, il n'en a guère, ou, s'il en a un, il est placé si bas qu'il pose sur la réalité. D'enthousiasme, jamais de trace chez cet homme de sang froid. Quant à la veine poétique, il eût été incapable de rimer des vaudevilles de Foire : c'est Dorneval qui les tournait'. Il prend sa revanche en prose. Quel délicieux conteur! Comme ses récits sont pleins de naturel, de mouvement, d'intérêt, sous leur forme alerte et facile! On n'était pas habitué encore à cette prose faite pour la narration, ce style essentiellement narratif dans lequel tant de personnages content leurs aventures. Les romans antérieurs ne se déroulent pas avec cette fluidité et cette légèreté de forme. Lesage est le modèle des narrateurs.

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