Necker. Administration des finances
2. Lettre du 24 septembre adressée à Mme Lavoisier, à Villers-Cotterets.
3. Le comte de Tressan, né en 1705, mort en 1783, a donné un Traité sur l'électricité. Il est plus connu par ses productions littéraires, et surtout par la publication des anciens romans de chevalerie. Il était membre de l'Académie française et de l’Académie des sciences,
Lavoisier, nommé régisseur des poudres au mois de mars 4775, habita alors à l’Arsenal, dans un hôtel, aujourd'hui détruit, qu'il ne quitta qu'en 1792. M" Punctis ne se sépara pas de lui; elle resta toujours la mère attentive et dévouée, et, dans toutes les lettres que reçoit Lavoisier, aucun de ses correspondants n'oublie de saluer M°° Punctis. Cette fidèle amie ne devait survivre que de quelques années à son beau-frère ; elle mourut au commencement de 1781, à peine âgée de cinquante-six ans, laissant toute sa fortune à son neveu. Déjà, l’année précédente, la grand’tante de Lavoisier, M"° Lalaure, était morte en le faisant son héritier. Ainsi peu à peu disparaissaient tous ceux qui avaient connu et protégé sa jeunesse, mais 1l resserrait ses liens d'affection avec la famille de sa femme, son beau-père Paulze, son beau-frère Balthazard, adjoint à la ferme générale', et il trouvait près de lui une compagne qui l’aimauit et l’admirait. 2
M°° Lavoisier, en effet, avait vite compris et apprécié la haute valeur de l’homme auquel elle était unie; d’une vive intelligence, d’une grande puissance de volonté, elle s'était mise immédiatement à l’étude pour se rendre digne de lui. ‘lle demandait à son frère Balthazard des lecons de latin et lui écrivait en 1777 (elle avait alors dix-neuf ans) : « Quand reviens-tu? Le latin a besoin que tu sois ici; viens l’ennuyer à me faire décliner et conjuguer pour me faire plaisir et me rendre digne de mon mari et de tes soins. » Elle apprit l’anglais et le sut assez pour aider Lavoisier en lui traduisant un grand nombre de mémoires de chimie. Outre des traductions inédites de Priestley, Cavendish, Henry, etc., elle
1. Balthazard Paulze, né à Montbrison le 6 novembre 1750. IL avait rédigé le journal d’un voyage en Angleterre et commencé un ouvrage sur Les mœurs et coutumes des peuples. Il mourut avant 1780. (Voir Appendice I, Grénéalogies.)
fit imprimer une brochure de Kirwan Sur la force des acides, etun ouvrage du même auteur Sur le phlogistique". « M®° Lavoisier, une personne pleine d'animation, de sens et de savoir, dit Arthur Young, qui lui rendit visite au mois d’octobre 1787, nous avait préparé un déjeuner anglais au thé et au café; mais la meilleure partie de son repas, c'était, sans contredit, sa conversation, soit sur l’Essaë sur le phlogistique de M. Kirwan, qu'elle est en train de traduire, soit sur d'autres sujets qu’une femme de sens travaillant dans le laboratoire de son mari sait si bien rendre intéressants..»
Elle dessinait et gravait; c'est elle qui fit les planches du Traité de chimie de son mari, publié en 1789; elle avait appris la peinture sous la direction de David, et l’on conserve d'elle un portrait de Franklin*.
Comme nous l'indique Young, elle accompagnait son mari dans le laboratoire et l’aidait dans ses travaux; souvent elle notait, sous sa dictée, le résultat des expériences, et les registres du laboratoire contiennent de nombreuses päges de sa main. Elle a laissé deux dessins inédits où elle s'est représentée écrivant devant une table, pendant que Lavoisier et Seguin font une expérience sur les phénomènes de la respiration”. Tous ses écrits témoignent de la plus grande admiration pour le caractère et le génie de son mari; associée entièrement à ses travaux, elle combattait pour le triomphe de ses idées, et cherchait à leur
1. De la force des acides et de la proportion des substances qui composent les sels neutres. Ouvrage traduit de l'anglais de M. Kirwan par Mme L... Brochure in-8 sans date. — Essai sur le phlogistique de Kirwan, in-8, 1788.
2. Franklin lui écrivait de Philadelphie, le 23 octobre 1788. « Un violent. accès de goutte m’a longtemps empêché d'écrire à ma chère amie; autrement je l’aurais remerciée plus tôt du portrait dont elle à eu la bonté de me faire présent. Ceux qui l’ont vu déclarent que la peinture a un grand mérite, mais surtout ce qui me le rend cher, c’est la main qui l'a faite... »