CHAPITRE CINQUIEME
Ipsa si vclit salus
Servarc prorsus non potest hanc familiam. (Non, quand la déesse Salus voudrait clie-mcme sauTer celte famille, elle n'en Tiendrait pas à bout ! )
Terence, — Adelph, act. iv , se. 7, ▼. 43.
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Vers les premiers jours du mois de mai de celte même année 1669, la cour de France se trouvait à Fontainebleau.
Au bout de la galerie des Cerf s ^ fumante encore du sang de Monaldeschï . amant et victime de Christine de Suède, celte lubrique amazone, qui eût été si digne des chants
Lesbiens et passionnés de Sapho, on voyait un petit degré, conduisant à la demeure des filles d'honneur de la reine.
Ce logis était appelé , \ appartement des poêles^ parce que François i" y avait autrefois fait construire de ces sortes de calorifères , à la mode d'Allemagne.
Cet appartement semblait défendu, par toutes les précautions imaginables , contre les tentatives indiscrètes des seigneurs de cette cour hypocrite et libertine ; en un mot , grillages et verroux , doubles portes et doubles fenêtres, en avait fait une manière de citadelle, depuis certaine aventure que l'on doit raconter, bien qu'elle soit antérieure de plusieurs années à l'époque de ce récit.
Madame la duchesse de Navailles, femme d'une grande et solide piété , était dans ce temps-là dame de la reine, et avait, comme telle , la surintendance des filles d'honneur de S. M. Elle apprit Un jour , qu'au moyen d'une porte secrète pratiquée dans le mur , eit cachée derrière le dossier d'un lit, Louis XIV, fort jeune encore , entrait la nuit dans l'appartement des filles ; le scandale était énorme; à ce sujet madame de