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tion et, de prestige mondial, dans l'Oceana de Fr de! L'orgueil anglais se complait dans ces descri tions; il y trouve l'éclatante démonstration de
supériorité sur les nations voisines. Avec Seel
le dessein reste le même; mais les raisons de |’ teindre sont différentes. A son point de vue, c'e une mission que la Grande-Bretagne est appelée remplir envers l'humanité. 11 est dans sa desti
de remplacer l'empire romain comme puissance, « de plus, de porter sous tous les cieux la civilisatic anglo-saxonge. Instaurer partout le panbritannis prend aux yeux de M. Seeley et de ses adeptes l'i portance d’un dogme.
Ces idées, revêtues de grandes images, au colo violent, firent si bien leur chemin que, en 1884, elle purent se cristalliser et prendre corps. La Brit Empire League, et, plus tard l’Zmperial Federati: League, société de direction et de propagande impé rialistes, en furent les aboutissants naturels.
Dès lors, l'impérialisme devint le facteur d'u inlassable activité dans la politique anglaise, 1j premier soin de ses zélateurs, voyant l’Anglete éprise de leur projet, fut d'attirer les colonies dar le mouvement. Que l’idée panbritannique répondi aux aspirations des Anglais, partis du Royaume-U Pour chercher fortune au Canada ou aux Indes,
n'y a pas à en douter. Est-ce que l'Anglais émigr
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pas toujours les yeux to-rnés vers son pays rigine? L’Angleterre n'est-elle pas toujours son , en quelque lieu qu’il aborde? Les plus généses aspirations se manifestèrent au premier appel z les Anglais d'outre-mer, et ne ralentirent plus d leur élan qu’en se heurtant aux questions d’in-
À la réciprocité de sentiments se subordonna enite la réciprocité des intérêts; ces derniers ne tarrent pas à peser de tout le poids de l'argent sur paroles et à les primer. Que.la fédération impée projetée demandât aux colonies de se solidaer avec l'Empire pour le défendre contre tout
bitieux rival, c'était bien naturel. 1] ne l'était s moins d'étendre la solidarité au commerce. Mais
ondres on ne l'entendait pas de cette façon. “ Ferz la porte aux marchandises étrangères, disaient
Colonies, en échange de l'appui militaire que
s sollicitez.” — “ Impossible de changer notre litique douanière, répondait John Bull” Cette ponse fut la note discordante dans le concert des
arations amicales de la première effusion.
e ce fait les colonies, mises en présence de la re patrie par la voie de leurs représentants aux inions du British Empire League, se trouvèrent ntôt dans une impasse: si leurs aspirations de ceur se montraient identiques, les moyens de les
réaliser ne concordaient nullement. D'un côté, - protectionisme de l'Australie et du Canada, et l'autre le libre-échange. L'Angieterre se retranch dans le vieux dogme de Cobden ; les colonies, nul ment doctrinaires en économie politique, ne n vaient renoncer aux recettes douanières nécessai à leur développement. S'il y avait divergence «
cet ordre d'idées entre la Grande-Bretagne et les
lonies n’y avait-il pas aussi des écarts d’un ta colonial à l’autre? On fit le calcul, à l'époque, « pour ajuster une union douanière par l’égalisati des droits à l'importation de l'Australie, du Cap,
Canada et d’autres coloniès, il faudrait harmonisi une vingtaine de tarifs. Plus tard surgit l'id d'une fédération fiscale douanière, renouvelée
Zollverein allemand, dans laquelle la Grande-B: tagne accorderait une préférence aux colonies. I4 Salisbury, premier ministre à ce moment, presse sur ce projet, lui porta le coup de grâce. “Il est imp sible à l'Angleterre, répondit-il, en résumé, de « créter une législation douanière par laquelle on cor rait le risque d'élever d’un demi-farthing le coût déjeuner de l'ouvrier anglais.” En faec de cet intransigeance de lord Salisbury, la Ligue de la fé ration déclara sa mission terminée. Ce serait bi peu connaître le tempérament anglais que d’escon ter son découragement, après un échec. La pouss
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de la vague impérialiste n’en fut pas même ralentie. Il parut de nouveaux chefs, plus ardents que ceux de la League, de véritables excitateurs d'énergie, comme l'on dit aujourd’hui, et la croisade panbritannique fut prêchée avec plus d'enthousiasme que jamais.
Il fallait à cette grande conception un prophète et un poète, pour souffler l’idée dominante du moment
£ C'était le dernier homme, cependant, que l'on se serait attendu à voir à l'avant-garde de l’armée nouvelle. Radical par tradition de famille et par convic-
aux classes riches. 11 était sur la frontière du socialisme,
Avec quelle surprise ne le vit-on pas se séparer de Gladstone, prétextant que les libertés, que le vieux libéral proposait d'accorder à l'Irlande, mettraient le Royaume-Uni en grand danger, Son horreur vraie ou simulée du Home Rule fut le tremplin qui
lui permet de monter au premier rang des meneurs populaires. C'était bien l'avocat qu'il fallait à la cause; ses défauts, encore plus que ses qualités, le | mettaient en évidence. Qui, plus que lui, était de taille à remuer le fin fond d'énergie et d’orgueil dont est pétrie l’âme du peuple anglais ? Personne ne Savait user plus effectivement de ce langage emporté, méprisant pour les adversaires, —ces Little Englanders—pour lesquels il n’avait pas assez de dédain. En revanche, comme ses tirades enflammées exaltaient, chauffaient à blanc le patriotisme des masses pour les aveugler. et pour oblitérer er elles le sens du juste et de l’injuste! Qu’importent ces exagérations, pourvu que l’Union Jack étende de plus eg plus ses plis sur la surface du monde.
. Le poète Rudyard Kipling, avec sa rudesse vou lue, ne s’était-il pas aussi révélé à temps ? Il fit chanter paï John Bull les gloires de l'impérialisme futur. créa, par ses couplets en vogue aussi bien à Londres qu’à Melbourne et à Toronto, une communauté de sentiments exaltés et po:ularisa le cri de guerre de la nouvelle croisade! :
Jos. Chamberlain et Rudyard Kipling, tels furent donc les deux leviers qui achevèrent de soulever l'opinion impérialiste, laquelle, dès lors, fit le tour du monde anglais. Pendant que le poète claironnait ses tirades sonores, exaltait l'orgueil britannique,
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devant lequel toute puissance devait s’effacer ou s'éclipser comme devant l'éclat d’un éblouissant soleil, Chamberlain sonnait le rappel autour de sentiments plus pratiques. “ Le commerce anglais, s’exclamaitil, est en danger. Seule, une réorganisation de l’Empire peut le sauver.”
Au fond de l'affaire ne trouve-t-on pas en définitive que l'intérêt cornmercial ; n'est-ce pas là ce qui Gbsédait Chamberlain ? Le commerce de la Grande- Bretagne semblait péricliter devant la concurrence envahissante de l'Allemagne. Est-ce que l’industrie allemande ne se montrait point la rivale redoutable Sur tous les marchés du monde, où l’article de Birmingham et de Manchester ne rencontrait pas jadis de compétiteurs? Avant la guerre, non seulement l'Allemagne, mais les Etats-Unis lui faisaient une concurrence redoutable, lorsqu'ils ne la remplaçaient point. |
“ Quel est le plus grand de nos intérêts, disait Chamberlain au Canada Club? C'est le commerce impérial” Voilà ce qui importe le plus au monde. Tout autre facteur de la civilisation, tout autre élément susceptible d'apporter à l'humanité de noueaux moyens de rendre la vie plus supportable, ne Comptent pour rien, au regard de cet intérêt supérieur de la nation. La construction du canal de Suez n'a-t-elle pas été une des grandes conquêtes de la
science moderne mise au service du commerce, mondial, un moyen de rapprocher les royaumes et les empires ? Pour Chamberlain il aurait mieux valu que le génie de Lesseps ne se fût pas attaqué à cette barrière élevée entre la Méditerrannée et la mer Rouge. ‘ Fe .
.. “L'ouverture du canal de Suez à diminué nos profits et changé tout notre commerce. Elle nous 2 À enlevé la situation d’entrepositaires que nous avions jadis. Je pense que le monde aurait été mieux sans ce canal. Je sais que je vais paraître réactionnaire, mais sûrement nos intérêts maritimes s’en trouve. raient mieux aujourd’hui.” Ainsi s’exprimait Cham. berlain à l'enquête sur la dépression commerciale. Si l'intérêt gouverne les hommes, dans le cours ordinaire de la vie,
peu près l’unique i tionales modernes.
Ainsi le superbe navire, qui s’avance flamboyant sous les couleurs de la Grande-Bretagne, cache dans ses flancs les marchandises anglaises. C’est pour les écouler avec plus de facilité que Chamberlain fait appel aux plus nobles sentiments des colonies. Question d'intérêt encore et toujours!
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CONFERENCES TMPERIALES
En 1897, la conception impérialiste s’offrait dans pute son amplitude; elle pénétrait à la Conférence es premiers ministres des colonies à Londres, comme oussée par le souffle d’un vent favorable. Son éduisant aspect allait capter tous les suffrages. Piloée par l'intelligence et par l'énergie de Chamberain, quel accueil avait-elle à redouter? Où trouver in colonial assez osé pour faire face à un statesman
le l'envergure du plus redoutable orateur des Trois- Royaumes ? Qui tenterait d'affronter l'ironie, le sarasme qui terrifiaient ses adversaires habituels? A eine le député de Birmingham, devenu ministre des olonies, eût-il développé ses plans, montré la nécessité de concentrer toutes les forces de l’Empire, éparillées par le monde, dans une formidable alliance bffensive et défensive, au point de vue militaire et ommercial, et déclaré que la part du fardeau des dépenses militaires était mal distribuée, n’étant que de deux shillings par tête dans les colonies et de 293 en Angleterre, qu’il se rencontra un homme, non pour combattre la grande idée impériale, mais pour
des traits de ressemblance avec Bismarck et ave Cavour ; l’effronterie énergique jusqu’à la brutal du premier, l'astuce féline du second.
N'oublions pas que les déclarations impérialistes de John A. Macdonald devaient gêner notre repré sentant à la Conférence. L'ombre de son prédéces
dans la nécessité d'accepter Ja ligne de conduite tra-
cée antérieurement par lord Salisbury, dans les rela-
tions de son Pays avec l'Autriche, qu’il avait con-
8 comme chef de l'opposition ? Or, sir John
s'était montré impérialiste à la Conférence de 1884, ‘accepter une alliance offensive et défen-
sive avec l'Angleterre, en vue d
sible? N'’était-il Pas aussi à cra
arguer de la qualité de
Laurier pour expliquer sa poli
attitude anti-militariste ?
mais les assauts qu’il eut
sentants des colonies que
cause. En 1902,
berlain revenir à
la position de hau influence de Laurier
sur ses collègues s’éleva encore comme une muraille
d'acier en face des projets impérialistes ? (1) D'aucuns ont pris acte de l'attitude de Laurier
Pour se demander si son refus de lier partie avec
Chambertain S’harmonisait bien avec sa loyauté à
(1) A la Conférence de 1907, Chamberiain disparu de la scène, la Position s'était bien modifiée dans le sens de la modération,
l'Empire ? N'aurait-il plus vigoureuse Ja mai surgit la question d’
la métropole et Jes
Plus on examine l'impérialisme, en le dépouillant
1 égalomanie, plus on le voit surgi
multiples intérêts. Que cette poli.
tique soit la meilleure au point de vue de la Grande Bretagne, c’est matière à controverse; mais que les colonies soient jüstifiables d’opposer leurs intérêts à ceux de la mère patrie, c’est une vérité aussi éclatante, puisque l’égoisme le plus étroit doit présider aux relations internationales. Les Etats qui ont dé. rogé à cette règle, assez décourageante pour l’hon-
neur de l'humanité, ont fait un métier de dupes.
Les visées humanitaires de Napoléon II n’ont. clles point fait à l'influence française en Europe une: blessure qui Saigne encore? En favorisant, d’après son principe des nationalités, la concentration des forces éparses de l'Italie et de l’Allemagne, il à collé aux flancs de la France, deux puissances, l’une ennemie irréductible et l'autre amie peu bienveillante. ! Que nous sommes loin du siècle des Croisades et des
Souder les intérêts des colonies à ceux de Ja ande-Bretagne, comme le voulait Chamberlain, ait-ce pas porter une atteinte à cette autonodont nous sommes si jaloux, autonomie si laboisement Conquise dont il serait criminel de détala moindre parcelle ? Que l'Angleterre demande fre concours aux heures de crise, soit ; nous serons obablement disposés à le lui prêter, mais encore, -il que nous soyions maîtres de le refuser. Il rait de la dernière injustice de nous lier à porter fardeau d’une guerre décidée sans notre consenment préalable. Voilà la raison sur laquelle repose limitation de notre alliance avec l'Angleterre, Mais de la conception impérialiste peut-on conure qu’elle est le pivot de la grandeur commerciale de l’omnipotence de l'Angleterre? Crécr un emre, en restreignant le libre-échange dont elle se ontre si fière depuis plus d’un demi-siècle, pour lui ibstituer un régime hostile aux voisins, ne serait-ce as lancer une provocation aux nations amies? Il est rain que ce Zollverein aux allures belliqueuses, on agressives, entraïînerait un refroidissement isceptible de dégénérer en une inimitié dangereuse ? 'iscuter ce point nous entraïnerait bien loin, mais ue l'on examine le plan de créer un empire miliire séparé de son centre par des océans, et il pren- 1 des aspects chimériques. Aucune ceinture de
* Dreadnoughts ne pourrait le rendre invulnér Les membres disjoints de ce colosse seraient vw à la faiblsse par ce manque fatal de cohésion.
Voilà les arguments que l’on a entendus souve mais fle convient-il pas d'envisager cette quest d'un point de vue plus élevé, de la dégager de to considérations égoïstes ? Il est vrai qu’un jour l’ gleterre — lorsque son intérêt paraissait lui ir quer cette politique — nous a presque signifié nc congé; il est vrai qu'elle n'a pas tardé à voir erreur, dont, au reste, nous n'avons pas voulu no prévaloir. Cette‘orientation Passagère de sa condu ne compte pour rien dans la
— En.