MADAME LA MARQUISE DE VILARS
Une chambre de la Baslillc. — Louise, vêtue de noir, est d'une blancheur pâle et mate. — Ses beaux cheveux blonds onl élé coupés par l'homme velu de rouge, qui est venu lui lier aussi de cordes les mains comme à M. de Rohan. — Louise est assise les mains sur ses genoux. — Près d'elle , M. de Sarrau , son oncle le minis^tre, qui, par la protection de M. de lUivigny, a obtenu depuis son arrestation la permission de la voir une heure avant sa mort. La physionomie de madame de Vilars est calme et résolue; mais à ce moment empreinte d'une profonde tristesse , car elle est sous Tcmpire dun remords déchirant.
Louise j avec amroisse. C'est affreux 1!!!
Sans celte lurrible pensée je mourrais
heureuse... puisque je mourrais avec Auguste.
M. DE Sahrau. Mais vos enfants n'ont-ils pas en moi un appui certain?
Louise. Oui.... mais je les ai déshérites! mais tout entière à mon amour pour Auguste .. je n'avais pas songé à cette odieuse confiscation qui enrichit le roi des dépouilles de ceux que sa justice a condamnés , et qui laisse mes malheureux enfants sans pain et sans asile....
M. DE Sarrau. Mais encore une fois, Louise, ne suis-je pas là? Ne vous désespérez pas ainsi. M. de Ruvigny est de mes amis... peut-être, par son entremise, pourrait -on espérer que la totalité de vos bjens ne fut pas réunie au domaine du roi.
Louise, avec une expression déchirante. Mais je ne le saurai pas , moi! et je meurs cruellement incertaine sur le sort de mes enfants ! Qu'ils vous perdent! qu'ils perdent ma tante!,, votre modeste aisance devient l'héritage de votre fils!., et ma pauvre petite fille !.. mon Gabriel!... ah! les laisser ainsi sans biens, quelle pensée !.. mon Dieu !.. quelle affreuse pensée!! Oh ! oui, voilà mon véritable crime... ! à mon amour tout personnel pour Auguste, je n'aurais pas du sacriQer jusqu'à cela., c'est horrible, et il est trop tard... trop tard. {Avec