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Here nière demeure, on devinait que les pauvres, les malheureux et les infirmes venaient de faire une grande perte.
Flaubert (Achille-Cléophas) était né à Mézières (Aube) le 15 novembre 1784 ; il appartenait à une famille de vétérinaires instruits, qui a fourni des professeurs habiles à l’école d’Alfort. Elève du collège de Sens, 1l vint à Paris, fit partie de l'Ecole pratique et fut couronné dans presque tous les concours. Il avait cependant des concurrents bien dangereux puisqu'ils portaient ces noms : Bouchet (de Lyon), Pictet, Marandal, Magendie, Breschet, Pelletan. Devenu interne à l’'Hôtel-Dieu, 1l fut reeu docteur à Paris, le 17 novembre 1810.
Rester à Paris, y disputer la célébrité aux orands chirurgiens de l’époque, tel était son rêve. Mais on sait l'humeur jalouse de Dupuytren, inaccessible aux sentiments de la bonne confraternité, et qui ne souffrait pas que quelqu'un s’élevât à côté de lui. Tant et si bien que Flaubert fut relégué à Rouen. Il devait s’y 1llustrer en créant des cours de clinique chirurgicale, de pathologie externe,
d’accouchements, de médecine opératoire et
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de bandages. Peu de temps après, 1l devenait chirurgien de l’Hôtel-Dieu, en remplacement de Laumonier, puis professeur de clinique chirurgicale et directeur de l'École de Rouen. »
En 1815, Flaubert père avaitété élu membre de notre Compagnie. Dans son discours de réception, 1l établit les rapports nombreux et la liaison intime de la médecine avec toutes les branches des connaissances humaines :
« Puisque le médecin, dit-1l en terminant, ne doit être étranger à aucune des sciences, s’il est appelé à observer et à s'instruire partout, c'est particulièrement au milieu des sociétés savantes qu’il peut espérer d'acquérir des connaissances solides, soit en conversant avec des médecins instruits, müûris par l'expérience, soit en s'éclairant des lumières de ceux qui s'occupent à étendre le domaine des sciences
physiques ou morales. »
Flaubert lut encore à l’Académie les divers
travaux qui suivent :
— Observations relatives à une nouvelle manière de pratiquer chez les femmes la lithotomie {1815).
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— Observation de carie de la colonne vertébrale (1815). j
— Observation d’anévrysme de l'artère aorte communiquant avec l'artère pulmonaire (1815).
— Rapport sur un mémoire concernant une rupture du ventricule gauche du cœur, par le docteur Worbe, de Dreux (1815).
— Rapport sur une thèse inaugurale de M. Martin d'Offigny, intitulée : Observations et réflexions sur quelques maladies de la glande parotide (1816).
— Mémoire sur l’inutilité et même les inconvémients du bandage dans plusieurs fractures 1816). |
— Rapport sur deux observations du docteur Blanche, intitulées : Fistule lacrymale causée par la présence d’un polype dans le canal nasal. Démonomanie guérie par un traitement moral (1816).
— Rapport sur deux ouvrages de M. Désormeaux : Précis de doctrine sur l'accouchement par les pieds (1817). — De abortu.
— Rapport sur un travail du docteur Le
DR Te in Prévost. — Examen de la théorie de la vision ERA
— Rapport sur une observation de M. Hellis fils, relative à un étranglement de l'iléon par l’appendice 1léo-cæœcal (1818).
— Rapport sur le bdellomètre du docteur Sarlandière (1820).
— Observation de fracture du col du fémur
Flaubert publia aussi un important mémoire sur plusieurs cas de luxations dans lesquels les efforts pour la réduction avaient été suivis d'accidents graves.
Il n’est donc pas absolument exact de dire, ainsi que l’a fait le docteur Chéreau, que Flaubert père n'a rien écrit; ce qui est vrai, c’est qu'absorbé par les labeurs incessants d’une immense clientèle, 1l s’en remit à ses élèves du soin de faire connaître ses innovations les plus ingénieuses en thérapeutique chirurgicale; c’est par la thèse du docteur Bailleul que fut connue et propagée sa méthode des
orandes incisions dans le traitement des abcès
froids. Essai sur les abcès froidsidiopathiques et leur traitement, thèse de Paris, 1820.) C'est encore la thèse du docteur Laloy qui fit connaître son procédé de suture osseuse appliquée à la guérison des pseudarthroses.
(De la suture des os, thèse de Paris, 1829.)
Achille Flaubert |”), désigné comme adjoint de son pèreen 1839 et choisi pour lui succéder dans les fonctions de chirurgien de l'Hôtel- Dieu en 1846, continua toutes ses traditions. Entraîné également dans le courant d’une pratique médicale très étendue, il ne donna œuère de publicité aux résultats de sa vaste expérience. Je ne connais de lui que les publications suivantes :
— Quelques considérations sur le moment de l'opération de la hernie étranglée (Thèse inaugurale, 16 mai 1839).
— Observations et réflexions sur une exostose de nature douteuse développée sur le maxillaire inférieur et qui a exigé la résection de l'os. (4rch. gén. de méd., 1840.)
({) Né à Rouen, rue du Petit-Salut n° 8, le 9 février 1813.
— Observation d’ablation de l’os maxillaire supérieur en totalité pour une affection indépendante de cet os, guérison. (4rch. gén. de méd., 1840.)
— Production cartilagineuse développée sous l’albuginée entre cette membrane et la substance propre du testicule avec coïncidence d’encéphaloïde et d'hydrocèle. (Bull, de la Soc. de Méd. de Rouen, 1853.)
— Observation d'æœsophagotomie et d’extraction d’un volumineux os de bœuf arrêté dans l’œsophage. (Bull, de la Soc.de Méd. de Rouen, 1854.)
Le docteur Chéreau, dans la notice dont j'ai cité un extrait, a commis une erreur en disant que Flaubert père avait pratiqué le premier en France la résection totale du maxillaire supérieur, destinée à créer une large voie pour l'extirpation des polypes naso-pharyngiens.
C'est au fils qu'en revient le mérite.
Les travaux de Gensoul, de Lyon, avaient vulgarisé l’ablation du maxillaire supérieur, mais celte opération n'avait été pratiquée que
pour l'extraction de cet os atteint de maladie.
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En mars 1840, se trouvait à l’'Hôtel-Dieu de Rouen un jeune homme atteint d'un polype volumineux, qui remplissait la partie supérieure du pharynx et la fosse nasale gauche, avait détruit la voûte palatine et envoyait un prolongement dans le sinus maxillaire et dans l'orbite.
Déjà diverses méthodes avaient été essayées : la ligature simple, — une partie seulement de la tumeur avait pu être enlevée; — une autre ligature après incision préliminaire du voile du palais et de la muqueuse palatine, — le polype, tombé partiellement, n'avait pas tardé à se reproduire.
« Je pensai, dès lors, dit Achille Flaubert, dans le mémoire qu'il publia à ce sujet : 1° que toutes les tentatives de ligature échoueraïent, comme elles avaient déjà échoué, à cause des nombreuses insertions de la tumeur ; 2° que les autres procédés seraient, ou non applicables, ou aussi peu suivis de succès ; 3° que la tumeur, déjà énorme, continuerait à faire des progrès et tuerait infailliblement le malade ; 4° qu'il n'y avait qu'un moyen de salut et que
ce moyen consistait à enlever l'os maxillaire
NES supérieur gauche; qu'alors le polype serait largement à découvert, que l’on pourrait agir sur lui avec connaissance de cause, et enlever le mal jusque dans ses racines.
Mon père adopta de tout point cette manière de voir et me chargea de l'opération, que Je pratiquai le 13 avril. »
Cette innovation fut alors considérée comme très audacieuse; mais si quelques critiques s’élevèrent, elles restèrent sans écho, L'exemple au contraire fut bientôt suivi avec le même succes.
Ce fut d'abord le professeur Michaux, de Louvain, qui appliqua la méthode de Flaubert, chez un jeune garçon de 18 ans, sur lequel, à deux reprises différentes, 1l avait combiné de diverses manières l’arrachement, l’excision, la cautérisation aidée de l’incision du voile du palais. Le polype repullulait toujours. Après l'extraction du maxillaire supérieur, la tumeur put être enlevée jusqu’à la racine et le malade guérit parfaitement. (Gazette méd. de Paris, 7 juin 1848.)
En 1549, Robert pratiqua la même opération
à l'hôpital Beaujon ; puis Maisonneuve, en 1852.
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