‹ Laurent de MédicisChapitre 4 sur 34 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LAUREM, SCOROUCOULO.

SConoucoiLO. que le dentier mot a frappé. Pourquoi [leut-étre. ?un mot si vague, si douteux? Fi donc : dans notre langue....

LAUKHNT, se reioumanl, à part.

Ah! ah; nous sommes deux!

sconoucocLo.

Si j'étais comme vous un maître irréprochable, Seigneur, je proscrirais ce terme abominable. Peut-être... eh! mais, est il un galant cavalier,

S'cxaminanlde la lêleaux pieds avec complaisance.

Rien tourné, bien bâti, tant soit peu régulier. Avant à son côté bon styiet de Tolède, (^)ui connaisse un tel mot et l'appelle a son aide? Pour ma part.

Avec emphase.

Et pourtant l'on n'est pas fanfaron.

Je n'ai jamais aimé ce vilain mot poltron.

LAL'IIKN T.

Rien I mais moins de discours. As-lu fait mon messcoRoucocLO. [ sage?

En homme intelligent, et vous-même, je gage. Par vosamoursdislrait, l'auriez moins bien rempli; Jai votre affaire...

LAURENT

Bah !

SCOKOLCOULO.

Ça n'a pas fait un pli.

LAUttENT.

Une maison sûre ?

scououcoui.o.

Oh : une retraite telle, Qu'il la faut à l'amant pour y 'acher sa belle. Alors que redoutant les regards des jaloux, Il usurpe des droits dérobés à I époux. Petite porte basse au fond d'une ruelle, Escalier raide et droit, où l'on monte à l'échelle. Fenêtre sans voisins, prenant jour sur l'Arno; Enfin, un vrai boudoir, où moi, Scoroucoulo, Enjetanl sur le fleuve un œil tant soit peu louche. J'ai souvent attendri mainte beauté farouche.

LAUIIENT.

Ah! lu connais l'endroit?

SCOiioLCOULO, avec falniti'.

Oui, soit dit entre nous,

C'est là que j'ai toujours donné mes rendez-vous.

LAURENT, ironiquement.

Je suis tlalté, mon cher, que ma bonne fortune Entrouvre à nos amours une porte commune. Et combien, toi, qui sais les prix de la maison. Me louera-t-on ce temple?

SCOROUCOULO.

Ail! datne, c'est selon ; La maison est courue et souvent a leiuliere... Dans le jour ce n'es tri en, mais la nuit est plus chère. Pour quel temps louerez-vous?

LAURENT

Pour trois nuits et trois jours.

SCOROUCOULO.

Par le pape, il se peut? quelles rudes amours!

Après avoir compté un instant avec iui-nicn.e.

Ce sera dix ducats .. encore si l'hôtesse

iMaître de tout chez elle a ce prix-la vous laisse;

C'est par égard pour moi, que la vieille connaît,

El qui de vous ai fait le plus charmant j orirait.

Vous serez roi du lieu, mon digne gentilhomme ;

Vous aurez le premier, lesecond, loutén somme,

Excepté toutefois un petit pavillon

Au logis attenant, que ce malin, dit-on.

A retenu d'avance une honnête pratique...

LAURENT

Ah I diable! on n'est pas seul ?

SCOROUCOULO.

Si fait.

LAtUhM.

On conmuinique?

SCOROUCOULO.

Non pas certe, ou du moins ci'la dépend devou-i; Un passage secret en bas ferme aux verroux. Et s ouvre [lour vous seul.

LAURENT

.M'en réponds-tu? j'arrête...

SCOROUCOULO.

J'en réponds.

Pour ce soir que la maison soit prêle. ;\Iais surtout, bouche close, et qu'on ncsachcrien. Là-dessus, pas un mot...

SCOROUCOULO.

Je vous le promets.

LAURU.NT.

Bien.

Puise.

Il se jieut qu'avec moi... tanttU je te convie .. Tu m'as raird'ung.ii!lar(l(iuii'ompreiidbicn la vie.

SCOUOICOULO.

Oui...

LAURENT

Tu m'es dévoué?

SCOROUCOULO.

Comme l'est à Satan Paul trois, notre saint père, assis au Val can.

LAURENT

! En temps et lieu, je crois, tu me rendrais serviceT

SCOROUCOULO, viveuwni.

Aux dépens de mon sang...

lADRENT, avec doute, Oii!

SCOROCCOtILO.

Le beau sacrifice!

Ce n'est là qu'un prêté, maître, pour un rendu. A Naple, un Jour, sans vous... n'étais-je point LAURENT. [pendu?

C'est juste. .. et cette fois, je puis dire, sans blâme. Que je fis deux grands vols: au diable je pris l'ame, Et le corps au bourreau.

SCOROUCOULO.

Donc, je vous appartiens; Donc, ces jours rachetés sont à vous, et non miens!

LAURENT

Et tu les donnerais pour solder ma créance ?

SCOROUCOULO.

Tous... hors un qu'il me faut...

lAUREKT.

Pour qui?

SCOROUCOULO.

Pour la vengeance!

LAUREKT.

La vengeance, dis-tu ?

SCOROUCOULO.

Prononcez si j'ai tort :

L'tiomme dont le crédit faillit causer ma mort. Et qui, pour un maraud, dont il s'est dit le maître. Sans vous, tout droit aa ciel m'envoyait compa- LAUREKT. [raître...

Eh bien?

SCOROUCOULO.

Lecroiriez-vous?

LAURENT

Achève...

SCOROUCOULO,

Il est ici!

LAURENT

Qui

SCOROUCOULO.

Cet homme...

LAURENT

Cet homme?

SCOROCCOULO.

Eh oui! Pierre Strozzi!

LAURENT

Tu l'as VU?

SCOROUCOULO.

De mes yeux...

LAIRENT.

Quand çat

SCOKOUCOLLO.

Ce matin même... LAURENT, fcirjnant la surprise.

A Florence un Strozzi 1 son audace est extrême! Es-tu bien sûr?

SCOROUCOULO.

Autant qu'on peut être certnin, Lorsque, l'estomac vide, on a le cerveau sain. Je l'ai touché du coude.

LAURENT

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