‹ Laurent de MédicisChapitre 26 sur 34 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LAURENT, seul.

Enfin, m'y voilà donc!... c'est là, sur ce théâtre, Que tu vas triompher, mon zèle opiniâtre! 0 moment que mes vœux ont tant sollicité, Heure de la vengeance et de la liberté, Encore cette nuit... et Florence peut-être. Veuve de son tyran, aux beaux jours va renaître. Jadis, lorsque Brutus de sa vaillante main Consentit à frapper l'usurpateur romain, II dut, quand vint le jour de cet acte suprême. Regarder en arrière et douter de lui-même... Car dans Julius Cœsar, de l'univers vainqueur. Sous la pourpre du moins battait un noble cœur. De généreux lauriers, cueillis au Capitule, Il marchait le front ceint comme d'une auréole... Après vingt ans de guerre, heureux de son repos. Le peuple enfin l'aimait, c'était là son héros ; Et tel fut envers lui l'aveuglement de Rome, Que, mort, on le pleura comme on pleure un grand

[homme.

Mais toi, des Médicis l'opprobre, 6 duc bâtard ! Quel remords de ton sein écarte le poignard? As-tu quelques vertus qui rachètent tes vices? Débauche, exactions, cruautés et supplices. Voilà les seuls soutiens de ton sceptre de fer. Rongeant Florence au cœur, comme un affreux

[cancer.

Chaque jour, sans pitié, sans que son cri t'effraie. Tu la dévores, monstre! agrandissant sa plaie ! Meurs donc... mcuis... que ce lieu soit ton digne

[tombeau.

Le juge est prêt... t'attend...

Montrant Scoruucuulo qui rentre.

Et voici le bourreau !

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