‹ Lascaris ou Les Grecs du xve siècle. With biogr. sketches and notes [&c.] by A. DupuisChapitre 16 sur 18 · HUGO (VICTOR-MARIE · texte numérisé non relu

HUGO (VICTOR-MARIE

ThÎB lyrio poet and dramatic autlior, the head of the ** Écol Eomontiqae," has boldly dîsregarded the arbitrary rules of the ** École Classique/' adopted by Baoine and other oelebrated poets of the XVn. and XVIII. centuries. Giying a tmer and more faithfnl pictore of man and human passions, he has prodnoed literarj works of nndeniable merit and beanty, among whioh the novels of **Notre Dame de PaHst'* 1881 ; •• Lei Misérables,'' 1862 ; the dramas of " Cromwell " and ** Hemam," 1827-1829 ; and the lyrio poems **Les feuiUes d'AïUomne,'' ** Les CTumtsdAt Crépuscule,** **Le8 Vow intérieures^" and '*Les Bcuyoru et les Ombres,*' 1881-1840, hold the highest rank. **Les Orientales" 1828, won for the' poet well-desenred praise and admiration, and the following extraot highly dîsplays that richness of rhythm and brilliant oolooring which form the main attraction and charm of this work.

NAVAEIN.

*H i ij ^ ^, fiapuriv è\6fi€V0i.

ESCHYLE, les Perses,

Hélas 1 hélas ! nos yaisseanx, Hélas 1 hélas 1 sont détroits 1

Canabis I Canaris I pleure ! cent vingt vaisseanx ! Pleure î une flotte entière ! — Où donc, démon des eaux,

Où donc était ta main hardie ?

Se peut-il que sans toi l'Ottoman succombât ? Pleure comme Grillon exilé d'un combat :

Tu manquais à cet incendie t

Jusqu'ici, quand parfois la vague de tes mers Soudain s'ensanglantait, comme un lac des enfers, D'une lueur large et profonde,

110 TICTOB-HABDS HUGO.

Si quelque lourd navire éclatait à nos yeux.

Couronné tout à coup d'une aigrette de feux, Gomme un yolcan s'ouvrant dans Tonde ;

8i la lame roulait turbans, sabres courbés, Yoiles, tentes, croissants, des mâts rompus tombés.

Vestiges de flotte et d'armée.

Pelisses de vizirs, sayons de matelots, Bebuts stigmatisés de la fianmie et des flots,

Blancs d'écume et noirs de fumée ;

Si partait de ces mers d'Égine ou d'Iolcbos Un bruit d'explosion, tonnant dans mille échos

Et roulant au loin dans l'espace, L'Europe se tournait vers le rouge Orient ; Et, sur la poupe assis, le nocher souriant

Disait : ** C'est Canaris qui passe ! "

Jusqu'ici, quand brûlaient au sein des flots fumants Les capitans -pachas avec leurs armements,

Leur flotte dans l'ombre engourdie, On te reconnaissait à ce terrible jeu ; Ton brûlot expliquait tous ces vaisseaux en feu ;

Ta torche éclairait l'incendie !

Mais pleure aujourd'hui, pleure, on s'est battu sans toi ! Pourquoi, sans Canaris, sur ces flottes pourquoi

Porter la guerre et ses tempêtes ?

Du Dieu qui garde Hellé n'est-il plus le bras droit ? On aurait dû l'attendre I Et n'est-il pas de droit

Convive de toutes ces fêtes ?

Console-toi : la Grèce est libre.

Entre les bourreaux, les mourants, L'Europe a remis l'équilibre ; Cousole-toi : plus de tyrans I La France combat : le sort change.

Souffre que sa main qui vous venge

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