‹ Latréaumont (volume 2)Chapitre 35 sur 64 · LV VEUVE · texte numérisé non relu

LV VEUVE

I vée de quelques années d'une autie afleclion » que celle que j'ai pu vous offrir. . . Maintenant - ma prière est celle-ci ; bien qu'elle vous «semble peut-être cruelle, elle est pourtant ) dictée par la tendre sollicitude d'un père »pour sa fille cbérie. A dater de ce jour... at- » tendez seulement deux années avant que j^ d'épouser Auguste... il est jeune encore, il a » les plus nobles et les meilleurs instincts , » tout en lui démontre une rare et noble per- » sistance dans le bien; cette attente d'un bon- " lieur immense et inespéré, auquel il pourra » de la sorte se pieusement préparer, sera donc » la dernière et bien douce épreuve, puisqu'il » vous verra presque chaque jour, qu'il devra « subir pour arriver au comble de la félicité hu- » maine...Etpuisenfîn,ajoutaM.deYilars en me »remettant un paquet cacheté, la véritable rai- » son qui m'engage à vous faire cette prière, et » qui résume d'ailleurs les motifs que je vous ai «exposés, se trouve tracée dans cet écrit... «Maintenant, Louise, promettez-moi de n'ou- ))vrir cette lettre... que le lendemain du jour » où vous serez mariéi;. . . c'est-à-dire dans deux «ans... » Je promis à M. de Yilars d'exécuter ses volontés et d'attendre ce délai. Enfin, pour répondre a sa confiance, sans crainte de le

blesser dans ce moment solennel où les sus-^ ceptibilités de l'amour-propre s'effacent, je lui avouai qu'en effet je vous avais aimé, Auguste. . tendrement aimé depuis long-temps... Il me serra la main... nous nous étions compris... cinq jours après il n'était plus... Maintenant , mon ami , vous savez pourquoi j'ai toujours voulu remettre notre mariage à la fin de cette année...

— Oh ! maintenant , Louise, —dit Auguste

tout-à-fait revenu delà crise pénible qu'il avait

éprouvée ; — oh, maintenant, pardon de vous

avoir amenée, par mon impatience, à me faire,

j)eut-être malgré vous , cette confidence qui

vous rappelle des souvenirs pénibles!... mais

si vous pouviez savoir aussi, combien je vous

en suis reconnaissant ! combien j'admire et

vénère l'homme généreux qui , à ses derniers

moments, s'inquiétait encore de votre avenir

et du mien... car, Louise, penser à assurer

davantage votre bonheur, n'était ce pas songer

au mien?.. Enfin, la pensée de ce délai qui

vous donnait le temps de mûrement réfléchir,

avant de vous engager encore , et de juger

enfin si je me montrerais toujours digne de

vous... cette pensée n'était-elle pas dictée par

la plus haute et la plus sage prévoyance ?

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