‹ Laurier [microforme]Chapitre 36 sur 69 · LEGISLATION MILITARE · texte numérisé non relu

LEGISLATION MILITARE

De 1914 à 1917, il n'y eut qu'ure opinion dans tout le Canada, dans les provinces uglaises spécialement: c'est que le Canada ne pouvait trop faire, qu'il n'en ferait jamais assez pour aider l'Empire à triompher., Un membre important du Cabinet ne craignit pas de dire que le devoir du Canada était de se ruiner en hommes et en argent pour assurer ce triomphe. Laurier et ses amis acquiescèrent à toutes les mesures proposées par le gouvernement pour donner des soldats et des millions à la cause des alliés et ils firent tout ce qu'ils purent pour induire leurs compatriotes à prendre les armes. Mais c'était le temps où, dans la province d'Ontario, le gouvernement provincial légiférait de façon à paralyser l'enseignement du français dans les écoles de cette province et soulevait l’indignation des Canadiens-français. Et il n'y avait pas longtemps que, partout dans les élections de 1911, les conservateurs et les nationalistes avaient proclamé avec succès que la participation aux guerres de l’Empire était une grave erreur, une trahison nationale. Pour beaucoup d'autres raisons bien connues, les Canadiens-francais ne mirent pas d'abord à s’enrôler autant de zele que leurs concitoyens d'origine anglosaxonne,

Ce fut alors, dans tous les centres anglais, un

déchainement d'accusations injustes et de provocations furieuses Contre la province de Québec ; on rivalisait de zèle Pour soulever contre les Canadiensfrançais le monde entier, Heureusement des voix anglaises se firent entendre pour expliquer, justifier la conduite des Canadiens-français, Pour rectifier les calculs erronés et rendre hommage au Courage et à la vaillance de leurs Compatriotes sur les champs de bataille de la France.

Toutes les explications, toutes les justifications furent inutiles et le flot des injures, des acCusations les plus blessantes Continua à couler à tel point qu'on a donné raison de croire que la loi de Conscription en fut le résultat.

L'enrôlement volontaire avait déjà procuré aux Alliés plus de 400,000 soldats Canadiens, lorsque le Bouvernement, dans la session de 1917, soumit à la

Pour si peu de bien.

C'est alors, afin d'obtenir l'assentiment unanime de la Chambre à ce sujet, que tant d'efforts furent faits, que les influences furent mises en mouvement, pendant un mois, Pour décider Laurier à faire partie d'un ministère de Coalition. Mais de même que les honneurs les plus désirés, que l'offre de la Pairie et d'un siège à la Chambre des Lords n'avaient pu lui faire accepter l'impérialisme, ainsi les offres les plus séduisantes, les instances de quelques-uns de ses amis et la rupture de son parti ne purent lui faire

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