XIV. MAY MILTON
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comme celle des Amis du Luxembourg, composée d'artistes, d'écrivains, de connaisseurs, n'a pu parvenir à faire accepter en don, par l'État, une œuvre des meilleures de Lautrec; qu'elle a trouvé, pour lui barrer la route, l'hostilité ou l'indifférence d'un sous-secrétaire d'État comme M. Dujardin-Beaumetz et d'un comité composé d'hommes importants dans le monde officiel, se prétendant aptes à juger les œuvres d'art.
Les frères Natanson avaient fondé La revue blanche en 1891. Ils en avaient fait un organe très vivant, l'ouvrant aux jeunes écrivains : aussi réunit-elle promptement des hommes à idées neuves et de tendances diverses. Tristan Bernard, devenu un de ses rédacteurs, fit la connaissance de Lautrec chez Thadée Natanson. Une même tournure d'esprit humoristique les fit se lier. Tristan Bernard était directeur sportif du vélodrome Buffalo, situé hors de l'enceinte de Paris, entre les portes de Champerret et des Ternes, et alors un lieu de
réunion des plus fréquentés, surtout à l'occasion des courses de bicyclettes. Lautrec naturellement attiré par les divertissements sportifs fut assidu aux jeux que Tristan Bernard organisait. Comme il finissait presque toujours par faire le portrait des personnes de son intimité, il a fait celui de Tristan Bernard. Il l'a représenté à Buffalo. Il l'y a campé debout, à un moment où le vélodrome était vide de spectateurs.
Leur liaison les a conduits à collaborer. Il ont publié ensemble un supplément aw numéro de janvier 1895 de La revue blanche, sous le titre de Nih, un mot d'argot qui signifie rien, néant. Tristan Bernard a écrit le texte et Lautrec y a mis plusieurs lithographies dont l'une, Anna Held au café-concert, est très caractéristique. Ils ont aussi, en collaboration, donné un compte-rendu humoristique du Salon de 1894, dans le numéro de juin 1894 de La revue Manche. Parmi les croquis de Lautrec, ornant le texte, se trouve Lin jugement de Paris,