IV. MONTMARTRE. -^ BRUANT (ai-kiche
apprendre les règles qu'on y enseignait. Il travailla comme les autres d'après le modèle, cherchant à le rendre avec conscience. Mais les natures originales empreignent d'abord ce qu'elles tout de leur caractère propre et Lautrec s'est promptement laissé voir. Sa personnalité apparaît déjà dans ses études d'atelier, un connaisseur à leur vue ne saurait manquer de dire : Voilà des Lautrecs!
Sorti d'apprentissage, possédé du besoin de se développer, cherchant quels seraient les prédécesseurs dont il pourrait s'inspirer, il se prit d'admiration pour Degas. Lautrec, en se sentant attiré par l'art de Degas, montrait quelles étaient ses réelles propensions et les affinités qui l'entraînaient. Il entra en relations suivies avec Forain et, après Degas, donna son admiration à Manet et à Renoir. Les artistes japonais exercèrent aussi sur lui leur séduction, il leur doit certains traits et il a eu longtemps le désir de visiter le Japon. Il recevait de ses parents une pension qui, le
mettant à l'abri des soucis matériels, lui a permis de s'adonner au genre de travail qui lui plaisait, sans s'inquiéter d'avantages pécuniaires à en retirer.
Dans un pays comme la France, où l'art de la peinture a été cultivé pendant plusieurs siècles, les maîtres se sont succédés, l'on peut dire, enchaînés les uns aux autres, chacun, quelles que fussent l'originalité et la puissance qu'il dût ensuite déployer, commençant à s'appuyer sur quelque prédécesseur. Les maîtres venus ainsi en succession se sont donc rattachés, à leur point de départ, à la tradition pour aller après en avant dans les voies de l'invention et contribuer, chacun à part soi, au développement de l'Ecole française dans son ensemble. Lautrec porté vers Degas se reprenait ainsi à la tradition du style et du dessin, dans ce qu'ils avaient de classique mais aussi de bien français, comme s'appuyant sur l'observation de la vie. Lautrec allait à Degas, lequel était allé à Ingres, et, en effet, d'Ingres à Degas et