‹ L’Association Tartrate Borico-Potassique Phényléthylmalonylurée, dans le traitement de l'Épilepsie et de certains Troubles NerveuxChapitre 14 sur 25 · RÉSULTATS OBTENUS DANS LE TRAITEMENT DE L'ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

RÉSULTATS OBTENUS DANS LE TRAITEMENT DE L'ÉPILEPSIE

Nous envisagerons successivement :

À — L'épilepsie convulsive; B — Les absences et les vertiges; C — Les épilepsies Bravais-Jacksoniennes et Traumatiques.

A. — Épilepsie convulsive.

L'action de l'association médicamenteuse dans les cas d'Epilepsie essentielle se manifeste de façon presque constante : on assiste à une diminution notable de la fréquence des crises motrices, à une sédation marquée de leur intensité, à une atténuation ou même à une suppression totale des phénomènes morbides qui les suivent. Plus les attaques sont fréquentes et violentes, plus elles sont jugulées facilement et, assez souvent, elles finissent par disparaître totalement sans qu'il y ait transformation en vertiges ou absences.

CoNDUITE DU TRAITEMENT. — La dose médicamenteuse effñcace pour supprimer toute manifestation épileptique sera très variable selon les individus. Parfois la dose d'essai sera suspensive; souvent il sera nécessaire de la tripler ou même de la quadrupler pour arriver à un résultat utile.

On instituera le traitement en commençant par quatre comprimés par jour, correspondant à une dose totale de 0,10 de Phényléthylmalonylurée et 1 gr. 33 de Tartrate borico-potassique — 2 le matin, 2 le soir avant ou après les repas. Si les accès sont jugulés pendant la première semaine, on continue la même dose. Presque

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toujours cet effet n’est pas obtenu; on augmente alors progressivement d'un comprimé en fractionnant la dose quotidienne en trois prises : matin, midi et soir. On arrive ainsi à donner 8 et 12 comprimés, c'est-à-dire 0,30 de Phényléthylmalonylurée et 4 grammes de tartrate borico-potassique, dose presque toujours suffisante pour enrayer toute manifestation comitiale.

On pourrait prescrire dans les cas particulièrement rebelles jusqu'à 20 comprimés qui représentent :

0 gr. 50 de Phényléthylmalonylurée; 0 gr. 60 de Tartrate borico-potassique;

0 gr. 001 d’Atropine:; 0 gr. 25 de Caféine ou 0 gr. 004 de Strychnine.

Dès que la dose efficace aura été trouvée, il faudra la maintenir pendant 3 ans. On essayera ensuite de diminuer progressivement d'un comprimé à la fois, en tenant compte du nombre des crises, toujours prêt à redonner la dose efficace si les manifestations convulsives étaient en recrudescence.

Il est tout à fait exceptionnel de voir se manifester quelque trouble d'intolérance ou d'intoxication; le fonctionnement des divers appareils n'est nullement influencé — le rythme cardiaque reste absolument normal ainsi que la tension artérielle, la diurèse nest pas modifiée, la température ne subit aucune variation. Contrairement à la médication bromurée, l'association médicamenteuse ne contrarie pas les fonctions digestives.

Outre l'efficacité du traitement sur les attaques elles-mêmes, il est à noter que les malades éprouvent un bien-être remarquable, que leur état général s'améliore et que la dépression physique causée par certaines autres médications ne s'observe jamais : plus de torpeur physique ou intellectuelle, « l'activité réapparaît, le sommeil n'est plus ni lourd, ni trop prolongé, le malade reprend son travail et sa vie normale ».

STATISTIQUES. — Les résultats d'une statistique portant sur plus de 800 cas, sont vraiment très intéressants. Après un an de traitement, 60,4 % n'ont plus eu d'accès; après 2 ans, 70 % et après 3 ans, 74 % n'ont plus présenté de manifestations épileptiques. S'il existe encore une fraction assez notable des malades qui ne semblent pas avoir bénéficié de la médication dans une aussi large

mesure, il faut reconnaître que le traitement à dose d'entretien prolongé leur a cependant apporté une amélioration très appréciable en leur permettant de mener une vie supportable.

Bien que l'association médicamenteuse ne soit pas curative, on doit cependant constater qu’en diminuant très prudemment les doses comme nous l'avons exposé plus haut, on peut arriver à la supprimer totalement, sans que les attaques motrices réapparaissent et le Professeur Carrière nous montre, dans une statistique, qu'après cessation du traitement :

58 % n'ont plus eu d'accès convulsifs depuis 7 ans

70 — — — — 6 ans Fa — — — — 5 ans 1298 — — — — 4 ans TES — — — — 3 ans 1206 — — — — 2 ans 1370 — — — —7 | an

Cette statistique porte sur des malades de clientèle et de service de clinique, milieu certainement plus favorable que celui des asiles d'aliénés.

Mais encore faut-il que la diminution des doses soit progressive. Pour l'Association médicamenteuse que nous étudions comme pour tout traitement à base de Phényléthylmalonylurée, il arrive parfois que la suppression brusque du produit amène l'apparition d'une décharge de crises comme si le sujet était sous tension motrice freinée jusque là par la Phényléthylmalonylurée. Il se produit alors un véritable état de mal épileptique, d'autant plus rebelle à combattre que l'administration du médicament est devenue

presque impossible à réaliser.

D'autre fois, l'arrêt subit de la médication est moins dangereux, il ne produit qu'une reprise du nombre des attaques convulsives dans les quelques jours qui suivent, tout comme avant l'institution du traitement. L'observation suivante, choisie parmi nombre d’analogues, en est un bel exemple :

Marie V..., 20 ans. 1 ; Antécédents héréditaires et collatéraux: rien d’anormal.

Passé pathologique : indemne, sauf une scarlatine à 5 ans.

Présente des crises convulsives depuis l’âge de 8 ans. La première crise serait apparue à la suite d’une frayeur. Elles récidivent 7 à 9 fois par an et sont très violentes. Elles sont uniquement diurnes, sont précédées d’un cri initial; chute brutale dont témoignent des cicatrices de brûlures survenues à différentes reprises. Convulsions toniques puis cloniques accompagnées parfois de morsures de la langue. Mictions involontaires fréquentes au cours des accès.

L’examen clinique se montre absolument négatif : aucun stigmate dénégératif ou syphilitique. Pas de lésions viscérales.

Examen des urines et du sang négatifs.

L’exploration du système nerveux ne révèle rien d’anormal.

Vue pour la première fois en mars 1920 elle est traité immédiatement par l'association tartrate borico-potassique-phényléthylmalonylurée à la dose de 2 + 2 + 2 comprimés par jour.

L'amélioration est immédiate.

En août : 1 crise. On augmente alors la dose : 2 + 3 + 2 comprimés; les crises disparaissent totalement.

Revue en octobre 1922, la malade n’a plus présenté de phénomènes comitiaux.

En janvier 1923, elle supprime d’elle-même tout traitement.

En février : I crise.

En avril : 2 crises.

Elle revient alors et le traitement est repris jusqu’en avril 1926. A cette date, plus une seul attaque n’étant survenue, on diminue la dose prudemment et progressivement.

N'a pas présenté une seule crise depuis.

Dans de semblables cas, il suffira de reprendre immédiatement la dose nécessaire pour obtenir la suppression des phénomènes convulsifs et de diminuer ensuite très lentement jusqu’à la dose minima d'entretien.

DIMINUTION PRÉMATURÉE DES DOSES. — S'il ne faut jamais interrompre brusquement la médication antiépileptique, il est tout aussi dangereux de diminuer celle-ci prématurément, et c'est là un point sur lequel il faut insister auprès des malades qui, satisfaits trop vite du bon résultat qu'ils ont obtenu et lassés d’un traitement qui leur semble bientôt inutile et fastidieux, n'hésitent pas à diminuer de leur propre initiative l'absorption de Tartrate borico-potassique et de Phényléthylmalonylurée.

Témoin l'observation suivante :

Marc J..., 21 ans.

Antécédents héréditaires et collatéraux : père et mère névropathes, un oncle aliéné.

Antécédents collatéraux : 3 frères bien portants.

Antécédents personnels : aurait présenté des convulsions à 7 ans. Apparition

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