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374 ORIGINALITÉ \)V ROMAN l»K LKSAOK-
arrêtée. « D'autres, à ma ])Iace, ordonneraient sans doute des remèdes salins, urineux, volatils et qui, pour la plupart, participent du soufre et du mercure : mais les [luri^atifs et les sudorilirjues sont des drogues jx'i'iiicieuses et inventées par des charlatans; toutes les préparations chimiques ne semhlent faites que [>our nuire. J'emploie des moyens [tins simples et pins sûrs '. »
La consultation est divertissante avec des nMiiiniscenccs du Médecin malriré lui.
« A quelle nourriture, continua-t-il, (''tes-vous accoutumé? — Je mange ordinairement, répondit le chanoine, des bisques et des viandes succulentes. — Des bisques et des viandes succulentes! s'écria le docteur avec surprise. Ah ! vraiment, je ne m'étonne plus si vous êtes si malade! Les mets délicieux sont des plaisirs empoisonnés, ce sont des pièges que la volupté tend aux hommes pour les faire périr plus sûrement. Il faut que vous renonciez aux aliments de bon goût; les plus fades sont les meilleurs pour la santé. Comme le sang- est insipide, il veut des mets ([ui tiennent de sa nature. Et buvez-vous du vin? ajoutat-il. — Oui, dit le licencié, du vin trempé. — Oh ! trempé tant qu'il vous plaira, reprit le médecin. Quel dérèglement! voilà un régime épouvantahle. Il y a longtemps que vous devriez être mort. Quel âge avez-vous? -^ J'entre dans ma soixante-neuvième année, répondit le chanoine. — Justement, répliqua le médecin, une vieillesse anticipée est toujours le fruit de l'intempérance. Si vous n'eussiez bu que de l'eau claire toute votre vie,