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nous a déjà vu puiser. Genet était-il encore à Rome, vers 1527, auprès de Clément VII, de ce malheureux souverain qui vit saccager sa capitale par le connétable de Bourbon plus atrocement que n’avaient lait les Visigoths, les Vandales, les Goths, les Sarrazins et les Normands ? Mais, peu après, en 1532, il lui écrivait, d’Avignon : « Saint-Père, il y a déjà cinq ans qu’une maladie jusqu’alors inconnue, que je dûs reconnaître comme douloureusement grave, s’empara de ma tête, cette plus noble partie du corps. J’éprpuvais un sifflement permanent dans les oreilles, et mon cerveau était tourmenté comme par une tempête roulante (Mordus quem pene sonticum vere dixerim.) C’est en vain que j’ai lait appel à la médecine... » Sur ce, Ambros a ajouté : « Pour se consoler de la souffrance Genet composa ses messes et eut assez de force, d’intelligence et d’inspiration pour créer de vrais chefs-d’œuvre. » N’est-ce pas là un pendant à la surdité de Beethoven ? Les préfaces et diverses notes écrites en bon latin des trois premiers volumes des compositions du Carpentrasso donnent de précieux renseignements sur sa personnalité; mais le quatrième et dernier volume, imprimé postérieurement à sa mort, n’indique pas d’une manière précise le moment et le lieu de sa mort. On sait qu’il était très malade dans les derniers temps de sa vie, mais travaillant toujours, et qu’il avait du passer cette époque à Carpentras ou en Avignon. M. l’abbé Requin a lait, dans la dernière de ces villes, quelque trouvaille qui doit éclairer la ques-
tion. Il taut insister sur le mérite des gravures qui ornent Pouvrage ci-dessus. Elles n’ont rien de trop gothique ni d’incorrect, portant, au contraire, tout à fait le caractère péruginesque et raphaëlesque : témoin le titre du volume des Messes , si heureusement trouvé il y a quelque temps et acquis au prix de 1200 francs par le Conservatoire de Paris, où un chacun peut l’admirer.
En dernier lieu, lors d’un de ses séjours à Rome, Jules Laurens ne manqua pas de faire des démarches, à ce sujet d’Elzéar Genet, auprès de l’Ecole française du Palais Farnèse, libellant lui-même sa demande et ses instructions dans le cabinet du Directeur, M. Geffroy. C’était là certes, à tous les points de vue et litres, un sujet à souhait dans le programme des recherches, des publications et des devoirs spéciaux de quelque pensionnaire de l’institution. .. En a-t-il seulement jamais été tenté quoi que ce soit ? Rien ne nous l’a appris, et reste donc là un gros désidérata à satisfaire et fort digne de l’être. — On ne saurait aussi guère penser possible que, contemporain si recommandable et en si haute et bonne vue d’un milieu, d’une camaraderie sans doute avec tant d’artistes peintres et sculpteurs, Elzéar n’ait pas donné lieu au moindre de ses portraits. Rien encore ne dit que ce précieux document n’a pas existé, n’est pas parvenu jusqu’à aujourd’hui; mais il est sinon détruit, disparu, inconnu ou ignoré et sans valeur là où il se trouverait. Voilà bien de quoi empêcher de dormir et désespérer l’affection passionnée d’un biographe!