‹ Laurier et son temps [microforme]Chapitre 5 sur 32 · LAURIER LT SON TEMPS · texte numérisé non relu

LAURIER LT SON TEMPS

venait d'appliquer une loi qui supprimait toute vention monétaire aux écoles confessionnelles, avant la Confédération, les catholiques posséd: un système d'instruction fondé sur l'enseigner religieux, avec subvention, à titre gracieux, non reconnue par la législation.

Etait-il loisible à Cartier de frapper de dés cette loi si injuste pour nos coreligionnaires ? constitution fédérale confère bien au Conseil pris Canada le droit de protéger toute minorité qui sédait des écoles séparées avant la Conféd | Mais malheureusement, les écoles du Nou Brunswick n'avaient jamais eu d’existence lés elles avaient vécu de la tolérance du pouvoir, être fortifiées ni protégées par une loi spéciale générale. La cause des catholiques, parfaite au de vue du droit naturel et de la simple justice s’abritait pas derrière la Constitution. I1 n’y pendant qu’une voix dans la province de Q pour réclamer l’abrogation d’une loi si contraire intérêts de nos coreligionnaires. . Les catholi d’ici se solidarisèrent avec ceux du Nouveau-B wick .et tous sommèrent le gouvernement d’Ott de frapper de veto la loi provinciale. Aux :

ments suggérés par le sentiment et par le d naturel qui devaient prévaloir dans l'espèce,

it forcé d’opposer le texte d’une loi positive. ayant été interjrté au Conseil Privé, relui-ci l'opinion de Cartier. Force fut bien de naître que les catholiques intéressés auraient demander la reconnaissance de leurs droits avant onfédération. Lorsque leurs amis de la Prode Québec mettaient Cartier en demeure de vouer le statut malencontreux du Nouveauswick. Cartier répliquait : “ Vous, Canadiensais, vous ne devriez jamais réclamer l’intervendu gouvernement fédéral dans les affaires proiales. Comment ne voyez-vous pas que vous osez d'établir, au bénéfices de nos amis de la proje voisine, un précédent qu'on pourrait invoquer our contre nous ? ” ‘était la raison d'Etat, la raison souveraine qui ait par la bouche de Cartier. On le pressait d’aser la foudre qui aurait pu éclater sur nos têtes ; roulait qu’il entr'ouvrit les portes de la citadelle, y faire passer l'ennemi. Il eut la force de reer. Personne ne comprit alors son courage et sa picacité, et sa conduite dans l'affaire des écoles a une atteinte terrible à sa popularité dans la ince. Mais un homme d'Etat, trop lâche pour ster à un mouvement populaire aveugle, descend là au niveau du politicien plus préoccupé de prér sa réélection que de remplir son devoir.

Lorsque le Manitoba devint partie intégra la Confédération en 1871, Cartier, instruit par périence, voulut parér à tous les dangers poss et mettre les catholiques à l'abri de toute inj

La constitution, donnée à cette province et pré par Cartier, garantissait aux catholiques leurs « de la façon la plus formelle; l'esprit et la Jett la loi semblaient s’unir Pour monter la garde 0

tout venant. Hélas! que les précautions htm sont courtes et vaines, en face d'hommes en n sion- de la force et déterminés à tout faire! ans plus tard, un trait de plume pulvérisait Jes parts assez puissants, semblait-il, pour défier agression. En effet, Ja loi, votée en 1897, su mait les garanties octroyées par la Constitutio accordant des subventions monétaires aux

jugea autrement et déclara à l'y mité que l’Acte de 1891 ne devait pas figure les statuts de la province. Comme si les cont tions dussent se suivre dans cette cause cél l'appel interjeté par le Manitoba de cette de décision au Conseil Privé de Londres réussit. question semblait close et définitivement jugée.

oliques voulurent cependant faire une dernière ative pour obtenir justice, Le même Conseil é auquel ils soumirent leurs griefs décida que que a loi du Manitoba fût constitutionnelle, catholiques de cette province n’en avaient pas ns un sujet de plainte, un grief qu'il fallait e disparaître. C'est de ce jugement que sortit projet de loi dit remédiateur, présenté par le ernement Tupper à la session de 18096, et que position du temps ne voulut pas accepter, Ce jet de loi créait, de toutes pièces, un s; ‘ème oles catholiques pour l’imposer à la province reà la loi. Le gouvernement Tupper n'outrepaspas ses pouvoirs, au point de vue de la Constion qui autorisait cette mesure extrême et péril- *; mais n’était-ce pas un cas où l’on a tort d’avoir n et où l'exercice suprême d’un droit devient que le mal à réparer?

tablir un système d’écoles indépendant du gouement sur ses domaines, n’était-ce pas créer un t dans l’Etat, placer en face l’un de l’autre deux is, sans moyens de prévenir les chocs? N'é- € pas aussi, pour la province de Québec, courir devant du danger que signalait Cartier? N’étaitpas établir le précédent d’une intervention fédée redoutable pour son autonomie ? |

On sait que sir Charles Tupper retira son | de loi, parce que l'opposition lui barraït la voi des obstacles infranchissables. La vie léga Parlement tirait à sa fin et l'opposition se mo

irréductible, menaçant de faire de l'obstrüctio qu’à la dernière heure.

Il est avéré qué bien des collègues de sir Ci applaudirent secrètement à son échec, car mesure leur répugnaient souverainement. D'a prétendaient que, pour le gouvernement, le B médiateur n'était qu'une manœuvre électorale tinée à tapter les faveurs de la province de Q et qu'il se désintéressait de sa réussite. N’allo jusque là ; faisons-lui crédit de son

projet de loi ralliait Québec, ne lui aliénait-il autres provinces ? | es

unanime aux écoles confessionnelles, et l'op catholique isolée, quantité négligeable aux ye pouvoir, à raison de sa faiblesse. Décrire cette scolaire, c'est en faire pressentir l’insolubilité pre radicale, fr tes

fatransigeance du Manitoba, identique chez les x partis politiques, imposait donc fatalement une saction. Elle se produisit sous la pression de Wilfrid, qui fit concéder un enseignement relix en français dans les écoles où il y aurait au s dix enfants parlant cette langue. C'était le mam des concessions que l’on pouvait obtenir du oir, — “ Qu’elles sont minimes, ces concessions, iqueront quelques critiques ardents! ” — Mini. si vous voulez, mais nul autre que sir Wilfrid rait pu les obtenir du 8&ouvernement du Mani- Les infructueuses tentatives de ses prédéces- * Pour arracher une parcelle de justice quelconaux ministres de cette province, établissent ortance relative du règlement Laurier.

ayons garde, pour ir, d'oublier : que l'élément français n’est ici ne minorité, Or, en définitive de nos jours, à la majorité qu'appartient le dernier mot.

ons le jeu des relations intertiationales où la ification du nombre se traduit par le mot force. iomphe du droit, lorsqu'il ne parle point par la des plus gros canons, est bien aléatoire. jui ne voit que nous subissons cette loi fatale qui line le monde moderne dans de fâcheuses condi-

tions. Si la fusion des idées s’est faite au

au point de vue des intérêts matériels, il en va t autrement lorsque surgit une question religieuse nationale. Alors de toutes parts se réveillent passions mortes en apparence; les liens de parti forts d'ordinaire, menacent de se rompre à la m dre tension. Les amis de la veille se regardent ét nés de voir soudain un abime se creuser entre «à Tout l'édifice politique tremble de la base au som Bien téméraire serait le gouvernement qui tenteil de traiter les complications religieuses ou nation comme les affaires économiques ou politiques. A gle qui ne voit pas qu'ici la voie des solutions t actionnelles reste seule ouverte. |

: Récemment, l’annexion de la Bosnie et de l’ zégovine à l’Autriche, au mépris des traités, sc vait un conflit entre elle et la Russie : elle mit l' rope à deux doigts d’une guerre formidable. De un temps immémorial, la Russie jouissait de l’hé monie dans les Balkans ; elle était la protectric de la population slave de ces pays. Or, régler « torité une question qui intéressait la Serbie, et, là même, le gouvernement de Saint-Petersha constituait une insulte à ce dernier. Mais le spe menaçant de l’Allemagne se dressait à côté de l! triche; il fit reculer la Russie peu préparée guerre. Elle capitula, humiliée, rugissante, en

dant son droit menacé par le militarisme alleand.

Tenons compte ici de ce fait que, faute d’études, nt de gens ne sauraient entendre. N otre Constitun, excellente dans son ensemble, entraine dans son ctionnement une foule de complications inhérentes système fédératif. Il est bien vrai que lorsqu'il rit du partage des pouvoirs entre Ottawa et les Rovinces, elle s'efforce de tracer les limites de l’acti- Mhé du gouvernement central, au regard de celles S autonomies provinciales, Mais ne se présente-t-il s, parfois, des contradictions entre l'esprit et la tre de la loi? Prenons, par exemple, la question i nous occupe : celle de l'instruction publique. La fédérale décrète qu’elle relève du domaine proacial, sauf les restrictions que l’on connaît, Il n reste pas moins acquis que l'esprit de la Consition abandonne le contrôle de cet important sujet x provinces. Or, pour qui est au fait des tendances tonomistes de la race anglo-saxonne, l’on ne conit guère qu’elle ne jalouse pas ici, sur un sujet qui tient tant à cœur, toute interventi e, du pouvoir central,

tre Washington et les divers Etats, Ils y sont mccurrence fréquente. Rappelons le plus célèbre leurs conflits d'autorité : a guerre de la Sécession

où le principe de l'intervention du pouvoir central : triompha qu'après cinq ans d’hostilités. Sous le gime de Roosevelt, n’avons-nous pas vu l’étrang position du gouvernement fédéral, incapable, en son de l'opposition que lui faisait la Californie, r tranchée dans ses droits d’Etat, de donner aux Jan nais une protection promise par un traité solennel Le provincialisme s’est affirmé chez nous, ave tant de force que, ni Macdonald, ni Tupper, Thompson n'ont osé lui faire front ouverteme Prenons la question des écoles du Manitoba.

transgression de la loi était si évidente, la questic juridique si claire, qu’elles appelaient l’interventic ‘ fédérale. Pourquoi le gouvernement Macdonal n'avait-il pas frappé de veto la loi si inconstitutiot nelle de 1891 ? Parce qu’il était convaincu que le nitoba la remettrait encore dans les statuts. Un na veau veto aurait amené une nouvelle affirmation de prétentions de la province ; de là, dédale inextricabl confusion et anarchie. La prudence conseillait « tourner la difficulté en s'adressant aux tribuna Le gouvernement fédéral n'avait du reste au moyen coercitif d'imposer sa vofonté. Dans les cot flits d’une nation avec une autre, l’histoire nous : prend: qu’on ne s'incline devant le > droit que s 1 l'épée à son service. =

Hélas! dans l'affaire du Manitoba, de braves gens plaisent à frapper leur couipe sur la poitrine des ouvernements. Mais combien il aurait été jadis us sage de prévenir le mal que d’en demander plus ard la réparation! Lors de la création de cette proince, une prévoyance avisée aurait pu y diriger un jourant d'immigration canadienne-française. Quelues milliers d’électeurs catholiques, bien unis ensem- Je, sans attache politique, auraient tenu la balance du jouvoir. Quel parti, pour arriver aux affaires, ou pour y rester, grâce à l’appui des catholiques, aurait osé refuser justice à ces indépendants, capables de maintenir ou de renverser le gouvernement ?

L'optimisme de Cartier, lors de la discussion du projet de Confédération, avait trop présumé de la argeur d'esprit des futurs créateurs du Greater anada. : Il s’en aperçut trop tard. Il voulut y renédier en faisant entrer le Manitoba dans l’Union, me = même ses précautions multiples, si bien combies pour parer à toute éventualité périlleuse, sont “ge pour cette province inefficaces dans la prati- “ Quid leges sine moribus? ” A quoi bon les ois, nn elles sont en désharmonie avec le senti-

ent public!

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L'IMPERIALISME

L'Angleterre, pays de tradition dans les idées, 1 coutumes et les projets, a été témoin, vers la des nière moitié du dix-neuvième siècle, d’un grand bo leversement dans sa politique coloniale, Vers l'ar née 1867, l’école utilitaire de Manchester demand: à la Grande-Bretagne quels avantages lui rappo

taient ses possessions d'outre-mer? Répondant « mêmes à l'interrogation, les chefs de cette école n sèrent cette conclusion que les colonies ne valaie pas les frais que le Pays supportait pour les conse ver. Un courant d'idées dans ce sens s'établit bien tôt, et l’on en vint, dans les cercles politiques, à ; vôquer leur abandon total.

En 1868, les marchands de Québec offraient u banquet à sir John Young, à son arrivée au Canada À cette réunion, le nouveau gouverneur jeta auditeurs dans l’effarement en leur disant, au nor du cabinet anglais, que si le Canada désirait se : parer de la Grande-Bretagne, celle-ci n'y mettrai aucun obstacle. Cette cavalière façon de nous invi ter à tirer au large fut suivie du retrait des troupe

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glaises de notre pays. A la même époque, le imes raïllait les colonies australiennes, qui persisient à désigner l’Angleterre sous le nom de mère atrie.

Et quelques années auparavant, un homme d'Etat glais important avait déclaré que les colonies faiient à l’endroit de l’ Angleterre l'office d’une meule e moulin au cou d’un homme jeté à la mer. (1) C'était là un mouvement anormal, presque inexlicable. Aussi suffit-il d’un peu d'effort pour l’enayer et provoquer une réaction. Le Greater Britain sir Charles Dilke parut en temps opportun 1875) pour ramener l’Angieterre à une plus juste ppréciation de ses intérêts. Cet ouvrage prouvait Les point la grandeur de l'Empire dépendait de es colonies, et combien les traditions impératives lu passé commandaient l'expansion de sa puissance itime et la présence de son‘drapeau sur tous les céans, La conception d’une Angleterre agrandie, endant son influence sur l'univers, prit un essor encore plus puissant le jour où Froude, l’historien, t Secley le publiciste, entrèrent résolument en scène. Quel élan ces deux hommes ne réussirent-ils pas à ui imprimer! Quelles superbes visions de domina- (1) D’Israëli, à lord Malmesbury. “These wretched enlonies

er past in »-5e NÉE round our neck, :

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