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L'ENTRÉE À L’ACADÉMIE

temps qu'il augmentait la somme de ses connaissances en visitant les principales manufactures des provinces qu'il parcourail. Deux jours après avoir lu à l'Académie son mémoire sur les eaux de l’Yvette, il commençait une nouvelle tournée d'inspection, qui dura du 18 juillet 1769 au 1 janvier 1770, pour visiter les lignes des postes de douaniers et inspecter les manufactures de tabac. Il séjourna successivement à Châlons-sur-Marne, Charleville, Épernay, Soissons, Lille, Reims, d’où il adressa à Macquer l’observation d'une aurore boréale. Placé sous les ordres du fermier général Paulze, il entretenait avec celui-ci une volumineuse correspondance, toute relative aux affaires de laferme. Rentré à Paris au commencement de 1770, il fit quelques rapports à l’Académie et lui lut son important mémoire sur l'attaque du verre par l’eau. Peu après, il fut chargé de se rendre au Havre et à Dieppe, afin d’expérimenter un instrument présenté par Cassini, et destiné à mesurer les hauteurs et à déterminer la latitude; ces expériences, dans lesquelles il eut comme collaborateur Fourray, professeur d'hydrographie au Havre, l'occupèrent tout le mois d'avril.

Il repartit en tournée le 9 août, en compagnie des fermiers généraux Jacques Delahante, de Parseval et de Bouilhac fils. Ce n’était certes pas un voyage d'agrément. Delahante, qui ne connaissait que les affaires de la ferme, lisait à ses collègues, en attendant le dîner, soit un mémoire sur l’état actuel de la régie du tabac en France et en Lorraine, soit un travail sur l'établissement de pompes à feu dans les salines de la Franche-Comté; puis c’étaient des conférences sur la manufacture de Dunkerque, sur celle de Gravelines. De son côté, Lavoisier devait rédiger et soumettre à ses compagnons divers mémoires sur la culture du tabac, en réponse aux questions posées par Paulze, qui

était chargé de ce département. Les fermiers généraux parcoururent toute la région du Nord: Lille, Dunkerque, Gravelines, Boulogne. Lavoisier, dans ses journaux de voyage, à ses notes de fermier général et à ses observations scientifiques, joint ses impressions de voyageur; la description des vieilles églises qu'il visite, le récit d’une excursion au champ de bataille de Fontenoy, tout est sujet de satisfaction pour son ardente curiosité’. Au bout de quinze jours, ses compagnons revinrent à Paris; 1l continua seul son voyage d'inspection, qui le mena de nouveau à Reims, à Soissons et dans le Clermontois, et ne se termina qu'au mois de février 1771. |

A ce moment, enfin, il put reprendre ses travaux de laboratoire. Diverses questions l'occupèrent alors; outre les rapports que lui confia l’Académie, il entreprit des expériences sur l'emploi de l'alcool dans l'analyse des eaux pour la précipitation fractionnée des sels, sur l’action de l'eau sur le mercure; il analysa diverses eaux et s'occupa surtout de l'eau de mér. Poursuivant la réalisation de l’atlas minéralogique, il opéra des nivellements dans Paris et aux environs, détermina la hauteur des clochers, des moulins, au-dessus du niveau de la Seine au pont Royal. Il se proposait, en même temps, de répéter l'expérience qu'il avait faite, en 1770, sur l'attaque du verre par l’eau; d’en entreprendre de nouvelles sur le nitre, sur l’indigo ; de rechercher les causes dela variation du baromètre; de refaire les tables de correction de ses aréomètres; de compléter son mémoire de 1766 sur l'éclairage, etc.?.

1. Le 25 août, il lut à la séance publique de l’Académie d'Amiens un mémoire sur l’histoire minéralogique de la France et particulièrement de la Picardie. (Journal économique, 1171.) :

2. Registre des expériences, mémoires et rapports que je me propose de faire pour l'Académie, commencé le 41 mai 1771. (Note autographe de Lavoisier.)

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