NOBLE DAVID DE BYRE, BALLTF DE LAUSANNE LAN DE GRACE GOYRANT
De l'autre:
Jehan Richenet de Vevey m'a fondue.
(En l'extrémité méridionale de ce bastiment il y a les deux auditoires en théologie et en philosophie, auqud on
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monte par an autre escalier qui est une tour sur le derrière et à l'extrémité du collège. Nous verrons cy après quaud ii a été bati.)
Depuis que Lausanne vint soubs la puissance de L. Ë. de Berne Tan i5S6. Elles y establirent une Académie. On se servit fort longtemps du chasteau de Menthon pour collège. Ce cbasteau (qui est en un recoin de la Cité, proche d'une petite porte, nommée de Cou?aloz (et dans les ?îeux actes Govaloup) par laquelle on va aux moulins dehors de ville), appartenoit anciennement à certains gentilshommes, qui, comme je croy, le donnèrent ou vendirent à la Seigneurie de Lausanne qui le possède aujourd'hui. (Il appartenait anciennement à certains gentilshommes savoyards qui le vendirent à un de la maison des Loys avec toutes les rentes qui en dépendoyent. H fût remis par après à la Seigneurie de Lausanne.)
11 étoit beau et bien basti, mais il fut bruslé par accident de feu le sixiesme janvier 1587» à trois heures du matin, si qu'il n'en est demeuré que deux tours. Cela occasionna les Bernois de faire bastir le collège, auquel on commença d'enseigner le 24 Apvril de la mesme - année, après avoir enseigné en des maisons particulières trois mois et demi, selon les remarques que M. des Bergeries, professeur en hébreu» m'a communiquées, et qu'il a tirées des mémoires de son pèregrand Simon des Bergeries esleu professeur en grec en décembre 1592.
Ëntre le chasteau de Menthon qui est à l'orient et le collège se void le grand temple, appellé de notre Dame» On n'en sçait bonnement la première fondation. On tient, comme par tradition, que tout le quartier de la Cité estoit jadis en forest, qu'en ce temps là il n'y avoit fien en estre que la rue de Bourg, comme estant au grand passage: qu'en ceste forest la vierge Marie s'apparut à un certain homme (qui y coupait du bois et qui s'étant blessé était
AS
tombé* en une grande pasmoison; étaot reyenn à soy, il
raconta sa vision); à l'occasion de quoy, comme la superstition est inventrice de tout, on y bastit une cbapelie et par succession de temps on extirpa tout le bois des environs et y bastit on des maisons. Dès là on commença à bastir depuis la rue de Bourg en bas contre le ruisseau qui papse au fond de la ville (proche duquel il n'y a pas longtemps que le S^* Constant, qui a «sa maison sur le coin du Pontj en creusant, trouva les fondements d'une tour ronde qui sans doute servoit à fermer le pont qu'il y avoit sur ce ruisseau). Et de Tautre costé de la Cité on en fit de mesme. Mais comme les miracles supposés en ces temps de profonde ignorance rendirent ce lieu fameux, la ville s'aggrandit &m costé et d'autre, et la chapelle de la vierge fut convertie en un temple magnifique.
(Les chroniques de Vaud disent qu'un certain Alphonse, . évesque de Lausanne, commença de bastir cette église environ Tan 746. Ce qui semble n'avoir pas beaucoup de fondement, comme nous le verrons cy-après.) Lazius rapporte que Conrad III, roy de Bourgongne, qui est enseveli à Payeroe avec sa femme Mathilde, paracheva l'église de Lausanne que son père Conrad II avoit commencée. Guilliman dit que Raoul II, roy de Bourgongne a laissé à Lausanne divers monuments de sa libéralité, piété #1 dévotion. Certains vieux mannscripts en latin que j'ay entre mains^ disent : Ecclesia Lausanensis quae sita est in Galiis, est ecclesia Cathedralis» solemnis et notabilis, et una de notitulioribus ecclesiis totius nationis Galicanae.
Avant l'empereur Rodolphe d'Habsbourg c'estoit une église que ces mêmes manuscrits appellent Colligiata ; mais à son instaœe le pape Térigea en église cathédrale, et luy l'aggrandit, orna et renta richement. Ce fut soubs ce Raoul d'Habsbourg que la consécration en fut faite environ Tan 1^74 par le pape Grégoire X, l'emperèur avec sa femme
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et la plospart de ses enfants y assistèrent avec grand nom-
bre de cardinaux, archevesqnes, évesques, abbez, prieurs, etc., de dues» de marquis, de comtes, de barons et autre noblesse. (Voyez Mém. et Documents, T. VII, p. 60.)
Ce temple est magnifique et somptueux, estoffé de marbre noir par dedans. 11 y a deux belles tours, la plus grande est celle qui est à Toocident, où sont les cloches» elle est fort haute et au-dessus une belle aiguille ou pyra» mide*; pour monter au plus haut de ceste tour, il y a deux cents et seize degrés, les cloches sont en deux estages, soosteniies ao^dehors par ^ colomnes toute d'une pièce. E y a apparence que ceste tour ait esté séparée d*avec le reste du temple, où £lle est jointe maintenant. (L'évéque Airnoo de Montfolcon joignit la grande tour où sont les ckiches de la grande église airec le reste qui en était sé-
* En 1674 le feu tomba sur la grande tour des cloches, brusla et consuma l'esgaille, fondit deux cloches sur les onze heures en la nuit du 7 juin.
Sur la elocke de vààj refondue l'année 1674, on lit:
« Hic edo sine mente sonos, sine TOce fidèles
> Accio quo tremulo non datur ire mihi 1674.
» Aeterea destructa alio restaurer ab igne
» Destruor igne poli, sed novor igne soli.
M. Joly Lorraini Jehan Bichenet de Yevej.
SvrPantre:
« Nnper fusa fui demisso coelitus igne
> Nola iterum fundor sacra sonare valens.
» Ma forme que i'avais par la flamme perdue » M*a de xechef esté par la flamme rendue. >
- (ManuBerit Flaatin, page 180.)
M. le D' L. Pellis a publié dans le Journal des tribunaux^ en 1860 un plan de Lausanne avec la date de 1678, où la tour de la cathédrale est couverte par un petit toit. Je n'ai pas trouvé la date de la reconstruction de la flèche actueUe; le plan que nous publions fait connaître la forme élégante de i'ancienne.
paré par une nie, ce qui se peut facilement conjecturer
tant par la diversité de la structure comme aussi par un miliésime qu'il y a en la dite tour 1505 et par les armes de Montfalcon qui se Toieut eu plusieurs endroits.) (Manuscrit de Dompierre, page 162)". En Tadjonction les armes de Montfalcon y sont fréquentes « et peut-on bien remarquer qu'elle n'est pas de mesme façon ni si ancienne que le reste. Soubs ceste tour, il y a le portail occidental de l'église, grand,T)eau etrevestu de diverses figures en bosse. On peut encore remarquer quel en estoit l'ornement^ mais comme il est eiposé au vent et à la pluye, il n'est plus ce qu'il a esté.
Ën entrant par ceste porte on voit cinq monuments en marbre blanc» avec des épitapbes en lettres gottiques» dont quelques-uns ne se peuvent bonnement lire. Il sont escripts à Tentour des pierres. Ces monuments ont tous été faits en faveur de chanoines de Lausanne. •
n y en a plusieurs par le milieu du temple, mais ils sont pour la plus part eiïacez, ou bien il y a des bancs par dessus qui empeschent.
Par le dedans du temple il y a environ deux cents septante-deux colomnes, sans compter celles qui sont au chœur où il y en a environ deux cents toutes d'une pièce.
* Je partage ealiôraiieiit Popinion de PlantiB. Il parait qu'aadfionement U y «?ait im paasage qui traversait la eatbédrale daaa la direction de la Git6-de?aiit^0a voit très bien, à une certaine liantenr, les traces de la voûte, et cela des deux côtés de Védifice ; Pévêqae Aymon a fait murer ce passage en y plaçant deux grandes fenêtres. C'est la seule partie de l'église dont le soubassement n'est pas en marbre blanc ; ce qui indique que le soubassement actuel appartient à une époque plus récente.
La date de 1505 est sur la corniche du côté du nord, avec l'inscription : Si qm fata sinaut.
M. l'architecte Franel fils m'a afi&rmé avoir vu en Italie plusieurs basiliques avec un passage analogue. Blanchet.
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Le chœur est séparé du temple par une bello gallerie de pierre (jubé) sousteiiue du costé du temple d'onze colomoes de marbre Doir poli et tout proche sont deux belles tables aussi de mesme marbre ; soubs cbasque table il y a sept piliers de mesme estolîe.
Et quoy que dans ce chœur on y ait eu, tout renversé, on ne laisse d'y voir encor quelques tombes d'évesques, sur lesquelles il y a leurs pourtraits on bosse, les uns de marbre blanc et les autres de piastre, il y en a plusieurs de rompus et gastés.
Proche du lieu où estoit lé grand autel (où c est que Schueler fryburg. decan. dit qu'il y avoit duo magna candilaria ad partes latérales aitaris majôris in choro ex argento ponderis 171 lib. quorum tondatores erant duo episcopi Lausann. et alliae lamiliae Bernenses, alliludine trium cubitorum anno 1471)> se void la tombe du chevalier de Graoson soubs une petite chapelle, avec sa représentation en marbre blanc*.
Au nord, à costé du chœur estoit un beau bastiment voûté et soustenu de colomnes ; duquel il n'en reste qu'une partie ; on appelle ce lieu là les cloistres, il y a encor en un endroit engravé en la muraille:
S. RODVLFi: de: mo : | cak. lavsan.
Aumidy du chœur il y a une grande fenestre ronde, que le commun appelle la rose, d'une merveilleuse structure.
Par un trembleterre elle fut tendue presque par le milieu, conune aussi la muraille où elle est, depuis le haut jus-
Kote comTnuniqnée par M. de Gingios :
♦ Le chevalier de Grandson enterré à Notre-Dame de Lausanne est Othon de Grandson, fils d'Amédéc de Grandson, qui testa en 1328 et demanda à être enterré dans l'église cathédrale de Lausanne.
c U ne fant pas confondre cet Othon de Grandson arec celai qui fut tué, en 1897, dans un eomltat singulier par Girard d'Estavayer. »
DBSGlilPTION
qpe3 aa h^s, ; ceqx qui jouyoyent à la paume sur la place
voisine, avoyenl accoustumé de mettre leurs manteaux dans la fente» laquelle plusieurs années après» par un au* tre trembleterre , s'est refermée si quiç maintoiiant il ne s^en cognoit que fort peu.
Au-dessus du choeur est l'autre tour avec une belle et grapde aigoiUe couverte de fer blanc « sur laquelle, le 10 juin 1057 le feu du ciel tomba et en brusla la plus haule* partie entre les trqis à quattre heures du soir*.
(Voilà les édifices publics et plus con8idényi>les de la Cité-dessus. Ceux de la Cité-dessous sont: L'ancien bâtiment de l'évéché proche du grand temple. Je n'ai peu encor découvrir par qui il a été autrefois bfttt; c'était un grand bfttimeni ikiquel U n'en reste qu'une partie qui marque encor son antiquité, il appartient à la Seigneurie de la ville depuis la Béformation. C'est là où sont les prisons et ofi on juge les cftainels; la ville y a mi châtelain qui y fait sa demeure et a le soin des prisonniers.
^ Le grand hôpital'* oii auiresfois il y avait une chapelle, est un assez vaste bâtiment, il est fondé sur des rochers
du côté du midi. L'hospitalier qui a soin des ventes et de l'entretien des pauvres se prend d'entre les conseillers et se change de 4 en 4 ans.)
Et l'arsenac proche du portail de St-Estienne qui fait séparation de la Cité d'avec le reste de ia viUe, et proche
* Le même malheur est arrivé le 24 mai 1825, à l heure du matin; la foudre a frappé la flèche située aa-dessos du chcsur, eUe a été réduite en cendres.
Dès lors les divers bâtiments publics ont été armés de paratonnerres; d» cette manièce la foudre ne frappe plus les nuûsoos de la ville.
** L'hôpital a été fondé en 1282, on peut voir son ancienne forme sur le plan que nous publions; Tédiflce actuel a été bâti par la ville de Laysa^e en 1766.
DE LA VILLE DE LAUSANIŒ
daquel ies évesques aToyeat de coustume de faire leur serment quand ils estoyent reçens.
(L. E. de Berne les Baillifs qu'ils envoient à leur entrée faisoyent pareillement serment au même endroit pour la con^rVàtlon des libertés et franchises de la ville. Depuis quelques annéés cela se Mi dans le grand temple, à Fissue
du presche.
Les armes de la Cité sont comme en parle le vient plaict général de 1318. Scutum dicti vexilli, est de goules
aut chifr d'argent, cum alio signo infixo in dicto vexillo inter dictos duos colores videlicet signa duorom castrorum simul junctorum quorum unum mbeum et aliud albntu. Sous Fetiseigne de la Cité marchoyent ceux du fauxbourg de la Barre, les villages du Mont, de Gugiez, de Morrens, de Bretigni, etc.)
Ld troisiesme bannière s'appelle d^ la Palud , à causé qu'autres fois c'esloit un marais, encor aujourd'huy si l'on creuse tant soit peu on trouve de Teau. En ce quartier de la ville» qui est au-dessous de la Cité, du costé du couchant, il y a une belle place où on tient le marché du bled et en laquelle se void une grande fontaine rendant l'eau par quattre tuyaux qui fut ainsi bastie Tan 1557. (En là même place est la maison de ville bastîe Tan 1454. Ëllè ne paraissait pas beaucoup au dehors et n'étoit pas guère spatieuse ; la sale d'entrée où s'assembloient les Deux-Cents étaient fort obscure : au-dessus des iénestres étoyenC lés arines de plusieurs évêques, mais en partie effacées, de même que certaines vieilles peintures avec divers écritaux en lettres gotiques qu'on voyoit és murailles d'un côté et d'autre. On y remarquait encore l'empereur Sigismond à cheval. En un coin il y avait de grandes urnes et de diverses formes pendues. Dès cette sale on entrait au poyle du Conseil» qui était assez joli et en lâ cHarinbi'e (fa* on appelle des Soixante. Au-dessous de la maison étoyent les
hasles et les mesures du bled. Mais en l'an 1674 on a commencé d'ea rebâtir un autre , et plus ample et plus magoifique» qui est un des édifices plus considérables de tout le pays de Vaud. Monsieur le colonel de Crousaz étant alors major et maisonneur^ fort versé dans la mathématique et dans l'architecture, en a fait le dessein et a déjà tam pris de peine qu'enfin elle a été acheyée. Le devant fait un beau grand frontispice de pierre de taille sur de belles arcades avec une tour où est l'escalier et où on a mis un horologe. Les fenestrages sont fort beaux* tant pour leur grandeur que pour leur arrangement: au-dessous qui est tout de voûtes soutenues par de beaux piliers > il y a un grand espace qui sert pour mettre le bled en venté en temps de pluye.) De cette bannière dépend la rue de la Magdelaine au bout de laquelle il y avait un temple qui maintenant est entièrement ruiné et un couvent de dominicains, duquel en demeure quelques restes, joignant un cemelière. Ce fut en ce temple de la Magdelaine où au commencement de la Réformalion et avant qu'elle fut entièrement introduite la noblesse et la bourgeoisie de Lausanne assemblée en la maison de ville le 6 Âpvril 1536 ordonna qu on pourrait prescher l'Evangile sans empeschement.
(Les armes de cette bannière selon le susdict plaid général : Vexilliim Paludis est unum signum dictorum colorum, videlicet scutum de goules et de chifr, d'argent, inter quos est signum Aquilae de sable. Sub hoc vexillo equitare debent illi de Romanel, licet debatum ftierat positum
♦ Depuis quelques années, on a placé contre les fenêtres de la salle du Conseil niunicii)al une collectiou de vitraux sur lesquels sont peints les armoiries de Lausanne, un écu coupé d'argent et de gueules et celles des diverses bannières de la ville.
Onreirouve ces armoiries sculptées sur les arcs de voûtes delafiMSe de rH6tel de ville, du c6té de la Palad et sur la façade an midi
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per dominos de capitalo, lamen sunt de ressorto Lausao. et de atta baronia illî de Joctery, Mescieres et Prilly.)
La quatriesme bannière s'appelle du Pont à cause du pont qui est sur le ruisseau; autresfois il estoit de bois, mais l'ao i555, le 3 septembre, à 5 heures do soir, ce misseau devint si grand qu*il ruina toute la place du Pont, qui est au plus bas de la fille. Après cela on fit de grandes voûtes, sur lesquelles ceste place est posée, et par dessoubs passe le dit nûssean; et bastit on la maison dn Pont qui appartient à la Seigneurie de la ville et sert de logis public. £n ce quartier est la grande boucherie, et sur la dite place dn Pont se vend Iq pain. Je fromage, le poisson, etc.
(Les chroniques de Vaud disent que la ville basse fût bastie par un certain Alphonse, évéque de Lausanne. Les armes de cette bannière sont, selon le susdit Plaid général : Colorum pnedictorum et sub vexillo pontis equitare debent illi de Cors, d'Ochiez et de Ripa et de St-Sulpitio, videlicet omnes homines tam domini Prioris qnam domini Ëpiscopi et homines de Cabanis qui omnes sunt de ressorto et alta Baronia Lausan.)
La dernière bannière est celle de St-Laorent, qui ,est sur la troisiesme colline on monticule de ceste ville du costé d'occident d'esté. Il y avoit autresfois icy un temple dédié à St-Laurent. 11 n'en reste qu'une tour quarrée ou il y a une horologe. Il y a peu de temps qu'on y a fait trois monstres qui regardent divers endroits de la ville.
(Sur la place de St-Laurent, on y a fait une belle fontaine, dont le bassin est de pierre rousse, en l'an 1660. Texittum. vero Ste-Laurentis est de colorum de goules et d'argent, una cum quadam grilles de sable, sub quo equitare debent illi de Crissier, illi de Reigneos^ licet Domini de Capitulo contradicant suis genlibus, tamen omnes sunt de ressorto, et alta Baronija Lausann.)
Cette viUe a plusieurs fauxbourgs. Du costé de Marges à la porte de St-Frauçoîs est le fauxbourg du Gbesne, doquel on va sur Montbenon ou est le tirage et la maison des Arquebusiers, bastie i'ao 1580 par des parti(^uliers.
A la porte de St-Pierre sont joincts, à droite le fouxbourg d'Estraz pour aller du costé de Vevey, à gauche celuy de Marterey, du costé de Moudon; au plus haut de ce fauxbourg il y a une tour et une porte (et on petit lÀm remarquer qu'il était enfermé d'un côté de précipices et de l'autre de grands fossez dont on voit encore les traces).
Hors la porte de St-Laurent est le fauxbouiig appelé l'AIsle de St-Laurent, au bout duquel il y a une Mie et bonne tour ronde, construite de pierre de taille. Non guéres loin d'icy, parmi des prés» est l'hospital de St-hocb, pour les pestiférés» avec une chapelle bastie ou raccommodée Fan 1527.
Du costé de la bize, au-dessous du Chasteau, hors la porte de St-Maire» est le fauxbourg de la Barre ; il n'en reste plus que quelques maisons. Anciendement la rue dés Juifs (de Perabol) tenoit depuis ce fauxbourg jusques à la porte de la rue la Magdelaine» le long d'un ruisseau qui passe par là. Il n'en demeure plus de vestiges. El généralement, par diverses masures, tant dans la ville comme dehors» il est facile de juger que ceste ville a esté et plus grande peuptée qu'elle n'est pas mamtenant.
(Disons deux mots du gouvernement de cette viRe, H est ou ecclésiastique ou politique. Geluy-ci regarde ou r£gUse ou l'Académie. L'EgUse a deux ministres ou pasteurs qui font leur semaine pour les prédications Fim après l'autre, à la réserve de quelques jours sur semaine qui sont affectés aux deux diacres. L'un est appelé le dia'cre de ville» qui fait encore un presche et un eatéchisine le dimanche; l'autre se nomme le dBacre commun» pour ce qu'il est obligé de subsidier en cas de nécessité les
DE LA VILLE DE LAUSANNE
pasteurs voisins. Pour la discipline ecclésiastique, il y a deux consistoires. Geluy de la ville est composé des deux
ministres et du premier diacre avec des politiques tant du Petit que du Grand Conseil ; le baillif en est le chef et en son nom préside ordinairement son lieutenant. Le consistoire du Château est pour les ecclésiastiques soyent pasteurs, professeurs, régents, étudiants et écholiers, s'ils commettent choses indignes ; le baillif y préside aussi et a pour assîstans les assesseurs de sa justice, les deux pasteurs et le diacre de ville. L'Académie, que L. E. de Berne érigèrent m cette-ville après la Réformation, est composée de deux professeurs en théologie , d'un en hébreu, d'un en grec et en morale, d'un en [)hilo80[)hie et [)arf()is d'un en mathématique. Le bas collège a huit régens; les professeurs avec le principal, qui est le premier régent, font la compagnie académique , de laquelle aussi dont niembrès les deux premiers pasteurs. Cette compagnie a son recteur et le recteur son pedel pour l'assembler, quand il s'agit des affaires de l'Académie. Le baillif se rencontre quand il lui plait.
Quant au gouvernement poUtique et civil, le baiiUf a sa justice à part, en laquelle, avec quelques assesseurs et un secrétaire, il juge des causes qui peuvent survenir ou entre les ecclésiastiques ou qui viennent en appel des justices inférieures des lieux de sa junsdicticm: Il y a encore une autre justice appelée du jadis Chapitre, en laquelle, de la part du baillif, un chAtelain avec des justiciers juge des différents survenans entre les paysans de certains lieux dépendans du jadis Chapitre, soit des chanoines.
La ville, qui a haute, moyenne et basse jurisdiction, a son gouvernement à part. Elle a deux Conseils : le grand s'appelle des Deux-Cents et s'assemble ordinairement environ la St-Michel pour l'établissement des charges publiques, et quelquefois extraordinairemeat pour des choses