Mercier, Tableau de Paris
au roi, en 1781; et, dès 1775, un pamphlet, l’Espion anqlais, faisait remarquer que leur compagnie s'épurait, qu'elle ne ressemblait plus à ce qu’elle était autrefois et qu'on aurait | p’ine aujourd'hui à trouver parmi ces messieurs des copies du Turcaret'. Les fermiers généraux qui signèrent le bail de 1786, et dont la plupart périrent sur l’échafaud, nous apparaissent comme des financiers probes, exacts en affaires, très attachés à leurs devoirs d’administrateurs, plus occupés de remplir leurs fonctions que de fournir des anecdotes à la chronique scandaleuse de Paris. Néanmoins le système des fermes générales devint de plus en plus l'objet de l’animadversion publique qui devait éclater après la Révolution et amener la catastrophe dont nous raconterons plus loin les lugubres péripéties.
Eu 1768, au commencement du bail de Jean Alaterre, le fermier général François Baudon voulant, en raison de son grand âge (il avait alors soixante-quatorze ans), se débarrasser d’une partie du travail qui luiincombait, accepta Lavoisier comme adjoint et l'intéressa pour un liers dans les bénéfices de sa place *, Lavoisier dut faire alors un üers d'avance, soit 520 000 livres”. Il fit partie du comité qui avait pour objet la régie des cinq grosses fermes et le domaine d'Occident et de celui de la régie des aides ; mais il fut surtout chargé de tournées d'inspection pour la répartition
1. « On déclame toujours contre les financiers, et moi tout le premier. Ils ont fait tant de mal, a dit quelqu'un, que ceux d'aujourd'hui, qui en font moins, payent pour leurs devanciers. » (MERcIER, Tableau de Paris.)
2. Les Mémoires sur l'abbé Terray indiquent à tort Lavoisier comme croupier de Baudon pour un tiers, et lui donnent le titre de receveur général des finances ; les croupiers, comme nous l'avons vu, participaient aux bénéfices et n'avaient aucune obligation à remplir, tandis que les adjoints remplissaient les fonctions du fermier général auquel ils étaient attachés.
3. Le traité est du 2 mai 1768; Lavoisier ne versa effectivement que 340 000 livres, le surplus était réglé en billets, endossés par son père et dont l'intérêt à 5 p. 100 était payé d'avance à Baudon.
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