LE CANADA
C'est maintenant qu'il n’est plus qu’on voit quelle place sir Wilfrid Laurier tenait dans notre pays.
Les hommes de tous les partis, les journaux de
outes les opinions sont unanimes à reconnaître qu'en Laurier le Canada perd un de ses plus grands 1ommes, et son plus grand génie politique.
Qu'on réalise toutes les appréciations de sa vie, ju'on écoute ce qui se dit partout, qu’on interroge lans tous les milieux ; c’est partout le même senti-
ent d’admiration et d’affection qu'on formule.
Que la mort de Laurier soit une perte nationale, iul ne le sent mieux que le peuple. C'est à une des poques les plus tragiques et les plus pénibles de
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22 LAURIERET SON TEMPS
uotre histoire que disparaît celui en qui le pl avait mis tout son espoir. Le coup fut si foudra qu’il a étreint tous les cœurs d’une douleur indic c'est que, comme le disait si bien sir Lomer Go “Il part à l'heure même où son intelligence si c voyante, ainsi que sa grande expérience des hom et des choses eussent pu être d’une utilité inap ciable.”
Si la mort l’eut atteint dans sa retraite de la publique, le peuple eut sans doute ressenti un grin immense, mais il n’eût plus compté sur lu
. se fût confié à d’autres. Comment ne pas resse
une douleur plus vive et plus poignante en « 8tant que jusqu’à la dernière heure de sa vie, homme chargé d'années ne travailla que pour peuple. Avec quelle émotion ne relira-t-on pas derniers travaux qu'il avait préparés et les derni projets qu’il avait élaborés; et tout cela, toujo
pour le plus grand bien du peuple.
Oui c’est bien toute la nation qui pleure un ses fils les plus illustres, et le plus grand par Cœur, par le génie et par l'âme. Ce génie qui : toujours si fécond: ce cœur qui fut toujours si s néreux, et cette âme qui fut toujours si noble et magnanime. Aussi convenait-il que des funérail nationales fussent faites à Laurier : il faut que tot la nation fasse cortège à cette grande dépouille qu'elle aille pleurer et prier sur son cercveil et couvrir de ses hommages.
Il convenait de même que la dépouille mortelle ie Laurier fut exposée au Musée Victoria, devenu
Ha maison de la nation, dont tant de fois les voûtes
retentirent des échos de la voix éloquente de notre
hef vénéré, et aussi parce jie c'est encore là que
aurier travaillait; c’est de Jà que j'urtait sa pensée
pour éclairer ceux qu’elle guidait.
Oui, la mort de Laurier est vraiment une perte ationale, et il faudra un demi-siècle pour la réparer. Un autre pourra prendre son siège au parlement ou (ecuper son poste à la tête d’un grand parti, mais
aucun ne prendra sa place dans notre monde poli-
tique, au centre de notre vie nationale, ni dans le
Reœcur des populations.
Et d’ailleurs qui rétendait se mesurer avec le qui p
. grand mort que nous pleurons et qui ne fut jamais dernier
dépassé ?
toujour: