‹ Lavage de l'estomacChapitre 40 sur 56 · Mathieu et Rémond, Société de Biologie, 8 novembre · texte numérisé non relu

Mathieu et Rémond, Société de Biologie, 8 novembre

DK l'estomac

Huit jours plus tcard, au bout de 30 minutes, acidité totale 1,82, chlore total 4,64, HCL libre 0,22, chlore en combinaison organique 1,57, chlorures fixes 2,85.

L'hypersécrétion chlorurée paraît certaine dans ce cas; elle semble, d'ailleurs, se rattacher à un épuisement passager de la muqueuse, car sous l'influence du traitement on a vu reparaître l'acide chlorhydrique libre en proportion élevée, en quantité supérieure à la normale.

On assiste, pour ainsi dire, au premier stade de cette atrophie de la muqueuse dont nous parlions tout à l'heure comme terminaison, possible de l'hyperchlorhydrie. D'autres malades sécrètent une très petite quantité d'acide chlorhydrique libre; et cet acide n'apparaît que tardivement dans l'estomac. Ici encore comme dans les cas précédents, comme dans ceux qui forment le 2" et le 3« groupe que nous avons encore à étudier, les phénomènes cliniques ne s'adaptent que très imparfaitement aux modiQcations chimiques que l'on constate par le lavage.

2° Dyspepsie nervo-motrice Les faits que l'on peut ranger sous ce titre présentent trois caractères distinctifs :

10 L'acidité totale est normale (1,50 à 2 0/00) ou inférieure à la normale.

2° L'acide chlorhydrique, libre et combiné,

•I. Communication à la Socétiô médicale des Hôpitaux par MM. A. Mathieu et A. Rémond, 12 février 1892. Malades étudiés dans le service de M. Debove.

LAVAGE

présente un taux normal ou inférieure à la moyenne physiologique.

\VvVo^mo- "'y ^ P'^^ ^^^^^ l'estomac de stagnation

irice. marquée. L'estomac, le matin à jeun, ne contient pas de liquide; ceci ne veut pas dire qu'il n'y ait

1,0 clapotago i 1 i -L ...

n'a pas de pas de clapotagc ; on sait que ce dernier signe gaoraomque! n'a pas pour nous avec la dilatation les rapports que certains auteurs avaient voulu établir. 11 dépend souvent de la production de bruits hydroaériques, mais ces derniers siègent dans le côlon et l'intestin aussi souvent que dans l'estomac. Les phénomènes dyspeptiques, dans ces cas, paraissent devoir s'expliquer principalement, mais non exclusivement, par la viciation de la motricité gastrique.

L'existence de phénomènes dyspeptiques, indépendants de tout substratum chimique est admise par beaucoup d'auteurs. MM. Hayem et Winter, eux-mêmes, accordent une place restreinte à vrai dire, à ce qu'ils appellent la dyspepsie simple, et ils déclarent que le chimisme stomacal peut être normal chez des personnes qui présentent des sensations dyspeptiques.

Les phénomènes douloureux d'ordre sensitif sont évident dans ces cas ; les phénomènes moteurs ne le sont pas moins; la distension de l'estomac à la période de digestion, la constipation, indice de l'atonie intestinale, en sont la preuve. D'ailleurs, on sait que chaque fois qu'il existe dans la paroi d'un canal des fibres lisses, on peut voir apparaître des douleurs, des coliques, fort bien

DE l'estomac

connues comme nature et comme mécanisme, quand il s'agit de l'intestin ou de l'uretère. Il est donc très légitime d'admettre une colique gastrique, que Kussmaul a décrite et que ce dernier . auteur avait déjà désignée sous le nom caractéristique de tormimtio ventriculi nervosa. A quoi, d'ailleurs, attribuer la dyspepsie, quand les actes chimiques sont normaux, si ce n'est à une sensibilité pervertie ou à une motricité viciée?

Certains malades ont un suc gastrique normal. L'acidité en varie entre 2,64 et 1,20 0/00. Tous avaient de l'HCL libre. On peut considérer comme rentrant dans les limites physiologiques tout suc gastrique d'une acidité de 1,30 à 2 0/00 environ, et présentant de l'acide chlorhydrique libre dans les conditions que constitue le repas d'Ewald.

Il est évident qu'il ne peut y avoir ni hyperacidité organique, ni hyperacidité chlorhydrique. De même, sans acide chlorydrique libre, une acidité de 1,60 à 2 0/00 en acide combiné devrait être également considérée comme normale. Rien ne prouve, d'ailleurs, que chez des gens sains, absolument bien portants, on ne puisse rencontrer des chiffres notablement inférieurs aux précédents. Un fait que nous citerons tout à l'heure en fournit la preuve.

Nous rangeons encore dans la même série, des faits dans lesquels l'acidité totale étant faible, inférieure à 1,50 0/00, il n'y avait que peu ou pas d'HCL libre et une quantité faible d'HGL combiné. En effet s'il n'y a pas de stase stomacale marquée,

LAVAGE

et par conséquent de fermentations secondaires excessives, avec toutes leurs conséquences nuisibles, localement par irritation permanente de la muqueuse, et à distance par vice de nutrition, il nous paraît peu important, dans le plus grand

La diminu- a i i. ' i

tion du tra- nombre des cas qu'il y ait diminution de l'acide

dropepUque clilorhydriquc, et en conséquence, diminution du

grande^ im- travail de digestion gastrique.

portance. Ccttc façon de voir repose sur un certain nombre d'arguments dont voici les principaux : 1" expérimentalement on a vu des chiens se très bien porter et engraisser alors que leur estomac avait été extirpé ou physiologiquement supprimé. 2° Chez certaines personnes la digestion gastrique est extrêmement faible alors qu'elles jouissent d'une excellente santé. • 3° Van Noorden * a dosé comparativement la quantité d'azote introduite par l'alimentation et la quantité d'azote éliminée par les urines et les fèces. Cela lui a permis de constater qu'avec une digestion stomacale très restreinte il pouvait y avoir une utilisation à peu près parfaite des albuminoïdes.

Des faits cliniques viennent encore confirmer ces données :

Un jeune homme de 23 ans, vigoureux, doué d'un excellent appétit, sans aucun phénomène dyspeptique, nous a fourni les chiffres suivants : 10 Repas d'Ewald à 10 heures. Lavage de l'es-

Page 1