XVIII. FEMME SE COIFFANT
ballet que celui de Robert-le-Diable. Enfin Degas a encore peint un ensemble de musiciens à l'orchestre, où Désiré Dihau, jouant de son basson, apparaît au milieu, comme figure principale, alors qu'au tond on ne découvre plus qu'un coin de ballet, vu par le bas. Au moment où Degas peignait ces tableaux, qui lui étaient suggérés par ses rapports avec un musicien de l'Opéra, il peignait un petit portrait de la sœur, Mlle Dihau, coiffée d'un chapeau.
Désiré Dihau et sa sœur, qui avaient été amenés à faire la connaissance de Degas, furent amenés plus tard à faire celle de Lautrec, et Lautrec les a peints comme avait fait Degas.
Désiré Dihau, au moment où Lautrec vint à le connaître, avait pris son essor de compositeur. Lié avec les artistes du Chat Noir, à cette époque un des lieux de divertissement les plus célèbres de Montmartre, il leur composa la musique de nombreuses pièces vocales, qui eurent du succès. Lautrec,
familier au Chat Noir comme il l'était au Moulin Rouge, fut conduit à orner de lithographies l'en-tête d'une vingtaine de compositions musicales de Désiré, publiées successivement par différents éditeurs.
Ce fut en 1894 que Lautrec exécuta une première lithographie, comme en-tête à une composition musicale de Désiré Dihau. Cette œuvre et celles qui d'abord suivirent furent éditées par Ondet, 83 faubourg Saint-Denis. Ondet éditait les œuvres des chansonniers et il était devenu l'éditeur de Désiré, qui lui avait amené Lautrec, Dans la même maison, au 83 du faubourg Saint-Denis, se trouvait l'imprimeur Ancourt. Lautrec venait dessiner chez lui directement sur la pierre ses lithographies, pour les faire imprimer. On les tirait, avant la lettre et isolément, sans les compositions musicales, à un petit nombre d'exemplaires, qui sont maintenant de ces raretés recherchées par les collectionneurs. Puis on les tirait en grand nombre, avec titre et nom de