‹ Laurier et son temps [microforme]Chapitre 4 sur 32 · LAURIER AU PARLEMENT FEDERAL · texte numérisé non relu

LAURIER AU PARLEMENT FEDERAL

est bien l’éloquence qui a porté Laurier d’une pe à l’autre, dans la continuité d’une marche vicleuse, du modeste village de Saint-Lin à la Légisre de Québec, et plus tard, au poste suprême às les conseils de la nation, au château de Wind- » aux triomphes de Londres et de Paris. Mais e éloquence ne s’appuyait-elle Pas sur des talents premier ordre qui la relevaient elle-même? Assuent, Sa parole, si elle n’eût pas été fascinatrice, rait point soulevé les échos d’une façon si retenante, mais chez lui les idées et les sentiments tou- S si élevés valaient par eux-mêmes. Il convient efois de l’affirmer : de nos jours, sans l’élo-

ce, les plus riches facultés chez un homme public rent le risque de rester incomprises. Mais qu’on ille bien s'entendre. N appelons pas éloquence le ent de mots sonores, vides, qui souvent, hélas! de de s:n abondance l'esprit du peuple. Vain it sans écho et stérile faconde. L’éloquence en c'est la parole au service d’une intelligence forte ondérée. Insistons encore sur ce point nouveau ; alent de la parole est aujourd’hui presque indis-

pensable pour arriver au pouvoir. Un homme le génie de Richelieu, si la nature ne l’a pas « des dons de l’orateur, n’a que faire d’aspirer à £ verner le peuple.

Dans la bouche de Laurier, la parole se pl à toutes les exigences de multiples situations au E lement, sur la place publique et aux réunions éle rales. Tantôt elle se développait, avec un cha prenant, pour ravir ses auditeurs; tantôt, dans grandes crises, où il faut faire vibrer chaque f du cœur populaire, elle procédait par attaques { droyantes qui laissent dans l’âme la trace des fondes indignations de l’orateur. A quel parox; émotionnel par exemple, n’a-t-elle pas soulevé le ple autour de la tragédie de Riel?

Le port et la tenue de l’orateur, sa haute taill sceau de distinction impressionnante répandue s vivante physionomie, concouraient puissamment succès de sa parole. Mais ces avantages extéri forment-ils seuls les qualités essentielles de l’ho d'Etat ? Toutes présupposent les dons nat

de prévoyance et de compréhension, sans lesdlkci

le gouvernement des peuples tombe dans l'i hérence, dépourvu de direction suivie, comm navire devenu le jouet d’une boussole affolée. faut-il pas de plus aux gouvernants les leço l'histoire appuyées d'enseignements propres à 1

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r les erreurs, leçons qui les instruisent et leur ialent les moyens de les éviter ?

juel Canadien plus que Wilfrid Laurier a dendé au passé ses enseignements ? Qui a mis plus ofit l’expérience des grands hommes d'Etat, ses décesseurs? Dans les longues années de sa soli- > à la campagne, toute l’histoire du monde a passé passé sous ses yeux. Son. esprit avisé et curieux complu à comparer les différents régimes, leur on sur les différents peuples. S'il a pu conclure le même système ne pouvait également convenir us, il lui a semblé aussi bien que nul instrument ègne n’est mieux approprié que la Constitution laise aux besoins des sociétés modernes, éprises démocratie.

st-il possible de trouver ailleurs plus de sagesse lus d'esprit de suite dans les projets, plus de pace, de sang-froid dans les crises que dans Îes anes politiques de l'Angleterre? Si la France règne ellement sur le monde par le génie artistique, louit par l'éclat de sa littérature, il est admis que : cience constitutionnelle par excellence reste au lit de l'Angleterre. De la révolution de Cromwell nées la liberté politique et la fondation d’un emplus puissant, plus vaste que celui de Rome.

si, Laurier, grâce à ses études, était-il bien ié pour la lutte et pour la solution des difficultés,

lorsqu'il prit le pouvoir. Voyant par delà l'hori restreint du vulgaire, il a pu envisager les évé ments et mesurer les conséquences de la cond

à suivre, pour donner aux affaires une direction cd forme à l'intérêt génér.l du Canada.

À son arrivée aux Communes (1874), au lier: de jeter dans la mêlée, il s’est souvent tenu à léc: absorbé dans le travail, dans l'observation hommes et du fonctionnement des affaires. Ile maïit que la science politique ne s'implante pas d: l'intelligence humaine, comme une science infuse

Son premier grand succès oratoire aux Commun remonte à la session de 1886. Sa parole arde persuasive, avait déjà fortement impressionné Chambre, mais jamais autant que le jour où, se f sant l'interprète de ses compatriotes encore frém sants d'indignation à la suite de l'exécution de R il dénonçait la conduite des ministres coupables, à Bis yeux, d’un acte de cruauté in justifiable. Jamais : pensée ne s'était encore élevée aussi haut qu’en ce Occasion; jamais sa parole n’avait porté une irc plus cinglante. 11 avait pris devant le pays l’attit vengeresse d'un grand justicier. L'émotion a tellement saisi la Chambre que sir John dema l’ajournement dès que Laurier eut repris siège. Cette harangue passionnée tranchait te ment Sur le fond ordinaire des discours de la Cha

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que M. Blake ne put s'empêcher à la séance suie d'en faire un éloge extraordinaire, même dans ièveté.

Non content d’avoir, depuis de longues années ans Sa propre langue, remporté la palme de l’élonce parlementaire, mon honorable ami nous a vé la nôtre; il vient de prononcer un discours dans mon humble jugement, mérite ce suffrage, je crois être vrai en déclarant que c'est le plus discours parlementaire qui ait été prononcé S le parlement du Canada, depuis la Confédéra- »

e Star, de Montréal, adversaire politique de M. irier, venait confirmer l'opinion de M. Blake.

Le discours prononcé par l'honorable Wilfrid rier, hier soir, est considéré comme un des beaux qu’il ait jamais faits et comme une des s admirables pièces d'éloquence qu’on ait enten- S au Parlement depuis la Confédération.

M. Laurier s’est exprimé dans les termes les plus es, sans faire appel à l'esprit de parti, sans injuqui que ce soit, sans recourir à la déclamation, isageant le sentiment des Canadiens-français relaent à Riel sous son aspect le plus simple et le s droit.

“Avec une clarté et une simplicité étonhan avec une profonde conviction, il défendit l'honn de ses compatriotes contre l’accusation d’avoir : qué les institutions du Pays, parce que les tribun: avaient condamné un de leurs concitoyens d’orig française ”

Quel champ d’études n’avait-il pas alors sous yeux! Quelles Puissantes personnalités à l'œu que les Macdonald, les MacKenzie, les Blake, Tupper, les Dorion et les Fournier, tous dans la turité de leur talent ! Pas un qui ne füt de tail! être premier ministre. MacKenzie occupait alors poste. Esnrit d’une droiture inflexible, il manq il est vrai, d'envergure dans les idées et d’une c taine souplesse de caractère. Faut-il Ven biâme Il ne déplait Pas trop de se trouver en face d’ barre d’acier, au milieu de pantins de cire. Self m man, enfant de ses œuvres, il n’avait pas acquis culture intellectuelle, indispensable à un chef de g vernement.

Siégeant en face de lui, Macdonald possédibr toutes les qualités qui font l’homme d’Etat et le Cr dent habile à Souverner. L'art de manier hommes qu’ignorait MacKenzie, servait admi blement Macdonald. Même il ne se faisait :

faute d’user, d’abuser de cet art, fattant jes rites de celui-ci, exploitant les faiblesses de celui $

pe

queuse — probablement simulée — brusquemen portait Tupper. 11 fonçait sur l’ennemi avec 1 comme s’il espérait lui porter le coup fatal. ( combativité se prodiguait trop souvent pour : toujours l'effet désiré. Tupper n’en était pas un homme d’Etat émérite. Beaucoup plus prat que Macdonald, c’est Tupper qui, au retour conservateurs au pouvoir en 1878, a conçu et exe le projet du premier Transcontinental canadie n'eut pas son égal comme homme d’action.

qu’il fut appelé, à la dernière heure, à devenir mier ministre en 1896, une foule de questions tendaient au ministère. S’enfermant avec ses « de bureau, il règle en une journée l’arriéré des : res accumulées, par inertie administrative, de six mois.

Sir Wilfrid vit aussi à l’œuvre, pendant les nières années de leur vie parlementaire, Do honnête homme, s’il en fût et 2.VOCat remarq Cauchon, le politique d’alors le plus versé en constitutionnel, muni d’un inunense répertoir( Connaissances encyclopédiques; Fournier, min de la Justice, au sens juridique très étendu, x | de la loi qui a créé la Cour Suprême. Deux ci

‘ Paralysèrent le succès de Fournier: son arrivée dive au Parlement et une certaine difficulté à p la langue anglaise. /

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mentardons-nous d'omettre dans cette galerie M.

vec 1!

e, homme de talent exceptionnel. Son père fut des députés les plus remarquables, au temps de Fontaine; le fils continua Jes traditions de ia fae. Chef des libéraux, à la suite de la retraite de Kenzie en 1878, il a mené son parti à la ille aux jours sombres de l’adversité, Après faite de 1878, ses amis revinrent au Parlement, iblis et démoralisés. Mais l'extraordinaire éloce de Blake ranima leurs espérances et rea les rangs. Il aurait été difficile de trouver parlementaire plus versé dans la science du droit, convaincant dans l'argumentation. C'était mere de l’entendre sonner a charge contre le gouement. Sa puissance de raisonnement était si trante qu’elle subjugait parfois ses adversaires. à carrière de Blake ne s’est point prolongée z longtemps au Parlement pour lui permettre river au poste suprême, constatons que son ince s’y est fait souvent sentir à l’égal de celle Premier ministre, A Blake revient l’initia-

E d'avoir mis un terme au dernier vestige du Milège royal dans la question du droit de grâce. faisant décréter qu'à l’avenir l'expression “ gou-

ur général ” signifierait tou jours le gouverneur onseil, il étendait la responsabilité des ministres tes les mesures du Sgouverneñent.

Les actes les plus méritoires d’un homme d’ ne sont pas toujours les plus ostensibles, les apparents. Personne ne sait, par exemple, à point l’immense influence de ce grand citoyen exercée dans sa province pour dissiper les pré) de religion et de race et calmer les passions pré s'enflammer.

C'est surtout comme avocat qu'il est resté rival. Sa connaissance du droit et sa puissante lectique l'ont rendu le maître du barreau can: De l’aveu de tous les juges du Conseil Privé à dres, jamais la science juridique et le sens légal c diens n’ont brillé d’un plus vif éclat que dan plaidoyers de M. Blake.

Maintenant que ce vieil athlète, représe droit, s’est affaissé sous les étreintes d’une c maladie, saluons en son souvenir, la hauteur de caractère qui a mis une si noble force au se des minorités. Inclinons-ncus profondément de l’avocat de l’Irlande, réclamant ses droits ; le de seur des Métis opprimés et des faibles cont forts. C'est le trait de sa vie militante qui hon( le plus sa mémoire!

Au milieu de ‘cette floraison de brillantes ; gences, le jeune député d’Arthabaska se tre placé à souhait pour se reridre maître de la stra parlementaire et profiter de l'expérience de ses |

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s la carrière. Tout en s’imprégnant de la tradi. il sut rester lui-même sans imiter ses aînés, Rien dans la vie de se presser; il suffit de partir int et d'attendre son heure. Aussi ne se proe-t-il point. Durant les quatre années du régime Kenzie, il se fait rarement entendre. Son meildiscours de cette époque est son plaidoyer Riel (1874). Ministre en 1877, il ne fut pas lé souvent à prendre la parole. La direction artenait à M. MacKenzie qui, accaparant presque e la besogne ministérielle, ne laissait à ses collès que de rares occasions de le suppléer.

retour de sir John au pouvoir, 1878, lui perde prendre son élan. L'opposition est une ellente école. C’est 1à que l'on s’initie au secret a bataille parlementaire. Et l'opposition n’impas à la parole la même circonspection que la session d’un portefeuille. A droite, au banc des Mistres, la solidarité est absolue; au contraire le té de la gauche, s’il avance trop, n'engage que ême.

CESR ETEREETE

Depuis plusieurs années, Laurier était le chef connu du parti libéral dans la province de Quél lorsqu'en 1887 le manteau de Blake lui passa les épaules. Une des conséquences presque ine tables de la vie politique c'est de faire descen dans l'esprit de ses adeptes le découragement, souvent même le dégoût. Aucune profession ne : plus à nu les défauts, les faiblesses de la nature maine au milieu des Compromissions, des marc dages :: ,a vie publique. D'un autre côté, lorsqu homme de talent, convaincu de l'excellence de cause qu’il défend, lutte vainement pendant des nées pour son triomphe et ne se voit qu'en face revers, la déception finit par l’accabler.

En 1887, Blake en était arrivé à cet état d'à et il céda le commandement en chef à Laurier. I] manquait pas alors de prophètes qui prédirent ( lui aussi succomberait victime du décourageme Ils ignoraient dans quel bain de fermeté tenace caractère avait été trempé et combien peu il était cessible à la faiblesse morale. Laurier ne douta

; du succès final de son parti, même aux jours les

sombres de l'opposition. Comme Chantecler, il it pu dire:

C'est la nuit, qu’il est beau de croire à la lumière ”,

u cours du mois de juillet 1893, nous fûmes tés à Ottawa d’un spectacle Pour nous inoubliable. une journée d’une chaleur intense comme on voit guère au Canada que dans la Capitale, les principales de la ville regorgeaient de fariners Ontario, des provinces maritimes, et de l'Ouest. S portaient un bout de ruban sur lequel se voyait c'est là ce qui nous étonnait—la photographie ilfrid Laurier. La vue du portrait de ce Cana- -français sur le cœur de ces Britishers ne lassait notre étonnement doublé d’une grande joie, méde fierté. Voir cet hommage rendu à un des es, quel phénomène inattendu.

€ qui l’avait provoqué, c'était la réunion des déés du parti libéral convoqués à Ottawa. Le but ette convention était connu de tous, mais la matation si flatteuse pour Laurier nous intéressait n disait long. .

N'était-il pas permis d'espérer, en ce jour de mphe pour notre grand compatriote, que le rêve ssé par Cartier allait descendre dans la réalité me le voulait L:aurier? Canadiens de toutes les

ce

races ne s'acheminaient-ils pas vers une meilleure tente ? Ceux de l'Ouest renonceraient-ils à conside ceux de l’Est comme leurs inférieurs à tous les po de vue? Laurier escomptait cette union. Bien des dices l’inclinaient vers cette espérance trop tôt déq S'être vu reconnu comme chef par la totalité du p libéral n’était-ce pas un commencement de pre que ses amis anglais désiraient se rapprocher Canadiens-français, 11 y avait tout lieu de le cro mais hélas, ce n’était qu’une illusion. C’est une cc tatation ‘pénible à enregistrer. Les libéraux de 1( tario avaient confié la direction du parti à Lau parce que seul il pouvait les conduire au pouvoir, jectif suprême de leur ambition. Quelle humilia , Pour eux se dissimulait sous cette ditre nécessit L'aveu de leur impuissance en face du génie d Canadien-français. :

Eorsque Blake lui légua sa succession au pol de chef de l'opposition, Laurier avait déjà gag ses chevrons et ses galons d'or. Il était dès lors généralissime accompli. | "Et avec quelle maîtrise ne prit-il pas la direct du parti? On aurait dit un vieux parlementaire a eu Sa genèse, sa formation au Palais de Westminst tellement la science du droit et de la politique ap raissait dans tous ses discours et dans sa tactio Ces qualités s'affirmèrent davantage et brillè

plus vif éclat le jour où le pouvoir passa entre ains. C’est le propre des choses humaines toujours dirigées par un seul homme, modesBue absolu ou premier ministre. Ouvrez l’his- , à toutes les pages, vous y verrez partout une idualité imposant sa volonté à ses adhérents. le système soi-disant du gouvernement du peupar le peuple, c’est encore un chef qui souffle seul masse le mot d’ôrdre qui là fait marcher. Le me de sir Wilfrid est bien conforme à la tradihistorique. Maître absolu au Parlement, il sent . olonté communiquer la vie et l’action, de son fau- 1 aux derniers sièges, et de la Chambre à la foule quote. Loin de donner l’impulsion elle ne fait que Bubir souvent avec la plus belle inconscience, Tout arti libéral a été entrainé dans son sillage. Mais politique cette domination est parfois éphémère.

EPP F PT Pr

S'il est un pays Constitutionnel difficile à gou ner, c'est bien le Canada. A tous les tournants sentiers se rencontrent des obstacles imprévus, cités par les ambitions divergentes, les croya hostiles des uns et des autres, aggravés par les 1 jugés de race. Ce qui fait la force d’un gouve ment dans une région le démolit dans une autre, balance est rarement en équilibre même au sein d seul parti. De là, la difficulté de prévoir l’aver Ainsi, avant les élections de 1896, la clairvoyance L. plus pénétrante ne se risquait pas à prédire quel p: sortirait vainqueur de la lutte, de Tupper ou Laurier. C'est la question des écoles du Manitoba ‘le fameux Bill rémédiateur préparé par le gouverr

ment — qui devint le principal facteur sur le cha de bataille, |

Laurier avait combattu, au grand contentement l'Ontario, ce projet de règlement si radical, Le Où bec l’approuvait d’après les apparences. L'épiscof en général et le clergé recommandaient fortement adoption. Cette approbation n’autorisait-elle pas

ure que les électeurs partageraient l'avis de leurs s religieux le jour du scrutin? Le peuple dans Hieux provinces se rangea à la suite de Laurier bureaux de votation pour des motifs bien opposon emprise sur ses compatriotes était telle que ne put l’ébranler ; 45 libéraux dans le Québec lui ièrent leur appui contre 16 conservateurs. Sa ire dans l'Ontario ne fut pas aussi complète: e se manifesta que par une majorité de $ voix. endant c'était un succès énorme, étant donné biance intellectuelle de cette province. On ne le a peut-être jamais, ou tout au moins dci à ombreuses années.

‘élément clérical dans Québec avait reproché vient à Laurier son opposition au bill remédiateur. ai fut répondu que le chef de l'opposition désirait t que les évêques et le clergé qu’un remède fût orté au mal dont se plaignaient les catholiques du itoba, et que s’il arrivait au pouvoir, il donneau difficile problème la meilleure solution pos- + De part et d’autre on ne différait que sur le yen de rendre justice à nos coreligionnaires. aurier n’était-il pas fondé à croire que les minisde cette province <— des libéraux — lui seraient s accessibles qu'aux conservateurs? Le défaut du remédiateur était d’être un procédé en marge méthodes ordinaires de gouvernement : la cons-

nn

ER E titution fragmentaire d'un état implanté dans état. Pour appliquer la loi projetée, le gouve ment devait vendre les terres fédérales dans le

nitoba, et avec le Produit de cette vente, subvent ner les écoles catholiques; mesure , nature à aggraver l'hostilité de la majorité pro tante. En résumé, à l'injustice on opposait l’: traire. Le bill 1

ce genre ne sont jamais régi la main ; on ne Peut-conclure un accord qu'aif des concessions mutuelles, enfin par des compron Comme cela s’est vu dans l'affaire des écoles Nouveau-Brunswick. Nous verrons plus loin q fut le règlement accordé à Laurier par le gouve ment Greenway.

Aujourd’hui, la tâche d’un homme d'Etat, à la d’un gouvernement Populaire, se présente avec difficultés qu’elle n'avait point aux beaux jours l’absolutisme, 11 suffisait à Richelieu, pest-être plus grand politique dont la France puisse s’hono d’être un homme d'action, avec un sens pénétrant ( intérêts de son Pays. Aujourd’hui, il importe « cette qualité maîtresse S’ajoute le don de la parc Richelieu, qui avait la. perception de l'avenir, @

JL

ait les événements projeter leur ombre, n'aurait de notre temps accompli la grande œuvre de ité de la France. Il concevait ses desseins et troules moyens de les poursuivre sans avoir à coner le peuple par ses représentants. La Fontaine, puissant durant les premières années de l’Union ont les services à la cause canadienne ont été éclats, aurait manqué sa carrière s’il lui avait fallu onter un adversaire sérieux devant la foule. Cette eur communicative, ce magnétisme qui attire s que le froid raisonnement lui faisaient défaut. réussit lorsque sa dictature s’imposa par le fait > tout le parti libéral pensait comme lui sans une discordante. Lorsque plus tard le régin.e constionnel fut bien établi, il comprit qu'il avait fait temps, qu’il se devait de prendre sa retraite. (1) Les Canadiens-français qui ont presque toujours à leur tête l’homme voulu par la situation, ont puvé en la personne de Laurier le chef approprié besoins du pays, le chef qui a su s s'accommoder

ix nécessités du moment.

Ses talents ne l’appelaient pas au pouvoir suprême pur l'avantage de ses compatriotes seulement, mais pur celui de tout le pays. Sa claire compréhension ès réalités lui fit voir, avant son arrivée aux affaires,

(1) Voir, de mate LaFontaine et son temps, la cause de sa ite de la vie publique.

u LAURIER ET SON TEMPS ln ligne de conduite

pouvoir, lui faisaient

il avait connus. Son "opposition l’inclinait à ind gence et il se montrai

t plein de condescendance nc des colères d’ailleurs plus factices que réelles. Il est rare qu'avec les contingences des choses | maines, un homme d

Ce n'est qu’à cet âge que le contact plus frént des hommes et des choses, l'observation modit sa formation première, pour y substituer une talité personnelle. Ce n’est point 1à de la versaé; autrement il ne servirait de rien de vieillir si périence n’illuminait pas notre route de clartés

elles. La stabilité d’une borne n’est pas chose iable.

n prenant la direction suprême du parti libéral, Wilfrid a exposé clairement les principes qui déineraient sa ligne de conduite à l'avenir. C’est ant les électeurs de Somerset — au mois de n 1887, — qu'il énonça les idées qui dès lors, e les feux rassurants d’un phare, devaient éclaisa carrière. “ Apprenons au peuple à aimer nos itutions, disait-il en substance à ses amis; fains-lui voir qu'elles sont excellentes. Que la lide nos concitoyens, qui ne pensent pas comme , nous soit aussi chère que la nôtre. Il faudrait, cas d'attaques, défendre l’une avec autant d’arir que l’autre.

“Il est essentiel que les droits des provinces soient uvegardés dans toute leur étendue. Là se trouve garantie de l’autonomie des différents groupes de tre population. Dans l'expression de nos opinions,

LD

tenons partout le même langage; n’ayos pas discours spéciaux pour l'Ontario et pour le Qué “ Gouv ‘amélioration tion du peuple. |

champ à son activi

Depuis son arrivée au Pouvoir, le gouvernen Laurier s’est inspiré des articles de ce program Jamais il n'a dévié des principes formulés à Son

et: Qualis ab incepto. C’est par l'application de principes, inspirés par le sens des besoins du que son gouvernement à assuré le progrès d:

stabilité.

Un autre trait de $SOn Caractère, c’est Je tact, pris d'à propos, et l'intelligence qui le faisaient sq des difficultés en apparence inextricables, com s’il s'agissait d’une affaire banale, Le mot qui ractérise la situation lui venait toujours à po Ainsi avec quel art n'a-t-il pas expliqué à Lond le rôle des Canadiens-français au Canada ?

“ Permettez que je. vous dise ceci: Mes com “triotes, ayant obtenu les droits de sujets brit “niques, se considèrent liés par le devoir, l’hi

“ neur et l'amitié à accepter et à accomplir dans jé

LAURIER, PREMIER MINISTRE a?

égrité les obligations et les responsabilités des ets britanniques. Ils sont fiers de leur origine, é que peu d’Anglais leur reprocheront, celle

-Mftre des descendants d’une race altière. S'ils ont

gueil de race, ils ont aussi au cœur un autre il, celui de la reconnaissance. Et en ce jour du bilé, dans toute l'immense étendue de l'empire, st de la terre qu’habitent les sujets français de Majesté, que s'élèvent au ciel les prières les plus entes pour que Sa Majesté vive encore de lon- »s arinées.”

on moins habile fut sa manière d'expliquer aux

siens notre loyauté envers l'Angleterre et notre nement à la France. Lorsqu'il s'était, quelques s auparavant, déclaré en Angleterre sujet brique, cette affirmation bien naturelle n’avait pas ien interprétée et avait produit un assez maueffet en France. Cette qualité de citoyen an- , réclamée par sir Wilfrid, sonnait mal à cerss oreilles françaises. On était alors loin de l'en-

cordiale et les Parisiens auraient voulu voir ce Français d'outre-mer un Français à leur je, atteint de rage anti-britannique. Avec quelle se n'a-t-il pas jeté des clartés sur sa situation ni, d’une façon lumineuse, le dédoublement de

personnalité canadienne-française? Un diplo-

mate Vieilli sous le harnais n'aurait pas mieux t notre physionomie complexe.

“Qu'il me soit permis maintenant, dit-il à auditeurs de Paris, de faire une allusion qui toute personnelle, Je me suis laissé dire qu'ici France, il est des gens qui s’étonnent de cet att: ment que j'éprouve et que je ne cache pas po couronne d'Angleterre: on appelle cela ici du 1 lisme, Pour ma part, soit dit en passant, je n Pas cette nouvelle expression de loyalisme; ;: mieux m'en tenir à cette vieille locution franç de loyauté. Et certes, s’il est une chose que 1! toire de France m’a appris à regarder comme tribut de la race française, c’est la loyauté, c’e mémoire du cœur. Je me rappelle, messieurs, beaux vers de Victor Hugo qu'il s’est appliq lui-même, Comme l'inspiration de sa vie :

RE St de ve

“ Cette double fidélité à des idées, à des ins tions distinctes, nous nous en faisons gloire au nada. Nous sommes fidèles à la grande nation nous a donné la vie ; nous sommes fidèles grande nation qui nous a donné Ja liberté.”

É NÉ NÉ NE NE Ne dv

peine arrivé au pouvoir, sir Wilfrid Laurier se a aux prises avec la difficulté de la question coles du Manitoba, Legs peu enviable d2 ses cesseurs, la situation se présentait complexe et ass Quels ennuis n’avait-elle pas causés gouvernements Macdonald, Abbott, Thompson, ll et Tupper? La solution, cherchée depuis (1891), fuyait toujours. Faut-il accuser ommes ou de faiblesse ou de fanatisme, ou de que d'intelligence? Ne convient-il pas plutôt de en faisant taire l'esprit de parti, qu’ils furent mes, dans leur échec, des préjugés et de l'absence es élevées chez la majorité ? :

puis les premiers jours de la Confédération, les ions d'instruction publique ne se sont-elles pas Durs dressées sur la voie des gouvernements, e des obstacles infranchissables ? Quels ne nt pas les embarras de Cartier, lorsque, au lenain de l’union des provinces, les catholiques du au-Brunswick le mirent en demeure de redreseurs griefs? Le Souvernement de cette province

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