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LES ECOLES D'ONTARIO

Outre la Buerre, la question qui agita le plus l'opinion Publique, pendant le 12ème Parlement, fut celle des écoles d'Ontario. Les Catholiques se plai- &naient avec raison d’être Privés par Ja Législature du droit qu'ils avaient toujours eu de faire apprendre à leurs enfants le français dans les écoles de cette Province. Comme toujours, la Province de Québec

devoir la porter devant la Chambre des Communes en proposant, dans un excellent discours, que la Législature d’Ontario fût priée de faire en sorte que les enfants d'origine française ne soient pas privés du privilège de recevoir l'instruction dans leur langue maternelle.

:: Dans le cours de la discussion, Laurier prit la parole en faveur de cette proposition, et mettant de côté le point de vue strictement légal et constitutionnel, il s’appliqua à démontrer la justice des réclamations des Canadiens-français d'Ontario, “Je ne fais pas, dit-il, appel à la passion ou au préjugé, je m'adresse au jugement, à la raison de mes concitoyens de toute origine, je me lève uniquement pour plaider devant le peuple d'Ontario la cause de citoyens canadiens-français sujets de Sa Majesté, qui se plaignent d’avoir été dépouillés par un statut de cette province, de droits dont leurs ancêtres comme eux-mêmes n'ont pas cessé de jouir depuis que le Canada est devenu une possession de la Couronne britannique.” Il dit que sans vouloir discuter le point de vue constitutionnel, il fallait bien reconnaitre que d’éminents jurisconsultes étaient d'avis que la langue faisait partie des droits civils dont le Traité de Paris accordait la jouissance aux Canadiens-français. Il termina sa brillante philippique en disant : “Dans tous les endroits du monde où l'Angleterre a arboré son drapeau, elle a respecté les lois, le langage et la religion de ses sujets.”

Plusieurs députés libéraux anglais et la plupart

des conservateurs et nationalistes de la province de Québec votèrent Contre cette p: oposition qui fut rejetée par une grande majorité.

Quelques semaines plus tard, le sénateur Landry, président de l'Association Canadienne-française d'Education d'Ontario, donnait sa démission comme président du Sénat, afin de Protester contre le refus d'intervention du gouvernement et afin d'être plus libre d'agir et de parler en faveur de la minorité persécutée,

Cet acte d'indépendance fit sensation et fut l'objet des félicitations de tous les amis de la cause française.

Il n’y a pas de doute que l'attitude de Laurier Sur cette question contribua à l'affaiblir dans les provinces anglaises, mais il n’en continua pas moins à Soutenir la cause de ses Compatriotes d'Ontario.

TN

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