‹ Latréaumont (volume 2)Chapitre 28 sur 64 · LK MESSAGE · texte numérisé non relu

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réalité, pour que Maurice fût capable d'une tiille infamie... Je ne veux pas même courir celte unique chance d'èlre couvert d'ignominie, et alors plus la secousse est violente! plus la rupture et assurée.

Pendant cette conversation à laquelle il était resté étranger , Yan-den-Enden profondément absorbé avait écrit quelques notes à la hâte.

—Tenez, dit il enfin à Latréaumont, voici, je pense, un chiffre qui sera bon pour communiquer sans crainte, car le secret des lettres est chaque jour violé. Ecoulez bien : lorsque j'aurai à vous écrire au sujet de notre affaire et qu'il s'agira de M. de Montekey , je suppose , je dirai mon gendre Kerkerin , à cette heure à Bruxelles; par ma fille Marguerite^ j'entendrai les Etats de Hollande; et par Clara- M aria, mon autre fille , les Etats de Flandres?

— Parfait, père la Sagesse, — dit Latréaumont; — ainsi : « J'ai vu mon gendre Kerkerin »au sujet de ce que vous savez, mais avant » de se résoudre il faut qu'il consulte ma fille » Marguerite , Signifiera :

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» il faut qiiil consulte les Etats de Hollande.

— Assurément , — reprit Van-den-Enden qui continua ; — l'argent que Monterey doit encore envoyer , s'entendra par les diamants, le coche signifiera la flotte ; les paquets , les troupes et objets de débarquement, et enfin la maison signifiera la place qu'on pourra livrer (i).

J'y suis, reprit Latréaumont ; ainsi Kerkerin m.on gendre enverra d abord les diamants ^ et ensuite parle coche les paquets que vous attendez , quand il aura la réponse de ma fille Marguerite et quil saura le numéro de la maison oii il faut adresser le tout , — signifiera : — Monterey enverra d'abord l'argent , et ensuite sur la flotte, les soldats et les objets qui doivent être débarqués quand il aura consulté les Etats de Flandres etquil saura décidément la place que Von peut livrer.

— C'est cela même , — dit le vieillard.

— Bravo 1 nous nous comprenons comme deux amants qui ont à tromper un jaloux.^ — reprit le colonel.

— Ainsi , — reprit M. de Rohan , — nous convenons bien de ceci : puisqu'il serait dé-

( 1 ; Voir le procès.

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sormais dangereux de l'écrire: - On demande à M. de Montereysix mille hommes de Ironpes pour le débarquement; sur laflottedes armes pour vingt mille hommes , ainsi que des outils pour les iortifications.

— Et, — ajouta Latréaumont, — deux millions d'argent, dont six cent mille livres le plus tôt possible, pour disposer les masses, nous faire des créatures et enrôler des mécontents par l'entremise du seigneur Plutus.

— C'est entendu , — dit Van den-Enden.

— Dès que la flotte hollandaise paraîtra sur la côte de Normandie , — continua Latréaumont, — « six gentilshommes iront trouver i> l'amiral, quatre resteront en otage, et deux « viendront mettre les Espagnols en possession )) de Quille-Bœuf. — Alors, — dit Van-den- » Enden, — la Normandie assurée de ce point, «s'arme, reconnaît M. de Rohari pour chef, »et se déclare en république libre et indé- » pendante , selon mes statuts politiques , c'est " ma condition expresse, et ce-la, sans que les » Espagnols y puissent prétendre aucune domination ') !

— Sinon Quille-Bœuf , — reprit Latréaumont, — qu'ils ne garderont que jusqu'à temps qu'on leur ait livré le Havre ou Abbe-

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ville , pour otage de la sûreté de leurs troupes !

— C'est entendu ainsi, — reprit Van-den- Enden.

— Mais , — ajouta M. deRohan en se tournant vers Latréaumont, — en cas de revers, qu'as-tu décidé? — car, avec une inconcevable insouciance qu'il faut sans doute attribuer à l'irrésolution où il était demeuré jusqu'alors, au sujet du complot , le chevalier avait laissé Latréaumont seul maître de toutes les conditions (i).

— « En cas de revers, — reprit Latréau- » mont, — ainsi que Monterey l'a fait dire par » le Portugais , on nous promet une retraite » assurée en Hollande ou en Espagne ; trente " bonnes mille livres de pension pour toi , » vingt mille non moins bonnes pour moi, et » la Hollande ou l'Espagne ne signeront aucun » traité avec la France sans que l'assurance » de notre grâce y soit stipulée et garantie » positivement (2). » J'espère, mille diables! que ce n'est pas non plus un mauvais sort pour l'avenir , hein? Ainsi , n'oublie pas

(1) Voir le procès, (27 Idem.

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