‹ Latréaumont (volume 2)Chapitre 27 sur 64 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

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Van-den-Enden n'ayant pas un grand nombre d'écoliers , la guerre et les obligations des charges laissant fort peu de désœuvrés à Paris, avait joint à son enseignement des langues anciennes, une école pour les enfants (i), auxquels le vieillard apprenait à lire avec vme patience et une bonté toutes paternelles, et pourquoi ne le dirait-on pas? avec un intérêt plein de charmes pour lui.

Contraste curieux et touchant, cet esprit sérieux et pensif, ce grand savant, ce mâle génie politique, descendant ainsi des hauteurs solennelles et mystérieuses de la méditation^ ou sortant des profondeurs de la sciencela plus aride, trouvait un bonheur ineffable à venir rasséréner encore sa belle âme auprès de ces naïves petites créatures; à contempler ces trésors d'innocence , de jeunesse et de candeur , et à sou rire pieusement à leurs joies enfantines; les seules peut-être que l'homme goûte jamais pures et sans remords !

Lorsque le temps et la saison le permettaient, Yan-den-Enden faisait l'enseignement des enfants dans le vaste jardin de son école. — Or, la soirée de ce jour était aussi riante et

(i) Voir le procès.

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aussi belle , que la matinée avait été sombre et pluvieuse; la tiède brise du sud chassait lentement, sur le bleu foncé du ciel, de blancs flocons de nuages aux contours argentés, tandis que les frais et verts bourgeons du printemps montraient leurs premières pousses sur la brune écorce des lilaset des amandiers; l'air était doux , le soleil avait séché le sable des allées , et le philosophe , assis à ses rayons, dans un grand fauteuil de bois , au milieu d'un quinconce de tilleuls , était entouré de quelques enfants dont le plus vieux n'avait pas six ans.

Il faut dire que le bon vieillard ne paraissait pas à leur égard d'une extrême sévérité ; les uns insouciants jouaient gaiement entre eux, assis à ses pieds ; tandis que d'autres, pensant à l'avenir, se montraient curieusement et sans envie il est vrai ^ mais avec une sorte d'inquiétude mal dissimulée , les deux savants de la bande, que le docteur finissait alors de faire lire.

C'était un gracieux tableau.

Van-den-Enden , vêtu de brun , courbé par l'âge, coiffé d'un chaporon de velours noir d'où s'échappaient ses cheveux blancs , souriait doucement.... Le soleil éclairait en plein

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sa figure vénérable , bien pâle , bien souffrante, il est vrai, bien profondément sillonnée par les veilles et les chagrins ; mais qui alors avait une rare expression de bonheur et de quiétude. Il tenait sur ses genoux une grande bible peinte; et deux enfants debout auprès de lui, se serraient côte à côte, en suivant sa leçon.

L'un , frêle et joli , blanc et vermeil , à longs cheveux d'un blond doré, à la physionomie singulièrement fine et spirituelle , était vêtu d'une jaquette écarlate , et ouvrait attentivement ses yeux bleus vifs et intelligents , tandis que, du bout de son tout petit doigt rose à fossettes, il suivait d'un air sérieux et appliqué les lettres coloriées que le vieillard lui indiquait d'une main tremblante, et que l'enfant disait à mesure.

L'autre au contraire , robuste et beau garçon , brun et déterminé , aux grosses joues fermes et hâlées , vêtu d'une jaquette verte , oubliait parfois le livre pour suivre de ses grands yeux noirs, résolus et distraits, les oiseaux qui voletaient dans les branches; aussi sa bonne voix hardie et décidée ne répétaitelle jamais les lettres, que lorsque son camarade les avait épelées de son petit accent doux et timide.

Mais, à la grande joie des enfants qui s'éparpillèrent aussitôt, la leeon fut interrompue par Clara-Maria qui vint rejoindre son père , et lui dit d'une voix émue :

— Gela devient intolérable, mon père; encore cet homme!!

— Van-den-Enden haussa les épaules , en disant tristement : — Ah, Catherine ! Catherine !!

— Mais, mon père, que faire? — je n'ai rien voulu dire à mon mari, car vous savez combien il est violent 1 les instances de cet homme me sont odieuses ! encore une fois, que faire ? Sa position de pensionnaire ici lui donne mille occasions de me poursuivre de ses honteux propos. Je vous en supplie, mon père, dites à ma belle-mère de le chasser! — ajouta Clara-Maria , qui , on le sait, était fille du premier lit de Yan-den-Enden.

— Que veux-tu, mon enfant! tu connais Catherine , à quoi bon des observations avec elle? ne sais-tu pas toi-même, hélas! que c'est vanité!!

— Mon père, je lui parlerai donc si vous le permettez.

— Ah, mon Dieu !la voilà, — dit le docteur d'un air un peu craintif

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En effet, c'était dame Catherine, comme toujours , vêtue de noir avec une fraise et un béguin blanc ; on l'a dit , véritable figure d'Holbein , dure, sèche et pâle.

Clara-Maria s'apprêtait à lui soumettre ses griefs contre M. de Nazelles, lorsqu'elle fut prévenue par une violente explosion de la colère de dame Catherine, qui s'écria :

— Eh bien, jour de Dieu! j'en apprends de belles î je rencontre à l'instant mon pensionnaire, M. de Nazelles ; moi je lui dis : « — Dieu vous garde, monsieur, nous souperons bien ce soir ; car ce n'est pas pour me vanter, mais nous aurons un hochepot (i) et un potage au poisson qui ne dépareraient pas la table d'un chanoine. » — Qu'arrive-t-il? au lieu d'accueillir mes avances de hochepot, comme doit le faire un pensionnaire d'un appétit flatteur, M. Nazelles me répond d'un air à fendre l'âme : — « Merci, dame Catherine, je » n'ai pas faim , je ne souperai pas ce soir , je » vais prendre mon feutre et mon manteau «pour sortir. » — «Ne pas souper! m'écriai-je, quand je vous annonce un pareil hochepot Mais cela n'est pas naturcL II faut qu'il y ait

{\) l^oite (le uiacédojiu; de viande el de lu^utne.

([iK^lquc chose là-dcssoiis, M.de Nazelles.« Enfin après bien des siai des /nais, ladouce créature finit par m'avouer que c'est encore vous, madame ! — et dame Catherine attacha un regard furieux sur sa belle-fille, — que c'est encore vous! qui, avec vos discours aigres et fâcheux, lui avez ôté l'appétit!

— Il a osé vous dire cela, madame?

— Il a dit... il a dit... il n'a rien dit sans doute, la pauvre âme de pensionnaire qu'il est... mais je l'ai deviné, car, comme il sortait de votre classe , ça ne pouvait être que vous qui l'ayez tourmenté. Mais je dois vous le dire une bonne fois pour toutes, cela m'ennuie à la fin ! je tiens à mon pensionnaire comme au salut de mon âme. Grâce à ses quinze cents livres, nous vivons presque pour rien, car vous ne croyez pas sans doute, madame, que ce soient les soixante méchante: pistoles par an que nous donne votre mari, qui puissent nous avancer beaucoup, j'imagine 1

— M a fe m me! ma fem me !

— Et vous 1 vous ne valez guère mieux non plus! reprit dame Catherine en se retournant vers le philosophe, et le toisant d'un air irrité. — Pourquoi en veut-on ainsi à moai pensionnaire? Ne paie-t-il pas exactement sa pen-

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sion? quinze cents bonnes livres du bon|Dieu. Trouvez donc un pensionnaire pareil? Aussi , encore une fois, que lui fait-on? Pourquoi le hait-on ? que lui veut-on ?

— Je ne le hais pas, madame; je le méprise, — dit Clara-Mari a.

— Sainte Yiergeî mépriser mon pensionnaire! et de quel droit, s'il vous plaît?

— Madame, il est de ces choses qu'on ne peut dire , — reprit sévèrement la fille du docteur.

— Enfin , Catherine , puisqu'il faut vous l'apprendre, — dit le philosophe avec impatience, — M. de Nazelles fait la cour à ma fille, et l'obsède de propos déplacés... Comprenez-vous à cette heure ?

— Eh bien ! après, voyez donc le grand mal. Est-ce que votre fille n'est pas honnête femme? Est-ce qu'elle ne peut pas bien se garder ellemême, sans pour cela maltraiter mon pensionnaire, lui ôter l'appétit, le dégoûter d'un si bon hochepot, sur lequel je comptais tant pour m'attacher de plus en plus M. de Nazelles 1^ Mais il le mangera! Affinius... je vous le déclare, il faut qu'il le mange! ou au moins qu'il en goûte, entendez vous !

— Si vous tenez si fort à ce que votre sou

per soit mangé, — dit le vieillard, ne pouvant s'empêcher de sourire de la fureur de safemme, — voici un compagnon qui vous rendra aisément ce service, — et il lui montra Latréaumont,cpii arrivait accompagné de M. deRohan.

— Bon Dieu du ciel! c'est l'affreux géant! Je crois bien qu'il mangerait aisément mon souper et bien d'autres encore avec!! — s'écria la ménagère en frémissant ; — il aura sans doute eu vent du hochepot, car le voilà qui vous arrive avec ce seigneur .. mais quel seigneur, mon Dieu ! un mauvais seigneur ruiné , diton , car vous ne sauriez autrement choisir vos belles connaissances, vous!! — dit dame Catherine avec mépris.

En apercevant M. de Rohan et Latréaumont, Van-den-Enden avait fermé son livre, pendant que Clara-Maria se retirait, et que Catherine suivait sa belle-fille , se souciant peu de supporter, comme d'habitude, les impertinentes plaisanteries de Latréaumont, et craignant sans doute pour la sûreté de son hochepot, bien que le colonel ne vînt plus, ainsi qu'autrefois à Amsterdam, s'imposer comme son commensal habituel.

Le docteur resta donc seul dans le jardin avec ses deux hôtes

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— Eh bien , père La Sagesse , tu vas rire ! — dil Latréaumont, qui s'était familiarisé avec ce vieillard à ce point qu'il le tutoyait insolemment ; -~ tu vas rire dans ta barbe, Monterey accepte! et Rohan aussi... La Gazette est arrivée !

M. de Rohan fit un signe de tête affirmatif.

— Monterey accepte ? — s'écria Van-den- Enden avec une expression de joie impossible à décrire , en levant au ciel ses mains tremblantes;—il accepte... Enfin il a tenu la parole qu'il m'avait donnée! Mais montons che moi, nous y serons plus retirés.

Et tous trois montèrent dans le cabinet du docteur, pièce petite et sombre, éclairée par une seule fenêtre , et encombrée de livres et d'instruments de physique; véritable antre d'alchimiste.

Yan-den-Enden ferma soigneusement la porte, s'assura que personne ne se trouvait dans une j)ièce voisine, et les trois conjurés s'assirent.

— Il accepte, il accepte ! — répéta le vieillard.

— Tiens, - lui dit Latréaumont, — lis.... voici la Gazette.

Pendant que le docteur absorbé examinait ce journal avec attention, Latréaumont reprit :

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— Yoilà, j espère, mou vieux J.ycurgue, lUKî belle occasion d'appliquer ton système, et de semer enfin ta chère république en Normandie , afin d'y faire pousser des anges. Eh bien!... quand, il y a cinq ans, à Amsterdam, je te disais qu'il ne fallait pas te désespérer, et que je trouverais un nom pour servir d'enseigne et de chef à notre sédition?... Hein? t'ai-je tenu parole ?. .. Esl-il assez brave et assez noble, celui-là, Louis de Rohan?... neveu du grand duc Henri de Rohan , cet indomptable révolté!

— Oh! oui,... très noble et très brave,... — dit Van-den-Enden avec une singulière expression ; — j'aurais pu choisir le chef de l'état républicain que je rêve depuis si longtemps... que mon choix fut certainement tombé sur M. de Kohan.

— C'est comme moi , — reprit Latréaumont. — Voyez un peu comme les belles âmes se rencontrent !

— Allons ! j'espère que tout ceci succédera bien, — dit M. de Rohan avec une angoisse mal dissimulée, car la pensée de Maurice lui revenait à l'esprit; - l'alfaire est engagée, maintenant hâtons-la , pour Dieu ! hâtons-

la !... car il nj a pas de plaisir à rester ainsi long-temps dans le crime (i) !

— Dans le crime ? — s'écria Latréaumont en riant. — Ah çà ! mille repentirs , si tu prends cela pour un crime, à présent ! Si te venger des dédains et des insolences d'un roi qui t'a offensé est un crime! si te remettre à flot d'or quand tu es embourbé dans la ruine la plus fangeuse, et la plus noire î si tu appelles cela un crime... alors je ne m'y connais plus.

— Un crime ! — s'écria Yan-den-Enden, qui ne daigna pas relever l'ignoble manière dont Latréaumont envisageait les fins de la conspiration, car le philosophe, ayant son noble but à lui, méprisait profondément les vues sordides de son complice; — uncrime ! — s'écria donc le vieillard avec exaltation. — Ah ! ne croyez pas cela, monsieur!... Arracher ce malheureux pays au despote qui le décime et le ronge! délivrer vos frères des entraves qui les enchaînent! assurer la liberté, l'égalité et le bonheur de tous ! faire enfin pour votre pays ce que ce grand martyr de la liberté , Jean de Witt, rêvait pour le sien î accomplir

(i Voir le procè.-.

ce que votre oncle, monsieur, cet intrépide indépendant, voidait accomplir pour les religionnaires... oh î ce n'est pas là un crime!... non, non, monsieur !... C'est l'action la plus sainte et la plus grande qui puisse élever un homme au-dessus des autres hommes; c'est pour l'avenir s'assurer un de ces noms sacrés que les peuples révoltés contre leurs despotes crient pour ralliementen courantaux armes!! un de ces noms vengeurs enfin, qui, écrits en traits de feu dans l'histoire, font bien souvent pâlir les tyrans sur leur trône... comme Balthazar à son festin !

— Van-den-Enden était sublime en parlant ainsi, la fière énergie de cette conviction réagit puissamment sur M. de Rohan, qui, entendant ce vieillard si sage, si éclairé, si véritablement homme de bien , faire un pareil tableau de la révolte, se sentit comme rehaussé à ses propres yeux , regarda décidément les scrupul(*3 de Maurice comme dictés par la crainte ou la personnalité, et, partageant l'exaltation du vieillard, s'écria :

— Vous avez raison !. .. Non, ce n'est pas un crime! et puisse mon nom se prononcer encore avec quelque gloire après celui du grand Rohan !

Rien ne pouvait mieux servir les vues de Latréaumont , qui dit vivement à Van-den- Enden :

— Maintenant, il te faut partir, mon vieux Brutus, et aller de nouveau trouver Monterey à Bruxelles pour prendre avec lui les derniers arrangements, puisqu'il a toute confiance et créance en toi...

— Je partirai !...

— Demain ?

— Demain !...

— Avez-vous de Targent pour faire ce long voyage ? — lui demanda M. de Rohan.

— Non ! car c'est à peine si le peu que je gagne suffit à ma famille.

— Que vous faut-il ?

— De quoi faire la route !

— Deux mille livres? — demanda Rohan.

C'est beaucoup trop , — dit le docteur

en haussant les épaules.

— Mille livres ?

— C'est encore trop, je crois. .. Mais je vous rapporterai ce qui restera.

— Brave homme ! — s'écria M. de Rohan. Latréaumont reprit :

— Sais-tu, mon digne Lycurguo, que tu es bien vieux pour une telle entreprise ?

— Soixante et quatorze ans, né avee le sièele. Puissé-je seulement voir, un jour, le triomphe de la liberté, et mourir après !

— Sais-tu bien qu'il y a deux armées à traverser pour aller à Bruxelles ? — dit le colonel.

— Je le sais ! !

— Qii'il y a de grands dangers à courir?

— Je le sais! je le sais ! — dit avec une impatiente résolution , ce vieillard qui naguère tremblait devant sa femme.

Depuis quelques moments , M de Rohan faisait signes sur signes à Latréanmont, pour lui donnera entendre qu'il prenait un singulier moyen d'engager le philosophe à se charger de cette dangereuse entreprise , en lui en exagérant ainsi tous les périls ; mais Latréaumont ne tenant compte de ces muettes recommandations, continua :

— Sais-tu, enfin, que si l'on t'arrête, on pourra bien te pendre comme espion?

— Convenons donc vite du chiffre , afin que je puisse vous écrire sûrement de là-bas, — répondit le vieillard en haussant les épaules, sans que son front eût sourcillé à la pensée des dangereux obstacles qu'il devait en eff<^t braver pour remplir sa mission.

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Alors , se retournant vers Rohan , Latréaii mont lui dit en montrant Van-den-Enden: — Je m'apercevais bien de tes signes , mais je voulais le pousser jusqu'au bout! Hein? vois quel homme ! soixante-quatorze ans ! quel courage ! et toi , tu hésitais pourtant ^

— Ne vous ai-je pas donné ma parole /oi de RoHAN? — dit le chevalier avec tristesse et dignité.

C'est vrai, c'est vrai, aussi es-tu un Romain ou un Spartiate du vieux temps... à ton choix. . . Mais ta Maurice, te sens-tu, là. . . mort- Dieu, bien dépêtré de ses liens?

Puisque je suis à vous. . n'est-ce pas rompre

à tout jamais avec elle! ! et pourtant, si elle est pure et vraie.. si elle était loyale dans ses offres. . ma conduite envers elle est un épouvantable crime 1 — dit M. de Rohan avec un soupir... —Oui, mort-Dieu, je dis comme toi, si elle ne voulait pas t'amener à l'épouser, pour rire après de toi avec Lorraine et d'Effîat, c'est un épouvantable crime.

— Les horribles doutes du malheureux chevalier étant de nouveau réveillés par cette perfide réponse du colonel , — il s'écria , — eh bien oui, n'y aurait-il qu'une chance sur mille! pour que cet odieux soupçon (Vit une

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