‹ Laurette;Chapitre 3 sur 21 · DÛT · texte numérisé non relu

DÛT

jamais que d*un on «lit, et l

a le temps de t<

[e la lettre."' — !

.;«■.!. ( i pendule, et j'en tirai . —

Eh bien, mon cher, la main depuis

fin je me

d'un . J6 le l:

en poussière.

Apres avoir lu, je me frottai I tron

Je relus la lettre tout entière ; je la relus re-

commençai en la prenant par la tienne: et remontant

à la première. Je n'y CTOJ Mes jamtx

un peu sous moi,1 je m'assis ; j'avais un certain tremblement sur la peau du visage ; je me frottai un peu les joues avec du rhum, je m'en mis dans le creux des mains, je me faisais pitié à moi-même d'être si bête que cela ; 2 mais ce fut l'affaire dun moment \ je montai prendre l'air.3

Laurette était ce jour-là si jolie, que je ne voulus pas m' approcher d'elle : elle avait une petite robe blanche toute simple, les bras nus jusqu'au col, et ses grands cheveux tombants comme elle les portait toujours. Elle s'amusait à tremper dans la mer son autre robe au bout d'une corde, et riait en cherchant à arrêter les goémons, plantes marines semblables à des grappes4 de raisin, et qui flottent sur les eaux des Tropiques.

— Viens donc voir les raisins ! viens donc vite ! criaitelle ; et son ami s'appuyait sur elle, et se penchait, et ne regardait pas l'eau, parce qu'il la regardait6 d'un air tout attendri.

Je fis signe à ce jeune homme de venir me parler sur le gaillard d'arrière.6 Elle se retourna. . . Je ne sais quelle figure j'avais, mais elle laissa tomber sa corde ; elle le prit violemment par le bras, et lui dit :

— Oh ! n'y va pas, il est tout pâle.

Cela se pouvait bien ; il y avait de quoi 7 pâlir. Il vint cependant près de moi sur le gaillard ; elle nous regardait, appuyée contre le grand mât. Nous nous promenâmes longtemps de long en large sans rien dire. Je fumais un cigare que je trouvais amer, et je le crachai dans l'eau. Il me suivait de l'œil ; je lui pris le bras ; j'étouffais, ma foi, ma parole d'honneur ! j'étouffais.

— Ah ça ! 8 lui dis-je enfin, contez-moi donc, mon petit ami, contez-moi un peu votre histoire. Que diable avez-vous donc fait à ces chiens d'avocats qui sont là comme cinq

. iii.i 1. H CB.

P l II | Il -, | la tète (avec un tii ri

— ( ) mon i

— () mon i f

condamn

tioii |

DM doni. Uct.

11 ne répondit oootenanec pour on me de d Il

— affaire ' sur l

de i phé, scellé ; il n'y manque :

Il i (-poliment en rougissant

— Je ne demande .«haine, dit il avec une l

[Ue de coutume ; iéu de VOUS

manquer à vos devoirs. Je voudrais seulement parler un peu à Laure, et vous prier de la protéger d M où elle

me survivrait, ce que je ne crois pas.

■ — Oh ! pour cela, c'est juste, lui dis-je, mon garçon ; si cela ne vous déplaît pas, je la conduirai à sa famille à mon retour en France, et je ne la quitterai que quand elle ne voudra plus me voir. Mais, à mon sens,1 vous pouvez vous flatter qu'elle ne reviendra pas de ce coup-là;2 pauvre petite femme !

Il me prit les deux mains, les serra et me dit :

— Mon brave capitaine,3 vous souffrez plus que moi de ce qui vous4 reste à faire, je le sens bien; mais qu'y pouvezvous? Je compte sur vous pour lui conserver le peu qui m'appartient, pour la protéger, pour veiller à ce qu'elle reçoive ce que sa vieille mère pourrait lui laisser, n'estce pas? pour garantir sa vie, son honneur, n'est-ce pas? et aussi pour qu'on ménage toujours sa santé. — Tenez, ajouta-t-il plus bas, j'ai à vous dire qu'elle est très-délicate ; elle a souvent la poitrine affectée jusqu'à s'évanouir plusieurs fois par jour ; 5 il faut qu'elle se couvre bien toujours. Enfin vous remplacerez son père, sa mère et moi autant que possible, n'est-il pas vrai ? Si elle pouvait conserver les bagues que sa mère lui a données, cela me ferait bien plaisir. Mais si on a besoin de les vendre pour elle, il le faudra 6 bien. Ma pauvre Laurette ! voyez comme elle est belle !

Comme ça commençait à devenir par trop tendre,7 cela m'ennuya, et je me mis à froncer le sourcil ; je lui avais parlé d'un air gai pour ne pas m'affaiblir ; mais je n'y tenais8 plus : — Enfin, suffit, lui dis-je, entre braves gens on s'entend de reste.9 Allez lui parler, et dépêchons-nous.

Je lui serrai la main en ami, et comme il ne quittait pas la mienne et me regardait avec un air singulier : — Ah10 çà ! si j'ai un conseil à vous donner, ajoutai-je, c'est de ne pas lui parler de ça. Nous arrangerons la chose sans qu'elle s'y attende, ni vous non plus, soyez tranquille ; n ça me regarde.12

•lit.

— 0 . lui dis-j

lu.

Il !

rent, bra

d'iu et 1 1

nuit vînt

et je k

me un bo

1 | me

■ en se frappant la poitrine :

— Ce moment là, j mprendre. ]

et en même temps je ne - nae

en avant.6 Rappelai les offi l'un

d'eux :

— Allons, un < présent nous sommes des bourreau | V 19 J : tte femm

- l'emmènerez au

coups8 de fusil; alors vous reviendrez. — Obéir a un morceau de papier ! car ce n'était l enfin ! Il fallait

qu'il y eût quelque chose dans l'air qui me poussât. J'entrevis de loin ce jeune homme ... oh ! c'était affreux à voir ! . . . s'agenouiller devant sa Laurette, et lui baiser les genoux et les pieds. N'est-ce pas que vous trouvez que j'étais bien malheureux?

Je criai comme un fou : Séparez-les ! nous sommes tous des scélérats ! — Séparez-les ... La pauvre République est un corps mort ! Directeurs, Directoire, c'en est la vermine ! 1 Je quitte la mer ! Je ne crains pas tous vos avocats ; qu'on leur dise ce que je dis, qu'est-ce que ça me fait ? 2 Ah ! je me souciais bien d'eux, en effet ! J'aurais voulu les tenir, je les aurais fait fusiller 3 tous les cinq, les coquins ! Oh ! je l'aurais fait ; je me souciais de la vie comme de l'eau qui tombe-là, tenez ... Je m'en souciais bien ! . . . une vie comme la mienne ... Ah bien, oui ! pauvre vie ... va ! ... 4

Et la voix du Commandant s'éteignit peu à peu 5 et devint aussi incertaine que ses paroles ; et il marcha en se mordant les lèvres et en fronçant le sourcil dans une distraction 6 terrible et farouche. Il avait de petits mouvements convulsifs et donnait à son mulet des coups du fourreau de son épée, comme s'il eût voulu le tuer. Ce qui m'étonna, ce fut de voir la peau jaune de sa figure devenir d'un rouge foncé. Il défît et entr'ouvrit violemment 7 son habit sur la poitrine, la découvrant au vent et à la pluie. Nous continuâmes ainsi à marcher dans un grand silence. Je vis bien qu'il ne parlerait plus de lui-même,8 et qu'il fallait me résoudre à questionner.

— Je comprends bien, lui dis-je, comme s'il eût fini son histoire, qu'après une aventure aussi cruelle on prenne son métier en horreur.9

— Oh

rêtai an moment i

tant dcnri

m qu'il Kraft h

larn

J'a. in bout ' ire cn-

:. il vint

demanda ri Je n'avai

i je lui ;

danl i tjn'il rei

— Voua n'avez fana

— Je n'en ai vu,9 di je ne me : qne j'en ai tirée.

— Je ne m'en doute

— ("est une espère de

l'avant du navire, et d'où Ton jette Fancre en mer. Quand fusille un homme, on le fait placer là ordinairement,11 ajouta- 1- il plus I

— Ah ! je comprends, parce qu'il tombe de là dans la mer.

Il ne répondit pas, et se mit à décrire toutes les sortes de canots que peut porter un brick, et leur position dans le bâtiment ; et puis, sans ordre dans ses idées, il continua son récit avec cet air affecté d'insouciance a que de longs services donnent infailliblement, parce qu'il faut montrer à ses inférieurs le mépris du danger, le mépris des hommes, le mépris de la vie, le mépris de la mort et le mépris 'de soi-même;2 et tout cela cache, sous une dure enveloppe,3 presque toujours une sensibilité profonde. — La dureté de l'homme de guerre est comme un masque de fer sur un noble visage, comme un cachot de pierre qui renferme un prisonnier royal.

— Ces embarcations tiennent six hommes, reprit-il. Ils s'y jetèrent et emportèrent Laure avec eux, sans qu'elle eût le temps 4 de crier et de parler. Oh ! voici une chose dont aucun honnête homme ne peut se consoler quand il en est cause. On a beau dire,5 on n'oublie pas une chose pareille ! ... Ah ! quel temps il fait ! 6 — Quel diable m'a poussé à raconter ça ! Quand je raconte cela, je ne peux plus marrêter, c'est fini. C'est une histoire qui me grise7 comme le vin de Jurançon.8 — Ah ! quel temps il fait ! — Mon manteau est traversé.

Je vous parlais, je crois, encore de cette petite Laurette ! — La pauvre femme ! — Qu'il y a des gens maladroits dans le monde ! 9 l'officier fut assez sot pour conduire le canot en avant du brick. Après cela, il est vrai de dire qu'on ne peut pas tout prévoir. Moi je comptais sur la nuit pour cacher l'affaire, et je ne pensais pas 10 à la lumière des douze fusils

ion mari

.le.

un Dieu là haut, il h I

oo Pa \ tendu ( omme feu,1 elle porta la frapi

le mieux que 1 I nie

Mlle trei:

une

ri ûte a ce qu'elle ad

ce moment-là je

quel t elle jus-

qu'à Ai '

je re\:n> en France, je demandai les trou

mille de Ladre • à qui j

cond lie, n'en

mettre à Clurenton.9 Je leur tournai 1 avec moi.

— Ah ! mon Dieu î si vous voulez la voir, mon camar il ne tient vous. — S is? lui d

— Certainement ! tenez ! attendez. H la mule. . .

Page 1