L 4 LA “ TRIBUNE ”, NEW-YORK
“Parmi les hommes d'Etat canadiens de nos jours, sir Wilfrid Laurier s'était facilement élevé au premier rang Il fut premier ministre du Dominion de 1896 à 1911: et, avant 1896, il avait servi neuf
impres- 24 ans comme chef de l’opposition, au parlement, Le teur bi- Canada d'aujourd'hui est, en grande mesure, son
Le plus grand peut-être des services qu’il a rendus à ses concitoyens a été de modérer les antagonismes qui avaient divisé le Canada, avant l’Union, et qui ont persisté longtemps après. Il était originaire de
loyauté à sa propre race, à sa religion et à sa pro-
vince ne l’empêcha pas d'avoir une politique la et nationale.
Le parti libéral, dont il était le chef, avait aù fois été anti-impérialiste dans ses tendances et méfiait des mesures de rapprochement plus ét: avec la (:rande-Bretagne. Mais Laurier s’unit gouvernement de Londres pour renforcer les li
impériaux, tout en améliorant le status du Domin comme partie intégrale mais presque indépenda dans l’empire britannique.
Le parti libéral avait aussi été opposé à la prot tion; mais Laurier laissa le tarif conservateur s sister presque intact, et, vers la fin de son terme premier ministre, il accorda aux manufacturiers t tanniques une préférence de 334 pour cent. En pit d’une grande opposition dans Québec, il envo une expédition canadienne à la guerre du Transva Il reconnut ainsi l’obligation du Canada de donr l’aide militaire à la mère-patrie, préparant les vo à la coopération magnifique et cordiale du Domini à la guerre mondiale.
Laurier était hautement doué, sous le rapport ! pouvoir imaginatif et de la clairvoyance. Il av aussi le courage de subordonner les intérêts du m ment à l’avenir. Assez singulièrement, ces qualit contribuèrent à sa défaite en 1911.. Il avait lon temps favorisé la réciprocité avec les Etats-Un Quand, après plusieurs rebuffades, les Etats-Ur
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offrirent une mesure généreuse de réciprocité, il ne put faire accepter cette proposition. Il avait entrevu qu: des relations commerciales plus libres bénéficieraient aux deux pays. Mais l’opposition conservatrice saisit avec avidité une occasion de faire appel aux animosités et aux prejudices latents. Après ne campagne où on fit joier les sentiments, les votants canadiens rejetèrent la réciprocité, d’après la théorie qu’elle menaçait d’amoindrir l'indépendance économique du Dominion.
Ils reviendraient probablement sur leur verdict, si aucune question de contrôle de parti à Ottawa n'était impliquée.