‹ Laurent de MédicisChapitre 11 sur 34 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LAURENT, STROZZL

STROZZI, revenant peu-à peu de sa stupeur. L'ai-je bien entendu? mais où donc est l'infùme...?

Il se retourne et aperçoit Laurent immobile à sa place et qui semble l'attendre.

Laurent! ah! de fureur j e sens bondir mon ame !

Il s'approche de lui, et le regardant en face.

Tu m'envisages, traître, et, les yeux sur mon front. Tu joins encor l'insulte à ce public affront! Mais tu ne sais donc pas qu'ici même, sur l'heure. Il faut que ton trépas me venge ou que je meureT

LAURENT, froidement.

Je le sais, car tu vois, quand chacun t'a quitté. Pour te rendre raison, moi seul je suis resté. STROZZI, mettant la main sur son épée.

En garde donc, en garde! et croisant ton épée...

LAURENT, impassible.

Jamais au sang d'un frère elle ne fut trempée.

STROZZI

Un frère, misérable! Eh! suis-je encor le tien. Toi qui m'as pris l'honneur, l'honneur, mon der- Défends-toi. [nier bien?

LAURENT, voulant s'expliquer.

Pierre, écoute.

STROZZI

Ah ! oui, voilà ta tâche.

Parler pour vous trahir ! Laurent, tu n'es qu'un LAURENT. [lâche.

Pierre!

STROZZI

Unhommesans foi, qui n'as rien dans lecceurl

LAURENT

Pierre...

STROZZI

Un poltron enfin qu'on insulte sans peur!

Il lui jette son gant au visage.

LAURENT, éclatant à son tour.

Cette fois, c'en est trop ! de ton aveugle rage, Vois, sans trembler, Strozzi, je relève le gage. J'ai su sauver tes jours, tu veux prendre les miens. Soit! attends à minuit, alors je t'appartiens.

STROZZI

Quoi! si tard!

LAURENT

Pas avant.

A part.

Ce temps doit me suffire.

Haut.

Ou oous rcvcrroQs-nousl

STROZZI

Je te l'eoTerrai dire, U sort.

LAURENT DE BIÉDICIS.

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