‹ Lavage de l'estomacChapitre 3 sur 56 · Histoire de la sonde slomacalo, Leube, 1879. Erlangen · texte numérisé non relu

Histoire de la sonde slomacalo, Leube, 1879. Erlangen

DE l'estomac

l'histoire d'un ministre du czar, à la lin du xvue siècle, qui fut guéri de la façon suivante.

Confié par son maître à des moines qui devaient l'aider à se remettre de la fatigue de la vie des cours, ce haut personnage dut avaler un mélange d'eau-de-vie et d'eau. On le laissa un quart d'heure couché sur le dos pour que ces substances pussent attaquer le mucus de mauvaise nature. Au bout de ce temps, il éprouva des renvois, et eut apparemment du pyrosis. On le fit alors retourner sur le ventre, et deux fraters lui introduisirent la brosse dans l'estomac. Le malade eut alors beau se débattre et demander grâce, il dut avaler de l'eau et se laisser rincer la cavité gastrique jusqu'à ce que le liquide ressortit clair. On retira ainsi beaucoup de mucus, de la biie, du sang caillé et une matière jaune, puriforme, d'odeur insupportable.

Le malade prit un peu de bouillon de poulet, un peu d'élixir et s'endormit. 12 heures après, nouvelle opération, renouvelée encore le lendemain matin. Le troisième lavage fut suivi d'un sommeil de 10 heures. Le malade se réveilla de grand appétit, et mangea une soupe aux œufs et un pigeon. Le lendemain, nouveau balayage de l'estomac. Les œufs, la soupe et une grandepartie du pigeon étaient digérés. Mais les pères, ayant constaté qu'il y avait encore des résidus de la poitrine du pigeon et que le mucus, encore fort abondant, devait corrompre l'estomac, en-

LAVAGE

gagèrent le patient cà se soumettre derechef à l'opération tout entière...

Le malade guérit; mais, pendant 15 ans, il se « brossa » l'estomac tous les matins en se levant, et finit par dévoiler le remède auquel il devait et son rétablissement et la conservation de sa santé.

Ce remède eut une vogue énorme. Puis, les malades en abusèrent ; quelques-uns môme en moururent (Kundmann, 1737), après avoir eu des hematémèses. D'autres ne pouvaient plus marcher que courbés en deux ; d'autres en devenaient asthmatiques. Bref, la brosse fut abandonnée et, avec elle, le nettoyage de la muqueuse gastrique.

L'idée de retirer de l'estomac les substances toxiques, accidentellement ou volontairement introduites, est relativement beaucoup plus moderne. Elle apparut consécutivement à l'emploi thérapeutique de sondes destinées à assurer l'alimentation artificielle. Mais celles-ci étaient Casimir Re- déjà counucs de Hiéronymus Capivacceus (Venise, Le "îfttage 1598), de l^abrice d'Aquapendente (Nuremberg, LsTe'sTm- l''16) et de J. limiter (1770), tandis que c'est à nients°"°^" Casimir Renaut que semble revenir l'honneur d'avoir le premier proposé la déplétion mécanique de l'estomac comme remède aux empoisonnements. En 1802 (an X), étudiant les contrepoisons de l'arsenic : « Je ne sache pas, dit-il, qu'il soit venu à l'esprit de personne de vider l'estomac mécaniquement et sans le secours

DE l'estomac

d'aucune force vitale. Cependant, rien n'était plus facile à imaginer, car les mêmes instruments mis en usage pour le remplir peuvent servir à le désemplir. »

Dupuytren reprit cette idée et, après avoir expérimenté sur des chiens, essaya môme sur l'homme (1810). Il n'eut qu'à se louer de cette tentative, et cependant ne parvint pas à introduire ce procédé dans la thérapeutique.

Après lui, la question resta stationnaire en France ; mais elle fut reprise par P. Busch (1822) et Edward Jukes (1823), en Angleterre. Ce dernier avait une telle confiance dans le lavage comme remède aux empoisonnements, C{u'd avala, dit-on, une forte dose d'opium pour la retirer ensuite avec sa pompe. L'instrument employé par ces auteurs consistait, en effet, en une pompe qui servait à extraire le contenu gastrique par l'intermédiaire d'une sonde œsophagienne élastique. Cette sonde portait à son extrémité une petite boule d'ivoire percée de trous. Ward, Read, Weiss construisirent des appareils analogues ; ce dernier (1823) était arrivé à établir un modèle qui fut presque complètement repris par Kussmaul.

Les Italiens ne voulurent pas rester en arrière, et Pappafava imagina, en 1833, un instrument assez compliqué, qui reçut le nom de « gastrisotero* ». 11 se composait de deux cylindres Lejavage

. . • Italie.

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