UN DEUIL NATIONAL
“C’est un peuple entier, et non pas seulement une faction politique ou même une race, qui se trouve atteinte par la mort soudaine du très regretté sir Wilfrid Laurier, hier encore, chef vigoureux et actif de l’opposition libérale à Ottawa. A tous les degrés de l’échelle sociale, dans les cercles politiques comme au sein des plus humbles foyers, une douleur profonde étieint les coeurs. Peu d’hommes politiques, dans tous les pays de l’univers, peuvent se vanter d’avoir
LAURIER
joui d’une popularité aussi grande et aussi soutenue que l’éminent citoyen que la mort vient de coucher dans la tombe. Dans le triomphe comme dans la défaite, car il connut l’un et l’autre, Laurier fut toujours l’ami des foules. Ceux qui par principe se croyaient tenus de voter contre lui aux élections ne le faisaient qu’après beaucoup d’hésitation et comme à regret, tant le prestige du vieux chef imposait à tous le respect et la sympathie.”
La “Patrie”
“L’heure marquée par le destin a sonné, et, sans résistance, sans qu’ait eu le temps de s’effacer le sourire qui a illuminé toute sa vie, le géant fatigué s’est couché pour entrer dans l’éternel repos.
“Sir Wilfrid Laurier n’eût pas désiré autrement mourir. Ce fut son ambition de donner à son pays le labeur de sa vie entière : il n’en a point détourné une minute, même lorsque le poids des années pesa lourdement sur ses épaules en apparence frêles.
“Parmi les qualités maîtresses qui ont élevé Laurier au pinacle en est-il une qui l’ait aidé aussi puissamment que le magnétisme qui se dégageait de sa prenante personnalité et qui était comme une extériorisation de son âme sereine.”
L’“Action Catholique” et toute la presse hebdomadaire des villes et de la campagne firent l’éloge du
LAURIER
défunt dans des articles qui mériteraient d’être publiés et conservés.
Si un prix était accordé à celui qui a le mieux parlé du défunt, le choix serait difficile.
Résidence de sir Wilfrid Laurier à Ottawa Laurier et David, sur le portique