L EXECUTION
père Talon, jelant son manteau sur It; corps, descendit ; peu après on lui rendit son manteau.
» Ensuite on exe'cuta le chevalier Des Pre'aux, qui ne fit pas plus de façon ; mourut très-fermement en regardant la dame de Vilars, n'ayant pas voulu avoir les yeux bandés : sa tête roula à terre , et on la rejetta.
» Après, la marcjuise, qui fut exe'cutce Pavant-dernière, monta fort hardiment sur son ëchafaud, se mit à genoux en chantant le Salve regina , baisa par trois foi.^ le billot, et, sans souffrir que le bourreau la touchât , elle aida elle-même à se défaire de sa coiffe pour découvrir ses épaules, et après, souffrit fort constamment et fort noblement une pareille destinée, el sa tête roula a terre.
» Ensuite on monta le maître d'école Ii la potence , la question lui ayant ôté Fusage desjambes; il fut aussitôt pendu par les valets du bourreau , qui leur dit : Vous autres, PENDEZ-MOI ÇA,
» .J'ou!>iiais de vous dire que pendant que Ton exécutait Des Prcaux , six soldats de la Bastille vinrcnl enlever le corps et la tète de M. de Rohan, et les portèrent à la Bastille ; le corps de la dame de Yilars fut mis dans un drap et enlevé par le côté de la rue des Tournelles, où on le mit dans un carosse.
)) Pour le chevalier Des Préaux, on le jeta dans la charrette après l'avoir déshabillé publiquement , puis on jeta sur lui tous les ais des échafauds, et après, le corps de Van-den-Enden , et pur-dessus tout la potenc^ , Et c''est par où finit ce triste spectacle, à trois heures et demie. »
Conclusion.
Néron vous écoulait, mnilaïuc !..
Racine. — Bi-Uannicus.
Moins d\mo heure après rexc'cution de RI. de Rohan et de ses complices, un courrier arrivant à toute bride dans la cour du château de Saint-Germain , remit un paquet pour le roi.
Louis XIV , qui s''etait souvent et impatiemment informé de ce courrier, reçut ces dépêches avec les nianjues de la satisfaction la plus vive, lut attentivement une longue lettre de M. de la Ueynie, et se rendit aussitôt chez madame tle Montcspan , (ju''il trouva triste et rêveuse.
— Madame, lisez ceci, — lui dit le roi ; ni. 17.
puis il ajouta avec une expression de haine, de joie et de cruelle ironie : — Qa aujourd'hui ne soit pas fion plus pour moi seul un jour de bonheur,».
Madame de Montespan jeta les yeux sur la lettre...
C'était une dépêche de M. de La Reynie, qui annonçait au roi la mort de M. de Rohan
Il est inutile de dire que le roi faisait ainsi une sanglante allusion aux mêmes paroles , autrefois amoureusement dites à madame de Montespan par M. de Rohan, et si imprudemment rappelées il y avait alors cinq ans, dans la conversation des filles d'honneur de la reine , conversation qui exaspéra si furieusement Louis XIV contre le Grand- Veneur de France. . .
On ne sait rien du sort de M. de Saint- Marc.
Clara-Maria devint (ainsi qu'on le verra dans un autre ouvrage) une des plus influentes prophétesses des Cévennes.