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LES MAUVAIS JOURS

L’ardeur et la hâte avec lesquelles l’Allemagne augmentait ses forces navales alarmaient l’Angleterre et lui faisaient craindre de perdre sa suprématie maritime. Des voix autorisées annonçaient que l’Allemagne se préparait activement à faire consacrer, par la force des armes, sa prépondérance et sa suprématie en Europe.

Les hommes d’Etat anglais crurent qu’il fallait, à tout prix, faire face au danger qui menaçait l’Angleterre, en donnant à sa flotte toute la force possible. Déjà, comme nous l’avons vu, ils s’étaient efforcés de décider les colonies à contribuer à cette oeuvre de protection mutuelle. Elles ne pouvaient rester indifférentes au danger qui menaçait la mère-patrie; elles se hâtèrent de répondre à ses désirs, de contribuer à sa défense.

Pendant la session de 1909, Laurier proposa une série de “résolutions” qui après avoir été amendées par M. Borden, furent unanimement adoptées. Elles reconnaissaient l’obligation du Canada de venir en aide à la mère-patrie, mais affirmaient que le moyen le plus constitutionnel et le plus pratique de le faire n’était pas une contribution monétaire, mais la création d’une marine canadienne devant agir de concert avec la marine anglaise. La Chambre ne paraissait

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alors n’avoir qu’un sentiment, qu’une opinion sur l’opportunité d’organiser une marine canadienne.

Pourtant, lorsqu’au mois de janvier 1910, Laurier, afin de donner suite aux résolutions adoptées à la session précédente, soumit au Parlement la loi du service naval, conformément au plan approuvé par l'Amirauté anglaise, il rencontra une opposition à laquelle il ne s'attendait pas. M. Monk, chef des conservateurs de la province de Québec, se faisant l’interprète de la politique nationaliste, se prononça contre tout projet de contribution et d’organisation de marine de combat, à moins qu’il ne fût approuvé par le vote populaire.

M. Borden et ses amis opérant un changement de front peu recommandable, déclarèrent le projet de loi insuffisant, inacceptable et se prononcèrent en faveur du référendum suggéré par M. Monk. Toutefois la loi fut adoptée et le gouvernement se prépara à la mettre à exécution en construisant les dix vaisseaux dont la flotte canadienne devait se composer. Mais comme cette flotte devait, en cas de guerre, faire partie de la marine anglaise et reconnaître l’autorité et accepter la direction de l’Amirauté, les nationalistes reprochèrent, en termes violents, à Laurier de persévérer dans la politique qu’il avait adoptée relativement à la guerre du Transvaal et de continuer d’orienter le Canada vers l’impérialisme militaire. Ils entreprirent une campagne dont les résultats furent néfastes au gouvernement dans l’élection qui eut lieu, au mois de novembre 1910, dans le comté de Drum-

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mond-Arthabaska, dont le siège, dans la Chambre des Communes, était devenu vacant par la nomination de M. Lavergne au Sénat. Tous ceux qui voulaient abattre Laurier, les conservateurs, les tories, les impérialistes et les orangistes furent heureux de saisir l’occasion qui s’offrait de le terrasser en s’alliant aux nationalistes et en les aidant de toute façon. C’était une alliance étrange qui ne pouvait produire rien de bon.

La politique de Laurier fut dénoncée avec une violence incroyable, comme une trahison nationale, l’oeuvre d’un homme vendu à l’Angleterre, un crime même, dont l’auteur devait être puni si les électeurs voulaient échapper aux horreurs de la guerre et protéger leurs fils menacés de servir de chair à canon au profit de l’Angleterre. Toute participation aux guerres de l’empire fut condamnée par des hommes qui devaient bientôt approuver une politique dix fois plus onéreuse, plus contraire aux vues et aux sentiments qu’ils avaient exprimés.

Le candidat du gouvernement fut défait et cette défaite donna aux ennemis de Laurier, dans les provinces anglaises, un avant-goût des succès qu’ils pourraient avoir avec l’aide des nationalistes. Il faut dire, pour être juste, que les nationalistes purent apporter à l’appui de leurs opinions les déclarations de libéraux importants tels que les sénateurs Choquette et Legris qui, eux aussi, avaient, au Sénat, combattu la politique de Laurier et prétendu qu’elle constituait un précédent généreux.

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La question de la réciprocité commerciale avec les Etats-Unis devait bientôt leur fournir des armes d’un autre genre pour combattre le gouvernement. Pourtant, les chefs conservateurs, à maintes reprises, s’étaient prononcés en faveur d'une réciprocité des produits naturels et même, lorsque M. Fielding, pendant la session de 1911, soumit à la Chambre des Communes le projet qu’il avait apporté de Washington, les députés conservateurs hésitèrent à le combattre et on crut un moment qu’ils allaient l’accepter.

Sur cette question comme sur celle de la marine, les conservateurs ne tardèrent pas à faire volte-face et à subir l’influence des manufacturiers et des impérialistes qui affirmèrent, les premiers, que la réciprocité des produits naturels conduirait à la réciprocité des produits manufacturés, et, les derniers, qu’elle était le premier pas vers l’annexion du Canada aux Etats-Unis, et ils citaient a 1 appui de leur opinion des déclarations inopportunes faites par M. Taft, le Président des Etats-Unis, et par M. Clarke, l’Orateur du Congrès.

L’Opposition, encouragée par l’hostilité que le projet suscitait dans le monde commercial et industriel du pays et même dans le parti libéral, décida de le combattre à outrance et d’avoir même recours à l’obstruction afin d’en empêcher l’adoption.

Il y avait quatre mois que la discussion rageait dans la Chambre des Communes, lorsque le Canada fut invité à se faire représenter au couronnement du roi George V, dans le mois de mai. Le gouverne-

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ment anglais avait jugé opportun de profiter de l’occasion pour réunir les membres de la Conférence Impériale et inviter les représentants des colonies à y assister. Les partisans de l’impérialisme crurent naturellement que l’occasion serait favorable à l’adoption de leurs projets. La Chambre consentit à suspendre ses séances, pendant deux mois, afin de permettre à sir Wilfrid Laurier et à ses collègues, MM. Borden et Brodeur, de se rendre à Londres.

Dans les cérémonies grandioses et les réunions imposantes qui jetèrent tant d’éclat sur le couronnement de George V, où figurèrent tant de rois, de princes et de représentants les plus éminents de l’aristocratie de l’Empire et de l’Europe, personne ne parut plus distingué que Laurier, disent ceux qui l’accompagnaient. Et lorsqu’il fut appelé à prendre la parole, les journaux firent comme autrefois l’éloge de son éloquence, mais ils ne manquèrent pas de manifester leur désappointement lorsqu’ils eurent connaissance de l’opposition énergique que, cette fois encore, comme en 1907 et en 1902, il avait faite, dans la Conférence, à tous les projets d’impérialisme. Cette fois aussi, il lui fallut un grand courage et de fortes convictions pour résister aux influences et aux séductions du milieu, pour se décider à froisser les sentiments des grands personnages qui le comblaient d’égards et de prévenances et faisaient les appels les plus émouvants à son loyalisme.

Il avait d’autant plus de mérite à être énergique que rien ne lui répugnait comme de causer des ennuis

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à ceux qui lui étaient sympathiques. Il s’efforça de convaincre ces grands personnages que le meilleur moyen de servir l’Angleterre et de lui conserver le respect et l’attachement de ses colonies, était de respecter leur autonomie, leur liberté d’action.

Sa principale conquête, à la conférence de 1917, fut la consécration de son projet de marine nationale, indépendante de la marine anglaise, sauf en temps de guerre, de lui faire attribuer sur l’océan Pacifique comme sur l’océan Atlantique des zones où elle aurait

pleine autorité et pourrait même hisser sur ses vaisseaux le drapeau canadien.

On ne peut lire les rapports des conférences de î897, 1903, 1907 et 1911 sans admirer le travail accompli par Laurier et l’importance nationale des résultats obtenus dans l’intérêt du Canada. Je me propose d’en faire plus tard une analyse complète.

Lorsqu’on songe à la force des traditions britanniques, au culte des Anglais pour leurs institutions politiques, on se rend compte des résistances que Laurier eut à vaincre. Les vétérans de la politique impériale ne virent pas sans stupeur le chef d’une colonie porter une main sacrilège sur l’arche sainte de 1 impérialisme et arborer le drapeau de l’émancipation. Aussi ceux qui, comme M. le juge Brodeur, ont vu Laurier à l’oeuvre, aux prises avec les sommités de l’Empire, font les plus grands éloges de l’énergie, de 1 habileté et de l’éloquence qu’il déploya pour faire accepter l’évangile nouveau. Ils ajoutent que son prestige, sa courtoisie et sa finesse diplomatique, ainsi que la sympathie et le respect dont il jouissait dans le grand monde anglais, ont grandement contribué à son succès. Les Chamberlain, les Asquith, les Lloyd

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George le considéraient comme un des leurs, le traitaient comme leur égal.

Si les fauteurs de l’impérialisme ne virent pas sans frayeur le triomphe d’idées si contraires à leur programme, ceux qui croient que le Canada ne pourra rester éternellement dans les langes de l’état colonial, et que tôt ou tard il voudra prendre rang parmi les grandes nations, ne purent s’empêcher de le voir entrer si glorieusement, sous la direction de Laurier, dans la voie de ses destinées.

L’agitation et le résultat des élections de 1911, ainsi que les préoccupations de la guerre, ont empêché l’opinion publique de réaliser l’importance des conquêtes de Laurier aux réunions de la Conférence Impériale. Et pourtant, c’est par le grand rôle qu’il a joué dans ces circonstances mémorables et par les concessions qu’il y a obtenues que l’Histoire le jugera spécialement et appréciera ses qualités d’homme d’Etat. Comme je l’ai déjà dit, c’est dans la discussion des grands problèmes de la politique qu’il donnait toute la mesure de son talent et de la hauteur de son caractère.

A son retour de Londres, les foules, dans la province de Québec, l’acclamèrent avec enthousiasme. A Québec, répondant à l’adresse qui lui fut présentée par le maire, il dit qu’il n’avait pu plaire aux impérialistes et aux nationalistes, mais qu’il avait été heureux de voir, à la Conférence de Londres, le triomphe du principe le plus propre à assurer la sécurité de l’Empire, à savoir que tous les peuples qui le composent soient libres de se gouverner à leur guise, suivant leur volonté.

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Lorsque le gouvernement Borden, abandonnant le projet d’une marine canadienne, offrit à l’Amirauté anglaise deux dreadnoughts, elle fut heureuse de revenir à ses premières amours et de voir tomber un projet qu’elle n’avait pas accepté sans répugnance.

Mais, pendant qu’à Londres Laurier combattait si vaillamment pour l’autonomie du Canada, afin de le faire échapper à une politique funeste à ses destinées, ses adversaires au pays soulevaient contre lui l’opinion publique, les nationalistes, en lui reprochant de sacrifier les intérêts du Canada à ceux de l’Empire, et les conservateurs et tories, en l'accusant de manquer à ses devoirs envers la mère-patrie.

Lorsqu’il reprit son siège à la Chambre des Communes, le dix-huit juillet, il trouva l’Opposition plus hostile que jamais au traité de réciprocité et décidée à continuer sa politique d’obstruction. Le 28 juillet, il crut que le seul moyen de mettre fin à une lutte qui paralysait les affaires du pays, était de dissoudre le Parlement et de soumettre au peuple la politique du gouvernement, dans des élections générales.

Laurier n’était pas sans inquiétude sur le résultat de ces élections ; la désertion d’un bon nombre de ses partisans dans les provinces anglaises, la violence avec laquelle on soulevait contre lui tous les préjugés religieux et nationaux, étaient bien de nature à l’effrayer. Mais il crut que sa politique de réciprocité rangerait sous son drapeau la classe agricole et ouvrière. Il oubliait qu’en 1878 MacKenzie avait cru, lui aussi, compter sur l’appui de ces deux classes pour lutter contre les forces coalisées du commerce, de

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l’industrie et du monde financier, et que les cultivateurs et les ouvriers s’étaient facilement laissé convaincre que leurs intérêts étaient intimement liés à ceux des manufacturiers. Il ne pouvait croire non plus que la province de Québec lui serait infidèle après la réception enthousiaste qu’elle lui avait faite, à son retour de Londres. Mais le travail, dans la province de Québec, des nationalistes unis aux conservateurs et des partisans de l’impérialisme, de l’orangisme et de la protection dans les provinces anglaises, devait triompher de sa popularité personnelle et de son éloquence.

Il se jeta dans la mêlée avec toute l’ardeur et la vigueur de la jeunesse, parcourut toutes les provinces du Canada, prit la parole dans une quarantaine d’assemblées publiques et fut partout l’objet des manifestations les plus sympathiques. Dans la province de Québec, il dénonça l’alliance des nationalistes avec les tories et proclama énergiquement qu’au milieu des préparatifs qui se faisaient dans toutes les colonies anglaises afin d’aider la mère-patrie à conjurer les dangers qui la menaçaient, la province ne pouvait rester indifférente, isolée, sans manquer à son devoir, sans trahir ses intérêts les plus sacrés, sans soulever contre elle tout le monde anglais.

Il s’appliqua à démontrer que l’établissement d’une marine canadienne était le mode le plus pratique, le plus constitutionnel de concilier les intérêts de l’empire avec ceux du Canada, qu’elle ouvrirait une carrière honorable à nos jeunes gens, créerait une

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industrie importante, protégerait nos pêcheries, ferait la police dans les eaux canadiennes et, au besoin, défendrait nos côtes et nos villes contre toute agression; que le Canada devait, en tout cas, tôt ou tard, avoir une marine dont le gouvernement conservateur et le Parlement avaient adopté le principe dans la loi de milice de 1866.

Il est vrai que cette marine, en cas de guerre, ferait partie de la marine anglaise, mais seulement lorsque le gouvernement canadien le jugerait à propos, et il était obligé, dans un court délai, d’obtenir l’assentiment du Parlement. Le principe de l’autonomie du Canada et de la responsabilité ministérielle était sauvegardé.

Laurier eut raison de dire que si ses adversaires arrivaient au pouvoir, ils imposeraient une politique beaucoup plus impérialiste. On sait si les événements se chargèrent de lui donner raison, de justifier ses prévisions.

Quant à la réciprocité, il fit ressortir les avantages qu’elle procurerait à la classe agricole en lui donnant pour ses produits le marché américain, le marché depuis si longtemps désiré par les chefs conservateurs eux-mêmes. Mais ses adversaires répondaient que le marché le plus avantageux aux produits agricoles comme aux produits manufacturés, était le marché canadien, que le projet soumis à la Chambre s’appliquait spécialement, il est vrai, aux produits naturels du pays mais qu’il ne tarderait pas à s’étendre aux produits manufacturés suivant le désir des

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Américains et à diriger le Canada vers l’annexion, et ils faisaient les appels les plus violents au loyalisme des électeurs anglais et les suppliaient de mettre fin à une politique qui mettait en danger nos relations politiques et commerciales avec l’Angleterre. Ajoutons à cela les appels enflammés des loges orangistes au fanatisme protestant, et on comprendra pourquoi les élections de 1911 furent fatales à Laurier.

Lorsque, dans la soirée du 21 septembre, il fut constaté que le gouvernement était battu par une majorité de 45 à 50 voix, les amis et les admirateurs de Laurier, dans la province de Québec, furent consternés et l’on en vit plusieurs verser des larmes.

La province de Québec n’avait donné que onze voix de majorité à Laurier, pendant que la province d'Ontario le battait par une majorité de près de soixante voix.

Quelques jours après les élections, Laurier donnait sa démission et M. Borden était appelé à former un nouveau cabinet.

Avant de mourir, Laurier put voir ses adversaires adopter, en partie, sa politique relativement à l’établissement d’une marine canadienne et à la réciprocité, et s’il avait été vivant, à la dernière session du Parlement, il aurait vu le gouvernement continuer d’orienter sa politique dans cette direction. On lui avait fait un crime d’avoir voulu faire accepter par le Parlement le traité négocié par M. Fielding avec les Etats-Unis, et, néanmoins, dès les débuts de la guerre, le cabinet Borden était en instances auprès

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du gouvernement américain afin d’obtenir la franchise du blé et de quelques autres produits naturels. Négocier avec les Etats-Unis n était plus un crime, un acte antibritannique et anticanadien. Et pour satisfaire les fermiers de l’Ouest, le cabinet Borden se prépare à faire d’autres sacrifices aux idoles du libreéchange.

Quant à la marine, je me contenterai de reproduire ce que le '‘Canada’’ vient de publier à ce sujet :

“Les conservateurs unionistes en sont encore à se chercher une politique navale ; mais quoiqu’ils fassent, ils ne peuvent rien trouver de meilleur pour le Canada que la politique qu’avait préconisée le parti libéral, sous le nom de “Marine Laurier”.

“Le gouvernement Laurier avait, avant l’élection de 1911, demandé des soumissions pour plusieurs croiseurs canadiens du type anglais “Bristol”; mais le changement de gouvernement mit fin à ce projet et les soumissions furent sans résultat.

“Le gouvernement Laurier avait aussi fait l’acquisition de deux croiseurs de service, le “Niobe” et le Rainbow , qui furent l’objet, durant la campagne de 1911, des quolibets les plus ridicules et des attaques les plus furieuses.

“Et pourtant ces deux croiseurs, tant décriés en 1911, devaient nous rendre de précieux services aux débuts de la guerre.

“Notons d’abord qu’après l’échec du fameux tribut de trente-cinq millions, projet que M. Borden

abandonna sans oser en appeler au peuple, son gouvernement ne songea nullement à rappeler la loi de la marine ; et même, le 18 mai 1914, il'avait adopté un Arrêté en Conseil instituant un service naval au Canada et pourvoyant à l’enrôlement de cadets devant être formés sur les navires-écoles achetés par le gouvernement libéral.

“Mais ce fut la guerre qui montra d’une façon évidente et parfaite la sagesse de la politique libérale en la matière.

“Quand elle éclata, en août 1914, il y avait encore sur les deux océans quelques croiseurs allemands qui menaçaient nos côtes.

“On n’a pas oublié avec quelle frénésie le gouvernement Borden se hâta d’équiper le “Niobé” et le “Rainbow”, — les deux croiseurs achetés par Laurier, — pour les mettre en service immédiat.

“Au même moment, il achetait à Seattle deux sous-marins qui avaient été construits pour le gouvernement du Chili.

“Le “Niobé” sur l’Antlantique rendit de grands services en se joignant aux croiseurs anglais qui protégeaient nos côtes ; le “Rainbow” sur le Pacifique, fit aussi du service. Mais combien plus effective eut été l’oeuvre d’une marine complète, telle que. demandée par le gouvernement Laurier !

“Aujourd’hui on revient au projet de marine canadienne ; et on a parfaitement raison.

“Les évènements vengent la mémoire de Lau-

ner.

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